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La moindre répétition dérange le mètre poétique. Les reprises , les refrains rapprochent des vers que l'on avait séparés ; le repos se trouve alternativement à chacun des hémistiches , l'ordre établi n'existe plus , et Ton ne s'en aperçoit pas : la musique entraine tout.
Que l'écrivain qui fait un drame lyrique mesure ses airs et ses duos en vers élégans et faciles, tels que ceux des Marmontel et des Hoffman : c'est un charme de plus , quand même ces vers devraient être mis en pièces sur la partition. Mais il me paraît inutile qu'un traducteur s'asservisse à une pareille contrainte , qui ne doit produire aucun résultat; il travaille sur une musique déjà faite ; il suffit que ses vers soient aussi bons que ceux des Marmontel et des Hoffman, quand ils ont passé par les mains des Grétry et des Mé- 1ml (i).
(i) LuUi commandait à Quinault. En suivant cet exemple, nos compositeurs ajoutent ou suppriment et disposent les scènes, selon les caprices du génie musical. Lisez dans le poëme ce que l'acteur chante sur le théâtre , vous serez rarement d'accord , et TOUS rencontreiez quelquefois , comme dans le premier duo de Ma Tante Aurore, des quatrains entiers qui n'ont point été admis sur la partition.
De sou haleine fraîclie et pure Cet air me semble parfumé , Et le réveil de la nature I^e m'a jamais autaut charmé.
Douce uiagie ! ete:
Si quelque grande dlfticuité se présente, et si, pour la surmonter, il tous faut un vers blanc ou «ne ligne rimée de onze ou treize syllabes, n'hésitez pas : Mozart et Cimarosa vous pardonneront l'offense que vous faites à Boileau. Personne ne s'apercevra de celte irrégularité , et tout le monde sifflerait la sottise que le vers vous eût fait écrire. On dira peut-être : Vous avez besoin de treize syllabes, ne pouvez-vous pas diviser votre ligne en deux vers inégaux? D'accord, si ces vers rimes ne donnaient pas des consonnances qu'il est bon d'éviter dans certaines périodes musicales. Mais que cette licence ne soit pas portée trop loin; on ne doit pas écrire un opéra comme on fait la gazette. Traduisez en vers et en bons vers tant qu'il est possible. N'imitez pas surtout nos devanciers , et bannissez de votre stvle les niaiseries et cet argot pitoyable qu'ils semblaient avoir adopté.
Une version littérale serait bien souvent ridicule. Le texte présente des manières de parler particulières à une langue , des idées basses ou surannées ; il faut alors avoir recours à la parodie , et composer, dans le sens de la musique , de nouvelles paroles qui ne blessent pas les convenances. Pouvais- je faire dire à Figaro : Monsieur h Comte, si vous coulez danser^ je vous jouerai de la guitare , et je voits montrerai la cabriole , quoi-
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que cela n'ait rien de choquant pour les Italiens? Pouvais-je lui faire répéter de \ieux quolibets sur la perfidie des femmes ? Je ne pense pas que l'on me sache mauvais gré d'avoir substitué à ce lieu commun trivial quelques traits du monologue de Beaumarchais. La romance T^oi che sape- U , ressemble trop au rondeau Non so più cosa son , qui est aussi chanté par le Page. Le poëte italien lui fait faire le thème en deux façons ; pour éviter cette répétition , j'ai dû changer en entier les paroles de cette romance.
Une autre observation essentielle , est que la musique italienne devant être exécutée par des chanteurs qui n'ont le plus souvent aucune connaissance de l'art dramatique , les compositeurs s'attachent plutôt aux effets de l'harmonie qu'à ceux de la scène. De là vient le froid glacial qui W^gne dans certains morceaux où les personnages ne disent point ce qu'ils devraient dire , ou se taisent pour laisser parler les instrumens. La disette des paroles s'y fait trop sentir ; les traits de violon ne font pas marcher une intrigue. Il faut donc que le traducteur rende à l'action théâtrale le mouvement et la clarté , en la ranimant par un dialogue vif et serré, tel enfin que la situation Te^ige. Cela est d'autant plus facile, que, dans les morceaux d'action , le discours musical est soutenu par l'orchestre. Les voix ne font en-
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tendre que des notes de remplissage dont on peut changer les valeurs , sans porter la moindre atteinte au dessin et à l'ordonnance des motifs.
Ce changement de valeurs employé pour multiplier les paroles , sert quelquefois à resti'eindre leur cadre, si l'on reconnaît que le compositeur gêné , contrarié par des vers trop longs , a été forcé d'altérer les formes de sa mélodie pour les déclamer. C'est ainsi qu'un traducteur peut se montrer plus favorable au musicien que le poëte créateur. Les violons , les flûtes , les hautbois , n'ont point de mots à arliculer : consultez-les , ils vous donneront toujours l'idée vierge, le dessin original.
