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Cest au suc pancréatique que revient le rôle le plus important dans leur digestion ; il exerce sur les matières
grasses neutres une double action, une action physique (émulsion) et une action chimique (saponification). Aucun À liquide de l’organisme ne donne une émulsion aussi PE . complète et aussi persistante. Le ferment émulsif, admis par Claude Bernard, n’a pu être isolé ; l’'émulsion peut, “ d’ailleurs, être une conséquence de la saponification, mise en liberté d’acides gras qui, en présence des alcalis du
suc pancréatique ou de la bile, forment des savons qui agiraient comme émulsionnants.
Le suc pancréatique dédouble les graisses neutres en
acides gras et glycérine; il saponifie aussi les lécithines qu’il décompose en acide phosphoglycérique, choline et
acides gras libres : c’est une diastase, la stéapsine ou lipase
qui est le ferment saponifiant.
On conçoit que la suppression du pancréas entraîne de graves troubles dans la nutrition, la digestion des graisses se trouvant fort compromise. Après l’ablation du pancréas
et la suppression du flux biliaire, les graisses peuvent encore être absorbées partiellement, grâce aux glandes pancréatiques accessoires, grâce à l’épithélium intestinal, grâce encore aux microbes intestinaux.
Il est intéressant de savoir que les graisses sont des
excitants pour la sécrétion pancréatique. Wagner (1) a établi que la sécrétion du ferment des graisses est sous la dépendance directe des corps gras ingérés.
La bile semble combiner son action à celle du suc pan-
(1) Société médicale russe de Saint-Pétersbourg, 1897.
que le suc pancréatique, seul, n’est pas apte à L opérer la digestion des graisses ; et que la bile, seule, n’est pas p capable d’agir : il semble que le concours des deux sécr tions soit nécessaire.
La bile émulsionne et saponifie les graisses comme t liquide renfermant de la soude et de la potasse à l’ét libre, ou à l’état de combinaison facile à détruire; elle ne
contient pas de ferment capable de modifier les graisses ; elle dissout un peu graisses et savons et favorise leur passage à travers les membranes (Wistinghausen),