‹ De l'obésité: Hygiène et traitementChapitre 20 sur 47 · MOT RE · texte numérisé non relu

MOT RE

Les boissons alcooliques sont réduites à 2 ou 3 verres de vin, et il trouve utile en général de diminuer les boissons, sans que ce soit une condition dirimante du succès.

En somme Ebstein restreint les hydrates de carbone, défend absolument le sucre sous toutes ses formes, les pommes de terre ; il réduit le pain à 80 ou 100 grammes par jour, permet toutes les viandes et, loin d’en faire retirer la graisse, fait plutôt rechercher celle-ci.

Sans aller jusqu'aux 200 grammes de graisse que Voit con< seille de donner à l’ouvrier qui travaille, ni jusqu'aux 200 ou 250 grammes de graisse accordés au soldat allemand en campagne, Ebstein conseille une ration de graisse de 60 à 100 grammes par jour. Dès lors la quantité de viande pourra être réduite et Ebstein donne tout au plus les 3/5 des 360 à 450 grammes du traitement de Banting.

Le régime d’Ebstein se résume ainsi :

Albuminoïdes. 100

Graisse. . . . . . 85 ? produisant 4.400 calories. Hydrates de carbone. . 50

Régime d'Œrtel. — Ofrtel : (de Berlin) attribue une importance capitale à la réduction des boissons, tandis que, pour lui, la nourriture à peu d'influence, sauf toutefois qu'il recommande d'éviter la graisse, surtout dans les pays chauds, où elle est moins utile, puisqu'elle sert, dit-il, à produire la chaleur animale. Son traitement diffère essentiellement suivant l'état du cœur, et il classe les obèses en trois grandes catégories : les anémiques, les pléthoriques et les hydrémiques.

# Contre l'obésité à forme pléthorique son régime comprend : 1° Augmentation des albuminoïdes; 2° diminution des

1. OErrez (M.-J.). Wesen und Behandlung der Fettleibigkeit. Therap. Monastsh., Berlin, 1897.

Eos

graisses; 3° pas ou peu de diminution d’eau au-dessous de la quantité physiologique, qu'il évalue à 1.500 grammes. Dans la forme anémique, il conseille :

1° Augmentation des albuminoïdes ; 2° Diminution des substances formant de la graisse et de l’eau.

Dans la forme hydrémique et en particulier chez les vieillards, il conseille de suivre très progressivement le régime suivant :

1° Augmentation de l’albumine. e 2° Une quantité suffisante de graisse et d’hydrates de carbone. 3° Diminution de l’eau.

D’après OErtel, une grande quantité de boissons augmente le travail du cœur, et comme le muscle cardiaque des obèses est presque toujours insuffisant, on le soulage en diminuant le liquide qui peut osciller entre 750 et 1.800 grammes, mais ne jamais dépasser 2 litres. Il trouve que pour un homme sain un bon régime mixte ne doit pas dépasser 118 grammes d’albuminoïdes, 100 grammes de graisse et 318 grammes d'hydrates de carbone, et que l’obèse doit se tenir entre les limites suivantes :

MINIMUM MAXIMUM Albuminoides 156 Albuminoïdes . . . . . 170 GEAISSÉ EN RENE Grasse PNR EE Hydrates de carbone . 70 Hydrates de carbone . 120

produisant 1.185 calories.

produisant 1.608 calories.

Mais la partie capitale du régime est toujours la diminution de l’eau, et ce qui fait en partie l'originalité du régime d'OErtel, c'est que, dans ses calculs, il tient compte de l'eau contenue dans les aliments, de sorte que, malgré les 1,500 grammes qu'il permet en moyenne, son régime est excessivement sec. OErtel conseille d’ailleurs de diminuer autant

Lors

que possible l’eau contenue dans les aliments, par exemple de cuire la viande beaucoup pour la déshydrater. Il recommande en outre d'éliminer l’eau par tous les moyens en provoquant la sueur et la diurèse. Avant OErtel, un médecin militaire, Dancel , à la suite d'expériences faites sur les chevaux dans un régiment de cavalerie, avait préconisé la diète sèche dans le traitement de l'obésité.

