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CHAPITRE III

Absorption des graisses.

On admet généralement que la graisse neutre ne pénètre dans la muqueuse intestinale qu’après son dédoublement,

mais qu’elle est reconstituée aussitôt après son passage à

travers celle-ci.

. Willet Perewocznikoff (1) croient que la reconsti- TA Je tution se fait dans l’épithélium de la villosité. Munk (2) a 4

b montré que l’on peut nourrir un chien en remplaçant la De

graisse de son alimentation par des acides gras et il pense JR

| que les acides gras sont absorbés à l’état d’émulsion.

À Ces acides gras s’unissent aussitôt à la glycérine pour

L former des graisses neutres : Munk n’a pas établi d’où

“4 venait la glycérime nécessaire à cette synthèse.

É Zawarykin (3) et Wiedensheim font jouer un rôle . considérable aux corpuscules lymphatiques dans l’absorption des graisses.

Mais Wiemer (4) combat cette opinion en montrant qu’il y a plus de graisse libre dans l’intérieur de la villo-

3 .sité que dans les leucocytes. Eysoldt (de Kiel) a confirmé

Es

cette dernière opinion.

Pre (1) PEREWOOZNIKOFF, Céntralbl. f. méd. Wiss., 1876.

“4 (2) J. Munx. Du Bois Reymond's Archiv, 1890, n° 5-6, p. 581.

Li: (3) ZAWARYKIN. Rousskaia medicina, 1884 ; Pflüger's Archiv, XL, p. 447. QE: ns. (4) Wigmer. Arck. f. d. ges. Phys, XXXIII, p. 515. “#4

MST

On a admis aussi que les prolongements des bâtonnets, -qui constituent le plateau strié de l’épithélium des villosités intestinales, se meuvent comme des cils vibratiles et apportent dans le corps de la cellule épithéliale les fines

gouttes de graisse émulsionnée. Cette interprétation de Mathias Duval (1) est singulièrement confirmée par l'étude de la digestion et de l’absorption chez les animaux inférieurs, tels que les hydres d’eau douce. .

Nicolas (de Nancy) a observé (2) chez le triton, dans les cellules épithéliales. de l'intestin, des boules ou enclaves, auxquelles il confère le rôle de ferment opérant la synthèse de la graisse, introduite sous forme de solution dans la cellule.

J. Renaut (de Lyon) (3) croit que les leucocytes font des trouées dans l’épithélium et y créent des bouches

j absorbantes pour la graisse.

sn En résumé, le passage à travers l’épithélium intestinal 55 est bien imparfaitement connu et la question de l’absorp-

Be: tion des graisses est obscure sur un grand nombre de

“1 points.

Dans la villosité intestinale, 1l y à un réseau sanguin

et un réseau chylifère ; c’est le réseau chylifère qui entraîne la plus grande partie de la graisse, le reste passant dans le sang de la veine porte. La graisse arrive finalement dans la circulation générale, si bien que le

(1) MaATHIAS DuvVaAL. Cvurs de physiologie. Paris, 1892,

(2) NicoLAS. Bull, de la S. sc, de Nancy, I, 5, p. %4.

Du MÊME. Recherches sur l’épithélium de l'intestin grêle. Journal internat. d'anat. et de physiol., 1891, t. VIII. | \

(3) RENAUT. Sur l’épithélium fenêtré des follicules clos de l'intestin du lapin et de ses stomates temporaires. C. R. de l'Ac. des sc., 30 juillet 1883.

sérum est lactescent pendant Gene heures après un ie riche en corps gras.

La graisse se dépose dans les organes, très rapidement D D. = 178 le foie, très lentement dans le tissu conjonctif. Un litre de sang perd 4 gr. 2 de matières grasses en traver- sant le foie, ainsi que l’a montré Drosdoff.

. Pendant la période digestive, on voit une accumulation de gouttelettes graisseuses dans les cellules qui occupent la périphérie du lobule hépatique. Ce qui prouve le rôle nd foie dans l’élaboration des graisses, c’est l’accumu- lation de ces substances en maintes circonstances : on constate la surcharge graisseuse du foie pendant la grossesse et la lactation ; c’est toujours dans les cellules centrales du lobule que linfiltration se produit. Il est difficile de savoir, comme le fait remarquer Roger (1), sil s’agit là d’un arrêt ou d’une véritable formation.

(1) RoGER. Physiologie normale et pathologique du foie.

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