AB A’ B
l’action directe de la chaleur par exemple, ce système devienne A’ B’ G’ D’. Il sera nécessaire pour amener cette transformation d’effectuer un certain travail répondant, je suppose, à une absorption de chaleur; eli bien, pour que le nouveau système reprenne son état primitif, il faut et il suffit qu’il y ait production d’un travail effectif et positif précisément égal au travail dépensé, pour amener la pre-
mière transformation; aussi, dans le cas particulier que je viens de citer, si tout le travail se transforme en chaleur , cette dernière sera rigoureusement égale à la chaleur primitivement absorbée. Ceci s’applique, par exemple, à l’isomérie physique du soufre : un cristal de soufre obtenu par fusion est-il abandonné à lui-même, il repasse lentement dans le quatrième système en dégageant de la chaleur.
Dans certains cas, il peut y avoir dégagement de lumière au moment de la transformation isomérique; tel est le cas de l’acide arsénieux. D’après H. Rose (1), quand on laisse lentement refroidir dans l’ obscurité une dissolution d’acide arsénieux vitreux dans l’acide chlorhydrique, de chaque cristal, au moment de sa formation, jaillit un flot lumineux; les cristaux ainsi obtenus restent transparents, et, chose curieuse, ces cristaux, pas plus que ceux de l’acide opaque , ne sont susceptibles , par une nouvelle cristallisation, de reproduire ce même phénomène lumineux.
phénomènes calorifiques. L’effet, dans les deux cas, est dû, non à une différence essentielle et fondamentale, mais à la production d’ondes à périodes variables, appartenant à différentes portions de l’échelle de la radiation. — 11 y a là un ensemble de faits qui, à mon sens, est susceptible d’étendre singulièrement le domaine del’isomérie, lorsque les chimistes
(1) Annales de physique et de chimie , t. LX1 1,2e série), p. 288, et t. III (3e série), p. 251.
et les physiciens se seront plus profondément engagés clans cette voie. Mais revenons à notre sujet.
On vient de voir que, dans l’isomérie physique, il y avait dans l’immense majorité des cas production de phénomènes calorifiques; il ne faudrait pas croire qu’il s’agît là d’un phénomène spécial, appam tenant uniquement à cette isomérie, car la même chose s’observe dans l’isomérie chimique : « Il était facile d’annoncer a priori l’existence générale de
cette relation Elle s’explique dans les théories
actuelles par la proportionnalité que l'on admet entre les effets des phénomènes thermiques et ceux des phénomènes mécaniques. Car, pour opérer la transformation d’un corps dans son isomère, il faut exécuter une certaine suite de travaux : chacun de ces travaux répond à un dégagement ou à une absorption de chaleur la compensation précise ne
saurait exister que dans des cas exceptionnels» (1).