Le fragment que je donne {Fig. ii8. ) le prouve. Il est évident que si M. Chérubini n'avait pas été obligé de faire filer col Jato ilsuofavor^ la quatrième mesure du second dessus du canon de Faniska ne renfermerait que deux notes au lieu de cinq. Aussi , n'ai-je point hésité à en supprimer trois dans ma version française. Le dessin du morceau , la niarche figurée f\n premier dessus et du lenor indiquaient clairement l'intention du coTTipositeui , qui lui-même aurait fait cette réduction, si la phrase poétique ne s'y était point opposée. Je cite ce morceau de préférence, parce que son ân.îeur est vivaiit, et peut réclamer
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coiilre la licence que j'ai cru devoir prendre à
regard de son omrage.
On trovivcra , dans la traduction des JSloces de Flgiiîo que j'ai publiée , un grand nonibre de vers durs, boiteux, bizarrement coupés et d'une irrégularité révoltante à la simple lecture. La musique commandait , j'ai obéi. J'aurais pu les corriger sur le poëme , et écliapper ainsi à la crilique ; je ne l'ai point fait : pourquoi vouloir paraître meilleur qu'on n'est ? L'hiatus est insupportable dans le vers déclamé ; qu'un solo de hautbois, une fanfare décors séparent les deux voyelles prêtes à se heurter, i'iiiatas dans un air sera-tîlune faute ? J'appliquerai la même observation à la fausse césure. Qu'importe qu'un vers lyrique soit tortu , si la musique le redresse , et s'il a fallit ( qu'on me permette cette expression ) le faire mauvais pour qu'il fût i)on.
Dïuis ce bois tranquille et sombic.
Kuiidice! si ton ombre Nous entend.
Ces vers n'ont pu cadrer avec le début du pre mier chœur i^l Orphée, qu'au moven <l'une syllabe parasite ajoutée après coup: et l'interjection ah! cheville qui précède et désorganise les deux premiers vers , sert à merveille le musicien , en lui donnant le moyen de marquer la syncope.
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Cetle interjection est inutile ici, puisqu'on la retrouve plus bas , où elle est d'un bon effet :
Ah ! prends pitié du malheureux Orptiée !
La variété des images , l'élégance des tours , l'harmonie des mots , la fraîcheur des idées , voilà ce qu'un traducteur ne doit jamais négliger , dût-il acheter ces avantages au prix de quelques vers mal ajustés. Mais ces vers répandus dans un drame lyrique rebuteront les lecteurs ? Un opéra n'est point fait pour être lu , il faut le chanter ou l'entendre chanter. Il suffit qu'une chose soit bonne pour l'usage qu'on en veut faire. Grossièrement taillée , la statue colos sale trouve ses formes élégantes au faîte de l'édifice. On ne peut juger une décoration de théâtre dans l'atelier du peintre ; c'est à la scène et à la lueur de mille flambeaux , que l'on admirera son effet.
Après avoir fait la critique de toutes les traductions d'opéra, on s'attend, peut-être, que je v^is proposer celle des Noces de Figaro comme un modèle : point du tout. J'ai reconnu les défauts de mes prédécesseurs, et j'ai cru trouver la bonne route en m'éloignant de celle qu'ils avaient suivie. Je puis m'être trompé aussi ; c'est ce que je saurai un jour. L'amour d'un art qui fait les djé^
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lices de ma vie m'a seul guidé dans cette entreprise ; je ne chercherai point la gloire , là où le génie n'est pour rien.
Mettre les chefs-d'œuvre lyriques des écoles étrangères à la portée de nos théâtres , tel est le but que je me suis proposé Puissent d'aussi beaux modèles porter k son terme cette épuration du goût, celte salutaire réforme que le Conservatoire a si bien commencée; faire ouvrir les yeux sur de vieilles erreurs ; provoquer le mépris que méritent tant de productions ridicules qui portent \t nom d'opéra ; et faire accorder enfin une honorable retraite à ces ouvrages estimables oue nos pères ont dû applaudir à une époque où l'on ne connaissait rien de mieux !
La pérennité de certains opéras nuit plus que l'on ne croit à la propagation des principes de la bonne école. Loin de porter atteinte à des réputations justement acquises, conservons avec soin des monumens précieux pour l'histoire de la musique; admirons-les, mais dans les bibliothèques , et sachons les éloigner de la scène pour ne pas offrir les timides essais de l'art dans son enfance à côté des œuvres sublimes qui attestent ses immenses progrès. Nos chanteurs pourrontils acquérir ime belle manière , si vous les condamnez à passer sans cesse des riches jpériodes d'un style grandiose, aux couplets mesquins du
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Vaudeville, aux gothiques fredons de la Comédie à ariettes ? Nous couvrons de lauriers les images de Tristan, de Mairet, de Du Ryer, nous conservons une éternelle reconnaissance à ces fondateurs du Théâtre Français , on se garde bien pourtant de jouer Moriamne , Sophonisbe, Scévole.
