SI
Beaucoup de corps simples, composés entre eux, présentent clans l’ensenble de leurs propriétés des différences moins tranchées; n’est-il pas certain que, si le mode de filiation n’eût pas été aussi pas été aussi précis, le phosphore rouge eût été pris pour un corps simple particulier?
Quoi qu’il en soit, ce qu’il importe de noter, ces que ces deux états paraissent préexister dans plusieurs combinaisons phosphorées, comme tendent à le démontrer les sulfures de Berzélius. Récemment, dans une thèse pour le doctorat ès-sciences, M. Lemoine a décrit un nouveau sulfure rouge, cristallisé Ph2S3, inaltérable à 1’ air et paraissant contenir le phosphore sous sa modification rouge.
S’agit- il entre ces deux corps d’une polymérie ou d’une isomérie proprement dite? La question est indécise, mais il me semble actuellement facile de la résoudre, puisque M, Hittorf (1) vient d’observer que le phosphore amorphe peut se vaporiser sans se fondre, à la manière de l’arsenic, tout en conservant son état moléculaire, c’est-à-dire sans cesser d appartenir à la modification rouge.