‹ De l'opéra en France (volume 2)Chapitre 16 sur 36 · FERVILLE · texte numérisé non relu

FERVILLE

Je n'ai point de concuneut ; elle a beau Jire, la maison me restera.

A la scène XV, autre duo entre Yersac et Ferville , morceau d'un eifét pittoresque , et qui donnerait un ensemble scénique, plaisant et contras'ié. Quel parti le musicien n'eût-il pas tiré de ces mots si comiques , Et le voisin P Voilà les phrases que la mélodie se plaît à reproduire , et

cliantor; et c'est après avoir joue les Jocrisse, les Daniires , les Jeanuot , qu'il e^t eutrc à rOpcra-Comiques

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(\m justifient ses répétitions. Certainement, s'il V avait eu à Favart un bon contralte et un bouffé à voix franche et ronde , Dalayrac n'eût pas manqué de désigner ces endroits au poëte pour y placer de la musique : il n'eût pas renoncé si légèrement à l'avantage d'ouvrir son opéra par un duo.

Madame Dugazon se fit connaître, et jouit long-temps d'une grande réputation théâtrale. Actrice inimitable , autant que faible cantatrice , les poètes et les musiciens s'empressèrent de la faire briller; et pour présenter son talent sous le jour le plus favorable, les premiers prodiguèrent l'esprit et la finesse , le sentiment et le pathétique dans leurs scènes ingénieuses; les autres gardèrent bien souvent un silence obligé. Tous les rôles que cette actrice a créés sont écrits d'après le même plan : je pourrais en citer plusieurs, tels que celui de Stratonice, où elle ne chantait pas du tout.

L'emploi de première chanteuse n'a point varié. Il y a eu , dans tous les temps , des voix brillantes et étendues pour exécuter les airs de bravoure ; les musiciens en ont quelquefois abusé aux dépens de la vraisemblance. On leur pardonne , toutes les fois que ces petites irrégularités sont rachetées par de belles compositions. J'observerai , seulement en passant , que l'on dis-

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tingue aisément les rôles du répertoire de Eeydeau ; ils sont notés dans un diapason trèsélevé , attendu que les voix de mesdames Scio et Rosine étaient fort aiguës.

Les rôles de duègne , confiés tantôt à des premières chanteuses sur le retour, et qui conservaient néanmoins leur quinte haute , ou à des actrices à voix graves , nous offrent la bigarrure la plus singulière. L'un se soutient constamment dans les cordes aiguës, l'autre ne saurait se tirer de celles du contralte. Il est évident que l'actrice qui réussira dans les uns, doit échouer complètement dans les autres ; aussi avons-nous pris notre parti là-dessus , en nous résignant à entendre fausser d'un bout à l'autre la fée Aline , quand elle dit à la bégueule Arsène ,

Il ne faut pas vous alarmer.

et madame Saint-Clair, dans le trio de la Fausse Magie ,

Vous aurez affaire à moi.

Et si, par hasard, ces rôles sont bien exécutés par une voix haute, cette même voix ne pourra se faire entendre dans les rôles de dame Yénérande et de la Tante Aurore , qui sont pourtant du même emploi. En 1771, il n'existait point de contralte à la Comédie Italienne ; ne pouvant

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faire remplir cette partie , Grétry trouva tout simple de réunir la troisième voix au premier dessus , et nous donna ainsi un duo à trois voix: c'est celui qui ouvre le second acte de Zémire et ^zor.

Veillons, mes sœurs.

Philippe , Gavaudan , Solié , Martin , sont venus, et les compositeurs ont mesuré leurs airs et leurs duos sur les moyens de ces chanteurs : 4' autres leur succéderont ; et comme il est impossible qu'ils reçoivent de la nature des voix égales en tout à celles de leurs prédécesseurs , il faudra donc ajuster de nouveaux rôles à leurs tailles. Nous avons déjà les Laruette , les Trial , les Juillet , les Elleviou , les Philippe , les Gavaudan , les Solié , les Martin , les Dugazon , les Regnault , les Boulanger , etc. , etc. ; nous aurons les Pierre , les Paul , les Auguste , les Caroline , les Yictorine , les Clara , etc. ; et chaque acteur laissera son nom à son emploi. Je ne vois pas que nos voisins aient adopté cette bizarre nomenclature ; et je ne sache pas qu'un acteur s'annonce , en Italie, pour jouer les Marchesi , les David , les Piaffanelli , les Faustine , les Billington , les Catalani : certes , ces noms ont laissé d'aulres souvenirs que ceux des Laruette , des Trial , etc.

