OBSERVATION XIV
temps des soins à cette dernière, morte le lendemain, 13 décembre.
Le 13, au matin, N... va bien ; sa température est normale. Dans l’après-midi, elle éprouve quelques frissonnements, en même temps qu’un violent mal de tête. Le pouls s’accélère, la température atteint, à 5 heures du soir, 40°. Aucune douleur au niveau de l’utérus et de ses annexes ; écoulement vaginal sanguinolent, sans odeur. Injection intra-utéfine avec 10 litres de solution de biiodure à 1/2000. Injections vaginales toutes les heures avec la même solution.
Le 14, au matin. T., 38°, 2 ; P., 100. La nuit a été bonne. Rétention d’urine. Par prudence, nous faisons, à 9 heures du matin, une injection intra-utérine. A midi survient un grand frisson avec claquement de dents qui dure dix minutes, et, une demi-heure après, la température atteint 40°. La malade est transportée au service d’isolement, chambre n° 4, et, à l’aide de la sonde intra-utérine en argent, soumise à l’irrigation continue, après qu’on a fait passer dans l’utérus un litre de solution phéniquée à 3/100. A ce moment, le ventre n’est pas ballonné, mais il existe de la douleur à la pression au niveau des annexes. 10 sangsues. Cataplasmes de glace Sur le ventre. A 4 heures du soir, la température est redescendue à 37°, 2 et se maintient ainsi à 37°, 5 et 38° jusqu’à 11 heures du soir. A 11 heures, petit frisson de dix minutes après lequel la température atteint 39°, 4. A 11 h'. 40, deux frissons de cinq minutes ; douleurs vives dans le ventre, vomissement.
Le 15, à 7 h. 1/2 du matin, la température est dé nouveau normale. La vessie est distendue*, par le cathétérisme, nous retirons une notable quantité d’urine non albumineuse. Le ventre est douloureux à la pression, surtout au niveau de la fosse iliaque gauche. P., 100. La température maxima du soir ne dépasse pas 39°, 2, et la ligne générale de la courbe oscille autour de 38°.
Le 16, à 3 heures du matin, nouveau frisson d’un quart d’heure de durée. Toute la nuit, on a noté des vomissements. Le ventre est ballonné, les douleurs sont violentes à la pression, au niveau du flanc droit, où il existe de l’empâtement profond. 6 sangsues. La solution employée pour l’irrigation est, depuis le début, la solution phéniquée à 1/100. A 9 h. 1/2 du soir, les urines sont noires à l’émission et ne renferment pas d’albumine. La solution boriquée est substituée à la solution phéniquée. Mieux très marqué.
L’examen de la courbe montre qu’à partir de ce moment les accidents sont enrayés. La température descend graduellement. Le 16,
le maximum est 40° ; le 17, 39°, 5; le 18, 38°, 8 ; le 19, 38°, 6 ; le 20, la température retombe définitivement à la normale.
Parallèlement, l’état général et l’état local s’améliorent. L’exsudât qui s’était formé à droite et en arrière de l’utérus se résorbe. Guérison sans suppuration.
L’irrigation est cessée le 23, à 10 heures du matin.
Convalescence lente ; longtemps encore la malade éprouve des douleurs, dues évidemment aux adhérences laissées par sa péritonite. A l’heure actuelle, elle est complètement rétablie.
Cas suivis de mort.
Observation XV.
Primipare ; avortement de 3 mois en ville; rétention du placenta; septicémie; les trois premiers jours , traitement par les injections intra-utérines intermittentes ; la septicémie suit son cours; irrigation continue intra-utérine pendant quatre jours , enrayant la septicémie; cessation de l'irrigation ; morte le lendemain par thrombose cardio-pulmonaire.
Marie S..., 21 ans, primipare. Avortement de 3 mois, chez elle, le 18 octobre 1885. Rétention du placenta. Entrée à l’hôpital à 1 heure du matin, le 19. Traitement : injections vaginales toutes les deux heures, trois injections intra-utérines par jour. Néanmoins, la température reste entre 38 et 39°, et le soir du troisième jour survient un grand frisson. Température axillaire, 39°, 7 ; P., 160; R., 60. Pleuropéricardite.
S... est immédiatement soumise à l’irrigation continue intra-utérine. En trente heures la température retombe à la normale et y reste pendant quatre jours. Le deuxième jour le placenta est expulsé ; il est entièrement dépourvu d’odeur. Les phénomènes locaux et généraux s’atténuent progressivement, et le matin du quatrième jour après le début de l’irrigation la malade est convalescente. On cesse l'irrigation. Le soir une embolie de la fémorale gauche se produit en même temps que se manifestent les symptômes d’une thrombose cardio-pulmonaire. Mort le cinquième jour au matin dans un accès d’orthopnée.
A V autopsie, faite par M. le Dr Duguet, on trouve deux caillots dans le cœur droit et dans le cœur gauche ; le fragment qui s’est détaché de ce dernier s’est arrêté à la bifurcation de la fémorale. La cavité utérine, les vaisseaux et les annexes de l’utérus sont sains.