‹ De L'Occlusion Membraneleuse De La TrachéeChapitre 7 sur 26 · A OU · texte numérisé non relu

A OU

Dans l’occlusion membraneuse, la frachéosténose n’est pas

produite, comme dans la syphilis, par destruction des tissus : normaux et remplacement par du tissu scléro-fibreux. C'est une membrane qui se développe sans que les points où elle s'implante dans le tube trachéal aient été apparemment mo- | difiés dans leur constitution élémentaire. |

Bien que le résultat, l'asphyxie, puisse être le même à la

‘suite d'affection syphilitique ou d’occlusion membraneuse, il. se produit par une marche toute différente dans chacune de ces affections.

Dans la syphilis 11 peut y avoir des brides fibreuses dans la trachée, mais les parois de cette dernière sont toujours altérées. Dans l’occlusion, il n'y a que les membranes qui se développent, le calibre de la trachée reste normal sur tous les. points et le conduit trachéal n’est pas déformé.

D'après M. Mauriac, c’est le quart inférieur de la trachée qui est le siège de prédilection des syphilomes et, bien que l'occlusion membraneuse puisse aussi se développer profondément, c’est surtout dans le voisinage et au-dessous de la glotte qu'elle a été rencontrée.

Aussi voyons-nous, dans les observations, que la syphilis joue un rôle effacé dans la production de l’occlusion membraneuse.

Peut-on penser que des ulcérations plus superficielles, limitées à la muqueuse de la trachée, produisent, par leur cicatrisation, un exsudat plastique qui, sans cesse soulevé par le courant respiratoire, pourrait devenir adhérent comme un lambeau, s'organiser en formant saillie et donner ainsi naissance à du tissu de formation nouvelle constituant la membrane de l’occlusion ?

Dans le cas de membrane annulaire, l'explication devient encore plus difficile; peut-être se produit-il dans l'intervalle de deux anneaux cartilagineux, soit par suite de leur frottement.

MN re

soit par suite d’une inflammation du périchondre, une condensation du tissu conjonctif aboutissant à la formation d'une

membrane obstruante ?

On peut concevoir la chute des cellules épithéliales à la suite de l'inflammalion et leur remplacement par des cellules embryonnaires qui, par leur tendance à la prolifération, for-

ment un bourrelet circulaire, lequel, peu à peu se transformant

en tissu conjonctif, puis fibreux, diminue l'épaisseur du bourrelet et donne naissance à une membrane ?

Il se pourrait encore qu'à la suite d’une inflammation siégeant au-dessous de Ja muqueuse, celle-ci puisse, après disparition du gonflement inflammatoire, conserver une certaine laxité et, ayant en ce point une ampleur trop grande, glisser sur la partie sous-muqueuse, s'adresser à elle-même en certains points et constituer par cel adossement une sorte dé valvule qui, par une série de transformations de son tissu, deviendrait plus tard une membrane ?

En effet, la partie de la muqueuse trachéale ayant sa face profonde en contact avec une portion d'elle-même, se souderait par cette face et dans cette situation formerait la valvule dont nous venons de parler. Celle-ci, se transformant en tissu sclérofibreux, sera la première partie, ie point de départ de la mem brane pathologique. Le tissu de la valvule, se rétractant sous l'influence de sa transformation élémentaire, exercera par ses bords adhérents à la muqueuse saine des tractions qui tendront à en adosser de nouvelles parties, lesquelles, suivant à leur tour la même série de phénomènes, deviendraient portion de la membrane fibreuse ?

Disons que par ce procédé de formation la membrane, ayant une forme diaphragmatique, verrait sa pathogénie devenir compréhensible et explicable.

En tous cas nous pensons, ainsi que nous l'avons dit plus haut, que les lésions profondément destruetives, altérant fous

Le

Page 1