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ALBUM. GRAISSES HYDR. DE C

Second régime.

Déjeuner :

Café et 1 petit pain de 50 gr. . . . L » on Avant-midi :

Boulot EEE RE 1% 12 »

Midi :

Soupe aux pommes de terre . . . . 6 8 40

300 gr. de viande pesée crue. . . . 63 20 »

Après-midi :

CAR ER RE ie de ee ie D RUE ” » »

Soir:

200 gr. de jambon maigre. . . . + 40 6 »

ACDBST AERDAIN EN EEE î » 55 134 46 122 Le premier régime fournit 1.224 calories.

Le second fournit 1.477 —

Hirschfeld ne conseille pas de prolonger lougtemps une alimentation inférieure à la moitié de la ration d'entretien.

Dans les premiers jours de son traitement, l'urine était presque toujours augmentée : celx explique en grande partie la forte diminution de poids qu'on observait au début. La soif diminuait avec la diminution de nourriture. L’urine était presque invariable, quelle que soit la quantité de boisson absorbée, mais quand intentionnellement on ordonnait un régime très hydraté, l'urine augmentait chez les obèses comme chez les maigres. Z!n'approuve donc pas le régime sec conseillé par Œrtel, dont la méthode, loin d’avoir fait ses preuves, lui paraît plutôt mauvaise.

Une augmentation de l'exercice est nécessaire, dit-il, pour faciliter la combustion de la graisse; cela doit fortifier le cœur qui n'a pas augmenté dans les mêmes proportions que le reste

LENS ra

du corps, mais qui se trouve gêné par l'obésité pour accompiir son travail. Ce n’est pas, comme certains le disent, parce que le cœur est malade, mais bien au contraire parce qu'il est encore sain, qu'il conseille un fort exercice à l’obèse.

Ses recherches aboutissent à cette conclusion :

Dans tout régime d’amaigrissement il faut diminuer la nourriture pour perdre du poids. Cette perte atteint son maximum dans les premiers jours. L’amaigrissement est accom-

pagné d’une perte d’albumine organique qui atteint son

maximum dans les deux premières semaines et qu'il est impossible d’enrayer en augmentant l’albumine de la nourriture. Chez les gens très obèses, la perte d’azote est moindre que chez les obèses moyens. Chez ces derniers la perte d’albumine est sensiblement la même que chez des personnes saines. Le besoin de nourriture est un peu diminué chez les obèses moyens, très diminé chez. les très gros. La soif et l'urine diminuent en même temps que l'alimentation. Il n’y a pas lieu d'empêcher les malades de boire, et le choix des aliments a peu d'importance ; il faut donner le minimum nécessaire pour satisfaire l'appétit. Il faut éviter les efforts, faire des exercices variés et modérés, car c’est par un exercice de tout le corps qu'il espère diminuer la graisse sans dommage pour le cœur. Il croit que les malades auront supprimé en grande partie la cause de leur obésité lorsqu'ils auront récupéré la facilité de leurs mouvements.

Méthode de Dapper. — Dapper ‘ (de Kissingen) a fait une très intéressante critique de la méthode de Hirschfeld. Son mémoire, que je compte traduire un jour, parce qu'il peut servir de base scientifique à la question que nous étudions, renffrme une auto-observation des plus intéressantes. Dapper, pendant trois séries d'expériences de vingt, douze et dix-

1. Carz Darrer. Ueber den Stoffwechsel bei Entfettungscuren. Zeit schrift für klinische Medicin, vol. XXIL, p. 118.

huit jours, s'astreignit à peser exactement le bilan de sa nutrition. Les recettes, représentant les aliments ingérés, étaient rangées en catégories : viande, œufs, pain, graisse (beurre et huile), salade, bière, cognac, café et eau. Chaque aliment était lui-même analysé en éléments primitifs : albumine, hydrates de carbone, graisse, alcool et eau. Il en déduisait le nombre de calories.

Les pertes, soigneusement pesées aussi, se composaient des matières fécales et de l'urine. La quantité d’azote élimipée dans l’une et les autres était notée avec le plus grand soin et on en déduisait pour chaque jour les gains ou pertes.

Pendant la première expérience de dix-huit jours, il augmenta progressivement la ration de viande de 450 grammes à 700 grammes, en diminuant la ration d'hydrates de carbone, de facon à produire un chiffre de calories à peu près constant et oscillant autour de 4.500, soit 15,6 calories par kilogramme de son poids.

