CHAPITRE XI
De l'iritis pseudo-syphilitiqne.
Nous ne parlerons de l'iritis pseudo-syphilitique admise par plusieurs auteurs que pour signaler l'inexactitude d'une telle désignation.
En effet que faut-il entendre sous le nom de pseudosyphilis? Voici ce que nous lisons dans Mackenzie (1) :
« On admet généralement qu'il existe diverses maladies, provenant d'un coït impur ou survenant sans aucun rapport sexuel suspect, qui présentent une série de phénomènes morbides moins intenses et ayant ordinairement une marche plus rapide, mais ressemblant néanmoins sous beaucoup de rapports à la syphilis. Jusqu'à ce que l'on arrive à donner une description plus exacte de ces maladies, il est, je crois permis de les appeler syphiloïdes ou pseudo-syphilitiques.
y, L'éruptioQ dont parle Bateman sous le nom d'Ecthynaa cachectiçum, paraît être une de ces maladies que Ton peut confondre avec la syphilis, eji il n'est pas douteux qu'elle n'affecte. quelquefois l'iris d'une façon
(1) Mackenzie, Maladies des yeux, tome II, p. 33.
qui ressemble beaucoup à la maladie que nous venons de décrire.
» Cette maladie survient, dit leD^Bateman, lorsqu'il existe un état de cachexie qui semble indiquer l'action d'un poison morbide. Elle ressemble beaucoup aux symptômes secondaires de la syphilis, et on lui applique souvent le traitement de cette affection, bien qu'elle semble devoir souvent, sinon toujours, son origine à un dérangement de la santé générale, indépendant de toute infection vénérienne.
y, Elle débute ordinairement par un paroxysme fébrile quelquefois très-intense. Dans l'espace de deux à trois jours, on voit apparaître éparpillées sur la poitrine et les membres, de nombreuses pustules à base dure et enflammée ; leur nombre augmente tous les jours par l'éruption successive de pustules semblables, qui continuent à s'élever et à se flétrir pendant plusieurs semaines, jusqu'à ce que la peau soit criblée de pustules à toutes les phases de leur développement. Les pustules naissantes offrent à leur base une teinte d'un rouge brillant qui, au déclin de l'inflammation, passe au pourpre ou même à la teinte chocolat, et de petites croûtes lamellées se forment à leur sommet". Lorsque celles-ci tombent, il reste sur la peau une tâche sombre dans le point qu'occupait la pustule. L'éruption est quelquefois bornée aux membres, mais elle s'étend aussi fréquemment au tronc, à la face et au cuir chevelu.
» Les symptômes fébriles diminuent, mais ne dispsiraissent pas complètement lors de l'apparition de l'éruption, car pendant toute la durée de là maladie il existe ime fièvre hectique continue. Elle s'accompagne d'une grande langueur, d'un affaiblissement marqué des forces intellectuelles et musculaires, de céphalalgie,
de douleurs dans les membres, d'insomnie, de maiAraises digestions et d'irrégularités dans les fonctions intestinales. Il y a ordinairement un certain degré de conjonctivite; rarrière-gorge est le siège d'une inflammation lente qui s'accompagne d'ulcérations superficielles. Cette maladie dure, suivant Bateman, de deux à quatre mois; dans cet espace de temps, avec l'aide des toniques végétaux tels que le quinquina, la salsepareille, laserpeutaire,etc.,desantimoniaux et des bains chauds, la constitution se débarrasse de la cause de l'intozication. n ajoute que l'administration du mercure n'est point nécessaire et qu'elle ne paraît point accélérer la guérison. >
Le docteur Monteath rapporte « que l'iritis déter- B minée par cette affection ressemble tellement à celle r produite par la syphilis, que pendant plusieurs an- ■ nées, croyant ces cas syphilitiques, il les a traités » par l'usage du mercure, et non sans succès. Le petit » cercle de l'iris et le bord d^ la pupille, ajoute-t-il, » sont souvent parsemés de ces petites papules ou pusj> tules d'un jauno-rougeâtre, qui sont si caractéris- ■7 tiques de l'iritis syphilitique. Ce n'est qu'après que » plusieurs malades se furent présentés à nous avec la H maladie évidemment à son déclin et avec la pupille B en train de s'éclaircir, l'affection ayant duré deux n ou trois semaines sans que les malades eussent pris B un seul grain de mercure et quelquefois sans qu'ils n eussent fait aucun traitement de quelque valeur, B que je reconnus mon erreur et que je fus convaincu » que le mai n'était point syphilitique. „
Il est évident que nous ne pouvons admettre de semblables idées théoriques reposant tout au plus sur une vague analogie de symptômes. Que peut être une
entité morbide, ressenildant sous beaucoup de^i^ports . j , à la syphilis, comme le dit !Afoekea<iie, sans ^ reçois , naître la cause; sans en présenter les phénomènes si , cariaiëtéristiques, ^guérissant enfla par les .mpyens le^, ^ pluô vulgaires î Ce n'est pas la. syphilis, i^.eo^p sûr,i ^ maid ce n'eèt pas non jdus une pseudorsyphilis dont la , créatiblD n'a' eu évidemment pour origine qu'un diagnostic incomplet sinon rempli de fausses appréciations/ • ' ^ ' . u .
Citons d^illeurs à ce sujet l'opinion de M. le professeur i?hiry (1). 1 . u ., i.
« Les iritis simples qui surviennent pendant la d^irée, d'iïné syphilis n'ont rien de commun avec ices irit^s pseudo-syphilitiques admises par plusieurs auteurs. Malgré la meilleure volonté, je n'ai jamais pu jne fsiire une idée exacte de ce que pourrait êtra.ui^ ,pseudosyphilis ou une iritis-pseudo-syphilitique, H n'y a pas de milieu, on est infecté de syphilis ou on ,ne l'est pas ; ce ïn'est pas parce que l'on serait atteint d'une, iritip qui aurait au premier abord ime certaine ressenablance avec une iritis syphilitique que l'on est en droit de créer une dénomination vague et qui daps
tous léS cas ne possède» aucune valeuiTyinaia.ten/i 3» perpétitër daïls la science ttn systàne spéculatif contre
lequel vous ne sauriez assez protester. »
(1) Ophthalmoîogie, 2® partie, p. 224.