LENS UE
traverser le cristallin et par suite, toute déchirure pouvant amener cette complication, intéressera nécessairement toute la largeur du diaphragme. Enfin il peut résulter de cet accident une difformité plus ou moins choquante.
Comme traitement on ordonnera le repos, une compression légère, l’application ‘de compresses froides et et enfin l’instillation de quelques gouttes d’un collyre à l’atropine. Sous l'influence de ce seul traitement, quand la déchirure irienne est compliquée d’un hyphoœma simple, a guérison à lieu en moins de vingt jours, mais, nous le lrépétons, ce sont des cas exceptionnels.
DiécoLLEMENTs. — Malgré l'apparente solidité du lizament pectiné, les liens qui fixent l’iris au corps ciliaire: sont souvent rompus par l’action des corps contondants, et ilarrive que cette membrane se détache, soit en totalité soit en partie à la suite d’un traumatisme.
Nous devons dire en passant que le titre de décollement donné par les auteurs à cette lésion est assez im propre, car il pourrait faire supposer qu’il y a simplement adhérence et non insertion véritable entre l’iris et le corps ciliaire.
Le décollement survient généralement à la suite d’un choc portant sur l'œil, ou bien encore consécutivement à l’ébranlement produit par une chute, où à un coup recu sur l’orbite.
Ainsi Desmares cite plusieurs cas de ec genre qui tous ont été occasionnés par une cause différente.
Dans l’un d’entre eux, un individu avait été frappé d’un décollement de la partie supérieure de l'iris après
avoir reçu un coup de poing sur l’œil. Dans un autre, l'iris se décolla dans un cinquième de sa circonférence, à la suite d’une contusion produite par un grain de plomb qui vient se loger dans l’épaisseur de la paupière supérieure ; il en résulta la formation de deux pupilles dont la normale était restée parfaitement ronde.
Quand on se trouve en face de semblables accidents, ce qui frappe tout d’abord c’est la présence de plusieurs ouvertures pupillaires, ouverture normale étant défor mée dans la majorité des cas.
Les symptômes subjectifs se résument à bien peu de chose. Dans certains cas, où la pupille normale n’était pas trop déformée et la pupille artificielle assez large, Galezowski dit que les images étaient vues doubles par l'œil contusionné et qu’il y avait, par le fait, diploplie monoculaire. Desmarres cite toutefois un cas identique, où la diplopie aurait fait défaut.
L’iris peut, avons-nous dit, se décoller dans sa totalité ; dans ce cas, cette membrane flotte le plus souvent dans la chambre antérieure, mais 1l arrive quelquefois que le diaphragme irien ayant perdu ses adhérences physiologiques, ne peut être retrouvé, même à la suite des examens les plus attentifs des milieux transparents de l’œil. Dans ce cas, qu'est devenu l'iris ?
La plupart des auteurs, jusqu’à ces dernières années, admettaient qu'il se produisait alors une véritable résorption de la membrane irienne ; mais, en 1881, M. le professeur Gayet donna, le premier, l’explication de ce singulier phénomène. Nous empruntons les lignes suivantes au travail de notre savant maitre, qui à été inséré dans les Archives d'Ophtalmologie (juillet, août 1881) :
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Lors du Congrès de Reims, M. Delacroix présenta deux malades chez lesquels l’iris avait complètement disparu à la suite de chocs violents reçus sur l'œil.
L’aniridie était complète et M. Delacroix pensa trouver l’explication de ce phénomène en admettant la résorption de la membrane irienne. Mais, comme les yeux des malades n’avaient présenté n1 phlegmon ni aucun aucun autre symptôme inflammatoire, cette explication ne parut pas suffisamment justifiée à notre maître, M. Gayet, qui publia les observations des cas semblables qui se présentèrent ensuite dans sou service et donna l’explication de cette curieuse aniridie. »
Observation III
La nommée X..., fille de 27 ans, d’une santé vigoureuse, aux yeux d’une teinte jaune claire toute spéciale, ne présentait de ce côté, nous affirme-t-elle, aucune anomalie. Le vendredi 6 no-. vembre 1880, elle était montée devant une fenêtre, dont elle arrangeait les rideaux, lorsque son échelle glissa sous ses pieds et elle tomba l’œil droit sur l'angle d’une commode.
Elle resta un moment étourdie sous le choc, et lorsqu'elle reprit possession d'elle-même, elle s’aperçut que la vision était complètement abolie du côté de l'organe contusionné. Cet œil avait déjà à ce moment l'aspect étrange qu'il présenta le lendemain, lorsque cette fille vint à la clinique, vingt-quatre heures environ après son accident.
Les paupières étaient peu tuméfiées, mais fortement ecchymosées; elles se laissaient assez facilement entr'ouvrir, et alors on pouvait voir le globe oculaire avec un épanchement sanguin sousconjonctival, intense surtout en-bas et en dedans.
La cornée avait un aspect terne et sa transparence douteuse voilait une masse de couleur indécise, appliquée derrière elle.
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L'éclairage oblique le plus intense permettait à peine de diffuser un peu de lumière dans la chambre antérieure, qui se colorait sous le faisceau, d'une lueur rougeâtre.
Quand j'ai parlé plus haut d’une ecchyÿmose sous-conjonctivale, j'aurais dû dire une bosse sanguine, occupant le voisinage de la cornée à l’extrémité interne de son diamètre horizontal, et séparée d’elle par un petit pont sclérotical. De ce point le plus saillant l'épanchement allait en bas et en dedans se perdre sur la courbe générale du globe.
La bosse sanguine avait une teinte rouge brun comme si elle eût été formée du mélange d'un caillot avec de la sépia, et au premier aspect, elle donnait l’idée d’une tumeur mélanique.
La malade ressentait une douleur profonde, mais elle pouvait mouvoir son œil dans tous les sens. La vision était complètement abolie.
On appliqua un traitement résolutif léger, et on soumit l'œil à
une observation attentive et prolongée.
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