‹ De l'obstruction de la trompe d'Eustache et de son traitementChapitre 11 sur 24 · SES · texte numérisé non relu

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Les artères de la caisse fournissent des branches à la portion osseuse, et les artères pharyngiennes à la portion cartilagineuse. Les veines se jettent dans la faciale et dans la jugulaire interne. Les lymphatiques constituent un riche réseau qui-se confond avec celui du voile du palais et de la muqueuse du pharynx, pour aboutir aux ganglions situés à l’angle de la mâchoire. Le nerf ptérygoïdien interne fournit des rameaux au muscle péristaphylin interne (abducteur de la trompe); l’orifice pharyngien reçoit des filets du nerf pharyngé supérieur (2% branche du trijumeau); la portion osseuse en reçoit du plexus tympanique, le pneumo-gastriqui innerve le muscle péristaphylin externe (tenseur du voile du palais et dilatateur de la trompe).

Comme le font remarquer avec raison Politzer et Trôltsch, le calibre de la trompe, dont les parois sont plus ou moins intimement en contact l’une avec l’autre, s’élargit momentanément sous l’action de l'appareil musculaire. La conforma-

tion à l’état de repos s’oppose à la libre entrée de l’air du

pharynx dans la caisse; de sorte que, si le repos se prolonge,

il en résulte, dans la pression de l’air de la caisse, des mo-

ditications qui altèrent les rapports de tension de la membrane tympanique et des osselets. L’élargissement momentané de la trompe permet un échange d’air important entre les cavités tympanique et pharyngienne, et le rétablissement de l'équilibre entre la pression extérieure et celle de la caisse. Les muscles dilatateurs de la trompe sont au nombre de deux : l’élévateur et le tenseur du voile du palais. L’élévateur du voile du palais ou péristaphylin interne part de la face inférieure du rocher qui avoisine le canal carotidien, et suit parallèlement la direction de la trompe. Arrivé à la partie inférieure de la fente tubaire, il se dirige vers le voile du palais et y prend son insertion. Lorsqu’il se contracte, il soulève ce voile et tire la partie infé-

rieure de la trompe en haut et en dehors, de manière à diminuer son diamètre vertical et à augmenter son diamètre horizontal.

Le péristaphylin externe ou tenseur du voile du palais s’insère à la face interne dü sphénoïde, aux surfaces externe et inférieure du crochet cartilagineux latéral de la trompe et à la partie supérieure de la portion membraneuse qui lui est contiguë. Il se dirige en bas,le long de la paroï latérale membraneuse, et s’y insère solidement. Son tendon s’enroule autour de l’apophyse ptérygoïde et rayonne dans le prolongement fibreux de la voûte du palais; il forme un angle aigu avec la direction de la portion cartilagineuse de la trompe. Ce tendon adhère si fortement au crochet ptérygoïdien, que la contraction du muscle se fait sentir dans la trompe plus que dans le voile du palais (Henle et Politzer). Par suite de cette contraction, le bord cartilagineux se déroule un peu, la partie membraneuse de la trompe s’écarte de la partie cartilagineuse et la lumière se fait dans le conduit (Trültsch).

L'étude anatomique de la trompe étant terminée, nous croyons pouvoir aborder, avec fruit, la physiologie de cet organe.

La trompe d’Eustache a pour fonction d’établir une communication permanente entre l’air extérieur et l’air contenu dans la caisse du tympan, communication indispensable à l’exercice régulier de l’ouïe. Ainsi que le dit Bonnafont, il se fait là une véritable aspiration auriculaire. Or, comme la caisse est constamment saturée du fluide que les ondes sonores doivent traverser pour se rendre à l’oreille interne, il est facile de comprendre le rôle important qu'il joue dans le mécanisme de l'audition, et combien la transmissibilité des sons doit subir de variations, d'après celles qu’aura éprouvées le fluide lui-même.

Mais quelle que soit la nature du fluide contenu dans la

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caisse, la condition essentielle, pour transmettre les-sons qui lui arriventpar la membrane du tympan, consiste dans la faculté qu’il a de pouvoir se renouveler à volonté; il est presque inutile de rappeler que la faculté vibrante n’existe qu’à cette condition. En effet, si l’air venait à manquer dans la caisse du tympan, les vibrations sonores ne sauraient être transmises à l'oreille interne. Ce fait est démontré par une simple expérience de physique élémentaire, prouvant que le son ne peut se transmettre dans le vide. ;

Par suite, si un obstacle quelconque arrête, en totalité ou en partie, le passage de l’air qui se rend dans la caisse ou sort de cette cavité, les sons qui viendront frapper la membrane du tympan ne seront pas transmis ou le seront incomplètement, et, nécessairement, il y aura cophose ou dysécée. Les effets résultant des obstacles apportés à la circulation de l’air dans ces cavités peuvent être aussi produits, quoique à un moindre degré, par les viciations de l'air contenu dans la caisse. C’est ainsi que l'air sec et chaud sera bien meilleur conducteur des sons que l’air humide, ce qui explique les alternatives que certains sourds éprouvent sous l'influence d’une température chaude, froide ou humide, cette dernière étant toujours celle où ils entendent le moins. Ainsi, les personnes qui habitent les pays bas et marécageux, ou simplement humides, comme les bords de la mer, sont bien plus exposées aux surdités que celles qui demeurent dans des contrées où la température est chaude ou froide, mais moins imprégnée d'humidité.

De tous les médecins auristes, Deleau, Politzer, Bonnafont, Toynbee sont ceux qui ont le plus particulièrement attiré l'attention des praticiens sur ce point important, et qui en ont tiré le meilleur parti pour le traitement des maladies de la trompe. C’est avec raison que ces éminents otologistes assurent que l'air qui passe par la trompe pour arriver à la

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