J’ai déjà fait remarquer que l’appareil ali
mentaire est, dans le plus grand nombre des cas, la partie dont la maladie primitive détermine ultérieurement celle du cerveau (ss. i3. B.). Cela s’explique facilement par les relations nerveuses multipliées qui unissent le tube digestif et l'encéphale. J’ai vu très-fréquemment la diarrhée précéder de plusieurs jours l’irritation encéphalique, (obs. II, III, IV', VI, XI. ) C’est au moment ou les selles deviennent très -nombreuses et où la fièvre est la plus vive , que les symptômes cérébraux se dessinent. Le jeune M... ( obs.Ire) avait eu quelques accidens gastriques, il prend un purgatif ; peu de jours après, l’encéphalite se déclare de la manière la plus effrayante. On avait administré à l’enfant Chemout le sirop d’ipécacuanha immédiatement avant que la maladie cérébrale se fût manifestée (obs. III.).
22. Prescrivez donc une diète absolue à un enfant dont les intestins sont irrités. Ce ne sont pas plus les sangsues que les médicamens qui le guériront ; c’est le régime qui lui rendra la santé. C’est agir et fortement agir, que de se borner à défendre l’alimentation ; ce n’est pas faire la médecine expectante, c’est donner aux organes le temps et les moyens de revenir à leur état normal. Quoi qu’on ait pu inférer de l’aphorisme d’Hippocrate, minime pueri, etc., l’homme
au premier âge supporte très-bien l’abstinence. Bedoutez en négligeant un moyen aussi simple de voir la maladie s’aggraver ou se compliquer d’accidens encéphaliques. Quelquefois il suffit de prescrire le lait pour toute boisson et pour unique nourriture. Souvent il faut l’étendre d’eau de gomme et de décoction d’orge; plus souvent encore il ne faut accorder que de l’eau sucrée toute simple. Deux jours suffisent pour la guérison d’une affection que les alimens entretiennent , que les médicamens aggravent , et que les évacuations sanguines sont loin de toujours guérir.
23. Le régime prophylactique doit varier suivant l’âge; seul aliment de la première enfance , le lait de la femme est préférable â celui des animaux , qui cependant est encore très-convenable, lorsqu’il est étendu d’une certaine quantité d’eau. Nourri de cette manière, rarement l’enfant aura des convulsions, parce que son estomac, ses intestins ne seront pas malades, et
n’irradieront pas sur le système nerveux d’une manière fâcheuse.
24. Modérez aussi, s’il est possible, l’irritation des gencives par les dents qui les percent, et celle de la pulpe dentaire,, résultat inévitable des progrès de l’éruption des dents. Bien plus souvent qu’on ne le pense l’odontalgie détermine des accidens graves chez l’adulte; que sera-ce Uonc pour les enfans en proie aux douleurs de
la première dentition î quelles angoisses ! quelles souffrances! que de causes pour irriter l’encéphale !
2 5. Mais comment calmer cette irritation ?Les narcotiques apaiseront la douleur, mais pour ne pas percevoir cette douleur, le cerveau en sera-t-il moins irrité? faut-il inciser les gencives? mais sont-elles bien le siège de la principale irritation primitive ? l’application de sangsues serat-elle utile? Je la crois indiquée; mais je ne puis citer qu’un fait , et encore est-il bien peu concluant. Le jeuneG... (obs. XIV) cesse d'avoir des convulsions aussitôt qu’on évacue du sang près les denjs dont la pulpe est supposée irritée. Le petit malade est momentanément soulagé , mais n’en périt pas moins.
26. Des considérations du meme genre sont entièrement applicables à l’otite, â laquelle il importe surtout de s’opposer d’une manière trèsaclive. ( Itard, Traité des maladies de l'oreille.)
