‹ De l'obésité: Hygiène et traitementChapitre 21 sur 47 · LS O · texte numérisé non relu

LS O

en plus fort jusqu'à enfoncer progressivement les deux poings aussi profondément que possible dans le creux de l'estomac. Pendant ce temps, le sujet doit s’efforcer de faire des inspirations aussi profondes que possible (de 5 à 20 par minute), de manière à activer le fonctionnement du diaphragme.

Le pincement est la manœuvre la plus douloureuse. Le masseur saisit à pleines mains la paroi abdominale et la broie en quelque sorte entre ses doigts, de façon à écraser les lobules de graisse sous-cutanés, de manière à couvrir la peau d’ecchymoses.

On termine par le pétrissage. À genoux sur le ventre du malade, le masseur pèse de toutes ses forces sur la région épigastrique, et il reste dans cette position pendant que le malade s'efforce de faire de profondes inspirations progressivement plus nombreuses. Cette opération a pour but d'obtenir la fonte de la graisse qui entoure le cœur et qui entrave le fonctionnement du cœur et des poumons, Après chaque séance le malade est tellement fatigué, qu'il est obligé de rester étendu sur sa couchette.

Les bains sont toujours chauds et locaux : un jour le bras, un autre jour les pieds, un troisième jour le siège, mais jamais de bains entiers. Ils durent 20 minutes, et pendantle bain, on élève la température de 37 à 50 degrés. Après le bain, le malade dort une demi-heure ou trois quarts d'heure.

Le régime alimentaire produit souvent la constipation ; on yremédie par des pilules d'aloès ou des petits lavements, mais Schweninger ne permet pas les grandes purgations. Le dimanche le traitement est suspendu, et les malades se livrent souvent à ce que de Saint-Germain appelle des écarts. Comme ils peuvent en constater les effets le lundi, sur la balance, il paraît qu’ils ne recommencent pas souvent.

Le D' Cohn a vu dans l'établissement de Baden-Baden un malade qui avait perdu 10 kilogrammes en cinq semaines, un autre 45 kilogrammes en huit semaines, ce qui est la durée normale du traitement. Enfin, il cite le cas d'un homme qui a

ER i pe

perdu 47 kilogrammes de (120 à 73) en l’espace de neuf mois. Comme dans tous les traitements, la guérison ne se maintient que par un régime et une hygiène sévères.

Schweninger affirme que si l'on donne à un obèse en trois, quatre ou cinq repas l'alimentation qu'il prend d’habitude-en une fois, on obtient un amaigrissement ; c'est pour cela qu'il recommande les petits repas fractionnés, qui ont en outre l'avantage d'être plus facilement digérés. IL croit qu'en ne buvant pas, on mange forcément moins : c'est pour cela qu'il sépare complètement l'ingestion des aliments liquides et solides. En restreignant la quantité d'eau on amènerait la fonte de la graisse, et l’eau introduite tardivement servirait à activer la circulation et à entrainer par les urines les déchets de la nutrition. Enfin le sel marin amènerait un dédoublement plus rapide de la graisse et faciliterait la production d’eau à ses dépens.

Nous n'avons pas avec assez de détail le régime alimentaire prescrit par Schweninger pour pouvoir l'évaluer en calories.

Régime d'Hirschfeld. — Ilirschfeld ‘ a fait à l'hôpital Moabit, de Berlin, une étude très intéressante et très complète de la question. Nous allons donner un résumé de sa théorie.

D'après ses expériences, dans un régime alimentaire à peine supérieur à la moitié de la ration d'entretien, la perte des muscles comparée à la perte totale de poids a été variable suivant l’époque que l’on considère. La perte totale de poids a toujours présenté un maximum pendant les premiers jours : elle s’atténuait à la seconde ou troisième semaine. Il fallait alors une nouvelle diminution de nourriture pour produire une brusque et rapide diminution de poids. La réduction de l'albumine organique, qui se reconnait par l'élimination croissante de l'azote, atteint son maximum du troisième au

1. D'F. Hrescareco. Die Behandlung der Fettleibigkeit, Zeitschrift für klinische Medicin, vol. XXII, p. 142.

nd Re

huitième jour et diminue ensuite. Chez des individus très gros, la perte d'albumine n’est pas considérable par rapport à la perte du poids total. La grande perte de poids pendant les deux premiers Jours, et l'étatstationnaire du poidspen dant les deux semaines suivantes prouvent que, dans l'amaigrissement, le corps se déshydrate d'abord, et se réhydrate ensuite peu à peu. Cela est vrai pour les gros comme pour les maigres.