Nos compositeurs se sont déjà repentis des 1. ao

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complaisances qu'ils ont eues pour d'aimables ciianteurs , en écrivant des traits qui excèdent les bornes ordinaires des voix , et en portant toute la force musicale d'un opéra sur deux personnages seulement. C'était délicieux, tant qu'Elleviou et Martin ont exécuté ces rôles parallèles ; mais la' retraite du premier a rompu le charme; et celui qui nous est resté, ne trouvant plus de ténor digne de le dominer, a demandé des rôles indépendans , tels que Gulistan, Joconde, Jeannot, Rodolphe, et s'est empressé de céder Scapin , Dermont , Germain , Edmond , etc. , à ses doubles.

Les airs allemands et italiens sont renfermés dans une douzième , et la musique écrite pour Martin embrasse trois octaves. Le trio de Jeannot et Colin descend au mi de la basse , et l'air de Scapin , dans l Iraio ^ s'élève jusqu'au ré du contralte ; ce qui lait plus que l'étendue des trois voix d'homme réunies. Si, par aventure, il s'est rencontré un organe aussi extraordinaire, peuton espérer que ce phénomène se renouvellera pour nous donner un nouveau Martin , quand celui-ci nous quittera ? Par les théâtres de province , on peut juger de la manière dont ces rôles gigantesques seront exécutés à Paris , après la retraite de celui qui les a créés : y a-t-il bien des acteurs qui les chantent comme ils sont écrits ?

il en est jusqu'à deux que je pourrais citer.

Les autres les défigurent , les mutilent sans pitié pour les mettre à leur portée. Les tons aigus succédant aux pédales de la basse et la pîirase musicale se développant sur une échelle^ immense, la ressource de la transposition devient inutile. Comment élever ou abaisser le ton d'un air qui est déjà trop haut et trop bas? un habile musicien pourrait néanmoins arranger certains traits et les mettre en rapport avec ses moyens. Mais, je le répète, nos acteurs lyriques ne sont point chanteurs. Troupeau servile de routiniers, automates à ressorts, perroquets fidèles au refrain qu'on leur a sifflé , ils ne savent redire que ce qu'on leur a dit, heureux encore s'ils le rendent tels qu'ils l'ont reçu! Toute leur adresse se borne à prendre l'octave quand la note ou le passage s'approche trop des limites des voix.

Je sais bien que, par ce moyen, le chant reste le même, tandis qu'en suppléant un trait à un autre dans l'intervalle de quinte, on doit nécessairement altérer le motif musical. Mais le saut d'octave est trop grand et fait passer subitement du grave à l'aigu ; cette transition , aussi dure qu'imprévue , est d'un effet désagréable , en ce qu'elle dérange l'ordonnance des compositions,

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en renverse le dessin , et contrarie l'expression et les images au point de présenter des idées opposées à celles du musicien.

De riiiîrigiic , ô vastes mystères!

Je renonce à vous pour jamais.

L*auteur d'?//2^ Folie, voulant peindre les sombres mystères de l'intrigue , précipite la voix sur les cordes basses , et lui fait soutenir des sons graves. Il s'est servi du même moyen dans /'/raio pour donner une expression imitative aux vers suivans ;

Puisse mon maître , en sa colère , Me poursuivre jusqu'au caveau !

Les chanteurs à voix mignarde, qui devraient réserver leur talent pour le salon ou le boudoir au lieu de le produire sur un théâtre, certains Marlins de province , ne pouvant atteindre aux pédales, trouvent tout simple de prendre l'octave , et par celte ridicule métamorphose , les mystères de l'intrigue sont en plein jour, et le caveau monte au greniei :

Mozart, Haydn, Piccini , Cimarosa , Sarli, Paer, nous ont prouvé qu'il était possible de faire de très-beaux airs sans forcer les voix. Nos compositeurs ont cru mieux réussir en prenant un champ plus vaste, ils n'ont jamais égalé leurs modèles.

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Il n'est pas inutile de remarquer que le plus bel air composé pour Martin est pre'cisémenî: celui dont le cadre est le plus rétréci, celui dont le dessin pur et correct est dégagé de tous les vains ornemens que Ton rencontre trop souvent dans les morceaux destinés à cet excellent chanteur. Je veux parler de Pair du sénéchal , dans Jean de Paris: il tient un juste milieu entre le grave et l'aigu j la marche en est sage et bien réglée , les motifs en sont gracieux, les périodes élégantes et nombreuses, l'accompagnement riche. Il part an si bémol pour s'élever dM fa ; toujours retenu dans les bornes dubariton (i), il doit Q.tre chanté facilement à voix pleine sans recourir aux jongleries du fausset.

