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Tout ceci prouve qu’un choc violent porté sur Pœil, peut amener un décollement complet de l'iris suivi ou non de troubles du côté du cristallin. Les symptômes de cette lésionsont faciles à constater, soit immédiatement si il n’y a pas d’'épanchement de sang, soit après l’accident. L’expert devra pour assurer son diagnostic aller à la recherche de la collerette des procès ciliaires. Si cet organe peut être perçu on doit affirmer qu'il y a décollement de la membrane irienne.
Quant à la cause qui pousse l’iris à la périphérie, apres lavoir décollé, c’est, d’après M. le professeur Gayet, l’humeur aqueuse qui, en jaillissant au dehors, sous linfluence de la pression occasionnée par le traumatisme entraîne avec elle l'iris qui vient se loger dans la plaie scléroticale.
Les observations détaillées que nous venons de citer étant les plus complètes qui ont été publiées jusqu’à ce jour, l'expert qui se trouvera en face d’un fait de cette nature pourra facilement évaluer le dommage causé en s'appuyant sur les faits que nous venons de citer. Le traitement, on l’a vu dans ces cas, a dépassé vingt jours, et le préjudice causé, outre la difformité, a consisté dans une perte de la vue d’un tiers environ et si elle n’a pas été plus forte, c’est grâce à l'emploi des lunettes.
S 111. — Corps Étrangers
Les agents vulnérants qui atteignent l'iris ne sont pas toujours classés parmi ceux dont nous venons d'étudier l’action et le plus souvent, au contraire, 1ls échappent à la classification des médecins légistes et ne deviennent
des agents de traumatisme que par suite de la force de projection dont ils sont animés. Les accidents de la nature de ceux dont nous parlons ici, sont les mêmes que ceux qui causent si fréquemment les cataractes traumatiques et les blessures des membranes profondes, car le plus souvent la faible résistance du diaphragme: irien n’épuise pas leur force d’impulsion ; ils traversent ce voile léger et n’y produisent qu’une mince déchirure qui passe inapérçue au milieu de désordres beaucoup plus graves. |
Il n’en est cependant pas toujours ainsi, des éclats de pierres, des épines de bois et surtout des éclats métalliques (mécaniciens, ajusteurs, graveurs, etc.), viennent traverser la cornée et s’implanter dans l'iris. D’autre fois, on y trouve fixés des grains de poudre (le cas est fréquent) des débris de verre, des barbes de blé.
Il arrive fréquemment, dans les cas heureux où le traumatisme reste localisé à l'iris, que le malade gêné et commençant à souffrir vient réclamer à temps le secours du chirurgien. Dans ce cas une iridectomie qui enleve le corps du délit en même temps que la région où il s’est fixé amène une rapide guérison dans un délai de moins de vingt jours.
Malheureusement d'aussi beaux résultats se constatent rarement. Bien souvent l'intervention chirurgicale arrive trop tard et les complications qu’on ne peut plus enrayer amènent des terminaisons autrement redoutables que les légers inconvénients qui résultent d'une iridectomie.
Parmi les lésions dues à des corps étrangers, agissant en vertu de leur force de projection, nous citerons ici le fait assez singulier d’un malade qui ayant reçu dans le
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visage un coup de fusil chargé à plomb, eut l’heureuse chance de recevoir les grains très obliquement. Grâce à cette circonstance, l’un d’eux traversa de part en part la cornée dans sa région supérieure, respecta le cristallin et, rencontrant l'iris Sur son trajet, en enleva une partie qui donna à l’ouverture pupillaire la forme bien connue dite pupille en trou de serrure. La force de projection du grain étant épuisée, on le retrouva sous la conjonctive. Grâce à cet ensemble de circonstances, le traumatisme n'eut pas d'autre conséquence qu'une pupille- artificielle que n'auraient pas désavouée bien des chirurgiens. L’épanchement sanguin de la chambre antérieure qui avait accompagné ce singulier traumatisme s’était résorbé en quatorze jours.
