‹ De l'opéra en FranceChapitre 6 sur 38 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

J>.ORSQiiE le personnage dramatique est forte-ment ému par ce qu'il vient d'entendre , par les événemens dont il a été témoin , ou par les craintes que sa situation lui fait éprouver; si Téspoir le plus doux lui présente Tavenir sous des couleurs riantes , s'il confie à un ami le secret de son cœur, s'il adresse des vœux au ciel, s'il est possédé par la fureur Jalouse ou le désir de la Vengeance ; s'il emploie le langage le plus séduisant pour toucher celle qu'il adore ; s'il ^nent de remporter une victoire ou d'être mis aux fers par son ennemi ; s'il chante son bonheur, ou pleure sur ses infortunes ; s'il est déchiré parle remords, ou consolé par la pureté de sa conscience ; s'il est trahi , abandonné par ses amis , par sa maîtresse , etc ; le récitatif peut servir à caractériser toutes ces circonstances , à faire connaître les agrémens ou l'horreur de sa position , et à l'amener par degrés au contentement le plus parfait ou aux tourmens du désespoir. L'agitation portée à son comble produit nécessairement une explosion ; ces flammes intestines, trop longtemps retenues , s'échappent ; et ce n'est qu'a-

près avoir donné un libre cours aux passions violentes , que rame peut retrouver le calme.

L'expression des sentimens qui régnent sur la scène , leurs combats , leur durée , leur résultat forment l'objet d'une grande peinture riche de dessin, de développemens, d'images, de contrastes. Le simple récit, en nous mettant au fait de la marche des événemens, nous a préparés aux effets dramatiques. Le chantmesuré, l'air, varié dans ses détails comme dans ses modulations, audacieux dans ses écarts, pathétique dans ses intonations» brillant de coloris , d'une suavité gracieuse , ou d'une véhémence extrême , charme , séduit , attendrit , entraîne , et fait succéder l'émotion , le ravissement et les larmes , au tendre intérêt qu'une action vive et touchante avait inspiré.

L'air est une pièce de musi({ue à une seule partie , composée d'une ou plusieurs phrases régulièrement ajustées , et se terminant dans le même ton où elles ont Commencé.

Nous avons des airs de chant et des airs de danse.

De grands airs et de petits airs.

Les airs de Lulli et de Rameau ne différaient guère du récitatif; et si leurs airs de danse ont acquis dans le temps une si grande réputation , c'est qu'ils donnaient une idée de la vraie musique ; la mélodie ne valait guère mieux que celle

de leurs airs de chant, mais une ordonnance plus régulière , une exécution propre à faire sentir le rhythme et la mesure , les plaçait audessus du chant vocal , qui était privé de ces deux puissances. Aussi, nos devanciers, qui dès-lors aspiraient au perfectionnement de l'art musical, ont-ils souvent engagé Quinault à mettre des paroles sur les gigues et les gavottes de Lulli; et ces airs , fortement cadencés , étaient déjà préférés à la psalmodie.

A l'exemple des Italiens, Philidor, Duni, Monsigny, disposèrent leurs airs en rondeaux ; on a remarqué depuis que cette forme convenait rarement au style sérieux, et que la légèreté , la brillante folie du motif étaient le moyen le plus sûr pour faire trouver de Tagrément à une double répétition de ce que l'on avait déjà entendu.

XSaria , le grand air proprement dit, se compose maintenant d'un cantabilé tendre on mélancolique , aimable ou plein de sensibilité et même de tristesse , dont le repos se fait sur la dominante ou le relatif; ce cantabilé est suivi d'un allégro véhément d'une belle expression , qui se termine dans le ton primitif INous citerons comme exemples , l'air O Richard! 6 mon Roi.' Oui, cest demain que rhymémée , de Montano ^ cl l'admirable Pria chc spunti.

Quelquefois le cantabilé se trouve placé au

milieu de Fair que Ton a commencé par uu allégro , qui revient ensuite. Hélas! pour nous il s ex^ pose , de TJidon; La fauvette ^ de Zèniire et jizor; Quelle peine le tourmente ; diUit Jour à Paris ^ sont disposés de cette manière.