Avant que FOpéra-Comique eut fait les pertes qu'il déplore tant aujourd'hui, Elleviou et Gavaudan y jouaient les rôles d'amoureux; Philippe et Andrieux, les tyrans; Solié,les pères nobles; Martin, les valets, les confidens, les troubadours; Dozainville et Saint-Anbin , les tuteurs et les caricatures ; Moreau et Paulin , les valets, les paysans. Tous ces acteurs avaient des voix aiguës , et par conséquent , tous les râles qu'on leur a donnés ont été écrits pour le ténor. L'amoureux chante cette partie , et comme dans

(i) La pédale qui le termine est ctdUuUinn, et peut être prise i\ l'oclave.

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presque toutes les scènes importantes il sera placé vis-à-vis du tyran, du père noble, du tuteur, du valet, du paysan, nous n'entendrons qu'une espèce de voix d'homme. L'observation en est facile à faire dans le Tableau parlant, l Epreuve T^illageoise , Richard Cœur -de- Lion , Azémia^ Nina^ les Petits Savoyards ^ une Heure de Mariage , Picaros et Diego , Renaud d'Ast , Maison à vendre, le Secret, Euphrosine , Stratonice , Ariodant, Bion , Joseph, llrato, TJthal, Gahrielle dEstrées, une Folie ^ le Prince Troubadour, Montano et Stéphanie ^ le Délire, Françoise de Foix , Reniowski, le Calife , Z or aime et Zulnar , 4e Nouveau Seigneur de village, la Fcte du /^ illage voisin , Cendrillon , un Jour à Paris , Jo~ ronde, l Auberge de Ragnères , etc., etc., et mêm^^î dans Héléîia et les Deux Journées (i).

Les voix de femme, plus brillantes qu'harmonieuses , ne peuvent sufBre pour l'exécution

(i) Les rôles de Maurice et de Mikély, chanlés par une bonne voix grave , seraient de véritables rôles de basse. Mais parce qu'ils ont été estropiés à Paris par un excellent comédien sans vois , tous les acteurs de même acabit s'arrogent le droit de les estropiei aussi. Un directeur qui aurait quelcjue connaissance de l'art musical, devrait exiger impéiieusemtnt que ces rôUs fussent exécutés par la première basse , à qui ils appartiennent , à l'exclusion de tous Laruette, Trial , et autres braillards que Dieu confonde les ensembles reposeraient alors sur des fondemens solides , ^l r tclmirablc finale dts Deux Journées produirait tout s.on efli'l.

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d'une composition musicale. L'uniformité de timbre et de diapason nuit essentiellement à l'effet , et les morceaux d'ensemble n'offrant aucun contraste , fatjfi^uent les oreilles au lieu de les charmer. Les Rigueurs du CJoifre , le Chapitre Second et la Jeune Prude , sont les seuls essais que l'on ait faits ; et le peu de succès que MM. Berton, Solié et Dalayrac ont obtenu dans ce genre arrêtera sans doute ceux qui auraient l'idée de les imiter.

Plein de défauts graves, noire système lyricodramatique laisse remarquer encore les contradictions les plus singulières. S'agit-il de composer un air? la voix de ténor présente un espace trop étroit; on croit faire merveille en la forçant d'usurper le domaine de la basse et celui du contralte. Veut-on faire un morceau d'ensemble où l'on pourrait réunir dans un plan vaste la basse, le bariton , les ténors, le contralte, les Noix aiguës? on s'obstine à rétrécir l'échelle harmonique, en rapprochant le ténor du ténor. Peut-on développer le dessin des motifs avec des voix qui se mêlent, s'entrechoquent, et se nuisent Tune à l'autre en se croisant continuellement; tandis que des effets adroitement contrastés laisseraient admirer en même temps les pédales de la basse, le riche médium du bariton, les sons flatteurs de la dernière quinte du ténor

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et les voix de femme aussi légères que mélodieuses?

Que penserait-on d\in peintre qui , au lieu de grouper ses personnages avec élégance , nous les présenterait confusément entassés ou rangés à la file, de manière que le premier couvrît tous les autres ? Vous m'arrêtez , en me disant cju'à la vérité Gavaudan, Philippe, Solié chantaient le tcnor, mais que leurs voix, diversement caractérisées , se rangeaient chacune à sa place , sitôt qu'on les réunissait dans un ensemble, Gavaudan , en se tenant à sa partie , Philippe , en prenant le bariton , et Solié , en attaquant les notes^ de la basse. Je ne me rends pas à cette objection. Je veux bien passer sur une petite irrégularité, que d'autres appelleraient un grand défaut, qui est d'offrir successivement, comme dans le quatuor de Stralonice ^ trois personnages qui chantent dans le même intervalle de quinte pendant le dialogue. Mais croyez-vous de bonne foi que ce ténor, changé en basse et même en bariton, ne donnant par conséquent que le rebut de sa voix, des sons obtenus à l'extrémité du diapason et qu'il devrait négliger, remplisse la partie de basse comm« Porto , Dérivis , Chenard, Levasseur , ou tout autre dont l'organe est disposé par la nature et l'art à faire résonner les pédales avec force? Feriez-vous tenir la place

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du violoncelle par une viole , et celle de la contre-basse par une guitare ? Le Ja aigu du cor en ut est la même note que le mi du cor Çin fa^ mais le calcul acoustique est différent. Le premier, sourd et grêle, se forme avec peine auprès de l'embouchure , tandis que l'autre s'échappe librement du cœur de l'instrument et porte au loin ses vibrations éclatantes.

