CHAPITRE Xn
De riritis mercurielle.
Si nous avons repoussé l'existence de Tiritis pseudosyphilitiquie, nous ne nous .élèyprons pas avec moins de force; contre celle d'une phîegmasîe îridiénne provoquée par le mercure.
Cette opinion autrefois soutenue eii Angleterre par Travers, était née de cette conclusion que l'iritis apparaissant souvent chez des sujets ayant déjà subi un traitement spécifique, n'en était qu'une conséquence. Elle eatt aujourd'hui rejetée à bon droit par la plupart des auteurs.. . .
} Nous lisons en effet dans Carron du Villards :
«î/ Je ja'irai pas plus loin sans protester contre
V l'opinion de ceux qui crpient que le mercure peut y, produire sur l'iris des accidents qui ne sont que le
résultat de la i^yphilis. J'ai visité avec soin les établissements où l'on emploie le mercure en grande quantité; j'ai vu les symptôn^es les plus effrayants pro-
V duits par l'action de ce métal, et jamais je n'ai vu » d'iritis. J'ai examiné des mineurs qui vivent au „ milieu des vapeurs mercurielles ; je me suis entretenu » avec des médecins attachés depuis vingt ans à ces
» exploitations et jamais on n'a pu me donner un seul » fait à l'appui de l'action du mercure sur l'iris. »
Ricord dit d'autre part :
« A l'époque de la réaction physiologique contre le mercure, on avait considéré l'iritis comme un accident dû à cet agent thérapeutique et non à la syphilis. Si l'on ne se rappelait toutes les exagérations, toutes les erreurs de ce temps, on aurait de la peine à comprendre une telle opinion en présence des faits innombrables dans lesquels on [voit survenir la maladie en dehors de toute influence mercurielle, et dans lesquels on les voit guérir d'autant mieux et d'autant plus vite qu'on a recours à cet agent spécial dont il faut même alors user plus largement, à doses plus élevées et plus répétées, et quelquefois même jusqu'à la salivation inclusivement. »
Nous pourrions multiplier ces citations. A l'exemple de leurs auteurs nous r.ejeterons absolument comme une hypothèse gratuite l'opinion qui consiste à regarder l'iritis comme pouvant être un effet pathologique du mercure. L^iritis n'est pas plus mercurielle que les syphilides et autres manifestations diathésiques qui apparaissent plus ou moins longtemps après un traitement mercuriel ; elle est comme ces derniers accidents une preuve de la non-extinction de la syphilis.
Le mercure à la vérité, admiuistré sans motifs , sans discernement, peut amener des troubles graves dans l'économie. Par son action particulière sur le liquide sanguin, il détermine si son usage est prolongé et intempestif, un état de cachexie bien connu. S'il survient alors une cause accidentelle qui agisse sur l'iris comme puissance irritante, l'état cachectique, chloro-anémique de l'organisme pourrait faciliter l'apparition d'une
iritis (1), mais il est évident que la raison d'être de celle-ci se trouvera dans l'état constitutionnel, et non dans le mercure qui est parfaitement inoffensif à l'égard de l'iris.
(i) Thiry, Ophthalmologiey 2® partie, p. 233.