CHAPITRE II
Les causes de l’irréductibilité primitive A) — CAUSES ETIOLOGIQUES
1°) — Cause déterminante. — Il s’agit toujours d’un traumatisme violent propre à causer de graves désordres capsulaires, osseux ou musculaires. On rencontre fréquemment les accidents d'automobile à leur origine: au cours d'un arrêt brusque par coup de frein — collision avec un autre véhicule ou un obstacle. Le corps est projeté en avant par son propre poids, le genou vient heurter le tablier de la voiture et bloque le fémur, le bassin continue cependant sa course, il se produit alors, soit une luxation simple, soit, le blus souvent, une luxation avec fracture du bord postérieur au sourcil cotyloïdien; quelquefois enfin le sourcil résiste et c'est la calotte fémorale qui se fracture; l’un des fragments étant fréquemment retenu dans la cavité cotyloïde par le ligament rond auquel il donne insertion.
La seconde place dans l’étiologie des traumatismes luxants revient aux éboulements. D'autres causes enfin sont également signalées, chute d’une certaine hauteur notamment.
2°) —— Causes favorisantes. —
a) Sexe. — Plus encore peut être que pour l’ensemble des luxations traumatiques de la hanche, la très grande majorité est observée chez des sujets de sexe masculin. 45 hommes (93%) pour 3 femmes seulement, soit 7%. Dans 11 observations le sexe n’a pas été indiqué. Ceci en raison notamment des risques professionnels inhérents au sexe masculin.
b) Age. — Un autre facteur étiologique: l’âge. Ces luxations s’observent presque exclusivement chez l'adulte, d’abord parce que plus exposé que le vieillard ou que l’enfant aux traumatismes, ensuite du fait de la solidité du col
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qui s’oppose chez lui à la fracture, laquelle est de règle chez le vieillard à quelques exceptions près. Nos observations de luxations irréductibles s'échelonnent de l’âge de 8 ans (MickuLicz, Roux) à celui de 65 ans (GUILLEMIN).
GrrAuD dans sa thèse, sur 109 cas de luxation traumatique chez l'enfant, en cite deux irréductibles d'emblée (Roux, VoLKMANN). Nous pourrons y ajouter celles de BaAJARDI, MicKkuLicz, LABEYRIG. Ces enfants étaient respectivement âgés des Alec L5ans.
C.-C. CHoyce étudiant lui aussi les luxations traumatiques chez l'enfant, les considère comme rares, plus fréquentes de 5 à 11 ans. Comme Giraus il n’a trouvé que deux cas d'irréductibilité et considère que le pronostic, quoique meilleur que pour l'adulte, doit être cependant réservé en raison de l'apparition souvent tardive d’arthrite déformante.
Les luxations irréductibles sont également exceptionnelles chez le vieillard. Quatre cas au dessus de 50 ans: 51 ans (PARSONA), 55 ans (HELFERICH, VONCKEN), 65 ans (GUILLE- MIN).
La plupart des luxations irréductibles sont donc rencontrées chez des adultes. 11 cas de 21 à 30 ans, 9 de 31 à 40 ans, et 10 de 41 à 50 ans.
B) — CAUSES PATHOGENIQUES
On peut les diviser en trois groupes principaux, selon que l’irréductibilité est due:
— à des obstacles capsulaires; — à des obstacles musculaires; — à des obstacles osseux, fribro-cartilagineux ou cartilagineux.
1° Obstacles capsulaires
Ils ont été parmi les premiers envisagés comme cause de l'irréductibilité primitive. Bien souvent les observations sont peu démonstratives comme celles de PARSONA et d'HAMILTON, qui ne sont chirurgicalement réduites que longtemps après l'accident. Elles se présentent alors dans les conditions de luxation ancienne. Il est particulièrement difficile de faire un bilan de l’état capsulaire probable au moment même de l'accident, alors que la prolifération conjonctive a envahi le cotyle, fixé la tête fémorale dans sa nouvelle position et la capsule au