J'avais destiné les Noces de Figaro aux théâtres de province. Paris n'à-t-il pas son Opéra bufïa? Mon travail était assez avancé, quand je le montrai à un acteur célèbre, qui réunit à toutes les grâces du chant de grandes connaissances en nmsique. M. Martin me conseilla de proposer ma pièce à l'administration de l'Opéra- Comique. Elle fut admise pour êtiT représentée sur-lechamp.
Une comédie charmante, une musique délicieuse, Beaumarchais et Mozart, quel accord ravissant! et ce Figaro, ce phénix (i) de la scène lyrique, avait encore l'inappréciable avantage de rassembler tous les acteurs de Feydeaa de la ma-
(i) Le Von Juan du même auteur est une conception plus forte et plus sublime. Cependant , sî nous jugeons ces deui chefs-d'œuvre d'après notre goût national , en considérant les paroles comme la moitié d'un opéra . Figaro sera préféré. Au resté, que Thalie accorde la palme à Tfirtufo ou au 3Iisantrope , Molière la recevra toujours.
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nière la plus brillante. Chacun y trouvait le plus beau rôle de son emploi (i).
Secondé par tant de talens, soutenu par des noms fameux, je marchais à un succès certain, lorsque la Comédie -Française réclama la pièce comme sa propriété, et prétendit au droit exclusif de la représenter. Me voilà donc ajourné, jusqu'à ce qu'on ait prouvé le peu de fondement de ces prétentions : ce qui ne serait pas bien difficile, depuis qu'un second Théâtre Français peut jouer en entier la comédie dont je n'ai pris que le canevas.
En attendant , je rends cet opéra à sa première destination, en le faisant jouer dans les départemens. L'Europe entière a prononcé sur son mérite; il peut, par conséquent, se passer de l'épreuve ordinaire. Tlne s'agit point d'une corn-
(i) Ea voici la distribution :
Le Comte, MM. Huet.
Figaro , Martin.
Bartholo j Chenard.
Basile, JfJoreau.
Antonio , Juillet.
La Comtesse, M""''' Re^nault-Lemontiier.
Susanne , Boulanger.
Chérubin , Cavaudan
Marceune ; Desbrosses.
Fanchette.
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position nouvelle, dont la capitale, qui , ckez nous seulement, sert de règle aux provinces, doive obtenir les prémices; le succès que les JSoces de Figaro viennent d'obtenir sur plusieurs grands théâtres les a fixées au répertoire.
Les règlemens sont établis ponr la garantie dos propriétés dramatiques. 11 serait aussi peu convenable que Feydeau s'emparât de la Partie de chasse d Henri IP^, de la Gageure , du Conteur, de la Jeunesse d Henri P, pour en faire des opéras, que si la Comédie-Française représentait i?/«wo« à vendre et les deux Prisonniers , sans musique. Nous ne gagnerions rien à ces métamorphosevS. Mais lorsque, par aventure, des compositeurs étrangers auront joint de sublimes accords à plusieurs de nos pièces, faut-il cjue la nation eniière ne puisse en jouir par la seule raison que cela déplairait à une société dramaticjue .^
Cette société craint que <c les représentations « de Figaro, données sur un théâtre où il y a « aussi des talens pour le faire valoir, et soutc- « nues du charme de la musique, ne soient très- « capables de diminuer la valeur de cette pro- « priété. »
On peut lui répondre qu'il est démontré, par un demi-siècle d'expérience , que les deux Iphigénie, Phèdre, Androjnaque ^ le Cid^ les Horaces , Electre , Œdipe . Sémiramîs , Hvpermnesirc , OV.m-
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pie, r Orphelin de la Chine , Erinice ou la Vestale^ Amphitryon , le Festin de Pierre^ le Barbier de Séville, les Noces de Figaro (i), T Impromptu de campagne ^ etc., joués en opéras, ne lui ont pas fait perdre un billet de parterre. Les genres diffî'rent trop entre eux, les représentations d'une ancienne pièce sont trop rares pour que la rivalité puisse être dangereuse.
Je veux bien admettre l'existence d'un motif fondé sur des intérêts pécuniaires. Il m'en coûte de prononcer ce mot : c'est une dissonnance épouvantable. Ce motif est-il assez fort pour exclure de la scène une merveille musicale? Ne peuton pas trouver de justes compensations pour contenter tout le monde, sans arrêter l'art dans ses progrès ? et pourquoi d'ailleurs des compensations? La Comédie-Française n'a-t-elle pas fait aussi ses emprunts à Feydeau?/^.j Trois Sultanes, le Jeu de l'amour et du hasard, le Legs , les Fausses confidences , F Esprit de contradiction . la Femme jalouse, Anaximandre , les Etourdis, etc, appartenaient au théâtre sur lequel ont brillé les Clairval, les Raymond, les Dugazon , les Gronthier.
