SEPT ER
générale, sent un ressaut et voit la luxation devenir iliaque. Nouvelle tentative, la luxation redevient obturatrice et ainsi de suite, vice versa, pendant une heure. A l'intervention pour reposiltion sanglante, on trouve comme cause de l'irréductibilité, le {enseur du fascia lata «tendu comme une corde», on le sectionne, l’aide tenant la cuisse sent alors un ressaut, la tête est facilement réduite. .
Nous pensons qu'avec une meilleure anesthésie, la contracture du tenseur aurait cédé et que la luxation aurait pu être réduite sans intervention sanglante. Nous ne pouvons donc faire figurer cette cause d'irréductibilité dans notre classification.
3° Obstacles osseux
Ce sont eux les plus fréquemment rencontrés. Nous en trouvons 29 observations, soit 57% du chiffre total des luxations irréductibles d'emblée.
Dans ce groupe, l'irréductibilité a toujours pour cause l’interposition d’un fragment osseux fracturé entre la cavité cotyloïde et la tête fémorale,
— soit que la tête fémorale fracturée abandonne un ou plusieurs fragments dans le cotyle avant de se luxer (14 cas).
— soit que des fragments de sourcil cotyloïdien soient repoussés dans la cavité cotyloïide (18 cas).
. — soit qu’enfin une partie du grand trochanter provoque l’'irréductibilité par le même mécanisme.
a) —-- Fracture de la calotte fémorale avec interposition des fragments. — C’est, après la fracture du sourcil cotyloïdien, la cause la plus fréquente d’irréductibilité (23%).
Dans neuf observations un des fragments ou le fragment unique fracturé de la calotte fémorale représentait l’insertion du ligament rond (BRETTON, CHARRIER, GUILLEMIN, MaA- GENDIE, PAPIN, PETSCHIES, POUYANNE, G. Roux (Montpellier), VERBRUGGE) ; il fallait tout d’abord sectionner le ligament rond pour pouvoir extraire le fragment.
Dans les cinq autres cas, les fragments étaient libres ou bien la présence de l'insertion du ligament rond conservée sur l’un d'eux n'était pas précisée (BASssET, BIRCKETT, HA- RILD, NARD, Roux [Lausanne]).
LR NA
Dans le cas de CHARRIER, outre les fragments de la tête fémorale, on trouvait un fragment fibro-cartilagineux de bourrelet cotyloïdien rebroussé dans l’acétabulum. Les fragments extraits, la luxation ne put être réduite qu'après libération de la portion de bourrelet rebroussée. |
Dans ces cas, la tête fémorale fléchie et en abduction probable a fait «bélier» contre la partie postérieure du sourcil cotyloïdien et s’est fracturée avant que de la quitter.
La fracture de la tête fémorale associée à la luxation ne s'accompagne pas toujours d'irréductibilité. BRAUN, DURAND et DEsrTort, RIEDEL en ont observé des cas: le ligament rond est déchiré et les fragments de la calotte fémorale accompagnent la tête dans son déplacement.
b) — La fracture du sourcil cotyloïdien a été particulièrement étudiée ces toutes dernières années. C’est un accident extrêmement fréquent, il a fait l’objet d’études de BRETON et BLONDEAU, puis de PATEL. Cinq thèses de Médecine lui ont été consacrées: TcHviziNsKky (Alger 1927), RoMAN (Montpellier 1928), SAMUEL (Paris 1936), Ezras (Montpellier 1936), Ma- THURIN (Bordeaux 1938).
TcaviLiNsKky a rencontré 71 cas de fracture de la partie postérieure du sourcil cotyloïdien avec ou sans luxation de Ja hanche, échelonnés de 1791 à 1922 (soit en moyenne une observation tous les deux ans).
MATHURIN en retrouve 48 de 1923 à 1938 (soit plus de trois par an). Cette proportion de 1 à 6 comme moyenne annuelle chez ces deux auteurs ne peut s'expliquer uniquement par des recherches plus sérieuses de la part du second. Mais bien plutôt par l'augmentation du nombre des traumatismes.
Cette fracture du sourcil avec association fréquente de luxation postérieure est caractéristique des traumatismes violents qui se produisent dans des circonstances et selon des modalités bien définies. La cuisse étant en flexion sur le bassin, deux forces contraires agissent d'une part sur l'os coxal, d'autre part sur le fémur. La chose se produit fréquemment à l’occasion des accidents d'automobile, lors d’un heurt, d'une collision du véhicule, l’os coxal entraîné par le poids du corps sur lequel agit la vitesse acquise est violemment propulsé en avant, cependant que le fémur est coincé par son extrémité inférieure contre le tablier de la voiture On désigne fréquemment cet accident sous le nom de
«luxation-fracture des automobilistes». Son mécanisme de production est le même que celui qui fracture la calotte fémorale: coup de bélier de la calotte contre le sourcil. Sous l'effet du traumatisme extrêmement violent le sourcil cède et se fracture. L’os coxal entraîné par le poids du corps poursuit sa route d'arrière en avant, le fémur étant toujours immobilisé et la tête fait issue hors de l’acétabulum par la brèche ainsi formée.
Il arrive d’ailleurs que sourcil cotyloïdien et tête fémorale soient fracturés concurremment (NARD).
Sur ces 119 observations de luxation de hanche secondaires à une fracture du sourcil cotyloïdien, deux seulement d’après TcHviLiNSKY reproduit par MATHURIN se seraient montrées d'emblée irréductibles.
C’est en réalité une cause fréquente d'irréductibilité. Nous en avons trouvé 13 cas (CooPER, DiI4Z, DOLLINGER (2), DuBAU et EVRARD, HARRIS, KEY, KRASKE, MICKULIZ, PATEL et VERGNORY, PLATT, ROSENBERG, Roux [Lausannel]).
Dans l'observation de CHARRIER déjà citée, après extirpahon des fragments de tête fémorale, la luxation ne put toujours pas être réduite: un fragment fibro-cartilagineux de bourrelet cotyloïidien s'étant rebroussé dans l’acétabulum empêchant la reposition.
Dans le cas d'HAMILTON, 4 tentatives de réduction furent faites pour luxation de la hanche; la dernière aboutit, mais la luxation se reproduisit presque aussitôt. L'auteur pense à un arrachement du bourrelet cotyloïdien fibro-cartilagineux, sans dégâts osseux. Le fragment s'étant introduit devant l’acétabulum.
L'observation de Dugau et Evrarp est particulièrement instructive (luxation iliaque avec fracture du sourcil cotyloi- * dien). A la radiographie le cotyle est libre. Tentative de réduction manuelle — on sent une résistance, nouvelle radiographie: le fragment est cette fois dans le cotyle. On retente la réduction toujours par manœuvres externes et cette fois elle réussit. Nous voyons donc que l’interposition osseuse d’un fragment de sourcil cotyloïdien ne crée pas obligatoirement l’'irréductibilité.
c) — Fragment trochantérien. — Le troisième groupe d'obstacle osseux que nous envisageons dans cette étude est constitué par un fragment de grand trochanter fracturé.