Mais si la passion est si forte , que son explosion se déclare tout-à-coup, le musicien s' alïrancliit des lenteurs d'une introduction , et débute soudain par un air de mouvement , un allégro impétueux , qu'il conduit à son dénouement en lui donnant toujours de nouvelles forces et des effets plus éclatans : tel est le bel air ôiEvélina, Oui, vous pouvez tout sur moi ; celui d'Echo et Narcisse, O transport / 6 désordre extrême / celui de la J^estale , Impitoyables dieux !

Dans l'opéra - béroïque et l'opéra- comique les grands airs sont souvent précédés par un récitatif afin que la ti-ansition du dialogue parlé au cbant se fasse moins seiitir.

Puisque les grands airs sont qiiebjuefois coupés en rondeaux, il est évident que les rondeaux sont des grands airs. Cependant on ne donne ordinairement le nom de rondeau qu'à ceux qui appartiennent au siyle comique. On dira; le rondeau diL Pi ii>unidcr , à. une Folie, et non pas h rondeau (Tlpiiigénie en Tauride.

La polonaise , la barcarole , le boléro sont :*ussi des p^rands airs. Une m.esure particulière >

un caractère national bien prononcé, une manière d'exécution propre à chacun d'eux les distin^ent de F Aria.

Tous ces airs sont coupés en rondeaux, c'està-dire que le motif principal , le sujet, tel que le trait de chant qui reçoit ces paroles : sexe charmant^ j'adore ion empire y est suivi d'une seconde phrase musicale qui a sa résolution sur la dominante (y w<?//yvomr«/^owr inoncœui^, après laquelle le chanteiu- reprend le motif. 11 passe ensuite à une troisième partie , assez ordinairement en mineur (s il faut encore être trompé par ioi)^ pour revenir encore au motif j^^'.r^ charmant^ qui cette fois se termine par une cadence finale plus ornée. Telle est la forme du rondeau : quoiqu'elle semble convenir beaucoup mieux aux airs gais qu'à ceux du style sérieux , il est pourtant des situations tragiques où ses retours produisent un effet surprenant et excitent dans le cœur des émotions profondes. Une idée touchante et mie image terrible nous frappent a^ec plut, de force chaque fois qu'onles offreà nos &e\xs . dieu:^ ^q^i mê poursuivez ! d Iphigénie en Taurrde e:;t r.n rondeau sublime. S'il s'agit de persuader quelqu'un , de l'entraîner dans quelque projet , 'a répétition fréquente de l'idée qu'on veut hr' faire adopter est toute naturelle. Cruel! et tu dis que tu m 'aimes! de VTptiigénie en Tauride de Piccini. Formez de

plus aimables nœuds, à'Ariodanl sont des rondeaux remarquables autant par la manière heureuse dont ils sont placés, que par leur mérite musical.

La polonaise est mesurée à trois temps d'un mouvement modéré , et se distingue par vm rhyllime boiteux que l'on obtient en syncopant les premières notes de la mesure; ses ritournelles sont d'un grand éclat, on y emploie ordinairement tous les instrumens à vent et les timbales. La polonaise est un morceau dont l'exécution demande beavicoup de brillant et de légèreté. On dit que j' ai de grands défauts, du Trente et Quarante est une polonaise. M. Paër en a fait de très-belles.

Le boléro est aussi à trois temps et presque toujours en mode mineur. Il a le caractère espagnol , et l'on trouve dans ses a'Jcompagnemens le rhythme et l'effet du rasghdo de la guitare. Le boléro de Cendrillon est dans le style noble , celui de Jocondc a de l'enjouement et de la grâce. L'ouverture des Aveugles de Tolède est im boléro.

Les chansoiis des gondoliers vénitiens ont tant d'agrément que les compositeurs se sont empressés d'en placer dans leurs opéras , en leur donnant cependant un cadre plus étendu. La barcarole s'écrit • ordinairement à six-huit, et

DE L'AIR. Bf

son mouvement est plutôt gracieux que rapide. yi P^enise Jeune Fillette , de Michel- Ange ^ Blondinette Joliette^ à' Aline, sont desbarcaroles. Celle que Ton chante en trio dans l'opéra de la Sérénade est d'un effet charmant.