27. Je ne puis mieux faire , relativement aux influences de l’irritation du cuir chevelu par la teigne ou les vésicatoires sur la manifestation des accidens cérébraux, que de citer les symptômes d’arachnoïdite mortels, qui se déclarèrent chez mademoiselle Martineau, peu de temps après la guérison de sa maladie cutanée (obs. V), et la mort de la petite Prot , qui succéda à la guérison des ulcères qu’elle portait à la tète depuis la première affection dont elle avait été atteinte
{ obs. XIL ) Les indications à saisir dans des cas semblables sont trop évidentes pour qu’il soit utile d’y insister.
28. Calmer les fâcheux résultats de l’irritation exanthématique dans la rougeole, la variole, etc.; prévenir la suppression brusque de ces phlogoses ; chercher à les ramener vers la peau lorsqu’elles disparaissent brusquement, sont des préceptes si universellement adoptés, que je ferais in jure â mes lecteurs en supposant qu’il soit utile de les rappeler,
2g. Il est donc vrai que dans le principe l’affection encéphalique est souvent secondaire à une autre lésion d’organe; mais bientôt la maladie du cerveau devient prédominante et celle du premier point d’irritation ne tarde pas à disparaître. Le rôle important que remplit l’encéphale dans les phénomènes de la vie ne permet pas aux symptômes dont il est la source de se manifester à un faible degré. Ceux-ci se succèdent, se combinent, se multiplient, s’accroissent à proportion que la souffrance du viscère continue. L’irritation primitive , le foyer premier de la maladie diminue au contraire en vertu des lois connues de la dérivation. Les symptômes qui caractérisent cette dernière lésion disparaissent, s obscurcissent pendant la durée de ceux dont le cerveau est le point de départ.
5o. Une céphalite ou une araclmoïdile primitives sont des maladies qu’on rencontre rarement
dans la pratique. Il en est peu, au contraire, qüe l’on ait plus fréquemment occasion d’observer que des lésions encéphaliques succédant à l’odonlalgie, l’otite, la gastrite, l’entérite, etc.
5r. C’est inutilement, dans le plus grand nombre des cas, que l’on cherche à calmer la soulfrance de l’organe dont l’irritation a déterminé celle de l’encéphale. Dès que celle-ci est franchement dessinée, dès que la maladie secondaire a fait assez de progrès pour que les symptômes cérébraux persistent et deviennent intenses, ceux-ci continuent leur terrible marche quoique l’affection première soit entièrement dissipée. La lésion encéphalique doit donc alors être traitée comme si elle était réellement primitive.
52. L’irritation cérébrale idiopaliquechez l’enfant est le plus souvent le résultat d’une chute ou d’une violence extérieure; sans doute aussi des impressions morales peuvent lui donner naissance, etc. On a tant et si judicieusement écrit sur les causes de la céphaliteet de l’arachnoïdite primitives, qu’énumérer celles-ci serait ne rien dire d’utile et moins encore de nouveau. Remarquons seulement que l’on n’a aucuns signes, autres que les symptômes locaux ou les circonstances commémoratives , pour distinguer les lésions encéphaliques, suites d’un coup ou de tout autre accident semblable, d’une phlegmasio cérébrale produite par une cause interne.
55. Idiopathique ou symptomatique , shiiple ou compliquée, résultat d’une violence extérieure ou d’altérations spontanées survenues dans les organes ; l’irritation cérébrale une fois bien caractérisée, réclame impérieusement dans ses premières périodes les évacuations sanguines.
54- Qu’on donne en effet à la maladie le nom que l’on voudra, qu’on adopte telle opinion ou telle autre, toujours est-il qu’une congestion de sang vers le cerveau est ici de toute évidence. La force des battemens des artères carotides en est une preuve positive. Chez les enfans trèsjeunes , dont la fontanelle antérieure n’est pas encore ossifiée , l’encéphale soulève avec une énergie extrême le doigt qui le touche (obs. XIV), et , grâces aux travaux des physiologistes parmi lesquels M. le professeur Iticherand doit être honorablement cité, on sait bien que les mouvemens du cerveau sont en rapport avec la circulation qui s’y opère.
