‹ De l'occlusion intestinale: Péritonite tuberculeuseChapitre 35 sur 38 · QE RAR · texte numérisé non relu

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inférieure de la zone ecchymotique, les points de suture réunissant les lèvres de la rupture intestinale survenue lors de l'opération. Il existe, en outre, plusieurs ulcérations dans la portion de l’iléon située immédiatement au-dessus de la zone ecchymotique.

Aux poumons, on trouve des granulations tuberculeuses disséminées et, en outre, au sommet gauche, quelques tubercules en voie de ramollissement au sein d’un tissu légèrement induré,

Le foie et la rate contiennent également quelques granulations tuberculeuses.

OBSERVATION IV (Inédite, résumée).

: Due à l’amabilité de notre ami Péhu, interne des hôpitaux.

Péritonite tuberculeuse ancienne. — Occlusion chronique par sténoses multiples dues à des brides péritonéales portant sur

l'intestin grêle (jéjuno-iléon), — Laparotomie. — Mort.

Julie F.., domestique, née à Arfeuilles (Allier), âgée de 21 ans; entrée à l’Hôtel-Dieu, salle Montazet, lit n° 5, le 4 février 1899.

Pas d’antécédents héréditaires intéressants à relater.

Réglée à 11 ans, régulièrement.

Jamais de maladies dans sa vie; aucun signe de scrofule dans l’enfance; aucuns troubles gastriques ou intestinaux antérieurs.

La maladie actuelle aurait débuté il y à trois ans environ. A cette époque, la malade commença à présenter, sans causes, des alternatives de diarrhée et de constipation. En général, les phases duraient une quinzaine de jours, puis cessaient. De temps à autre survenaient des vomissements qui n’ont

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jamais affecté un caractère spécial ; ils étaient alimentaires ou bilieux. Quelques douleurs abdominales qui n’ont pas attiré spécialement l’attention de la malade.

Pendant ces trois années, la malade a traversé des périodes de deux à trois mois pendant lesquelles tous ces troubles gastro-intestinaux s’amendaient. Elle n’a jamais suivi aucun traitement et a pu continuer son travail.

Pas de pertes blanches ; pas de métrorrhagies.

Depuis une quinzaine de jours, alternatives de diarrhée et constipation ; les vomissements ont reparu, et c’est pour celte raison que la malade demande son admission à l’Hôtel-Dieu.

A l’entrée : état général bien conservé, faciès colorés ; cependant, elle dit avoir maigri ces derniers temps.

Rien au cœur.

L'examen des poumons ne dénote rien d’anormal ; les sommets ne présentent, des deux côtés, aucune altération.

Langue saburrale, humide.

L’abdomen est tendu avec un tympanisme généralisé très manifeste.

Pas de matité dans les flancs.

La palpation est possible : la malade accuse seulement des douleurs vagues à la pression des fosses iliaques et sur l’hypogastre. On constate surtout un gargouillement généralisé à tout l’abdomen ; le clapotage est entendu à une certaine distance de la malade.

De plus, dans tout le ventre, nombreuses ondes péristaltiques qui courent sous la paroi et paraissent intéresser l’intestin en raison de leur grande dépression.

La diarrhée persiste, Les vomissements deviennent nettenent fécaloides. e

Le toucher rectal est négatif.

Le toucher vaginal donne un peu d’empâtement du cul de sac droit avec légère douleur à la pression.

Pas de fièvre.

Urines : pas d’albumine.

L’entéroclyse (eau tiède) est difficile en raison des douleurs ressenties par la malade; au deuxième litre, ces douleurs deviennent intolérables. l

6 février. — La malade a été examinée par M. le Docteur Jaboulay qui a conseillé la laparotomie immédiate.

7 février. — La malade est opérée dans le service de M. le Docteur Jaboulay : Anesthésie. Laparotomie médiane. Dès ouverture de l’abdomen, on constate que les anses intestinales sont extraordinairement dilatées ; elles atteignent, suivant la Comparaison d’un des assistants, le volume d’un chapeau haut de forme. La dilatation porte sur les anses grèles. Rien sur le gros intestin. Un peu de liquide dans l’abdomen. Rien sur le péritoine. :

On découvre, au voisinage du cœcum, une série d’anses intestinales agglutinées entre elles par brides péritonéales. . On sectionne un grand nombre de ces adhérences.

Suture de la paroi par plans séparés.

9 février. — La malade meurt par affaiblissement progressif, malgré plusieurs injections de sérum artificiel.

Autopsie. — Rien au cœur.

Rien aux poumons ; aucune trace de tuberculose ancienne.

Utérus normal, non augmenté de volume. La trompe droite contient du pus en petite quantité. Pas d’adhérences autour des organes génitaux internes qui ne présentent que l’altération signalée sur la trompe droite.

Un peu de liquide louche dans le péritome.

Le feuillet pariétal de la séreuse est congestionné, pas de néo-membranes.

La dilatation de certaines anses grèles persiste. Au voisinage du cœcum, de nombreuses brides d’une certaine consistance englobent les anses intestinales ; les unes, jetées d’une anse à l’autre en produisant un fer à cheval; les autres, en

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véritable collier, entourent tout le segment de l'intestin intéressé. De la sorte, 1"50 environ d’intestin est englobé.

Le point inférieur de la compression est situé exactement à 40 centimètres du cœcum.

Les anses sont dépolies; la séreuse péritonéale est altérée, sa surface présente des fausses membranes.

L’intestin grêle, déroulé dans toute sa longueur, ne pré-

sènte aucune ulcération.

‘Rien au gros intestin.

OBSERVATION V (Inédite, résumée).

Communiquée par M. le Docteur Jaboulay.

#4 Obstruction intestinale par péritonite tuberculeuse avec adhé-

rences celluleuses, — Laparotomie. — Guérison.

Femme de 45 ans, maigre; entrée en août 1891 à l’Hôtel- Dieu, salle Saint-Paul, service de M. le Docteur Jaboulay. Les accidents d’occlusion ne sont survenus que petit à petit ; leur marche lente (un mois). æ Le ventre n’a pas sensiblement grossi. Distension médiane. Les anses sont visibles sur la peau, au-dessus de l’ombilic. Douleurs péri-ormbilicales.

Pas d’ascite.

Pas de vomissements.

Pas de fièvre.

Fausse couche antérieure ; cicatrice utéro-vaginale. Ce n’est pas étranglement par bride, ni obstruction stercorale, ni invagination, ni volvulus.

Laparotomie médiane. Brides péritonéales en grand nombre, Çà et là quelques fausses membranes récentes. : Lavage du péritoine. Iodoforme. Après l’opération léger

ballonnement.

Deux jours après, la malade présente quelques signes de méningite : diplopie avec strabisme vrai, puis diplopie sans strabisme. :

La débacle intestinale survient le quatrième jour et les signes de méningite disparaissent.

L’obstruction et sa cause, la péritonite tuberculeuse, ont rétrocédé grâce à la laparotomie.

OBSERVATION VI (Résumée).

Publiée par M. le Dr Jaboulay, dans le Lyon Médicat, 1895.

Femme de 36 ans, soignée antérieurement pour une péritonite tuberculeuse dont les symptômes ont disparu. Entrée dans le service de M. le Docteur Jaboulay pour des accidents d’occlusion aiguë. Laparotomie et éviscération.

On trouve des dépôts calcaires, véritables pierres intraabdominales, et des adhérences déterminant la coudure de l'intestin. Les adhérences sont détruites aux points de coudure, et la malade guérit rapidement de son occlusion.

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