Faut-il exprimer des sentimens tendres et affectueux qui , ne devant pas avoir une longue durée , ne sauraient fournir aux développemens d'un air, le nmsicien a recours à la cavatine. Elle sert de prélude à des scènes plus vives, à des images plus fortes. La simplicité doit régner dans cette composition, point de modvdations : le repos sur la dominante , voilà tout ce que l'on peut se permettre. Le mouveiTient en est toujours lent ou modéré , sa mesure à deux-quatre et le ton majeur. Si on ne les a pas consacrées en principe, ces conditions du moins sont d'un usage universel. Beaucoup de grâce dans le dessin, une mélodie suave, une harmonie pure, tels sont les caractères de la cavatiiie. On distingue celles ^iW-dine à Colone , 2'out mon bonheur est de suivre vos pas ^ Mafdle, hélas! pardonne un douloureux transport. Celle de la P^estale^ Les dieux prendront pitié et l'invocation à la nuit de Turnerlan. Mais celle que chante la comtesse au commencement du second acte des Noces de Figaro , doit obtenir la palme sur toutes les cavatines.

Les paroles des rondeaux , polonaises , bole-

ros , barcîîroles, se composent de rrir^ximes d'amour, de couplets seiitenticux ou malins, et des lieux coiniiiuns de morale lubrique dont parle Boileau. Tous ces morceaux sont consacrés à Fagrément. Le grand air, au contraire^ si l'on €xce pie cependant l'air de bravoure qui n'est destiné qu'à faire briller une belle voix, \*i grand aar exprime toujours quelt|ue sentiment, pré&ente des images nobles, pathétiques, gracieuses, divertissantes ; embrasse toute sorte de sujets, usurpe même quelquefois le domaine du récitatif et du dialogue parlé pour nous raconter des événemens d'un grand intérêt. L'air de iJiimene, Il courait aii pillage; celui ô^Kuphroaine. Quand le comte se met à table ,, le songe de Ma Tarde Aurore , îiont de vérilables récits en chant mesuré. Dans ces sortes d'airs il est essentiel que 1« musicien ne perde jamais de vue que c'est un<î action qu'il raconte et que par conséquent» il ne doit point faire de ces répétitions de mots ei de phrases poétiques si fréquentes et sî Halurelles dans les airs de sentiment : il s'agit d'instruire des spectateurs impatiens ({ui demandent toujours du nouveau , et veulent marcher rapidement vers le but. N'allez pas faire comme Monsig-'ny , qui, après nous avoir mis au fait de l'aventure de Louise, revient tout à çoMp sur ses pas pour redire ce qu'il a Jit , ce

que nous savons déjà , ce que nous ne voulons plus entendre. Le roi passait et le tambour batUiil aux champs etc. etc. Une description qui se lie parfaitement à l'action scénique peut rournir la inalière d'un air pittoresque et varié, tel que celui du Page dans Jean de Paris. Mais rien n'est si froid que les comparaisons , les txaits d'esprit, les métaphores dans un air passionné. On peut faire ce reproche à Métastase : presque toutes ses strophes destinées au chant mesuré contiennent des madrigaux à la glace ou des comparaisons (i). « Les paroles des airs ne vont pas toujours « de suite, ne se débitent point comme celles du « récitatif: quoiqu'assez courtes pour rordi- « naire, elles se coupent, se répètent, se trans- « portent au gré du compositeur: elles ne font « pas une narration qui passe ; elles peignent» « ou un tableau qu'il faut voir sous divers points « de vue, ou un sentiment dans le<juel le cœur « se complaît , duquel il ne peut , pour ainsi « dire , se détacher , et les différentes phrases «< de l'air ne sont qu'autant de manières d'en- « visagerla même image C'est par ces répé-

(i) Souvent la scène est tcriuiaec, le peisouni^e reste pour rendre en musique une pensc'e Ingénieuse qui ne tient ù rien , uae maxime, une cojuparaison , et ces comparaisons sont toujours prises des mêmes objets, dont la répétition ne peut jn»nquer d'être froide. (AlgarottIj Essai vur l'Oitéra.)

6o DE L'AIIL

« titions bien entendues , c'est par ces coups « redoublés qu'une expression qui d'abord n'a « pu vous émouvoir , vous ébranle enfin , vous « agite , vous transporte hors de vous , et c'est « encore par le même principe que les roulades « qui , dans les airs pathétiques , paraissent si « déplacées, ne le sont pas pourtant toujours; « le cœur, pressé d'un sentiment très-vif, l'ex- « prime souvent par des sons inarticulés plus « vivement que par des paroles (i).

