LES ENFANS
17. Dans la première partie de ce Mémoire, j’ai successivement rapporté quatorze cas d’aL fections cérébrales. Dans les cinq premières observations, la marche funeste de la maladie n’a
pas été entravée par un traitement antiphlogistique et dérivatif. Dans la sixième, la meme médication a été suivie d’heureux résultats. Les symptômes d’irritation cérébrale consécutifs à ceux de Festomac ont cédé dans la septième à des applications de sangsues derrière les oreilles, et à des vomissemens provoqués.
18. Dans les huitième, neuvième, dixième et onzième observations, la lésion encéphalique datant déjà d’une époque reculée, remarquable d’ailleurs par une intermittence plus ou moins longue, s’est dissipée d’une manière presque subite , et dans ces cas heureux j’avais employé les lavemens avec le quinquina en substance. Dans les trois dernières observations enfin, il n’y avait pas d’alternatives de rougeur et de pâleur, et l’écorce du Pérou n’a été d’aucune efficacité (i \
(1) L’authenticité des faits précédens ne peut être contestée. La plupart d’entre eux ont eu d’honorables témoins. Le docteur Caran j vu le jeune M....- (observation Ir< ). Adolphe P.... était iflbn premier enfant, et le docteur Pillien a bien voulu lui donner des soins (observation IV). Les docteurs Danyau et Chantourelle ont eu connaissance de la première maladie de la jeune Prot (observ. VIII). Le docteur Sarlandière a passé avec moi une partie de la nuit auprès de l’enfant Galimar (observation XÎI). Le docteur Jadelot a été consulté dans la deuxième maladie de la jeune Prot ( observation XII). Le docteur Asselin avait été le premier appelé pour le fils de M. Bonnet (observation VI). Le malheureux Desprez s’est trouvé presqu’en même temps que moi chez le jeune Passoire (observation VII) , etc.
iq. Je ne rappellerai pas tout ce qui a été tenté pour obtenir la guérison des accidens qui font le sujet de ce Mémoire. On sait bien que, dans ce cas comme dans tant d’autres , le nom qu’on a donné à la maladie , plutôt que l’expérience, a dirigé le traitement qu’on a cru indiqué. Tel qui n’y a vu que des convulsions a mis à contribution tous les antispasmodiques des officines; celui qui la considéra comme une fièvre cérébrale ne manqua pas d’avoir recours aux fébrifuges. Aussitôt qu’on se fut servi du mot hydrocéphale aigue , voilà que la salivation mercurielle , les bains de vapeur, les diurétiques furent employés, et que l’on préconisa les vésicatoires longtemps appliqués, et dont on se contenta de percer la phlyctène sans enlever l’épiderme. Dèsque l’on rattacha aux phlegmasies des menynges la maladie qui nous occupe, on mit en usage les applications de glace , les sangsues , les dérivatifs énergiques, etc. ; cette dernière pratique est généralement adoptée. Telle est celle que j’ai suivie, telle sera celle que je suivrai dans un grand nombre de cas , tant que l’expérience ne m’aura pas démontré quelle est dangereuse ou
sans avantage.
20. Reconnaître Je premier foyer de l’irritation, démêler l’organe dont la souffrance détermine la stimulation cérébrale, tel est, dans le traitement des convulsions des enfans , le premier
précepte dont le praticien ne doit jamais s’écarter.