Nous venons de passer en revue le mode d’action des agents vulnérants qui pouvaient atteindre l'iris par action directe, mais avant de finir ce chapitre, il est indispensable de dire un mot des lésions qui n’ayant pas l’œil pour siège, ont cependant un retentissement sur cette membrane. |
Les faits auxquels nous faisons allusion étant rares, nous nous contenterons de dire que les complications d'ordre inflammatoire sont peu fréquentes, mais cependant ont été signalées. Les lésions qu’on voit le plus fréquemment suivre une chute sur le front, un coup sur la tête, une contusion sur le rebord orbitaire, sont, soit la mydriase, soit le myosis, Ces affections sont ordinairement de courte durée, mais le médecin expert doit être prévenu qu'il existe dans la science plusieurs exemples de gens qui simulaient une mydriase et la faisait remonter à des
= contusions de date trop lointaine pour ne pas éveiller les soupeons.
Nous signalerons ici en passant un fait qui montre combien peut être léger parfois l’ébranlement produisant un trouble fonctionnel de l'iris.
Il s’agit d’un nommé R. M., entré à la clinique le 16 juillet 1878, qui s’est présenté avec de la mydriase qu'il attribuait à un soufflet recu quelques Jours auparavant. Le malade fut même atteint d'iritis, mais heureusement sans gravité et put sortir après quelques jours de traitement avec une vue normale.
S IV. — Complications communes à tous les traumatismes
Que l'iris ait été atteint directement ou indirectement, quand l: traumatisme a été assez violent pour l’intéresser et qu'au bout de quelques jours, sous l'influence du repos et d'un traitement antiphlogistique approprié, tout west pas rentré dans lordre, l’expert peut affirmer que la maladie aura une durée de plus de viugt iours, car on voit alors apparaitre la série des complications habituelles, complications qui débutent presque toutes de la même maniere, par l'iritis simple ou séreuse pour s’arrêter à cette forme ou progresser et passer successivement par des phases de plus en plus graves qui sont, par ordre de gravité et de succession, l'iritis plastique, l’iridocapsulite, l’irido-cyclite et l’irido-choroïdite, terme ultime qui entraime avec la suppuration de l'organe la perte irrémédiable de la vue. Nous étudierons donc successi-
vement :
ni
a. L'iritis simple ou séreuse à laquelle nous rattacherons l’iritis ponctuée ou descemétite ;
b. L’iritis exsudative ou plastique ;
c. L'irido-capsulite, conséquence presque fatale de la forme précédente ;
d. L'irido-cyelite qui annonce que l’inflammation ayant gagné le tractus uvéal, le corps ciliaire lui-même est atteint ;
e. Enfin l’irido-choroïdite qui est l'extension à la membrane vasculaire de l’œil des phénomènes inflammatoires primitivement localisés au diaphragme irien.
À. — Iritis simple. Iritis sereuse
Les différentes causes traumatiques qui peuvent faire évoluer une iritis simple ou séreuse sont toutes celles que nous avons vu provoquer les lésions qui nous ont occupé précédemment. Aussi ne citerons-nous que pour mémoire les contusions du globe, coups de poing, boules de neige, etc., la projection de morceaux de fonte, de fer, d'acier, de bois, de fragments de pierre ou de marbre. Enfin, les blessures de la région temporale, les chutes sur l'angle d’un meuble, sont autant de causes déterminantes.
SYMPTOMALOGIE. — (Généralement, douze ou quinze heures après l'accident, le diamètre pupillaire est d’un tiers moins étendu que celui de l’œil correspondant. L’iris est paresseux, les contractions et les dilatations sous l’influence de la lumière et de l'obscurité se font lentement, Le blessé éprouve souvent une douleur sourde et contusive de son œil malade ; il a du larmoiement et de la photophobie ; puis, peu à peu, d’autres symptômes viennent
be ensuite assombrir l’horizon. On remarque, en effet, une injection perikératique, souvent assez intense pour donner à la sclérotique une couleur lie de vin, ou mieux carminée, par opposition à l’injection d’une conjonctivite intense qui donne à la membrane externe de l’œil une teinte vermillon d’un rouge vif.
Puis enfin l’iris, sous l'influence de l’inflammation, change de couleur tout en gardant la même teinte générale, mais cette teinte parait lavée et prend une nuance grisâtre.
Une exsudation de lymphe plastique vient troubler très rapidement la limpidité de humeur aqueuse en lui imprimant une coloration terne, nuageuse et opaline.