« L'on permet à la musique d'imiter les ac- « cens qui naissent de la joie; mais exprimer la « douîeur , mourir en chantant, quelle folie! « disent les ignorans. Pourquoi donc ? C'est au « contraire l'extrême douleur, les cris du déses- « poir qui nous donnent les accens les plusrap- « proches de la musique imitàtive. Ecoutez cette « mère éperdue qui retrouve son fds percé de « coups, ou que les flots ont rejeté sur le rivage :

Mon fils est mort !

Mon fils :

Mon fils !

Mon fils !

Il est mort!

Il est moit!

Il est mort !

« Elle changera vingt fois de modulation pour

^i) RotSSEAU , Dict. de musique.

DE L'AIR. 6t

« dire ces paroles ; je défie le musicien le plus <c plus ignare de ne pas noter ses accens. Voilà « la nature. Condamnez après cela la musique « tragique, et les répétitions, lorsque l'âme est

« agitée ! Insensés raisonneurs ! Dites plutôt

<f que la nature a tort d'élever la voix de ses vic- « times.

(c Quant aux répétitions des mots ou des « phrases , nous dirons qu'elles sont de l'es- « senee de la musique, surtout dans le genre « comique, et lorsque les sentimens sont exal- « tés. C'est souvent par les répétitions d'une rt même phrase de paroles, que l'on juge si le « musicien est dans la nature du personnage « qu'il fait parler, 11 faut, pour travailler comme « Pergolèse, que l'énoncé delà phrase soit juste « dans la déclamation sans être outré , et qu'en- « suite chaque répétition de cette même phrase »< ajoute et fortifie son expression.

Certain je ne sais quoi,

Plus fort que moi. {l'iff. 36.)

« Voilà quatre phrases de musique qui répè- « tent les mêmes mots et toujours différemment, « en ajoutant à l'expression. Pandolphe ne peut « trop appuyer sur son certain je ne sais quoi, « qu'il saithien être de l'amour, qu'il n'ose s'a- « vouer à lui-même.

<c La première do ces quatre phrasés est sîm^ « pie ; la seconde , en notes longues, veut dire : fi Je m'y perds ; la tpoisième, en soiï& agités de « haut en bas, dit : J'en ai l'esprit bouleversé ; la « quatrième est le complément de l'expression : « cette note tenue , ce cri après lequel les sons « descendent rapidement , ne laissent plus rien V à désirer ; et il me semble impossible d'ajou- « ter une cinquième phrase aux quatre existan- « tes (i). »

Ah ! que je fus bicû inspirée Quand je vous reçus dan» nia cour.

Kst-il étonnant que Didon redise plusieurs fois ces paroles à Enée ? elles sont si bien placées dans sa bouche ! Depuis que le héros troyen lui a fait partager sa flamme , elle doit rendre grâce à l'Amour. Qireje/us bien inspirée/ c'est la pensée, le discours de tous les Jours, de tous les instans, et l'amant ne doit pas trouver plus de plaisir à l'entendre , que Didon n'en a à le répéter. Ces doux accens , après l'avoir charmé si souvent, viennent ajouter aux tourmens du fils d'Anchise, qui a résolu d'obéir aux dieux , en abandonnant cette reine infortunée. Voilà la situation dramatique et l'artifice du poëte ; voilà ce qui porte l'intérêt dans une scène qu'on ne prendrait pas

(i) GbétrY, Essaie sur la Musique , toin. ![[, paj. a47.

DE L'Am, 63

îa peîûé dVcoater , .si les deux personnages ëtaieni d'accord , et qui serait ainsi réduite au galant caquetaiçe , aux fadeurs de deux amans heureux. Mais Didon ignore ce qui se passe dans le cœur d'Enée ; elle lui parle donc le langage accoutumé, et ne craint pas de Fentretenir longtemps de son amour et de leur commune félicité : la répétition est naturelle et éminemment dramatique.

