DEUXIÈME PARTIE
ne | ÉTIOLOGIE
J'ai déjà traité un certain nombre de questions qui appartiennent aussi bien à la pathogénie de l'obésité qu’à | . C son étiologie. Je les laisserai donc de côté et, dans ce __ chapitre, j’étudierai uniquement les points que je n’ai pas encore abordés. e.
=. Si l’on considère l’obésité comme une maladie, son “38 __ étiologie est aussi complexe que confuse. Si, au contraire, on la ramène au rang de symptôme morbide, on la voit, ‘ sans étonnement, paraître au cours d'états qui semblent "2 $ différents en apparence, mais qui ont tous, comme subs- °° tratum, une nutrition troublée.
Ainsi peut s’expliquer cette étiologie si disparate.
$ 1. — Menstruation. Grossesse. Lactation. Ménopause.
Chez la femme, l’obésité est principalement contemporaine de la puberté, de la grossesse, de la lactation et de la ménopause, c’est-à-dire des trois actes de sa vie génitale.
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Mais, lorsque la fonction menstruelle s'établit facilement chez la jeune fille, lorsque la grossesse et l’allaitement n'ont pas troublé la femme, lorsque la ménopause arrive sans accident, l'obésité ne paraît pas.
Souvent, chez une même femme, à ces trois périodes, survient l’obésité qui disparaît ensuite.
On a observé que des règles trop abondantes ou des règles très irrégulières peuvent également s'accompagner d’obésité. Tous les auteurs sont d’accord sur ces faits. Kisch trouve, chez 215 femmes obèses, 208 fois des anomalies menstruelles, dont 165 fois ou de l’aménorrhée ou des règles peu abondantes et 146 fois de la leucorrhée.
Chez les jeunes filles anémiques ou chlorotiques, la tendance à lobésité est assez fréquente. Or, une même thérapeutique a une heureuse influence sur les unes et sur les autres : le repos au lit et un régime sévère font maigrir les anémiques et les chlorotiques obèses en même temps que l’anémie et la chlorose guérissent. Ce même traitement fait reparaître les règles souvent absentes : depuis plusieurs mois.
J’ai vu un grand nombre de cas de ce genre, à l’hospice des Enfants-Assistés, dans le service du professeur Hutinel, pendant ma dernière année d’internat. |
Pour expliquer ce groupe de faits, en utilisant les données pathogéniques exposées plus haut, je dirai que l’obésité, symptôme d’une nutrition troublée, a paru chez . l’une à la suite d’une menstruation difficile, chez l’autre à la suite d’une menstruation trop abondante, menstruations anormales qui, elles aussi, sont également l’indice d’une nutrition troublée. |
$ 2, — Castration.
À toutes les époques, on a vu que les animaux châtrés étaient beaucoup plus facilement engraissés que les animaux entiers.
Chez l’homme, la castration n’a pas pour conséquence nécessaire l’engraissement. Les eunuques, en Turquie et en Égypte, sont généralement grands et maigres, malgré l'affirmation contraire de quelques ouvrages classiques.
De plus, toutes les femmes qui ont subi la castration n’engraissent pas. Il est intéressant de noter, que celles dont la santé générale est améliorée après l'intervention chirurgicale ne subissent pas de changement notable de poids.
Récemment, A. Læœwy et P. F. Richter (1) ont étudié les échanges respiratoires chez une chienne avant et après la castration. Elle consommait, avant l'opération, par kilogramme et par minute, 6,163 centim. cubes d'oxygène; après l’opération, la consommation resta la même pendant dix semaines, puis diminua peu à peu pour descendre à 5,051 centim. cubes, c’est-à-dire devenant 20 p. 100 plus faible.
L'animal reçut alors de l’extrait d’ovaire et la consommation d'oxygène redevint ce qu’elle était avant la castration. On cessa de donner l’extrait et la diminution de l’oxygène consommé reparut. Ils signalent ce fait comme preuve du ralentissement des échanges respiratoires après la castration, influence qui pourrait être invoquée, d’après eux, pour expliquer les rapports de obésité et de la castration.
(1) RicHTER et LœwyY. Sexualfonction und Stoffwechsel. Du Bois Archiv, Suppl., 1889, p. 174.
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