LA TROMPETTE
Quoique la trompette semble n'être destinée qu'à figurer dans une fanfare guerrière ou dans une symphonie , on l'emploie néanmoins dans les compositions scéniques. Les airs passionnés, les duos brillans ou agités, les finales, les chœurs reçoivent la trompette dans leur accompagnement. Elle est aussi d'un grand secours dans les péroraisons musicales. Après avoir souvent gardé le silence pendant le cours d'un morceau, elle reparaît à la fin pour se joindre aux timbales et aux cors; et féclat solennel, la sublime monotonie de leurs accens contrastent a merveille avec la marche précipitée, l'impétueux délire des instrumens qui les dominent et la variété de leurs modulations. Us frappent fort et juste, et viennent
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ajouter à la viguer.r du dessin, en marquer les contours et présenter de nouveaux mo3ens d'expression, au moment même où toutes les ressources de l'harmonie semblaient épuisées.
La trompette étant un tuyau sonore ouvert parles deux bouts, et privé des trous qui dans le hautbois et la clarinette servent à modifier les sons, c'est au moyen de la pression plus ou moins forte des lèvres sur l'embouchure, nue l'on parvient à rendre des sons différens. jMais comme par cette manière on ne peut faire résonner que la tonique et ses aliquotes, on se verrait réduit à demeurer constamment dans le même ton, si l'on n'avait recours à divers corps de rechange qui , en s'adaptant à l'instrument , servent à'éleverou à abaisser son intonation. Ces variations étant produites par un moyen physique qui tient au mécanisme de l'instrument, et consiste à raccourcir ou allonger ses tuyaux dans des proportions données, la mélodie écrite doitrester immobile : aussi les parties de cor et de trompette sont-elles toujours notées en «/(i); et cet ut de-
(i) Certains solos de cor, tels que ceux de la Vestale et â^Hécube, sont dcrits en si bémol et en sol pour le cor en fa. ( Fig. 2 5.) Ce« exceptions n'ont lieu que pour les parties recitantes. Les cornistes fraccompafjnement transposent néanmoins assez généralement en «o/ce qui est destiné aux cors en si bémol bas, et eu ///", pour sr servir des cors en mi Umol et en fa, dont le son est plus beau
venant successivement unrcy un mi y un fa, etc,
tout le système des aliqiiotes change en même temps que la tonique. L'exécutant voit sans cesse ut mi sol siu' le papier et l'oreille entend réja la, mi sol si ,/a la ut^ j/r^y«, selon que l'instiument a été disposé d'après les indications qui se trouvent en tête des morceaux de musique. {Fig. 23.)