On a reproché pluseurs fois à lîos coTftposlteurs actuels de ne point meître assez; d'airs dans leurs opéras ; ce n'est pas tout-à-fait leur faute ; si les poètes en avaient fourni les paroles , ils n'auraient pas manqué de les embellir de leurâ accords. Les nouvelles formes données au drame lyrique s'y opposent; les Italiens exigent que Yrrria se chante à tel endroit , le trio à tel autre ; sans regarder si cette disposition s'accorde avec l'intrigue, on ramène l'acteur sur le théâtre, s'il en était sorti , pour lui faire chanter le morceau favori, sauf à le congédier ensuite. Mais nous, qui voulons jouir des agrémens de la musique sans renverser les lois dramatiques , nous cherchons à placer les airs aux lieux où la situation semble les demander ; nous aimons mieux renoncer au plaisir de faire entendre une belle voix , que d'entraver la marche des événemens , ou d'offenser le goût par des invraisemblances

qu'on ne saurait tolérer dans une pièce réj^ulièi e.

L'air termine bien un monologue; c'est là que le compositeur peut employer tous ses moyens harmoniques , et donner à son dessin l'extension et les développemens qu'il exige : récitatif, cavatine , récitatif obligé , cantabilé , air de mouvement, tout vient à propos; et si la musique est bonne et parfaitement exécutée , on l'écoutera avec plaisir. L'acteur est maître de la scène , il est seul , tout se fait par lui et dépend de lui , rien ne languit ; s'il s'adresse à un ou plusieurs personnages, l'air doit avoir des formes plus restreintes , et il faut encore que ces personnages muets prennent un grand intérêt à ce qu'on leur dit. Œdipe , Antigone sont entraînés par les soldats de Thésée , quand ce roi se présente ; et non content de les délivrer , il leur offre un asile. Certainement , son discours est trop agréable à entendre pour qu'ils ne lui prêtent pas tonte leur attention : T^erscz tous vos cJiagrins dans le sein paternel, et cette expression d'une tendre sollicitude touche vivement un fils respectueux et sensible.

Des airs trop multipliés retardent nécessairement l'action théâtrale ; cette manière de parler long-temps seul isole en quelque sorte les personnages et nuit à l'intérêt : il faut une juste mesure, même dans l'emploi des bonnes choses. L'o-

pera de Sylçain débute par six airs placés bien symétriquement chacun dans une scène ; on en compte vingt dans la Fée Urghîe ; c'est un défaut sans doute , et c'est celui de la Comédie à ariettes, adoptée par notre ancienne école ; on y trouve trop de solos et point assez de groupes ; c'est à peu près la coupe des vaudevilles , avec cette dilférence que les couplets sont plus longs. Il y a moins d'airs dans TOpéra Comique, et cependant la musique s'y fait entendre avec plus d'avantage , en ce qu'elle n'arrête jamais l'action. Dans un finale , les scènes se succèdent les unes aux autres ; chacun parle à son tour ou simultanément ; les airs , les cavatines , les duos , les trios s'y trouvent encadrés fort agréablement. Le solo de la Princesse de Navarre , Quel plaisir d être en voyage ! \'\nyoii3i\\oT\. de la P^eslale^ Odes infortunes , quoique placés dans des morceaux de facture, n'en sont pas moins de fort beaux airs. Dans c es grands tableaux, le compositeur, maîtrisé, entraîné par la marche rapide de la pièce , ébauche plusieurs images et n'en achève aucune ; cette musique , variée comme les situations que nous présente en même temps la scène , a des charmes piquans. On nous enlève peut-être trop subitement un motif délicieux ; on aurait désiré le retenir plus long -temps , mais l'action s'y oppose ; d'ailleurs, ce qui doit diminuer nos regrets, II. 5

c'est que nous avons joui de la mélodie des motifs , et l'on n'a pu nous priver que du travail harmonique , du remplissage.

K Un air savant et agréable, un air trouvé par « le génie et composé par le goût , est le chef- « d'œuvre de la musique ; c'est là que se déve- « loppe une belle voix , que brille une belle « symphonie ; c'est là que la passion vient in- <c sensiblementémouvoirl'âme parle sens. Après « un bel air, on est satisfait, l'oreille ne désire « plus rien ; il reste dans l'imagination , on l'em- « porte avec soi , on le répète à volonté ; sans « pouvoir en rendre une seule note , on l'exé- « cute dans son cerveau , tel qu'on l'entendit au « spectacle ; on voit la scène, l'acteur, le théà- « tre ; on entend l'accompagnement, l'applau- « dissement : le véritable amateur ne perd ja- <c mais les beaux airs qu'il entendit en sa vie ; il « fait recommencer l'opéra quand il veut (i). »

Le compositeur, après avoir conçu le plan de ses airs et trouvé ses motifs , les dispose ensuite de manière à faire ressortir les beaux tons des voix , et à employer les moyens particuliers que chacune d'elles vient lui offrir. Dans un air de dessus le chant se développe dans le médium , et les sons élevés , les notes éclatantes , servent

(i) Rousseau, l)kl. de Musique.