Pendant la première moitié de l'expérience, il y eut une perte d’azote, et le tableau moyen par jour fut :

Perte de poids... . . . . . 0,411 kilogrammes. Penterde muscles Pen 0 — HÉMETEGLIERE, 5 à ce , 0e — Perte d'eau et de sels 210235 —

Mais la moyenne des albuminoïdes ingérés étant passée de 108 gr. 4 à 127 gr. 3, et les hydrates de carbone ayant été réduits, il se produisit un changement remarquable :

Perte de poids. …. . . . .: 0,225 kilogrammes. Gain de muscles. . 0,024 == Perte de graisse. 0,154 — Perte d’eau et de sels. , . 0,095 —

Dans la seconde expérience, qui dura douze jours, les albuminoïdes furent encore augmentés, mais peu (de 153 à 183 grammes), les hydrates de carbone un peu diminués et

la graisse un peu augmentée. L'alimentation totale était augmentée puisque la moyenne des calories était de 4.82, soit 18,9 par kilogramme de son poids. Comme dans le premier cas, il y eut au début une perte d'azote, mais qui ne dura pas, puisque le bilan moyen fut par jour :

Perte de poids. . . , . . . 0,342 kilogrammes. Gainidesimuscles Na 00 025 —— Perte deterasse NES uN TT — Perte d’eau et de sels. . . 0.252 —

Le résultat fut une augmentation de muscles avec une forte perte de graisse et de poids total.

Dans la troisième expérience, qui dura dix-huit jours, les hydrates de carbone furent beaucoup augmentés et la graisse diminuée; les albuminoïdes furent augmentés progressivement de 109 à 161 grammes. Le régime valait en moyenne 1.640 calories, soit 16,17 calories par kilogramme de son poids ; le résultat fut :

Pertetde-poidsy,.: 0 7 00,317 kilogrammes-.

Perte de muscles. . . . . 0,029 — PÉRE Ce SOURe,, Mare —

Perte d'eauket de sels... 0,146 —

De toutes ces recherches, Dapper conclut qu'il est possible, dans une cure d’amaigrissement, d'arriver à brûler la graisse en épargnant l’albumine, mais on ne peut pas être certain a priori d'atteindre ce résultat, car parmi ses expériences, une des plus mauvaises à justement été celle qui, d'après la théorie, aurait dù être la meilleure. Les causes de cet insuccès nous échappent, et puisqu'il faut compter avec des causes inconnues, le meilleur moyen de préserver le malade de fortes perfes musculaires est de doser de temps en temps en cours du traitement l'élimination de l'albumine, et de comparer les qains et les pertes d'azote. C'est le seul moyen d'éviter les fâcheux effets qu’on à souvent observés pendant les cures d’amaigrissement.

Mais en tout cas, d’après Dapper, la conclusion d'Hirschfeld n'est pas exacte, puisqu'il n’est pas impossible d’enrayer la perte d'albumine; et si les malades d’Hirschfeld sont arrivés au résultat peu réjouissant de perdre jusqu'à 50 grammes d’albumine par jour, cela tient peut-être à ce que les analyses de l’auteur n'ont pas été exactes, et à ce que les dosages d'azote ont totalement manqué de précision.

Régimes divers. — Un grand nombre d'auteurs ont attaché leur nom à des régimes qui ne diffèrent pas sensiblement de ceux que nous venons d'étudier. Dujardin-Beaumetz’ a préconisé un régime qui se rapproche à la fois de celui d'OErtel et de celui de Schweninger; il y ajoute l'emploi constant des purgatifs. Son régime comprend 55 à 60 grammes d’albuminoïdes, 30 à 40 grammes de graisse, 95 grammes d'hydrates de carbone, soit 940 calories. Germain Sée recommandait de boire beaucoup, mais surtout du thé et du café chauds à l'exclusion de la bière et de l'alcool. Son régime alimentaire se composait de 120 grammes d'albuminoïdes et de 75 grammes de graisse. Les hydrates de carbone étaient réduits au minimum. Bouchard” divise les obèses en deux classes, suivant la quantité d’urée éliminée par les urines. Si elle est inférieure à la normale, c'est-à-dire en cas d’anazoturie, on commence par une cure de faim. Ensuite, dans un cas comme dans l’autre, on prescrit un régime d'entretien en rapport avec la quantité d'urée excrétée en vingt-quatre heures. L'alimentation se composera de À cinquième de substances azotées et 4 cinquièmes de substances non azotées. Bouchard conseille de diminuer la graisse et le sucre, de ne pas employer les acides, de laisser boire les obèses, de leur donner au besoin des bains chauds et d'utiliser les eaux salines et purgatives telles que Brides, Carslbad et Marienbad,

1. DusaroiN-Braumerz. L'hygiène alimentaire, 2e édition, p. 145. 2. Boucaarn. Maladies par ralentissement de la nulrilion. ,

RAT ne

qui stimulent l’activité du foie et favorisent la combustion de la graisse. Bouchard prescrit souvent au début du traitement, pendant vingt jours, une nourriture exclusive de 1.250 grammes de lait et 5 œufs par jour. Ensuite on permet une alimentation plus variée.

Pfeiffer” prescrit un régime fournissant 21 calories par “kilogramme, et sa ration alimentaire se rapproche de celle d'Ebstein. Il surveille de près les échanges azotés de l’organisme en dosant l’azote par le procédé de Kjeldahl. En admettant une perte de 40 p. 100 d'azote dans les matières fécales, on doit en trouver 90 p. 100 dans l'urine. Si trop d'azote est éliminé, on augmente dans le régime les hydrates de carbone et les graisses qui servent à la protection des albuminoïdes organiques.