Quel effet produirait un quatuor exécuté pat quatre violons ou quatre flûtes? Nous avons, dans Picaros et Diego , ainsi que dans le Premier T^emi^ un trio chanté par trois ténors; pourquoi donc abandonner celte voix de basse sur laquelle reposent tous les morceaux de facture (i)? Ce charme séduisant, ce mordant, cette harmonie pleine et luxuriante qui règne dans le sextuor de Don Juan, le quintette de i JSemiciGsnerosi , les trios de la Création et des Hornccs^ le quatuor de i J^iaggiatori Felici, les finales du Mariage Secret ^

(i) Nos opéras n'offrant que des rôles de bariton , concordant, ou basse-taille , pour les parties graves , les personnce qui n'ont jamais assisté auv représentations d'un opéra buffa ne connaissent point la voix de basse. Celle de M. VVicser', l'un des quatre chanteurs de Vienne, a élé admirée, comme un prodige, dans nos provinces, et chacun lui donnait un nom à sa fantaisie, en la qualifiant de contrc-Jjassc, pédale, Jjourdon , bassc-conlre ; c'él )it ])ourtant une simple voix de basse , mordante à la vérité , et friisant résonner Icso/ct \c fa d'en bas, comme loulcs clIIos de la même e>pèce.

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de Don Juan, de Figaro, di' Agnes ^ à quoi les devons-nous , si ce n'est au bel emploi que les compositeurs en ont fait? î*5on- seulement elle soutient l'édifice, mais ses sons partant du point le plus bas s'élèvent autour des masses harmoniques, et, comme les rayons lumineux, portent leur reflet sur tous les points.

Je devrais parler encore des renversemens d'harmonie, des constructions vicieuses» des unissons qui résultent du trop grand rapprochement des voix; mais comme toutes les parties vocales ont leur doublure dans l'orchestre et que les notes des accords s'y trouvent placées dans l'ordre convenable, la force instrumentale régularise tout et les contre-basses ramènent à la partie grave le trait que le bariton octavie. On peut en faire l'observation dans le quatuor de ma Tanfe Aurore où le chant de Frontin , au lieu de servir de fondement aux accords, s'élève souvent au-dessus de celui de Valsain. L'on est fort étonné en suivant le bariton dans ses écarts de le rencontrer dans la région du dessus , tandis que l'harmonie repose sur les notes du ténor destinées, pour l'ordinaire, à remplir les milieux.

Sans toucher à l'ordonnance de ces deux quatuors, il est facile de mettre à la portée des voix graves les chants d'Erasistrate et de Frontin, en rendant à la basse des notes aiguës dont

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î'éilal importune Toreille , et en faisant subir fjnelqiies légers chanj>emens au dessin mélodique. Je les ai entendu chanter de cette manière, et je ne crains pas d' affirmer que le résultat en était excellent.

Sous le rapport musical, l'emploi de Laruette, de Trial, de Juillet, etc., doit être considéré comme doublement vicieux.

1°. L'acteur qui en est chargé, ayant une Yoix aiguë, vient poser sa note trop près de celle du premier acteur- il la double quelquefois : cela est d'autant plus désagréable que le rôle de tuteur ou de Cmicato est toujours confié au plus mauvais chanteur de la troupe ; souvent même à des hommes âgés dont la voix est cassée, fausse et chevrotante. Qui n'a pas entendu Dozainville portant la tierce avec Elleviou, et Saint-Aubin avec madame Scio ? Quel accord! ! !

2". Cet acteur , inutile dans le diapason où il est placé , nuisible même , puisqu'il heurte sans cesse le ténor sur lequel il empiète , pourrait être employé comme basse. — Et si cette partie est déjà remplie ? — On la doublera, triplera , s'il le faut : on ne saurait trop en avoir. Il est beaucoup de ténors insupportables , les basses médiocres ont peu d'éclat, et se perdent dans la foule ; une bonne première couvre de son égide ses faibles coadjuteurs. Un ténor doux et

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flexible sera écrasé par les criailleries de ses importuns rivaux ; dix bassons peu exercés s'uniront à l'orchestre sans y porter le désordre : oseriez-vous y introduire une cornemuse ?