Une accumulation de pus peut même s'établir dans les parties déclives de la chambre antérieure et produire un véritable hypopyon. Quand on voit naître cet ensemble de phénomènes, dès les premiers jours de laccident, l’expert doit réserver son pronostic, car la médication la plus active reste Le plus souvent insuffisante pour empêcher l’évolution de la maladie, et dans un cas de cette nature, si les symptômes qu’il constate lui paraissent, vu leur gravité, n'être pas en rapport avec le traumatisme qui leur a donné naissance, 1l devra rechercher avec soin et signaler, si il y a lieu, les maladies qui peuvent contribuer au développement de l'affection. Il est, en effet, absolument hors de doute, que la syphilis, le rhumatisme et même le diabète peuvent jouer le rôle de cause prédisposante (Vvert, sur 100 iritis, en compte 95 d’origine spécifique).
Dans les cas heureux où l’inflammation s’arrête à l’iritis séreuse, l’iris "eprend très vite sa teinte, l'hypersécrétion
ONE qu'avait augmentée la profondeur de la chambre antérieure, étant diminuée, l’aspect normal réapparaît; le diaphragme irien reprend son fonctionnement normal et le terme de vingt jours, dans bien des circonstances, est à peine dépassé, le malade ne gardant pas d’infirmité ni de changement dans l’état de la vision.
IRITIS PONCTUÉE. — Descemérire. — Au lieu de s’amender, les symptômes que nous avons signalés peuvent s’ageraver ; la teinte de l'iris apparaît de plus en plus modifiée à cause du trouble de l’humeur aqueuse, bientôt de petits dépôts se forment à la face postérieure de la cornée, et donnent à cette membrane l'aspect qui lui a valu son nom de kératite ponctuée. Plus longue, plus tenace que la variété précédente, cette espèce d’iritis, quand elle guérit ne laisse pas de trace, et le dommage causé au point de vue de l’altération de la vision est à
peu pres nul.
B.— Jritis plastique, exsudative
Quand la blessure de l'iris reconnaît comme cause un traumatisme grave, par l'étendue, où emprunte un caractère particulier de gravité aux agents même du traumatisme, qui peuvent servir de véhicule à des microbes ou autres agents d'infection, les douleurs prennent rapidement une grande intensité. Elles se manifestent sous forme d’élancements extrêmement pénibles dans le fond de l'orbite; elles s’irradient le long du nerf sus-orbitaire et en suivent toutes les ramifications frontales et temporales ; dans d’autres cas, le trajet des branches sous-or-
Oo e bitaires est souvent douloureux. La photophobie devient de plus en plus intense, la lumière est absolumeent insupportable, l'iris terne dépoli prend un aspect grisâtre et bientôt de fausses membranes apparaissent et se recon naissent à leur couleur et à leur siege ; le plus souvent on les rencontre dans l’ouverture pupillaire qui se rétrécit peu à peu et s’obstrue complètement.
La fausse membrane peut s’organiser, et, dans ce cas, le pronostic est aggravé, parce que l’ouverture pupillaire ne peut être rétablie que par une intervention chirurgicale avec toutes ses conséquences. L'organisation des fausses membranes peut être suivie par un examinateur minutieux qui pourra facilement voir naître les nouveaux vaisseaux. À ce moment peuvent apparaître comme conséquences faciles à prévoir, les épanchements sanguins dans la chambre antérieure dus à la rupture accidentelle des vaisseaux de nouvelle formation; ces épanchements peuvent disparaître et réapparaître avec facilité, mais leur présence est toujours un signe redoutable de tendance à la plasticité.
La terminaison la plus heureuse dans ces cas, c’est l’occlusion complète ou la diminution de l’ouverture pupillare, avec des adhérences que l’atropine puisse rompre, mais ce sont là de trop rares exceptions, et de solides synéchies sont presque toujours inévitables.
Tous les phénomènes pathologiques dont nous venons d’esquisser la marche entraînent toujours un traitement de plus de vingt jours même lorsque l'issue doit être favorable.
Avant de terminer ce paragraphe, nous mentionnerons encore l'iritis spécifique qui peut souvent survenir comme
(0 manifestation de la syphilis communiquée. À ce propos, nous citerons un cas intéressant dont nous devons la communication à l’obligeance de notre maître, M. Lacassagne.
Une nourrice fut atteinte d’un chancre induré du mamelon, et plus tard d’une iritis syphilitique double qui abolit presque complètement la vision d’un œil et occasionna la cécité de l’autre.