Schindler Barnay* (dè Marienbad) défend le lait chez les obèses goutteux ou lithiasiques, mais le prescrit au contraire chez les autres, à l'instar de Æarell, Mitchel et Mokriczky. I] défend la graisse, ne veut pas qu'on modère l’eau à outrance, et ajoute au régime alimentaire les massages, les respirations d'air comprimé, les bains de vapeur et applications humides, les cures d’eau minérale. Il recommande de peu dormir, et approuve pour beaucoup de cas les traitements médicamenteux.

Albert Robin divise les obèses en deux classes tout à fait distinctes. Ceux par défaut de nutrition, qui sont ou peuvent être de petits mangeurs (dans cette classe rentrent la plupart des enfants obèses), et ceux par excès de nutrition, qui sont en général gros mangeurs. Le classement se fait par le dosage de l’urine, qui montre vite si l’urée est en excès ou en défaut,

L'obèse par défaut de nutrition est plus facile à guérir, il

1. Pretrrer. Handbuch der speciellen Therapie, innerer krankheiten, Abth. IL, p. 1.

2, ScHINDLER Barnay. Verfeltungs-Krankheilen, Berlin, 1893.

3. ALBERT RouiN. Traitement de i’obésité, Bulletin général de thérapeulique, 1897, t. CXXXIIL, p. 331.

es

supporte mieux le régime; l’obèse par excès de nutrition à au contraire des fonctions digestives d’une puissance considérable et l'exercice risque d'augmenter son appétit. C'est à lui seul qu'on peut appliquer avec raison, d’après Robin, la diète sèche d’OErtel et de Schweninger.

Pour déterminer le régime, Robin s'appuie sur la célèbre expérience de Voit. Celui-ci nourrissait un chien avec de la viande dégraissée, et l'animal en prenait tant qu'il voulait. Tout l'azote passait dans l'urée et il ne maigrissait pas. Puis le chien ayant été mis au régime mixte, engraissa beaucoup, même avec un exercice forcé. Cela prouve selon Voit que le régime purement azoté ne permet pas de fixer l'azote dans l'organisme, tandis que le régime mixte amène la formation et la fixation de la graisse. Nous avons vu que Dapper, expérimentant sur l’homme, n'était pas arrivé à une conclusion aussi absolue. Quoi qu'il en soit, Robin ne rationne pour ainsi dire pas ses malades, mais il leur défend absolument la graisse sous toutes ses formes, les farineux, le sucre et le pain. La viande, prise presque à volonté, doit être mangée froide.

Enfin, Robin ne repousse pas le traitement par les eaux minérales ni les médicaments comme la thyroïdine ou l'iodure de potassium.

Méthode du P' Debove.— Le P' Debove admet qu'il suffit pour faire maigrir un sujet de le forcer par une nourriture insuffisante à brûler sa graisse. Ainsi il perdra ses réserves, c'està-dire les économies qu'il avait accumulées dans ses tissus.

Il faut donc faire descendre l'alimentation au-dessous de la ration d'entretien, ce qui est facile. Mais il faut en même temps que le malade puisse supporter longtemps son régime et n'en souffre pas. C'est là le point délicat.

M. Debove part de ce principe que l'estomac a besoin pour se sentir à l'aise d'un certain volume d'aliments; leur nature importe peu, tout est dans le volume. Cherchons dans notre

— Al —

table (p.8 et9) les aliments qui contiennent le moins de substances nutritives, nous trouvons la salade, les fruits frais, le lait : ce sont précisément les aliments que M. Debove prescrit. En même temps, ce sont ceux qu’on absorbe crus et l’aliment cru est bon d'après lui « pour maintenir la composition normale des humeurs ». Cela n'est pas théoriquement démontré, mais, à un autre point de vue, nous savons que l'aliment frais joue un rôle très important chez les personnes insuffisamment nourries pour empêcher le scorbut et autres symptômes de déchéance. Or, en prescrivant pendant longtemps à nos malades une alimentation au-dessous de la ration d'entretien, nous les mettons précisément dans le même cas que les personnes qui, pour des causes diverses de misère, de guerre ou de famine, ne peuvent satisfaire leur appétit et leurs besoins.

M. Debove permet de boire à volonté. Mais il interdit les médicaments : ceux-ci, même s'ils exercent un effet salutaire, ne peuvent être pris indéfiniment; or le traitement de l’obésité est un traitement de longue haleine, et l'équilibre une fois obtenu doit être maintenu uniquement par l'exercice et le régime. Les purgatifs sont seuls permis de temps en temps. A l'appui de sa méthode, M. Debove à publié l'observation qu'on trouvera au chapitre suivant avec une autre qui prouve également les excellents résultats qu’elle peut fournir.

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