Il faut en convenir à notre lionte : ce n est qu'en France que les taleiis éprouvent tant de
(i) Représcnldcs en 1793, sur le théâtre du Grand t3pera , cette traduction était de INotaris.
contrariétés. Si au moment où Glui k, de glorieuse mémoire, allait nous donner Iphigénie en Aulide^ on lui eût opposé les miêmes obstacles, nous serions peut-être encore réduits à entendre Castor et Zoioastre. Cet illustre maître nous a fait voir ce que peut la présence d'un beau modèle. Ce n'est pas que nous n'ayons des opéras comiques d%in style excellent ; mais aucun d'eux n'offre cette perfection exquise , cette masse de richesses musicales que l'on admire dans Figaro.
Voyez avec quelle ardeur nos poètes s'emparent des drames étrangers! Shakespeare, Adisson , Goldoni,Alfieri,Schillerleromantique,Kotzebue même ont obtenu l'honneur insigne de paraître à côté de nos fameux tragiques. Fier de posséder Corneille , Racine , Voltaire , Crébillon , le Théâtre-Français pouvait bien se passer dH Othello^ de Pamé.la, des Deux Frères ; il ne les a pourtant pas dédaignés.
Et vous qui dirigez nos spectacles lyriques, vous ne cherchez point à enrichir des répertoires qui présentent une situation bien différente! La mauvaise exécution d'une infinité de pièces traduites ne saurait vous servir d'excuse, puisque ces pièces ont toujours été confiées avec une étrange obstination aux mêmes littérateurs. Les opéras de Mozart ne devraient-ils pas être cons.dérés comme des œuvres immortels, qu'il im-
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porte d'acquérir à force de soins, de labeurs, d'opiniâtreté, et à quelque prix que ce soit. Un, deux, trois, vingt traducteurs échoueront; un dernier plus heureux réussira. Ouvrez un concours , et les Noces de Figaro^ Don Juan., la Flûte enchantée vont former un auxiliaire précieux pour alimenter vos théâtres. Les frais de mise en scène de tous ces opéras égaleraient à peine le prix d'une seule de vos pompeuses décorations. Jouez Mozart:l'œil ne vous demandera rien.
On représente les Noces de Figaro depuis Cadix jusqu'à Pétersbourg; et la France, qui semble avoir le plus de droits sur cette pièce, en est privée. On dira que Paris a l'Opéra buCfa, et que les provinces peuvent voir exécuter ce chef-d'œuvre au moyen d'une traduction. Mais l'Opéra bufla tombe de jour en jour, fit l'on sait que les directeurs de théâtre , suivant leur ancienne routine , ne trouvent beaux que les opéras applaudis à la capitale, et Cjue les journaux ont exaltés. D'ailleurs peut-on apprécier parfaitement Mozart à l'Opéra buffa ? Cette musique serrée , spirituelle et scénique est exécutée faiblement par des automates inanimés dont bien des personnes ignorent le langage (i). // Conte., Figaro.
'i) Les Pai'isiens ne parviennent à suivre l'intrigue des iSbcfi (le J igaro, à l'Opéra buffa , qu'en s'aidant des souvenirs que les l'cprcsentations données au Théâtre- Français leur ont laissés.
PARODIES ET CENTONS. igi
la Coniessa^ Susarma , CherubinOy ont -ils jamais donné une idée des personnages de Beaumarchais? Cet air délicieux Non so più cosa ^o/i,cet air le plus passionné qu'il y ait au théâtre , a-t-il produit une seule fois l'effet qu'on doit en attendre? Ce n'est pas certainement la faute du compositeur, ni celle de l'orchestre. Les Italiens excellent dans la grosse bouffonnerie, mais ils ne sauraient rendre ces intentions fines, cette vivacité de dialogue , ce comique du bon ton , cette fleur de malignité qui fait le charme de nos pièces. Voyez-leur jouer tour-à-tour Gli nemici gènerosi^ et Le Nozze di Figaro^ et vous en aurez la preuve.
Admirateur passionné de Mozart, j'ai trouvé bien des jouissances dans mon travail. J'attendrai cependant que l'on ait prononcé sur le sort de Figaro et de Don Juan , avant de mettre en partition la Flûte enchantée. Je crains de nouveaux obstacles. Le mélodrame, car il a aussi ses privilèges , ne m'a-til pas empêché de donner Faniska à Feydeau ?
Comme dans la pièce de Beaumarchais le Comte ne montre pas le billet que Figaro lui a fait remettre , beaucoup de personnes confondent ce billet avec le brevet du Page , et perdent ainsi le fil de l'action pendant le finale du second acte.