CHAPITRE IV
Utilisation des graisses (Lipase de Hanriot).
J’ai étudié le sort des graisses depuis leur pénétration dans le tube digestif jusqu’au moment où elles sont
accumulées dans les tissus. Il me reste à montrer comm ent elles sont remises en circulation pour être utilisées par
VPorganisme.
Cest à Hanriot 44e nous devons d’avoir posé et résolu :
le problème (x).
Il avait vu he graisses, n’étant pas modifiées par | le carbonate de soude, à la température du corps, ne
pouvaient être saponifiées par la faible alcalinité du sang. Il chercha donc si lPagent saponifiant n’était pas un
ferment. Il constata que le sérum saponifie aisément et.
activement la monobutyrine en solution neutre ou faiblement alcaline ; que la quantité d’acide mis ainsi en liberté,
et qui doit être saturé à mesure qu'il se produit, pour
que la saponification ne se ralentisse pas, croit régulièrement avec la quantité de sérum employé. On pourra done comparer l’activité des sérums et leur richesse en ferment.
Ce ferment, non figuré, diastasique, détruit par le chauffage à 90°, pouvant agir à Pabri de Pr très
(1) HANRIOT. Comptes rendus de l'Académie des sciences, 9 et 16 novembre 1896 ; 1°r février 1897.
Ë table, a été appelé lipase. Il ne doit pas être confondu avec la lipase que fournit le pancréas.
dans le foie et dans le pancréas (1). Le corps thyroïde,
les capsules surrénales, les testicules, dont les altérations
ont des rapports étroits avec certaines variétés d’engrais-
sement et d’amaigrissement, n’en renferment point. Ce
ferment existe encore dans le sang, après l’ablation du
pancréas, et dans le plasma séparé des globules.
. La lipase solubilise les réserves graisseuses et les met en circulation. Cette action lipasique qui amène la saponi-
fication des graisses est complètement distincte de l’action
lipolytique signalée par Cohnheim et Michaelis, qui
appartient aux globules sanguins et qui est une oxyda-
tion des graisses avec formation de CO? et H?0.
Je signalerai dès maintenant que Achard et Clerc (2) n’ont pas trouvé la lipase plus abondante chez les sujets maigres et moins abondante chez les sujets gras, fait prévu théoriquement, car la lipase n’est pas un ferment lipolytique, mais seulement un ferment saponifiant. = Nous ne connaissons pas encore les produits d’oxydation intermédiaires entre les graisses d’une part et CO? et H?20, d'autre part. On suppose que les acides succinique, mésoxalique et oxalique, ainsi que les acides homologues de l’acide stéarique et de plus en plus pauvres en car-
bone (palmitique, caproïque, valérique, butyrique) et des
acides oxygras (famille des acides lactiques) se produisent au cours de l’oxydation graduelle des acides gras. (1) Le pancréas renferme donc 2 lipases distinctes
(2) ACHARD et OLERC. Pouvoir lipasique du sérum à l’état pathologique. Archives de médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, janvier 1900.