Il est des convenances que le goût ordonne de respecter. Est -il naturel qu'un vieillard tel que Dalin de la Fausse Magic , chante comme un Colin ? Cette voix claire et glapissante ne contraste-t-elle pas avec sa barbe blanche et ses genoux tremblans ? Le patriarche Jacob, succombant sous le poids des années et des infirmités, doit-il nous conter ses malheurs d'un ton de troubadour? Peut-on s'attendre à un ténor frais et pur , en voyant un corps ruiné par les outrages du temps ? Ne faudrait-il pas que ce rôle fut noté pour une basse , pour une basse -contre même ? Peut-on mettre assez de solennité dans les accens de ce chef des Hébreux? Que m'importe que vous placiez la clef de y^ au commencement d'un air , si tout le chant doit être rejeté hors des lignes , et si la voix , constamment retenue dans les tons de ténor, ne fait que des excursions fugitives dans la quinte basse ?

Le rôle d'OEdipe , qui a tant de rapport avec celui de Jacob, s'élève jusqu'auy«(i) , j'en conviens ; mais ce n'est qu'en passant , et comme

(i) Mi naturel, à cause du diapason de l'Académie Royale, qui ost plus bas d'un demi-ton envirou que celui des autres orchestres.

par extension ; tout le reste est dans le véritable diapason de la basse. L'air d'Olkar, dvLiis les Sajaaères , monte aussi jusqu'au y« , et le chanteur fait résonner cette note pendant deux mesures. Il en est de même de VO salutaris de M. Gossec; maiscey«, qui, dans un passage tendre et plein de suavité , serait très-hasardé , est ici d'un succès certain , puisqu'on peut déployer toute la force de l'organe : cette tenue éclatante passée, la voix rentre aussitôt dans ses limites accoutumées.

On se tromperait souvent, sil'on voulait juger qu'un air est haut ou bas, en prenant pour règle la note la plus aiguë ou la plus grave que l'on peut y rencontrer. Sans s'arrêter à quelques notes isolées , auxquelles on arrive diatoniquement , et que l'on attaque avec tout l'orchestre , il faut considérer la manière dont le chant est traité, et s'il se développe et se soutient dans la seconde ou la troisième quinte. L'air d'Olkar , que nous venons de citer, est un air de basse bien franc quoiqu'il porte ley«. L'invocation à Minerve à'Euphrosîne y la cavatine de Moctar dans Tamcrlan, qui ne passent pas le m/, ne peuvent être chantées que par un bariton.

Il semble que l'on ait voulu séparer en quelque manière l'action dramatique du chant , et les agrémens de la musique du jeu de scène. Un

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rôle de femme est-il d'une nullité absolue ? ou le consacre au chant ; et les airs de bravoure , les duos brillans sont semés avec profusion. Estil spirituel et piquant, tendre et pathétique ? l'actrice n'a plus que de la prose à débiter ou quelques chansons mesquines, des refrains de guinguette que le vaudeville réclame.

Pourquoi cette bizarrerie ? c'est que dans le bon temps de l'Opéra-comique , les demoiselles Colombe , Renaud, etc., avec de belles voix, n'étaient que de froides statues , et que mesdames Dugazon, Saint-Aubin, Nivelon , possédant tous les charmes d'un jeu plein de finesse, d'esprit, de sentiment et de passion, n'avaient ni voix , ni doctrine musicale. Et que m'importe à moi , que vous rendiez bien cette scène pathétique, et que vous exprimiez avec une perfection exquise le délire de l'amour, les emportemens du désespoir, si vous n'êtes point capable de porter l'admiration et le sentiment au comble , en la teriTiinant par un agitato véhément, que j'attends, que je désire, que je suis en droit d'exiger? Je me soucie bien de voire monologue scintillant de malice et d'esprit , si vous ne le couronnez par une polonaise éblouissante de coquetterie et de légèreté. Sommes-nous à la Comédie ou à l'Opéra ?

" J'ai une virtuose à mes ordres ; ici , daDS la

« maison.... elle fera notre musique. » C'est ainsi que, dans X Opéra comique , Florimond annonce sa nièce Laure. Elle compose des opéras et les chante à ravir. On se promet d'a\'ance que le musicien va déployer tout ce que son art a de plus brillant et de plus pompeux dans une pièce exclusivement consacrée à la musique , et dont les acteurs sont des artistes distingués. Le duo d'apparat , le trio de facture , la grande scène , l'air de bravoure , le morceau de portefeuille , tout va trouver sa place dans un cadre si heureusement disposé-. Il sourit au musicien , il inspire son génie ; nouvelle Aristée (i), Laure va enchanter, ravir les écoutans: mais inutiles soinsl espérances trompeuses ! ce rôle est confié à une actrice charmante pour son jeu , mais muette pour le chant; et dès -lors tout f édifice musical s'écroule , l'opéra se change en vaudeville ; ce ne sont pas les roulades audacieuses et légères des Catalani , des Duret, des Regnault , que la virtuose nous exécute , mais les timides couplets du vaudeville , assaisonnés , comme de raison , de force quolibets.

