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CHAPITRE II

FORMES ANATOMO - PATHOLOGIQUES DE LA PÉRITONITE TUBERCULEUSE FRÉQUENCE RELATIVE DE L’OCCLUSION DANS CES DIFFÉRENTES FORMES

La description anatomo-pathologique de la péritonite tuberculeuse a donnné lieu à des classifications qui varient avec tous les auteurs.

Depuis les travaux de Fernet et la thèse de Boulland (!), on décrit au point de vue médical, trois formes principales de péritonites tuberculeuses, reposant surtout sur l’évolution même du tubercule qui peut ou rester à l’état de granulation grise (forme miliaire), ou subir la dégénérescence caséeuse et devenir ulcéreux (forme ulcéreuse), ou guérir par la transformation fibreuse (forme fibreuse).

C’est une excellente classification pour l’exposé des lésions, mais elle est insuffisante au point de vue chirurgical, car les modes d’intervention diffèrent dans la même forme suivant sa période ou suivant le symp-

(1) Boulland, — Tuberculose du péritoine et des plèvres, Thèse de Paris, 1885

tôme dominant. Dans la forme fibreuse, par exemple, l'intervention ne sera plus identique suivant qu’on rencontrera une ascite ou au contraire des adhérences fibreuses dans la cavité péritonéale. |

Aussi a-t-on proposé des classifications plus chirurgicales. Elliot base la sienne sur la présence d’une ascite libre, d’une ascite enkystée ou de masses tuberculeuses circonscrites.

Pic (!) distingue en développant la classification de Boulland : 1° la forme miliaire ; 2° la forme fibreuse qu'il subdivise en formes sèche, ascitique généralisée, ascitique enkystée ; 3° la forme ulcéreuse subdivisée en forme sèche (agglutination des anses intestinales avec amas caséeux disséminés) et forme suppurée.

Mais Aldibert lui reproche d’avoir placé toutes les variétés ascitiques dans la forme fibreuse, alors qu’on retrouvera l’ascite dans les formes miliaires où elle est constante, et dans la forme ulcéreuse où elle est plus rare.

La classification que nous donnons semble être adoptée par beaucoup d’auteurs classiques ; elle répond à l’étude anatomo-pathologique et à l'évolution clinique. C’est pour cette raison que nous décrirons successivement ;

. 4e La péritonite tuberculeuse aiguë où miliaire ;

2% La péritonite tuberculeuse chronique généralisée avec ses trois formes : ascitique, ulcéro-caséeuse et fibro-adhésive.

(1) De l'intervention chirurgicale dans les péritonites tuberculeuses, Thèse de Lyon, 1890.

DRE SIDE Enfin nous dirons quelques mots d’une troisième

forme :

3 La péritonite tuberculeuse localisée,

A. Péritonite tuberculeuse aigue ou miliaire

Nous ne nous occuperons pas de la forme de péritonite miliaire dans laquelle les lésions caractérisées par des granulations tuberculeuses n’affectent pas spécialement le péritoine. Dans une forme appelée pour cela granulique, la plèvre, le poumon et souvent les méninges sont atteints, et le péritoine reste au second plan dans la symptomatologie où l’asphyxie et les signes d’une profonde infection générale font passer inaperçus le ballonnement du ventre et les phénomènes abdominaux.

La péritonite miliaire que nous voulons étudier est localisée, où du moins les granulations, confiuentes sur le péritoine, n’apparaissent qu’isolément sur la plèvre surtout, très rares sur les autres séreuses, pas assez abondantes aux poumons pour déterminer la symptomatologie bruyante de la granulie dyspnéique.

Chez les sujets qui ont succombé à cette forme miliaire, on trouve en général à l’ouverture du péritoine un liquide citrin, un peu verdâtre, parfois hémorrhagique, rarement séro-purulent. Il est quelquefois abondant ; en général sa quantité est de plusieurs litres et il contient une notable proportion d’albumine et de fibrine. |

La cavité péritonéale n’est pas cloisonnée, on ne trouve nulle part d’exsudat épais, bien que quelquefois, à une période plus avancée, la séreuse se recouvre

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