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HISTORIQUE

Il n’est pas de maladie dont la description ait subi, durant ces quinze dernières années, plus de remaniements que les néphrites chroniques; la lecture des ouvrages et traités du siècle dernier permet de s’en rendre compte. L'école Française et les travaux de Widal, en particulier, en substituant à l’ancienne notion d'insuffisance rénale et d'urémie, celle de syndromes divers, en rapport, soit avec le mode d'élimination de substances organiques déterminées, soit avec les troubles circulatoires, a établi les bases de la pathogénie et de la symptomatologie, formulé les règles de pronostic, et proposé un traitement rationnel du mal de Bright.

Aux vieilles classificationsessayées tour à tour au xix®siècle, fondées sur l’anatomo-pathologie et sur l’étiologie, les cliniciens de la fin du siècle en ont substitué une nouvelle, basée sur l'examen physiologique des néphrites. Cette orientation de la question marque une date dans l’histoire des néphrites et prouve combien la médecine est puissante, quand elle emprunte ses méthodes de recherches à la physiologie. A celte époque, Bouchard étudia la toxicité urinaire,

Achard et Castaigne le fonctionnement rénal, à l'aide du bleu de méthylène et des épreuves d'éliminations provoquées. Ces diverses méthodes, jointes à la cryoscopie, étudiée par Claude, Balthazard, Léon Bernard et Koranyi fournissaient d’intéressantes indications au sujet de la valeur fonctionnelle globale du rein, mais ne permettaient pas de distinguer les substances retenues. On ignorait d'ailleurs, parmi tous les corps que le filtre rénal doit éliminer, ceux qui étaient susceptibles de provoquer ces troubles morbides et dont la rétention caractérisait l'insuffisance rénale. Widal et son école, abandonnant les procédés d'investigation antérieurs, ont ouvert une voie nouvelle, et pleine d'avenir, à la connaissance des affections du rein. Ayant découvert que le chlorure de ‘sodium et les corps azotés sont les substances, dont la rétention caractérise l'insuffisance de cet organe, ils n'étudient plus de travail global du rein, mais précisent son activité pour chacune des substances à excréter. Ils comparent méthodiquement l'ingestion et l’excrétion de ces produits, et, en établissant leur bilan, en déterminant leur rôle exact dans l'organisme, ils mettent en lumière le mécanisme de leur rétention. Suivant que la barrière, offerte normalement, par l'appareil glomérulotubaire, au passage des albumines du sérum, est rompue, ou bien que ce même appareil s'oppose à l'élimination régulière des chlorures, ou a celle de l’urée, nous sommes en présence d’un syndrome propre à chacune de ces trois fonctions déficiantes.

Mais il faut ajouter à ceux qui précèdent un quatrième syndrome Aypertensif ou cardio-vasculaire, se caractéri-. sant, durant des mois ou des années, uniquement par des troubles du fonctionnement cardiaque ou vasculaire (hypertension, hémorragies), sans modification des transsudations rénales et dans lequel les syndromes chlorurés en azotémiques ne surviennent que beaucoup plus tard.

Nous étudierons donc successivement :

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io Le syndrome urinaire ou albuminurique simple.

2 Le syndrome hyperlensif.

30 Le syndrome chlorurémique.

40 Le syndrome azotémique.

Enfin, nous dirons un mot des formes mixtes du mal de Bright, qui sont les plus fréquentes, et dans lesquelles on rencontre tous ces syndromes plus ou moins intimement associés.

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