‹ De l'opéra en FranceChapitre 27 sur 38 · ET POUR ÉCRIRE SUR CET ART · texte numérisé non relu

ET POUR ÉCRIRE SUR CET ART

IjORSQUE les journalistes veulent nous rendre compte des travaux des savans et des artistes , ils ont recours à diverses personnes instruites chacune dans son genre. Ainsi M. Cuvier fournira d'excellens articles sur Vanatomie comparée, M. Bouillon sur la peinture, M. Boutard sur la sculpture et l'architecture , M. Malte-Brun sur la géographie, M. Méjan sur les causes célèbres. La littérature dont le cercle est trop étendu a ses différentes branches , et Técrivain qui rédige la partie poétique ne s'occupe point de traductions , de philosophie , d'histoire , de législation. C'est très-bien établi : par ce moyen chaque matière est traitée par des gens qui la possèdent à fond et qui joignent encore la pureté, l'élégance du style à la force du raisonnement et de la doctrine. Il ne s'agit pas seulement d'amuser le lecteur, il faut encore l'instruire.

Cette prévoyante sollicitude devrait du moins s'étendre jusqu'à la musique, et cet art qui lait le charme principal de trois théâtres royaux, cet art si généralement cultivé et qui pouiTait

DES ECRITS SUR LA MUSIQUE. '193 donner lieu à des articles d'un si grand intérêt, n'obtient pas les honneurs d'une rédaction spéciale. Faut - il parler d'un regrattage de colonnes, de l'élévation d'un quai ? un architecte va nous développer dans tous leurs détails , les raisons et les résultats de cette opération. S'agit-il d'une représentation solennelle , du succès ou de la chute de telle ou t«>ile nouveauté musicale ? le littérateur, après avoir analysé avec grand soin un drame qui, le plus souvent, n'en vaut pas la peine , et signalé avec une minutieuse attention les situations hasardées, la faiblesse du style, les vers mal ajustés, et jusqu'aux rimes insuffisantes, finit brusquement son discours par une conclusion banale , et suivant la formule dès longtemps adoptée, nous annonce que le poëte a été parfaitement secondé par le musicien, ou que celui-ci, malgré ses efforts, n'a pu faire supporter les défauts de la pièce. Il ajoute encore que la musique est bonne, excellente, enchanteresse, divine, ou bien que les amateurs l'ont trouvée médiocre, plate, mauvaise, détestable. S'il se livre à un examen plus apprônfondi, c'est pour répéter encore une fois de vieux dictons sur la mélodie et l'harmonie , rappeler ce que tout le monde sait, ou se perdre dans un labyrinthe dont il ne sortira pas sans avoir démontré qu il parle sur une matière qui lui est parfaitement n. i^

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