A.— SYNDROME URINAIRE, FORME ALBUMINURIQUE DU MAL DE BRIGHT
La forme albuminurique du mal de Bright ou néphrite albumineuse simple de Castaigne est la plus banale. Signalée déjà par plusieurs auteurs du siècle dernier, elle est caractérisée par les symptômes suivants : l’'albuminurie, la cylindrurie, la leucocyturie et l’'hématurie, mais demeure compatible avec une survie prolongée. ;
Les lésions rénales sont minimes et localisées, la fonction rénale s’opposant à la transsudation des albumines du plasma sanguin est seule troublée et les chlorures et l’urée traversent normalement le parenchyme. L'albuminurie est le symptôme primordial et fait, dans la plupart des cas, reconnaître, à elle seule, l’affection rénale ; mais la quantité d'albumine éliminée par vingt-quatre heures, n’est pas un élément de pronostic, une lésion des plus graves s’accompagnant souvent de traces d'albumine, alors qu'une lésion bénigne peut être marquée par une albuminurie considérable. L'étude du sédiment urinaire et la présence de cylindres granuleux permet de découvrir une lésion grave des tubuli. La présence d'hématies et de leucocytes, à condition qu’ils ne proviennent pas des voies urinaires inférieures, est l'indice d’une congestion rénale, d’une poussée aiguë au cours du mal de Bright.
Quatre points importants doivent, dans ce cas, attirer l'attention du elinicien.
AG
1° La longue durée de la maladie ;
2 L'exagération possible de l'albuminurie sous l'influence de la fatigue, ou d’une infection quelconque, avec retour plus ou moins rapide à la normale ;
30 Aggravation possible de l’état du malade, avec apparition de l'azotémie ou de la chlorurémie quelquefois des deux syndromes ;
49 Inutilité et danger même du régime lacté qui doit faire place, ici, à un régime reconstituant et moins toxique.
En définitive, la forme albuminurique simple est d'un pronostic bénin et ne s'accompagne pas de lésions oculaires.