Si tant de rôles montrent à chaque scène leur pauvreté, j'oserai dire leur nudité musicale, c'est

(1) Dans le Fanatko per la JHusiea, le rôle d'Aristee est un des plus beaux de madame Cataljini.

aux actrices qu'il faut s'en prendre : l'une joue et ne chante pas , l'autre fait précisément tout le contraire. Comme la cantatrice peut se former à l'art dramatique, tandis que la plus aimable comédienne sans voix n'en aura jamais davantage , la première doit être préférée : c'est très-bien raisonné ; mais il faudrait que ses rôles fussent propres à l'exercer et lui faire connaître les effets de la scène. Sera-ce en jouant dans les Prétendus , la Fausse Magie , l 'Amant statue , Renaud d Ast , Euphrosine, laMélonianie^ Cendrillon, etc. où elle est placée comme un tuyau sonore, qu'elle se formera ? Pour régénérer l'Opéra-Comique, le préserver même d'une ruine totale , il faut changer la hiérarchie des emplois, et réunir, une bonne fois pour toutes, l'esprit et les passions, le sentiment et la coquetterie à la force musicale , en réformant ces rôles boiteux, misérable ressource de la médiocrité , et que les demi-talens ont mis en crédit.

On se souvient de la sensation que produisit madame Scio , en paraissant au théâtre Favart dans les rôles de Catherine, de Camille, d'Isaure. De quel lustre nouveau brille celui d'Aline , depuis que madame Boulanger en a fait la conquête ! A peine le compositeur s'cst-il vu seconder par un talent complet, qu'il a donné plus d'élévation el d'agrémens à sa musique, et nous

a montré ce qu'il aurait fait plus tôt s'il en avait été le maître. Grâces vous soient rendues, aimable Colombine , la reine de Golconde a paru sur son trône , et nous a fait entendre des accens dignes d'elle ! On a enfin rencontré Varia dans un rôle charmant où M. Berton n'avait pu hasarder que des couplets.

Supposons un instant que madame Boulanger, au lieu de recueillir la succession de madame Saint-Aubin, soit entrée à Feydeau comme rivale de mesdames Duret et Regnault : Fart perdrait-il à ce que les rôles d'Azémia, de Camille , d'Euphrosine , de Clara , d'Aline , de Denise , de Nina , et beaucoup d'autres , fussent partagés entr'elles ? Sans écouter de vaines réclamations , ne faudrait-il pas que la prima donna ^ la cantatrice par excellence, choisît dans le répertoire et s'emparât de tout ce qui peut lui convenir dans son emploi , sans toucher néanmoins à celui des soubrettes? Un rôle peut-il être trop bien chanté? Par ce moyen, nous aurions des talens parfaits, et de bonnes musiciennes s'exerçant sur des rôles brillans deviendraient des actrices consommées. Je ne pense pas que le don du chant soit un obstacle pour acquérir l'expression scénique ; mesdames Scio, Branchu, Ptegnault, ont prouvé le contraire. Si nos premières chanteuses jouent mal , c'est qu'on leur I- -21

donne des rôles ingrats , stériles , dont il n*esl pas possible de tirer parti.

Juillet était fort plaisant dans le rôle du char-^ latan de Palma ; en le rendant aussi bien que lui , Darboville le chante. C'est un des opéras •que l'on exécute mieux en province qu'à Paris. Il faut des chanteurs pour les théâtres lyriques , toujours des chanteurs, et rien que des chanteurs ; ils deviendront ensuite comédiens s'ils le peuvent. Quel est le véritable amateur qui ne préfère pas Ponchard à Michu , et même à Clairval ? Dieu nous préserve d'un acteur d'opéra dont on exalte sans cesse le jeu : c'est nous annoncer qu'il n'a ni voix, ni talent musical. Une fille est-elle dépourvue de beauté , d'esprit et de dot, on nous vante son caractère (i).

Le théâtre ne plaît que par les illusions. L'ivresse feinte de Montauciel égaie les spectateurs: substituez-lui un soldat pris de vin et jouant d'après nature, on ne supportera point une image aussi dégoûiante. Par la même raison, on ne devrait pas laisser paraître sur la scène des comédiens d'un âge trop avancé. Dès que je m'aper-

(]) Il est encore d'antres considérations qui font admettre un comédien. li n'a ni la voix, ni le jeu, ni le physique d'ElUniou, mais il possèdv' s,i garde-r-Au' ; et si nous ne pouvons applauctir les paroles et I,> imisique du ( aUJl- , nous verrons du moins un beau doiiuh n et une pelisse de la plus grande riclitSsC : cette compen- &atiou est excclleute pour les sourds.