La perte d’albumine était difficile à suivre jour par jour parce que, dans des circonstances en apparence identiques, il y avait des oscillations. Avec une faible alimentation la perte d’albumine était petite, mais une augmentation de nourriture albuininoïde ne diminuait pas cette perte. Elle ne changeait pas, que le malade en prenne 80 ou 140 grammes. Cela est particulièrement important à constater pour les théories d’OErtel et de Voit. Il est donc inutile, comme le conseillent Banting et OErtel, d'augmenter l'albumine alimentaire, puisque cela n'empêche pas son élimination. De même l'élimination d'azote était peu influencée par une plus ou moins grande ingestion d'hydrates de carbone et de graisse. La perte d'albumine paraissait surtout dépendre de la constitution du sujet. Les personnes fortes, sanquines, jeunes perdaient plus d'albumine que les personnes faibles, anémiques et vieilles.

Pour un homme sain et au repos, la ration alimentaire est d'environ 34 à 40 calories par kilogramme. Un homme de 60 kilogrammes a besoin d'une nourriture contenant 80 grammes d’albumine, 80 grammes de graisse et 320 grammes d'hydrates de carbone, ce qui produit en tout 2.400 calories. Tels sont les résultats auxquels on arrive pour les individus bien musclés. Chez des sujets au dessous de vingt-cinq ans, il y avait un plus grand nombre de calories absorbées. D'après la valeur des aliments, leur ration alimentaire est d'environ 40 à 50 calories par kilogramme. Hirschfeld a trouvé le même chiffre pour les individus sains accomplissant un très fort travail musculaire. Par contre, le besoin de nourriture lui à paru beaucoup moindre pour les gens qui, sans être précisément

one

gros, étaient ce qu'on est convenu d'appeler bien nourris, et qui, vivant tranquillement, avaient des muscles peu développés. Dans cette catégorie rentre la plus grande partie des personnes aisées, surtout des femmes. Pour cette classe d’individus, au lieu de 34 à 40 calories, la ration alimentaire devrait fournir seulement 30 à 35 calories par kilogramme, soit une différence de 15 p. 100.

D'après Hirschfeld il y a peu de différence dans les besoins alimentaires des personnes restant au lit et de celles faisant en chambre un exercice très modéré. Klemperer, dans des expériences récentes, .a trouvé que les personnes maigres et alitées avaient besoin d'environ 20 calories par kilograrame ; mais il faut remarquer que ses sujets venaient de maigrir récemment: or ils pouvaient, pendant un certain temps, avec une nourriture plus riche, quoique encore insuffisante, présenter une augmentation de poids et d’albumine.

Le besoin alimentaire des obèses au repos est le même que celui des maigres qui ont la même taille, la même charpente et la même musculature, mais qui ont un poids moindre à cause de leur moindre quantité de graisse. Chez des sujets très gros, il trouve que le besoin de matériaux était de 19 à 30 calories par kilogramme, soit 1.900 à 2.800 calories pour tout le corps.

Toutes les méthodes de traitement de l'obésité, dit-il, reposent sur une diminution de la nourriture, avec une augmentation de l'exercice. Dans la pratique, aucune loi physiologique ne limite notre choix de nourriture : nous devons simplement demander que l'appétit des obèses soit satisfait dans la mesure du possible pendant le traitement.

Pour le choix des aliments, il recommande la viande surtout, puis les œufs ; il défend le lait, car un grand verre de lait de 500 grammes contient 17 grammes d’albumine, 45 grammes de graisse et 20 grammes d’hydrates de carbone,

1. Les chiffres indiqués par Hirschfeld diffèrent légèrement pour les bydrates de carbone de ceux que nous avons admis page 8.

FC EE

soit 290 calories, qui équivalent à 4 œufs ou 250 grammes de viande. Or, d’après lui, 4 œufs ou une demi-livre de viande rassasient certainement plus qu'un demi-litre de lait. Il recommande les hydrates de carbone: ils ont un grand poids et un grand volume; c’est pour cela que les végétaux comme les pommes de terre et les choux amènent facilement la satiété. Il faut en excepter le pain qui est très nourrissant à cause de sa faible teneur en eau, et dont on mange facilement de grandes quantités.

La graisse doit être évitée, la bière aussi, et le sucre diminué. 6

Pour les albuminoïdes, il est complètement impossible de déterminer d'avance combien on doit en donner dans chaque cas.

Voici deux exemples de régimes.

Page 1