‹ De l'irrigation continue comme traitement prophylactique et curatif des infections puerpéralesChapitre 3 sur 7 · OBSERVATION VI U · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI U

Observation VIII.

Primipare ; accouchement et délivrance en chemin de fer ; septicémie puer] ivraie débutant le second four; irrigation intra-utérine antiseptique continue ;

guérison en onze jours.

X..., 21 ans, domestique, entre le 30 août 1885, à 8 heures du soir, à l’hôpital Lariboisière, salle Sainte-Anne, lit n° 14, service de M. le Dr Pinard, suppléé par M. le Dr Par.

Primipare, enceinte de sept mois environ, ne sentant plus son enfant remuer depuis douze jours environ, elle venait à Paris pour y faire ses couches ; mais elle fut surprise par la rapidité du travail et accoucha en chemin de fer, entre Rueil et Nanterre, dans un compartiment où elle se trouvait seule. A la gare de Nanterre, un médecin lui donne des soins, pratique la délivrance et déclare que l’enfant est mort depuis plusieurs jours. Aussitôt après la délivrance, qui n’a été suivie d’aucun lavage, X... est remise dans le train et, à son arrivée à Paris, est amenée en voiture à l'hôpital, où on la trouve dans l’état suivant : utérus rétracté, vagin rempli de caillots. État général excellent, sauf un peu de fatigue. On pratique immédiatement une irrigation intra-utérine d’une demi-heure de durée avec la solution de biiodure.de mercure à 1 p. 2,000. Après une toilette minutieuse, une compresse trempée dans la solution antiseptique est appliquée sur la vulve. Toutes les trois heures on fait une injection vaginale.

Malgré ces précautions, à 4 heures de l’après-midi, le deuxième jour, survient un frisson violent avec claquement de dents. La malade se plaint d’une céphalalgie intense ; le ventre n’est douloureux ni spontanément ni à la pression. L’écoulement lochial n’a aucune odeur. Respiration fréquente ; pouls 120.

La malade est transportée au n° 3 des chambres d’isolement et soumise à l’irrigation continue intra-utérine.

La courbe de la température est une des plus démonstratives que nous possédions. Nous la donnons comme type.

Après trois jours d’irrigation intra-utérine, interrompue seulement de 11 heures 1/2 du soir, le 31 août, à 8 heures du malin, le 1er septembre (interruption suivie d'une réascension de la courbe), la température retombe à la normale. L’irrigation est alors arrêtée de 11 h. 1/2 du soir, le 2, à midi, le 3.

On voit, malgré les lavages vaginaux faits toutes les heures et une injection intra-utérine, la température remonter, et, malgré la reprise

de l’irrigation à midi, s’élever le soir à 40°, 4. Mais, à partir de ce moment, la courbe descend graduellement.

Le 5, au soir, l’irrigation est encore une fois abandonnée. La ma< lade paraît convalescente. Le résultat ne se fait pas attendre. Le 6, au soir, 39° ; le 7, 39°, 5 ; le 9, 41°.

On refait l’irrigation continue intra-utérine ; en douze heures, la température redescend à la normale. On maintient le traitement deux jours encore, au bout desquels la guérison est définitive.

X... sort de l’hôpital, en parfait état, le 20 septembre. Revue le 12 mars 1886, jouissant d’une santé excellente.

Observation IX.

Cancer du col de l'utérus ; avortement de 6 mois ; septicémie consécutive ; irrigation continue; guérison des phénomènes septicémiques. (Observation recueillie dans le service de M. le Dr Duguet.)

Amélie Clém..., couturière, 32 ans, entre, le 26 août 1885, à l’hôpital Lariboisière, salle Sainte-Joséphine, lit n° 21 (service de M. Duguet).

Cette femme, dont le père est mort d’un cancer de l’estomac, a toujours été bien portante jusqu’à il y a six mois.

Bien réglée jusqu’au mois de mars dernier, elle a cessé de voir ses règles à partir de cette époque jusqu’au mois de juin, où elle eut une métrorrhagie abondante. Depuis lors, elle a perdu du sang à plusieurs reprises et à intervalles assez rapprochés ; à la fin de juillet, nouvelle métrorrhagie plus sérieuse que les précédentes. Alternant avec ces pertes sanguines, la malade avait un écoulement leucorrhéique roussâtre exhalant une odeur fétide. L’appétit se perdait ; il survint rapidement de l’amaigrissement, une coloration jaunâtre des téguments, une altération marquée de la santé générale.

Elle entre à l’hôpital Lariboisière, dans le service de M. le Dr Duguet, suppléé par M. Ballet ; l’examen révèle l'existence d’un cancer du col de l’utérus. Le col est remplacé par un énorme champignon fongueux, saignant facilement, qui remplit presque entièrement le vagin.

Le 25 septembre au soir, C..., qui depuis le matin a une métrorrhagie, est prise d’un violent frisson avec claquement de dents, qui dure environ un quart d’heure. La température atteint 41°. État typhoïde. A 8 heures du soir, expulsion d’un fœtus mort, non macéré, d’environ 6 mois, qui se présente par le sommet. Délivrance naturelle un quart d’heure après. Pendant la délivrance, le champignon cancé-

Page 1