55. Les saignées doivent être très-abondantes. Que craint-on en effet de répandre, dans cette circonstance, une quantité de sang un peu co nsidérable? I\edoute-t-on la faiblesse générale? mais celle-ci est bientôt dissipée. Le chirurgien ne craint pas de faire pratiquer la phlébotomie cinq ou six fois de suite pour une fracture, et le médecin pourrait se contenter de faire appliquer trois sangsues derrière chaque oreille lorsqu’il s’agit d’une araclinoïdite ou d’une congestion cérc-
braie? bannissons si l’on veut la théorie, mais consultons du moins les faits. La saignée portée môme jusqu’à défaillance est rarement dangereuse. Bosquillon avait une pratique heureuse, celle de Boërhaave comptait de nombreux succès. Je ne crains pas de faire pratiquer de copieuses et de très- copieu ses saignées, dans des circonstances où la faiblesse du pouls radial est portée très-loin, et ce ne sont pas là les malades que je perds. La maladie une fois détruite, les forces reparaissent avec rapidité. L’abattement, la stupeur, la pâleur, la paralysie, les convulsions qui se manifestent souvent dans le cours des maladies dont je parle, se déclarent , soit qu’on ait saigné, soit qu’on ne l’ait pas fait. C’est la lésion du système nerveux qui est suivie de ces symptômes et non pas l’évacuation de sang que l’on a obtenue.
06. Je crois donc qu’on doit saigner abondamment dans les premières périodes de la congestion cérébrale des enfans , que 20 , 5o , 4o sangsues et meme davantage , qu’une ou plusieurs phlébotomies doivent être pratiquées, qu’en un mot, il faut agir promptement et le faire énergiquement.
07. C’estau moment où les battemensdu pouls carotidien tombent qu’il faul s’arrêter relativement aux évacuations de sang. J’ai vu la radiale être à peine agitée de quelques faibles pulsations, tandis que les artères du cou soulevaient avec
force le doigt qui les pressait. Si le cœur tend à lancer également le sang dans toutes les portions de l’appareil circulatoire, il est certain que les artères ont aussi une action sur le fluide qu’elles contiennent (Béclard). Les organes auxquels elles se distribuent j en irradiant sur elles, leur permettent d’admettre plus ou moins de sang, indépendamment de l’énergie des mou veine ns du cœur. Ne consulter que le pouls radial dans une maladie est une source de fausses idées sur les moyens à employer.
Il faut rechercher le volume des artères partout où la main peut les rencontrer. C’est plutôt l’inégale distribution du sang dans nos* parties qui est la cause des phénomènes morbides , plutôt, dis-je , que les variations survenues dans
la masse de ce fluide.
58. C’est encore au moment où le pouls carotidien est un peu moins développé, qu’on peut davantage espérer obtenir une dérivation salutaire par les synapismes, les vésicatoires, etc. Avant cette époque, ces moyens seraient peutêtre plus dangereux qu’utiles; la douleur qu’ils causent suffirait peut-être chez certains sujets pour disposer le cerveau à une congestion sanguine; croit -on que cette douleur soit sans danger, lorsque déjà cette congestion sanguine existe? Je ne le pense pas, et, suivant ce que j’ai observé , les dérivatifs douloureux ne conviennent pas dans les premières périodes de la maladie.
( fio )
Il n’en est peut-être pas ainsi de ceux dont l’application est accompagnée d’une souffrance nulle ou médiocre. Les ventouses simples, les frictions, sont surtout dans ce cas, ainsi que les applications de linges trempés dans l’eau chaude et les bains de pieds à une température médiocrement élevée.
