C6H4 (H'202) (H202) + C4H4 (II202) — H202 = CG H4 (H202) (C4H
Ce nouveau corps à son tour pourra être oxydé, à la manière de l’alcool propylique, par exemple, fournissant l’acide propylique, ce qui donne :
C6H4(04)(C4HG02) acide éthyllactique.
Ce nouveau corps est acide, car son mode de génération est analogue à celui de l’acide propion ique, comme le montrent les deux formules suivantes :
CGH6(H202). . . CGJ1G(04). . . acide propionique. G6H4(H202)(C4H602). . . C6H4(04)(C4HG02). . . acide éthyllactique.
D’autre part, ce dernier corps est métamère avec l’éther lactique ordinaire.
J’ajouterai que les mêmes différences s’expriment également fort bien à l’aide des formules qui ont été adoptées par M. le professeur Wurtz dans ses mémoires.
Autre exemple. L’acide oxalique, i ammoniaque,
l’alcool ordinaire, combinés dans un ordre différent,
fournissent tantôt de l’éther oxamique (oxaméthane de M. Humas), tantôt de l’acide étbylaminoxalique.
C’est également dans ce groupe, à mon sens, qu'il faut ranger d’autres isoméries encore plus remarquables qui ont été découvertes par M. Wurtz, je veux dire les alcools d’hydratation ou pseudoalcools, comparés aux alcools proprement dits.
Considérons en effet les trois corps suivants :
Amylène C10H10; oxygène O2; hydrogène II2
On peut réunir ces trois corps par voie directe ou indirecte de la manière suivante :
1er ordre : CfORiO q H2 = C«W2 ; COfU2 -f- O2 = C10H<202 2« ordre: O2 + H2 = H202; CWO-f H202 = Ci0H‘0.H2O2
Dans le premier cas on obtient l’alcool amylique véritable; dans le second, le pseudo-alcool ou hydrate d’amylène.
4e groupe. — Métamérie produite par les mêmes générateurs, unis dans le même ordre, mais par
des procédés différents.
Ici la métamérie semble due à une fusion plus ou moins complète des deux molécules au moment de la combinaison, et il me semble que la différence doit être surtout en rapport avec les quantités de chaleur différentes dégagées dans les deux cas :
Par exemple l’alcool en s’unissant à 1 acide sulfurique, fournit deux dérivés distincts, suivant que l’acide est anhydrique ou hydraté :dans le premier
cas #n obtient l’acide éthylénosulfurique (iséthéonique), dans le second, l’acide éthylsulfurique.
Partant de l’alcool et de l’acide formique, on obtient soit l’éther formique directement :
Q4H602 q- C2H204 = H202 -I- (MH4 (C2H204)
Soit l’acide propionique en passant par l’acide cyanhydrique et son éther :
C4H602 + C2H2CU = H202 q- C6H60^
On peut dire ici que la métamérie ne préexiste pas, mais qu’elle se produit dans l’acte même de la combinaison, et la différence doit être attribuée, je le répète, aux quantités de chaleur inégales dég;ag*ées. En effet, l’acide propionique, corps unitaire, a une chaleur de combustion moindre que l’éther formique, corps secondaire, d’où il suit que dans l’acide les éléments se sont plus rapprochés, ont éprouvé en quelque sorte une fusion plus complète que ceux de l’éther : n’est-ce pas à cette éause qu’il faut j apporter les propriétés si diverses de ces deux corps? Voilà sans doute pourquoi l’un réagdt tout d’une seule pièce, tandis que l’autre se scinde en dérivés à 2 et à 4 équivalents de carbone.
Telles sont les principales divisions que l’on peut établir dans la métamérie. A un autre point de vue on pourrait peut-être aussi diviser les corps métamères en deux grandes séries :
1° Les métamères qui se scindent aisément en des corps possédant les équivalents de carbone de leurs générateurs , tels que les éthers méthylacé-
ti(|iicel, éthyl formique, etc. On pourrait les appeler mêtamères par juxtaposition.
2" Les mêtamères dans lesquels la condensation du carbone des générateurs est définitivement acquise, comme l’acide propionique dérivé de l’alcool; l’acide lactique, dérivé de l’aldéhyde, etc., etc. Leur propriété caractéristique étant d’entrer en réaction à la manière des corps unitaires, on pourrait les appeler corps mêtamères unitaires.
Cette division me paraît d’autant plus logique, qu’elle répond à des phénomènes thermochimiques bien définis.