LA VIOLE
La viole (i) a été négligée parles compositeurs de Fancienne école ; ils se bornaient à lui faire doubler la basse à l'octave , lui confiant quelquefois des notes perdues , remplissage sans dessin et sans mouvement. Haydn, Mozart, persuadés de l'importance de cette partie, l'ennoblirent en la faisant coopérer d'une manière essentielle à l'exécution de leur musique mélodieuse et savante. La viole prit enfin le rang qui lui appartenait et qu'elle occupe maintenant : tendres et mélancoliques, ses sons élevés ont un mordant bien précieux pour éclairer la marche des parties intermédiaires ; ils s'accordent à merveille avec la clarinette , le cor , le basson ; ses arpèges harmonieux et nourris se lient à ceux du second violon. Celui-ci tient-il la même partie que le premier, la viole se présente naturellement pour le
(i) Tallfe , ténor, quinte, nllo-viola , violette, tels sont les autres noms qnc l'on a donnes à la quinte de violon. J'ai adopte celui d» viole, comme nom de famille; il rappelle l'origine de l'instrument j et n'a point fie double arecption .
DES I?s^STRUMENS. V^:>
Ftnnplacer. Elle ne craint pas de se montrer en première ligne, en exécutant des solos ou des accompagnemens travaillés ; quelquefois même , prenant un essor plus grand , elle s'empare du domaine des violons : dans le De profundis de Gluck et l'opéra (VUlhal de Méhul , la viole est l'instrument principal.