3q. Les pédiluves m’ont paru plus utiles lorsque les jambes sont suspendues dans l’eau, et que les pieds ne touchent pas le fond du vase. Ce procédé que j’emploie souvent me paraît surtout propre à porter les liquides vers les extrémités inférieures. Je ne suis pas partisan des hypothèses mécaniques , mais je crois que dans les mauvaises théories même il y a quelque chose de bon à prendre.
4o. J’ai prescrit plusieurs fois l’application d’un large vésicatoire sur la tête préalablement îasée, mais il me serait difficile de dire si je dois rapporter à cette pratique les succès dont elle m’a paru quelquefois suivie. Les résultats que j’ai obtenus sont les suivons: Chez mademoiselle Martineau ( obs. V ) , quoique ce moyen parût très-indiqué ( ss. 27 ), il 11e fut suivi d’aucun effet avantageux. Il a échoué chez le jeune G... (obs. XIV), mais tous les autres secours de l’art furent , dans ce cas , également inutiles. Un moxa au sinciput 11e retarda pas la mort de
M . (obs. Irc. ) Un vésicatoire fut appliqué sur
la tête de la petite Prot( obs. VIII), et de l’cn-
fant de la rue de Bondy ( obs. IX ). Dans ces deux dernières circonstances, le mieux -être fut très-promptement observé, mais j’avais en même temps donné le quinquina en lavemens; ces injections seules, et sans y joindre le vésicatoire, furent suivies d’une amélioration rapide chez les enfans Boulanger ( obs. X ) et Sommereux ( obs. XI), ainsi que dans deux autres cas, dont je vais bientôt parler. (Obs. XVI et XVII.)
4 1. Les affusions froides (observ. XVIII), les applications de glace déterminent souvent une amélioration subite, surtout lorsque les malades sont en même temps plongés dans un bain tiède, qui entretient du reste une chaleur douce à la peau. Celle-ci dans beaucoup de cas a une grande tendance au refroidissement. En général, l’amélioration que les lotions froides déterminent dans l’état des malades est de peu de durée (Parent); il faut souvent y revenir. La glace doit-elle être constamment appliquée ? faut -il la placer seulement tous les quarts d’heure, ou toutes les demi-heures pendant dix minutes? Dans ce der nier cas , la réaction ne tarde pas à avoir lieu , et à être suivie dé nouveaux accidens. La meilleure manière de s’en servir me paraît être de l’appliquer sur toute l’étendue du crâne lorsque la face devient rouge, et de la faire enlever toutes les fois que la pâleur survient. 0
4^. L’émétique â haute dose est dangereux. Les vomissemens qu’il détermine sont suivis
( Gs )
d’ftne congestion sanguine vers la tête ; c’est précisément là le contraire de ce que l’on veut obtenir. Ce médicament pourrait n être pas sans utilité dans le cas où une irritation cérébrale succéderait à une indigestion (.obs. VII) ; toutefois l’eau sucrée chaude et la titillation de la luette suffisent pour provoquer des vomissemens abondans. Cette dernière pratique est celle que je suivrais dans des cas semblables. Le tartrite antimonié de potasse à petites doses, et suivant la méthode deDesault, pourrait produire une dérivation salutaire, et on l’administrerait avec avantage si l’estomac et les intestins étaient exempts de lésions. ( Lallemand. )
43. Les lavemens purgatifs paraissent essentiellement indiqués , soit comme dérivatifs, soit pour remédier à la constipation qui se manifeste fréquemment , et qui pourrait bien avoir quelque influence fâcheuse sur le cerveau malade, puisqu’on le voit, dans l’état sain, déterminer quelquefois des céphalalgies opiniâtres. Ajoutons que l’on trouve souvent un liquide abondant, verdâtre, et visqueux dans les intestins ( obs. XIV ) , qu’il ne serait peut-être pas sans utilité d’évacuer; les purgatifs et surtout le calomélas pourraient ici avoir quelque avantage. Ils me paraissent offrir bien moins d’inconvé* niens in jectés dans le rectum , qu’administrés par la bouche et portés dans l’estomac. Au reste, j’ai souvent employé les lavemens purgatifs , mais
j’avais en même temps mis en usage tant d’autres pratiques qu’il me serait difficile de dire le degré d’utilité que j’en ai tiré.
