‹ De l'Oedème Aigu Primitif du LarynxChapitre 7 sur 28 · AS SYMPTOMES SUBJECTIFS · texte numérisé non relu

AS SYMPTOMES SUBJECTIFS

D'une manière générale on peut dire que ces troubles sont ceux qui accompagnent toute sténose glottique ou obstruction des voies aériennes ; mais ils présentent certains caractères spéciaux.

Douleur.— Elle n’est pas constante et peut faire défaut. Quelquefois elle est limitée à un côté du larynx. Quand elle existe, le malade accuse une cuisson ou un chatouillement à la gorge. Bientôt c'est une sensation de brûlure, de corps étranger ; les malades « comparent cette sensation à une boule qui obstrue la partie supérieure du larynx, gênant la respiration et souvent la déglutition, suivant les mouvements du larynx et du pharynx, en sorte que dans l'acte d’avaler, elle paraît remonter et puis redescendre à sa place. Cette sensation de corps étranger donne parfois des envies de vomir, souvent aussi un besoin d’avaler. » (Charazac).

Troubles de la déglutition.—Ils se montrent fréquemment dès le début de l’ædème et sont parfois assez marqués. On observe surtout de la dysphagie douloureuse et une gêne de la déglutition. La dysphagie est plutôt mécanique et peu douloureuse lorsque l’infiltration est exagérée et siège à la face postérieure de la région crico-thyroïdienne. La dysphagie est plutôt douloureuse dans les cas d’abcès

laryngé, d'œdème infectieux. La déglutition peut n'être que légèrement troublée, mais dans les æœdèmes très marqués, l’alimentalion du malade peut être gênée ; ce fait s'observe surtout quand l’abcëès est étendu ou comprime la partie supérieure de l’æsophage. Il y a des cas où les piliers et la luette sont envahis par linfiltration œdémateuse, ce qui ajoute encore à la dysphagie.

Troubles de la voix. — Dans la plupart des observations, la voix est ordinairement conservée, et cela s'explique si l’on se rappelle que les cordes vocales sont presque toujours respectées par l'œdème. Même quand elles sont œdématiées, la voix peut n'être que légèrement altérée, pourvu que leur rapprochement puisse se faire assez librement.

Cependant, presque toujours en même temps que l’ædème de l’épiglotte et des replis, existe un catarrhe des cordes qui sont plus ou moins rouges, épaissies et recouvertes de muco-pus, d'où enrouement, raucité de la voix, parfois même aphonie, toute passagère d’ailleurs. |

Troubles respiratoires. — Ils constituent le symptôme le plus constant et le plus grave de l’œdème aigu primitif du larynx. Quelquefois des ancidents asphyxiques s'installent d'emblée, mais le plus souvent ils apparaissent lentement et d'une façon progressive. L'inspiration devient peu à peusifflante, l'expiration étant libre. Plus tard la gêne respiratoire Seguin 2

= 5 s'étend aux deux temps avec maximum à l'inspiration, la dyspnée devient plus vive, les accès de suffocation et de tirage apparaissent, .puis les symptômes d'asphyxie. |

Les accès de suffocation peuvent être provoqués par des causes diverses, tantôt par l’ingestion de quelques gouttes de liquide, tantôt par l'introduction d'un instrument, abaisse-langue ou miroir laryngien, plus souvent par le toucher pharyngien. On doit bien se garder de pratiquer ce dernier qui, même effectué avec précaution, n’est pas exempt de danger et peut déterminer un spasme de la glotte, Les accès paroxystiques de dyspnée sont beaucoup plus fréquents la nuit que le jour. Si l’on n'intervient pas, le malade peut succomber dans un accès de suffocation, avec . des convulsions généralisées, ou bien l’asphyxie dévient progressive et il meurt dans le coma.

Toux, Expectoration. — La sensation de COrps étranger et de boule que ressentent les malades au fond de la gorge détermine chez presque tous de la toux et surtout de l’expectoration. La toux est principalement fréquente quand il y a complication pulmonaire, pneumonie franche ou broncho-pneumonie. L'expectoration est constante, muqueuse d’abord, puis purulente au moment de l'ouverture de l’abcès laryngé. Cette évacuation se fait à la suite d’une quinte de toux ; le malade rejette une quantité plus ou moins considérable de muco-pus, parfois si

faible qu'il ne s’en aperçoit pas; seul, le miroir laryngien décèle l'ouverture de la collection, en montrant un petit pertuis blanchâtre au niveau de la muqueuse laryngée. Il arrive ici ce qui se produit après l’ouverture de tout abeès, ce qu’on observe si bien en particulier après l’incision d’un gros phlegmon amygdalien : tous les accidents graves s’atténuent et disparaissent rapidement.

Troubles généraux, — Ils s’observent presque constamment dans les œlèmes aigus primitifs du larynx, mais sont très variables, Tantôt ils sont marqués par un peu de fièvre, quelques frissons, un malaise général. Dans d’autres cas, la température s'élève rapidement, atteint 39 et même 40 degrés et présente des oscillations et des poussées correspondant à la formation du pus ou à l'apparition d'une complication pulmonaire. Le pouls est petit et fréquent. Insomnie, anxiété continuelle, constipation. Les urines présentent les caractères des urines fébriles.

En somme on retrouve ici toute l'allure des maladies infectieuses. « Cette différence dans l'intensité des phénomènes généraux, dit Charazac, correspond parfaitement à deux variétés bien distinctes, ou plutôt à deux degrés différents de la maladie : le premier dans lequel l'infiltration est purement séfrense, le second qui n’est que l’exagération de Pétat précédent, dans lequel l'infiltration, de séreuse qu’elle

élait, est devenue purulente, entraînant avec elle des désordres profonds, un état général pouvant être sérieux, et, dans tous les cas, des altérations locales beaucoup plus graves que dans le stade précédent. »

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Symptômes objectifs

Quand on examine un malade atteint d’un œædème aigu laryngien, on voit qu'il présente, à la période d’élat, tous les signes d'une obstruction glottique : lirage sus et sous-stcrnal, facies cvanosé, respiration bruyante et sifflante, Au moment des accès, tout s’exagère, le facies est angoissé, les lèvres et les extrémités sont cyanosées, la surface du corps et surtout la face <ont froides et couvertes d'une sueur visqueuse. Le visage est congestionné, ftuméfié, les veines du cou sont gonflées et turgescentes, les yeux injectés. Le malade se tient assis sur son lit, cherchant un point d'appui pour favoriser le jeu de ses muscles inspirateurs,

Examen du cou. — L'ædème et lempâtement de la région cervicale antérieure ont été signalés dans un très petit nombre d'observations.

La palpation fournit, d’après Barjon, un signe extrêmement important qui consiste dans Pabolition du craquement laryngo-vertébral. « A l’état normaf, si l'on saisit le larynx entre ses doigts et qu'on lui imprime des mouvements de laléralité en ayant soin d'appuyer légèrement contre la colonne, on produit un c’aquement très sensible provoqué par le ressaut

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