‹ De l'obésitéChapitre 37 sur 60 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Étude spéciale de quelques symptômes qui accompagnent l'engraissement pathologique. Dyspnée. Symptômes gastro-intestinaux. Symptômes nerveux. |

La conception de l’obésité que j'ai exposée dans les

pages qui précèdent me conduit à ne pas étudier, comme.

le font tous les auteurs, tous les symptômes morbides qui peuvent évoluer autour de l’obésité.

Au symptôme morbide obésité, apparaissant dans des conditions très variables, pourront faire cortège, selon les cas, les symptômes de tous les états pathologiques, différemment groupés, de gravité variable, quelques-uns paraissant plus souvent que d’autres, à cause des affinités

morbides.

Pour ces raisons, une étude de l’obésité ainsi comprise ne comporte pas la description de symptômes hépatiques, gastriques, génito-urinaires, cutanés, etc. Les mêmes arguments m'amèneront à ne pas passer en revue les complications généralement étudiées à la suite de l’obésité, l'impuissance, la stérilité, le diabète, les accidents cardiaques et pulmonaires, la mort subite, etc.

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On est forcé de reconnaître que la surcharge excessive du cœur en graisse est un obstacle réel au bon fonctionnement du myocarde; qu'une obésité considérable augmente le travail du cœur et peut le surmener à la longue.

Mais je crois pourtant qu’on a voulu expliquer trop de faits par la seule cause mécanique, la surcharge graisseuse des viscères.

Je prendrai pour preuve de cette affirmation l'étude d’un symptôme d’une fréquence extrême chez les obèses, la dyspnée.

Lorsque le malade a un poids énorme, on s’empresse d'attribuer la dyspnée à une cause mécanique ou à une lésion cardiaque ou pulmonaire. On dit : Pobèse est dyspnéique, parce que le médiastin est rempli d’une graisse abondante qui comprime les poumons ; parce que les parois thoraciques, chargées de graisse, sont plus difficilement mises en mouvement pendant l'inspiration ; parce que le diaphragme s’élève et s'abaisse avec peine, son mécanisme étant troublé par la grande quantité de tissu adipeux. Sous ces influences multiples, la dyspnée paraît et elle augmente, dès que le myocarde fléchit.

On a remarqué que les obèses qui prennent de l’exercice, qui vivent beaucoup en plein air, ont une capacité respiratoire plus considérable que ceux qui ne font aucun mouvement et quisortent peu.

v. Noorden (1) cite le cas d’un malade, employé dans un bureau, obèse sans altérations viscérales, dyspnéique au moindre effort. Sa capacité respiratoire était d’un litre.

(1) v. NooRDEN. Die Fettsucht. Wien, 1900.

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| Après quatorze jours de gymnastique respiratoire, elle s’éleva à 2 litres, puis à 2 litres 8, et la dyspnée disparut,

Si toutes les causes invoquées plus haut contribuent à ; faire naître ou à entretenir la dyspnée chez l’obèse, elles sont insuffisantes pour expliquer toutes les dyspnées.

, Je crois même que, hors les cas d’altérations rénales, cardiaques ou pulmonaires, la dyspnée a presque toujours une autre origine.

I y a des obèses qui n’ont aucune dyspnée. J'ai dans mes observations celle d’une femme de taille moyenne, pesant 115 kilogr., agile, alerte, disant qu’elle était aussi vive que lorsqu'elle était maigre.

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J'ai traité des obèses dyspnéiques chez qui la dyspnée diminuait et disparaissait après une perte de poids insignifiante, : ou 2 kilogr. au début du traitement.

J’en ai vu chez qui la dyspnée cessait avant toute modification du poids.

- Comment comprendre ces faits, si l’on admet comme nécessaire une influence mécanique ; si l’on tient à faire intervenir toujours le travail excessif du myocarde et les altérations pulmonaires?

J'ai essayé de montrer que tous les obèses sont dyspeptiques : il me semble que dans un très grand nombre de cas, la dyspnée de l’obèse est une dyspnée gastrique. Cette dyspnée gastrique est une dyspnée réflexe, que les rapports entre l’innervation pulmonaire et l’innervation gastrique expliquent d’une manière très satisfaisante pour l'esprit.

Le type de cette dyspnée varie selon son ancienneté. Si, au moment de son apparition, elle ne survient qu'aux 4 heures où la digestion est en pleine activité, elle peut, au

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bout de quelques mois, se produire peu après l’ingestion

de l’aliment et se prolongeant d’un-repas à l’autre, être permanente.

Comme le mouvement l’augmente souvent, il vient naturellement à l’esprit qu'il s’agit d’une dyspnée d'effort, d’origine cardiaque. Mais la dyspnée gastrique peut très souvent avoir les caractères de la dyspnée d’effort et ce fait est important à connaître, si l’on veut éviter de graves “erreurs de diagnostic.

. Chez certains obèses, la dyspnée s'accompagne de toux, de crises d’éternuements qui cessent, lorsque l'obésité disparaît (voir obs. I'et IV).

L'étude clinique de l’engraissement présente, en outre, quelques particularités sur lesquelles je crois utile d’insister. Pr

L'observation montre, comme je l'ai déjà signalé, que chez l’adulte normal, non amaigri, une augmentation de poids de quelques kilogrammes (4 à5 kilogr.) en un temps, très court (quelques semaines) indique un trouble de nutrition et a la même signification pathologique qu’un engraissement de 15 à 20 kilogr. En effet, si la thérapeutique n'intervient pas, augmentation sera parfois graduelle, jusqu’à conduire le sujet à obésité proprement dite.

Une modification de poids rapide, même minime, en sens contraire, c’est-à-dire l’amaigrissement, à une même signification morbide que la précédente : lamaigrissement

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dont je parle est celui qui survient en dehors des causes habituelles, qui provoquent la diminution du poids par .

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