44* Le plus souvent et malgré l’emploi combiné de ces moyens nombreux , la maladie suit sa marche fâcheuse et se termine malheureusement du premier au vingtième jour ( obs. Ir% II, III, IV, V, XII, xilb XIV) ; les symptômes d’épanchement se manifestent le plus souvent avant que la mort survienne. Dcins beaucoup de cas cependant les enfans périssent dès les premiers temps , et pendant ou après une convulsion (observations IV). Presque constamment au-dessus de nos faibles ressources, l’affection dont il s’agit est le désespoir du médecin , qui multiplie en vain toutes les ressources de son art., et qui, découragé, emploie sans espérance, le moxa, le cautère actuel, etc., moyens actifs, sans doute, mais dont l’administration n’est presque jamais couronnée de succès; ce que ne prouvent que trop encore quatre observations d’arachnoïdite aiguë, que M. Claret a traitée sans succès chez des enfans, par la méthode antiphlogistique et dérivative. ( Ann . du> cercle médical ^ juillet 1822.
5° RÉFLEXIONS SUR R EMPLOI DU QUINQUINA DANS L IRRITATION PATHOLOGIQUE DE L ENCEPHALE CHEZ LES ENFANS.
45. C’est après avoir inutilement tout tenté que, voyant la jeune Prot sur le point d’expirer,
j*en parlai à M. Hyppolite Cloquet, et que ce médecin distingué me rappela le fait qu’il a consigné dans le nouveau Journal de médecine. Il me fit part de quelques autres observations analogues publiées depuis dans le même recueil, et je me décidai dès-lors à mettre le quinquina en usage.
46. La jeune malade présentait des alternatives de rougeur et de pâleur. Je réussis au-delà de mes espérances. Je fus aussi heureux pour l’enfant de la rue de Bondy (observation IX) , chez lequel le même état intermittent s était fait remarquer. La petite Boulanger m’offrit les memes symptômes et les résultats furent les mêmes. Tout avait échoué pour l’enfant de M. Sommcreux. Les Javemens avec le quinquina furent suivis d’un prompt retour à la santé.
47. Ce n’était pas les premières circonstances dans lesquelles j’eusse vu des affections périodiques dont l’encéphale était le siège, céder à l’emploi du quinquina. En 1818, un homme de cinquante ans, demeurant alors à l’hôtel Fleury, rue de la Bibliothèque, éprouvait, à une heure déterminée et tous les deux jours, un accès de manie avec, penchant au suicide; les accidens se dissipèrent subitement après l’administration de
l’écorce du Pérou. Mademoiselle A. M . ,
rue du Four-Saint-Gcrmain, n° 72, avait, à la même époque de chaque journée, une attaque très-forte d’hystérie qui durait plusieurs heures et qui avait résisté depuis plus d’un mois cà tous
les moyens que j’avais prescrits. Quelques pilules de sulfate de quinine avaient prévenu le retour de celte affection spasmodique. Ces faits étaient présens à mon esprit, mais B avaient rien qui pût m’autoriser à profiter des courtes rémissions ou intermissions que j’observais pour donner le quinquina en laveiuens. C’est donc à M. Hyppoîite C loquet que je suis redevable de l’idée de me servir de ce médicament dans les inflations encéphaliques des enfans. ,
48. Appelé pour la jeune Prot une seconde fois (observation XII), .pour l’enfant Galimar ( observation XIII), pour le fils de AL G, (observation XIV) 5 je ne découvre pas d’une manière manifeste d’intermittence ou plutôt d’alternatives de rougeur et de pâleur; je fais administrer les mêmes moyens et la mort n en a pas moins lieu .
