‹ De l'irritation encéphalique des enfans, ou considérations sur les causes, les symptômes et le traitement de la maladie désignée successivement sous les noms de convulsions internes, de fièvre cérébrale, d'hydrocéphale aiguë, d'arachnoïdite, etc. Mémoire lu à l'Académie Royale de Médecine de ParisChapitre 21 sur 30 · QUINZIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUINZIÈME OBSERVATION

Femme de soixante-dix ans. — Disposition aux affections nerveuses . — Attaque d'apoplexie datant d’une époque reculée , et dont les symptômes ont duré plusieurs jours . — Hernie ombilicale du volume d’un œuf. — Repas copieux. — Préhension d’alimens indigestes suivie immédiatement des symptômes d’ apoplexie et de paralysie du côté droit. — Bouche déviée à gauche. — A ugmenta tion de la tumeur herniaire. — Réduction de la tu meur. — Disparition subite des accidens cérébraux

Madame de Saint-M. , demeurant rue Vivienne,n°8, dont les malheurs n’ont été que trop généralement connus , est parvenue à plus de soixante - dix ans. Son caractère est gai , son imagination vive, sa constitution bonne, sa santé parfaite : seulement elle éprouve fréquemment des symptômes nerveux , soit au moral, soit au physique. Elle porte depuis un grand nombre d’années une hernie ombilicale de la grosseur d’un œuf de poule. Cette tumeur est mal contenue par un bandage que madame de Saint-M. porte habituellement; elle a été atteinte il y a trois ans d’accidens apoplectiques qui ont duré pendant plusieurs jours-

Le 1er janvier 1820, madame de Saint-M. prend â son dîner des alimens indigestes et mange peut-être plus qu’a l’ordinaire.

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 la fin du repas, difficulté dans la prononciation des mots . vertiges , perte de connaissance, distorsion de la bouche à gauche, immobilité du bras droit; il n’y a pas de ce côté de contracture ou de mouvemens spasmodiques. Aucunes plaintes, aucunes paroles, insensibilité apparente, stertor , pouls très lent et très-fort, tout annonce enfin une hémorrhagie cérébrale du côté gauche.

Cette circonstance, que la malade venait de prendre son repas, dirige mon attention vers l’épigastre , mais je n’y trouve rien qui soit digne d’âtre noté.

Explorant avec soin l’état des viscères sousjacens, jo trouve le bandage dont j’ai parlé. Je m’informe de l'état antérieur de la hernie, et je

recherche quel est actuellement et son volume

ci 5a dureté. Je trouve une tumeur du volume du poing, inégale, rouge -violette, consistante. Jusque-là aucun signe de douleur eu de connaissance n’avait été donné , mais bientôt le toucher de la hernie, et quelques tentatives de réduction sont suivis de gestes exprimant une vive .... . j . - ..,0 i

soivürance.

L'ôîeî apoplectique durcit depuis une derrd- ' cuve ; les questions prononcées à haute voix',

- .-seulement n’avaient pas eu de réponses4, mais rdava’pnt été suivies d’aucuns mouvemens

des yeux, ou du bras droit qui y eût rapport, év m plusieurs tentatives infructueuses, les vis*-

tores (qui me paraissent être des anses d’intesjtins, quelques portions d’épiploon , et peut-êtr* pne partie de 1’cstemac ; ) les viscères, dis-je, rentrent avec bruit dans l’abdomen. Presque subitement madame de Saint-M. ouvre les yeux ,

la connaissance revient , quelque paroles sont

prononcées. Quelque temps après, les symptomes dé -paralysie cessent, l’intelligence et la prononçât ion, se rétablissent dans toute leur intégrité* le- seul accident qui ait persisté pendant plusieurs jours ,, c’est un caractère acariâtre, tout différent de celui que la malade a habituel-

lement.

: La hernie fut maintenue réduite par un bandage approprié. Autune évacuation de sang ne fut pratiquée. On lit usage de plusieurs bains de pieds ; la diète et un repos absolu furent prescris pendant quelques^jours.

La malade eut pendant la durée de ce ce' t traitement une bronchite légère qui -n’eut * 1

de suite.

I ne ceinture élastique et à pelotte cenh :• réunie à une ventrière, et confectionnée per M. Verdier, habile chirurgien herniaire, maintînt la tumeur réduite. Le docteur I\eis , dont: le nom est honorablement connu, a vu la malade au moment où les accidens venaient de se dissiper.

Mon honorable confrère M. Martin Solon et

moi , nous venons de voir tout récemment un malade qui, ayant éprouvé une indigestion, eut aussi pendant sa durée tous les symptômes d’une apoplexie et d’une hémiplégie; ces accidens se dissipèrent dans l’espace d’un quart d’heure.

8. L’anatomie pathologique apprend , il est vrai, qu’à la suite du délire de la céphalalgie, etc. on trouve ordinairement des inflamma tions évidentes de l’arachnoïdite , et rien du côté du cerveau. Mais a-t-elle fait toujours mention des cas contraires, c’est-à-dire de ceux dans lesquels ces symptômes s’étant manifestés, l’arachnoïde était saine, et les organes éloignés malades? A-t-elle toujours cité les circonstances dans lesquelles ces mêmes symptômes reconnaissaient pour cause une maladie exclusive à l’encéphale?

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