Régime de de Saint-Germain.— De Saint-Germain * a fait suivre à son ami le plus intime (et on se doute de qui cela peut être) un régime qui, au moment de son appartion, rencontra une très grande faveur. L'observation, qui est contée avec un grand luxe de détails, présente, en outre, cet avantage d’être d'une exactitude absolue, à cause de l'intimité spéciale entre l'observateur et l’observé.

De Saint-Germain divisait son traitement en deux parties : le régime et l'exercice forcé.

Le régime était très sévère : le repas du malin était totalement supprimé, le déjeuner était invariablement composé de deux œufs à la coque, une côtelette de mouton, ou une salade et du fruit. Le pain et le vin étaient radicalement supprimés. Le diner consistait en un plat de viande, un plat de légumes verts variable suivant la saison, et un fruit. Point de potage et rien entre les repas, pas même une boisson.

En mème temps, il preserivit des exercices variés et aussi violents que possible. L'’équitation à doses progressivement croissantes jusqu'à deux heures de trot assis, puis la promenade de 3 kilomètres au pas gymnastique, plus tard vingtcinq minutes d'escrime en trois reprises ; en été, 600 mètres de natation en remontant et descendant le courant de Ia Séine.

Les résultats ne se firent pas attendre, et en quatre mois

1. Daxcez. Trailé théorique et pratique de l'obésité, Paris, 1865. 2, De SainT-GErMaAIN. L'obésité et son traitement, extrait des Leçons cliniques d'orthopédie, 1881.

one

(du 4 janvier au 6 mai) il avait perdu 22 kilogrammes. De 116 kilogrammes, il était descendu à 94. « À ce moment, trouvant que cette progression était un peu rapide, et craignant, d'autre part, une prompte rechute s’il revenait à ses anciennes habitudes, notre ami trouva, pour enrayer son amaigrissement, le système machiavélique des écarts; je m'explique : au lieu de modifier chacun des repas en y ramenant soit du pain, soit une certaine quantité de vin, on continue rigoureusement le régime; seulement, deux, trois ou quatre fois par semaine, : le régime est abandonné complètement à certains repas déterminés à l'avance. » Il compta ainsi ses écarts chaque semaine et constata bien vite qu'il ne fallait pas s'en permettre beaucoup, sous peine de reprendre rapidement le terrain si laborieusement perdu.

De Saint-Germain n'ayant pas dosé exactement ses aliments, il est difficile d'évaluer son régime en calories, mais il est certain qu'il est au moins aussi sévère que ceux que nous

avons vus précédemment. Le point essentiel dans le régime est la suppression du pain d’abord, et du vin ensuite, qui, par l'alcool qu'il contient, et par la quantité de liquide qu'il introduit dans l’économie, contribuerait beaucou» à l’engraissement, d’après lui.

L'auteur fait suivre son traitement de remarques fort pratiques : il conseille aux gens qui ne sont pas inébranlables (et combien le sont!) de manger toujours seuls, et aussi vite que possible. « Une grande difficulté du traitement, dit-il, c'est l'énergie qu'il demande, non pas pour supporter les privations et la fatigue, mais pour résister avec opiniâtreté aux conseils des amis, qui vous dissuadent de poursuivre plus longtemps une entreprise insensée et vous font pressentir les plus grands dangers. Il faut être décidé à ne rien entendre au

début du traitement et à le poursuivre sans défaillance jusqu'au bout. »

Ï. DE SAINT-GERMAIN. Loc. cit.

