DIX-SEPTIÈME OBSERVATION
Accidens gastriques et intestinaux. — Symptômes d3 arachnoïdite. __ Intermittence avec le type tierce . — Accès calmés par la méthode antiphlogistique et dérivative. — Retour des accès prévenus par les lavemens avec le quinquina.
M. Dupuy , propriétaire à Houdan , avait conduit à Paris sa jeune fille , âgée de trois ans et quelques mois. M. le docteur Jacob , qui avait vu l’enfant à l’hôtel de Nantes, rue Croix-des- Petits - Champs , apprenant que depuis longtemps j’étais le médecin de M. Dupuy , eut la délicatesse de me faire prévenir et de se retirer, il avait déjà reconnu chez l’enfant les symptômes de l’irritation encéphalique dont je vais tracer l’histoire.
Dans les jours qui suivirent la première quinzaine de juin 1 823, l’enfant fut atteint de quelques accidens gastriques et d’un peu de diarrhée, ce qui ne troubla pas sa gaîté et son enjouement habituels.
Dans la nuit du lundi 18 au mardi 19 mai* elle éprouva une agitation extrême, du délire , des mouvemens spasmodiques des lèvres et des membres, une céphalalgie sus-orbitaire très-vive; des vomissemens s’y joignirent.
A sept heures du matin un assoupissement profond se déclare , la face est injectée, vermeille , le pouls radial et le carotidien sont très-forts; douze sangsues sont appliquées derrière les oreilles , des applications froides sont faites sur
la tête, les accidens diminuent, la nuit est tranquille*
Le jour suivant la jeune Dupuy est très-bien; les inquiétudes se dissipent.
Dans la nuit du 20 au 2 1 , réapparition des mêmes accidens que la surveille; l’accès est modéré par un traitement analogue.
Le surlendemain, mêmes accidens et emploi des mêmes moyens*
Le 25, je n’hésite pas à faire prendre le quinquina en lavemens à la même dose que dans les cas précédens.
Les symptômes cérébraux ne se manifestent pas de nouveau; mais l’abdomen devient douloureux ; une diarrhée abondante se déclare. La diète, des lavemens avec la décoction de graines de lin, des fomentations émollientes, des bains, etc., ne font dissiper ces accidens qu’après 7 ou 8 jours.
Ce fait a beaucoup d’analogie avec celui dans lequel M. H. Cloqueta employé pour la première
fois le quinquina en injection dans le rectum*. L’intermittence était bien prononcée, l’indication facile à saisir,, et je ne doute pas que tout autre praticien que moi n’eût traité connue je l’ai fait cette fièvre intermittente céphalique.