«^ois que les infirmités de Gassandre et de Gëronte sont réelles, je ne ris plus; le vieillard excite en mon âme un autre sentiment, la pitié. D'ailleurs , de quel secours peut être la voix incertaine et chevrotante d'un malheureux qui passe la soixantaine, et qui, pour comble de disgrâce, est obligé de chanter la haute-contre; ou celle d'une matrone à cheveux gTis, qui a craché sa dernière dent?

L'optique de la scène ne favorise-t-elle pas toute espèce de déguisement? L'habit, le chapeau galonnés, la longue veste, les bas roulés, la canne à bec de corbin , la grande perruque, la barbe postiche, le vertugadin , les paniers, le mantelet noir , le bonnet de vieille, les hauts talons, produisent les plus étonnantes métamorphoses. Du blanc, du noir, du bleu, du rouge, diversement disposés , portent les rides et les signes de la caducité sur des figures fi-aîches et vermeilles. Ces jeunes vieillards, ces duègnes de vingt-cinq ans, auront un jeu libre, franc et bien senti. Au lieu d'être discordante ou muette comme celle de nos Cassandres décrépits et de nos Bobis surannées, leur note pure, sonore, mordante , soutiendra la partie intermédiaire , toujours étouffée dans un ensemble , et renforcera les basses, qui réclament ce précieux secours. — Fi donc! l'horreur ! Jouer les grimes à

vingt-cinq ans? — Oui, mademoiselle, cet emploi n'est point à clédaig-ner : pare'e de toutes les grâces de la jeunesse, madame Gontliicr débuta parles duègnes; et madame Farnucci, qui tient maintenant le même emploi à rOpéra-Buffa, n'a pas plus de vingt ans. Vous avez un beau contralle , il vous sera facile de réussir et de vous faire un nom : paraissez; et dès que les compositeurs s'apercevront que vous chantez une partie qui, jusqu'à ce jour, a été miaulée , ils vous feront briller à votre tour, et nous aurons, comme en Italie, des pièces où le contralte paraît au premier rang.

Après avoir signalé les défauts de notre système vocal et dramatique,je ne puis me dispenser d'indiquer les moyens de les corriger en partie pour 4esouvrages qui existent, etentotalitépourfavenir.

Je commence d'abord par bannir les routiniers de la scène qu'ils déshonorent, et je propose de ne plus prendre pour règle aucune ancienne distribution;

De considérer un rôle sous son véritable point de vue, sans s'arrêter àla nomenclature des acteurs qui les ont créés ;

De rendre à la première cantatrice Aline , Camille, Euphrosine, Clara, Rosine, Laure , Azémia, Denise, Nina, etc, et de faire rentrer Késie dans l'emploi des soubrettes ;

De n'avoir pour dut-gnes que des jeunes femmes , ou du moins d'un âge encoi^e éloioné de la maturité ;

De supprimer entièrement le Laruette, le Trial , qui non-seulement sont inutiles dans réclielle harmonique, mais qui nuisent essentiellement dans les ensembles, et de confier à la seconde basse tous les rôles qui en dépendent. Les tons graves, mordans, le bourdonnement comique de cette voix, convenant bien au tuteur ridicule, à l'amant rebuté, au ConVû/o que les glapissemens d'un ténor ruiné. Cette partie devra être traitée comme celle du bouO'e des Italiens et n'embrassant qu'une dixième elle se trouvera à portée des voix médiocres.

Le ténor peut être conservé tel qu'il est. Le bariton aussi, en observant de le tenir rigoureusement dans ses limites , laissant aux chanteurs le soin de broder le canevas musical, selon qu'ils en auront les moyens et le talent.

La première basse devra être tirée de l'abandon oii elle languit depuis si long-temps ; je la recommande à nos compositeurs , en les invitant à prendre pour modèle les rôles de Leporello , de Mazetto, de Figaro, de Bartholo, d'Almaviva , del Conte Robinsone, de Geronimo, delNotarov delCapitano, de Don Gruffo et bien d'autres. Voici quel serait mon système.

La première cantatrice ou première dame, (i) comprendrait dans son emploi les amoureuses, les coquettes et tous les premiers rôles, nobles , aimables, brillans ou passionnés.

La seconde cantatrice ou seconde dame, les soubrettes, les confidentes, les jeunes paysannes, les travestlssemens.