Enfin, dans la marche du traitement et dans ses flucluations, il à observé que « dans la graisse d’un obèse il y a deux parts à établir : un capital consolidé qui se liquide lentement, et une dette flottante de 6 à 7 kilogrammes, qu'il est facile de perdre ou de regagner en très peu de temps, quinze jours par exemple. De là, l'erreur de beaucoup de malades, qui, après un traitement dit amaigrissant, se voient allégés de 14 livres, et qui se figurent que cet amaigrissement va continuer dans les mêmes proportions; il n’en est rien. Au delà de 7 kilogrammes, la proportion de l’amaigrissement diminue quoi qu'on fasse. » Nous avons pu constater plusieurs fois que cette remarque contenait un grand fonds de vérité et cela nous a conduit, comme on le verra plus loin, à prescrire des régimes successifs et différents, d’abord pour perdre ce que de Saint-Germain appelle la dette flottante, puis le capital consolidé. Mais le chiffre de 7 kilogrammes ne repose sur aucun fondement, et s’il est possible qu'il ait été exact dans le cas cité, il n’en est pas moins certain que, suivant le degré et la marche de l'obésité, il pourrait être quelquefois un peu trop élevé, mais très souvent beaucoup trop faible.

Enfin la modestie de l’auteur n'insiste pas sur l'énergie presque surhumaine qu'il faut pour endurer les souffrances d’un régime tellement sévère; aussi avant de le conseiller, conviendrait-il de le modifier pour le mettre en harmonie avec le caractère humain.

Régime de Schweninger. — Le D' Schweninger” s'est acquis, même en dehors de l'Allemagne, une renommée considérable grâce au traitement qu'il a fait subir avec succès au prince Bismarck, mais il ne jouit pas dans son pays d’une très grnde considération. Malgré les nombreux traitements qu'il a entrepris en différents endroits et notamment dans son

L. ScmweniGer et F. Buzz. Die Fettsucht, Sammlung medicinischer Abhandlung, 1894.

Re

établissement de Baden-Baden, on trouve dans la littérature très peu de chose sur sa méthode et sur ses résultats. Un ophtalmologiste de Breslau, Hermann Cohn, ayant eu occasion par hasard de visiter la clinique, rapporte sur ce traitement .des détails intéressants'. La méthode est basée sur trois moyens thérapeutiques : le régime alimentaire, le massage et les bains chauds.

Le régime est des plus sévères. Pour bien marquer que les malades doivent se restreindre beaucoup, on les sert dans une vaisselle et avec des ustensiles de dimensions minuscules : on dirait un ménage de poupée. Les verres tiennent 50 grammes de liquide et d’ailleurs il est défendu de s’en servir aux repas : on ne boit jamais en mangeant; une demi-heure après le repas, on prend 50 grammes d’eau minérale gazeuse (Gerolsteiner Sprudel), et chaque personne reçoit un demi-litre de cette eau qui doit suffire pour toute la journée. Si la soif est par trop vive, on permet une poire ou une prune en se Couchant, ou dans la nuit; mais il paraît qu’au bout de quelques jours les malades du D' Schweninger s’habituent à ce régime et ne souffrent plus de la soif. La nourriture est réduite dans les mêmes proportions ; il y a cinq repas pas jour, un toutes les trois heures, à des intervalles très réguliers, et les patients mangent toujours isolément dans leur chambre. Sont complètement exclus du régime : le pain, les biscuits, les gâteaux, le beurre, la graisse, le sucre, le café, le thé, le lait, le vin, la bière, l'eau-de-vie, mais à part cela, quoique très simples, les menus sont aussi variés que possible. Le sel est recommandé.

Le massage est pratiqué trois fois par jour et chaque séance dure un quart d'heure. Il comprend trois séries d'opérations : tapotage, pincement et pétrissage, Le malade étant couché, les cuisses fléchies sur l'abdomen, le tapotage se pratique sur l’épigastre avec le poing, à petits coups d’abord, puis de plus

1. Roue. La cure de l'obésité par la méthode de Schweninger, Presse médicale, 29 octobre 1898, p. 257.

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