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Actuellement, il est dans un état de profonde neurasthénie : il
souffre chaque jour, après le repas, de crises gastralgiques qui durent quatre à cinq heures et qui sont d'une extrême violence.
Il a une grande tristesse qui tient autant à ses souffrances qu'au fait d'être considéré, par tous les médecins qui l'ont soigné, comme un malade imaginaire.
OgservarTion IIT (personnelle).
. M" T..., marchande de vins, est âgée de 33 ans. Elle est réglée depuis l’âge de 12 ans : les règles sont normales à tous les points de vue. Elle a des céphalées deux à
trois fois par semaine, depuis l'apparition des menstrues. Elle
a eu 2 enfants.
Elle a toujours été dyspeptique ; elle a des selles régulières. Son sommeil est toujours agité et elle est sujette aux vertiges.
Le cœur, le poumon et tous les autres viscères sont en parfait état.
Il y a trois ans, elle était debout sur un billard, lorsqu'un faux mouvement la fit tomber sur le sol. Elle eut une très vive émotion qui grandit encore quelques minutes plus tard, car elle eut une abondante métrorrhagie qui persista pendant un mois.
Elle pesait au moment de l'accident 114 livres, poids auquel elle se maintenait depuis longtemps.
Aussitôt après l'accident, elle commença à engraisser et en trois mois, son poids s'accroît de 54 livres.
Elle pesait 168 livres lorsque je la vis à la consultation externe de l’hospice des Enfants-Assistés, où elle était venue consulter pour son enfant. Son poids était stationnaire depuis l’augmentation de 54 livres.
G. — L'’engraissement qui paraît quelquefois après une intervention chirurgicale est vraisemblablement de même nature que l’engraissement consécutif aux traumatismes.
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H.— L'influence des émotions sur la production de l’obésité est nettement prouvée par un certain nombre de faits.
Worthington rapporte, d’après Wadd (1), l’histoire d'un officier sorti vivant du trou noir (Black-Hole), où les cipayes révoltés, à Calcutta, l'avaient jeté pour qu’il y mourût de faim.
Cet officier devenu obèse attribuait son engraissement au Q terrible événement dont il avait failli être victime »..
Ch. Féré (2) raconte, dans son livre sur la Pathologie des émotions, l'histoire suivante :
« M. P.., âgé de 44 ans, est de race tuberculeuse ; sa mère est morte d’un cancer du sein. En 1883, sa femme est morte de phtisie. Il ne lui restait qu’une fille de 10 ans, atteinte de mal de Pott, et vivant dans une gouttière depuis deux ans déjà. M. P.., qui s'était dévoué à cette enfant, vivait dans une inquiétude continuelle. Au bout de quelques mois, ses tracas augmentèrent encore par la mort de son associé. Il n’avait jamais eu d’embonpoint, mais il était devenu extrêmement maigre. Il toussait un peu, avait des sueurs au moindre exercice et spontanément la nuit ; si bien que dans son entourage on s’inquiétait, d'autant plus que la fille était devenue malade du poumon et que M. P... vivait presque continuellement dans sa chambre.
« Le 23 juin 1885, elle mourut d’une hémoptysie.
« Le père eut un chagrin violent et démonstratif pendant
(1) WADD. Cursory Remarks on corpulence, London, 1822. (2) Ch. FÉRÉ. Pathologie des émotions, 1892.
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plusieurs semaines ; puis il se calma, le sommeil reparut et il s’alimenta convenablement.
« À parür de ce moment, il commença à prendre de l’embonpoint : ceci l’inquiéta et il ne comprenait pas qu'il pût engraisser en vivant aussi tristement et aussi simplement.
«Avant tous ses tourments, M. P... n'avait jamais pesé plus de 60 kilogr. ; il mesure 1 mètre 64. Le 30 octobre 1885, il pèse 82 kilogr.; le 16 janvier 1886, il pèse 90 kilogr. 500. Il essaya des exercices violents, sans aucun résultat. Le 12 mai 1886, il pèse 102 kilogr. ; le 15 juillet, 106 kilogrammes.
« Depuis lors, son poids oscille entre 102 et 106 kilogrammes. »
On m’a communiqué des observations de sujets chez qui l’obésité a paru après les émotions du siège de Paris et de la Commune.
Enfin, je rapporte plus loin l’observation d’une femme qui, très affectée par la perte de son mari, a commencé à devenir obèse après la mort de ce dernier; et celle d’un banquier chez qui le début de l’engraissement coïncida avec la perte de sa fortune.