Lecontralte, les mères nobles, les paysannes, les duègnes.

Le ténor représentera les amoureux, les petitsmaîtres, et tous les premiers rôles nobles, aimables , brillans ou passionnés.

Le bariton ou basse-taille y les confidens, les valets, les troubadours, les rôles d'une amabilité comique, ou ridicules sans charge.

La première basse, les pères nobles, les rois, les magiciens, les tyrans, les grands-prêtres » les paysans, les geôliers, les chefs de brigands ^ de Tarlares , etc.

La seconde basse, les tuteurs, les caricatures* quelques paysans et valets secondaires.

(i) Le mot de chanteuse est pris m mauvaise part. La musicienne ambulante qui mêle sa voix au bruit discordant de Torgue ou de la vielle, est une chanteuse ; celle qui parvient à fixer dans sa tète les airs de Grdtry, à force de les entendre racler par un aigre violon, est encore une chanteuse; mais nous appellerons cantatrices les personnes qui réunissent à une belle voix la doctrine musicale et la connaissance parfaite de l'art du chant.

Tous les sujets étant doublés, on fournira .lîsément aux rôles (|ui se rencontreraient dans le même emploi. Par exemple, si la première dame joue le rôle d'Euphrosine, son double prendra celui de Léonore. Si la seconde dame se travestit en page dans Jean de Paris ^ son double paraîtra dans le rôle de Lorezza. Les deux ténors pourront représenter en même temps l'amoureux et le rival, si ces deux rôles sont rangés parmi les ténors. Mais si ce rival est criminel comme Oihon, Léon, Altamont, il devra être regardé comme appartenant à l'emploi des tyrans , et par cette raison traité en première basse.

Jeunes compositeurs, ne vous laissez point éblouir par l'éclat d'un succès momentané; songez à l'avenir , et préservez vos ouvrages d'un abandon prématuré. Le système que je vous propose présente de grandes ressources en harmonie , et prévient tous les défauts que l'on trouve dans l'ancien répertoire. Ecrivez un opéra sans songer aux acteurs qui l'exécuteront : quand il s'agit d'habiller un régiment, prend-on mesure sur le tambour-major ? Un dessin large et correct , des airs d'un style pur et faits d'après les bons modèles, un chant noble, touchant, agréable ou bouffon, et dégagé des vains ornemens que la mode a mis en crédit, et qu'elle proscrira

bientôt; des duos , des trios où Ton remarque la connaissance de la force des voix et de raccom, pa^nement, mettront vos opéras à la portée de tous les acteurs ; les médiocres, les mauvais même seront supportés en les exécutant ; et les chanteurs distingués ne manqueront pas d'y briller, en ajoutant à vos phrases trop simples, à vos motifs gracieux , les traits , les roulades , les trilles, les ports de voix, les points d'orgue, les cadences, et tout ce que l'école prescrit, et que le goût inspire.

Délia Maria aurait opéré cette réforme , si la mort ne l'eût enlevé sitôt à la scène IjTique ; ses ouvrages sont écrits dans la manière de Cimarosa, et les voix s'y trouvent classées d'après les principes que je viens de développer r aussi n'y a-t-il pas d'opéra plus facile à monter que le Prisonnier ; il est presque impossible de le mal chanter.

Une fois ce nouveau système adopté , on n'aura plus besoin d'une armée de comédiens pour offrir exactement les Sosies de tous les acteurs de Feydeau , de Favart et de la Comédie- Italienne : avec dix sujets , on pourra jouer cent opéras. La même actrice va remplir tous les rôles ^Je duègne , dès qu'ils auront été disposés pour un contralte , et non pas pour les voix aiguës ou graves de mesdames telle ou telle ; le

bariton chantera convenablement ses airs , ses duos , ses trios ramenés au véritable diapason de celte voix , et ne se verra plus obligé de faire i'ace à trois emplois : car il est aisé d'observer que parmi les rôles créés par Martin , ceux qui appartiennent à des pièces dans lesquelles il est placé en première ligne, tels que Gulistan, Joconde , Rodolphe , sont écrits pour le ténor , tandis que dans les autres où il était subordonné à Elleviou , on avait soin de retenir sa voix dans le domaine du bariton et même dans celui de la basse. Il est des troupes où il faut deux acteurs pour jouer Gulistan et le Sénéchal. On ne distinguera plus les rôles de Glairval , d'Elleviou , de Paul, de Ponchard, de ceux de Philippe, de Gavaudan, de Huet : car on fait sérieusement toutes ces distinctions , comme si tous ces rôles n'étaient pas destinés à la voix de ténor; et l'on ne poussera pas cette manie jusqu'à marquer une différence entre les Juillet clefd'///, et les Juillet clef de ^ûr.

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