49. D’après les faits précédées, je suis autorisé à penser que dans les circonstances où des alternatives de rougeur et de pâleur se manifestent, on peut espérer que le quinquina en la venions sera suivi d’effets avantageux; que dans le cas au contraire où les intermittences ne se déclarent pas , on doit fort peu compter sur l’efficacité de l’écorce du Pérou.
50. Maintenant une nouvelle question se présente. Peut-on employer le quinquina en lavemens lorsque les symptômes de l’irritation cérébrale ont succédé à ceux de la gastrite ou de l’entérite ?
5i. Dans les deux sujets que j’ai ouverts il ny avait pas de phlegmasie-gastro-intestinale ( observations XIII et XIV). Un grand nombre des observations de MM. Lallemand et Parent prouvent aussi, quoi qu’en ait pu dire M. Scoutetten , que très-souvent l’entérite et la gastrite n’ont pas lieu en même temps que la congestion cérébrale. Dans ces cas le quinquina ne pouvait pas être nuisible. Il aurait même sans inconvénient été donné par la bouche.
5s. La portion du tube alimentaire frappée de phlegmasie doit être prise en très-grande considération. S il y a eu exclusivement des vomissemens et de la tension dans la région abdominale correspondant aux intestins grêles., s’il n’y a pas eu de diarrhée, les lavemens avec le quinquina peuvent être employés lors de l’intermittence des accidens cérébraux.
55. Faut-il en agir ainsi lorsque des selles nombreuses et liquides font croire a l’existence d’une colite ? Ceci demande une explication.
54, Chez les deux sujets que j’ai ouverts, il y avait une diarrhée intense, et cependant l’autopsie cadavérique a démontré que les organes encéphaliques seuls étaient altérés, que le colon était sain. Comment se rendre raison de ce Phénomène? Je ne veux pas tout expliquer, mais enfin il est bon aussi d’avoir recours aux raisonnemens déduits des faits.
55. La digestion stomacale est arrêtée ou entravée lors de la section de la huitième paire
(Dumas, Wils. Philips, etc.). Ceci ne peut avoir lieu que par la soustraction de l’influence encéphalique. Est-il donc possible que celle-ci soit altérée, au point où elle l’est, dans l’arachnoïdite sans que l’estomac soit modifié dans sa manière d’être? Les liquides ou les solides que prennent les malades , la salive , les mucosités même qu’ils avalent, digérés dans l’état physiologique (Magendie), cessent de l’être convenablement dans les cas de congestion cérébrale; de là, abord de fluides altérés dans les intestins, diarrhée , etc.
56. Qu’on donne à cette explication le degré de confiance que l’on voudra, le fait n’en est pas moins réel: les deux sujets précédens ont eu une
forte diarrhée et n’ont pas présenté de traces de
colite après la mort.
67. Mais ,dans la supposition même de l’existence d’une colite chez un sujet atteint d’encéphalite, faudrait-il toujours s’abstenir de porter un lavement de quinquina dans le rectum ? Je ne suis pas de cet avis.
a . L’inflammation du colon n’est pas d’une gravité comparable à celle de l’encéphale ou de ses dépendances. Ce serait avec avantage qu’on substituerait la première maladie à la seconde.
b. Le rectum est rarement enflammé dans le cas de colite ou d’entérite. Une dose d’écorce du Pérou , suspendue dans une petite quantité de véhicule et poussée très-lentement dans l’intestin, ne dépassera pas ce même rectum»
c. Connaissons-nous bien encore, d une manière parfaite, le mode d’action du quinquina appliqué sur une partie enflammée, et sommes-nous bien certains que ce moyen augmente constamment la phlogose? Je ne me prononce pas, parce que j’attends des faits et des expériences pour dissiper à ce sujet tous mes doutes.
58. Comment agit le quinquina dans les cas où son emploi réussit dans l’encéphalite? Les trois observations suivantes peuvent-elles donner quelques indices pour la solution de la question ?