LE VIOLONCELLE
« Le violoncelle a, par la nature de son lim- « bre , l'étendue de ses cordes et celle de son « diapason , un caractère grave , sensible etreli- « g-ieux ; il chante sans rien perdre de sa ma- M jesté ; et lorsqu'il sert de régulateur dans l'ac- « compagnement , on sent , au milieu de son « austère influence qui retient tout dans Tordre, « qu'il finira par céder à l'expression , en pre- « nant part au dialogue. Ne l'emploie-t-on que « comme simple accompagnement , il est telle- « ment nécessaire à l'harmonie, que l'oreille ne « saurait s'en passer : elle sollicite le son grave , « le son générateur qui sert de base à l'édifice, «c et dont la marche régidière , l'aplomb bien « senti déterminent, l'effet de la mélodie. Cher- « che-t-on à faire chanter le violoncelle , c'est « une voix touchante et majestueuse , non de '« celles qui peignent les passions et .muÎ Ips al-
« lument , mais de celles qui les modèrent , en « élevant Tâme à une région supérieure. Veut- « on en tirer parti dans la difficulté , il sait se « prêter à tous les jeux de Fliarmonie , de la dou- « ble corde, de l'arpège, des sons harmoniques; « mais il a des bornes qu'il ne faut pas outre- « passer : la gravité de sa marche ne lui permet « point de mouvemens aussi emportés qu'au » violon , qui est plus souple , plus délicat , et « plus varié (i), »