DE L'Aîn. 67

à Texpresslon des élans de la joie on de la doui(>ur. Le ténor , au contraire , a beaucoup d'ai^rément et de suavité à l'aigu, et les tons moyens fourniront les accens de la colère et du désespoir. Les airs de basse ont une marcbe moins leste que ceux du dessus et du ténor ; le chant ])arcourt le médium , n'arrive à l'aigu que dans le grand éclat, et fait résonner de temps en temps les pédales. Les cadences finales et une infinité de traits marqués sont conformes à ceux de la basse de l'orchestre, et les suivent même quelquefois note pour note.

On voit par là combien il importe de donner à chaque acteur le rôle qu'il peut chanter. En Province , le rôle de Prosper , dans Azérnia , esi joué quelquefois par une femme; j'ai toujours été choqué du chant criard d'un dessus qui , octaviant sans cesse , donnait la tierce haute dans les duos , quand le compositeur avait noté la sixte au grave (i). Les airs de basse conviendraient peut-être mieux aux voix de femme que ceux de ténor ; la transposition à

(i) A la dernière reprise Ci^izémia, un journaliste a conseillé à Paul de céder Prosper à mademoiselle More. La taille svclte de cette actrice convient parfaitement à ce rôle; peu importe que sa Toix trop aiguë l'cnverse l'harraonie de Daîayrac. Une octave de plus ou (le moins , nos Aristarques suprêmes ne sarrctent pas à de semblablts bagatelles.

08 DE L'AIK.

l'octave les placerait clans le juste diapason, mais les cadences ne sauraient elre exécutées par une voix ai<^në. On observe assez généralement, au théâtre , ces règles que le goût a dictées : je voudrais qu'il en fût de même dans les concerts et surtout dans les petites réunions musicales.

Qu'est-ce qu'un air? c'est l'expression des sentimens que le personnage éprouve au moment même où il le chante. Pour que la musique produise son effet et que l'illusion soit complète , il faut que les sentimens à exprimer se trouvent en rapport avec celui qui les exprime. Le récit du Menteur serait-il bien placé dans la bouche d'une femme ; et les brillantes tirades de Gélimène ne perdraient-elles pas la plus grande part de leur charme, en étant débitées par un homme? \oilà pour la déclamation ; la musique exige bien plus, puisqu'à l'inconvenance du sexe, de l'âge , du caractère , se joint encore celle du diapason des voix et du rang qu'il tient dans l'échelle harmonique. J'ai entendu exécuter parFailement Pria che spujiti par une femme, dont l'organe doux et pur soutenait sans effort les tons élevés ; malgré cela , je trouvais je ne sais quoi de déplaisant dans cette transposition à l'octave ; les paroles choquaient moins en étant dans une langue étrangère, mais la mélodie se trouvait trop constamment retenue à l'aigu ; pour placer cet air à

la portée du soprano, il eût fallu le baisser diiiie tierce mineure.

Rien de si ridicule que d'entendre un homme parler de son amant , et une femme de sa chère époiise , de celle qiiil adore. Il est cependant quelques airs qui, par la manière dont le chant est disposé et par le sens des paroles, conviennent également au dessus et au ténor, tels que -.4 peine la souffrance., de Bénioivsky., et Formez de plus aimables nœuds., ^ Ariodant.

O vous qui cultivez un art enchanteur , vous que la nature a doués d'une voix touchante et sonore, évitez avec soin ce qui pourrait détruire l'illusion; que le charme des vers, s'unissant à celui de la mélodie, forme dans votre bouche \\\\ langage divin. Apprenez surtout à connaître du premier coup d'oeil le caractère, le goût de ceux qui vous écoutent, pour les captiver soudain en leur donnant la musique qui leur convient, et qu'ils désirent. Observez-les ; sont -ils attentifs, maîtrisés par le pouvoir du talent, et prêts à éprouver de grandes émotions, livrez-vous à l'inspiration, suivez l'impulsion du génie musical, et les regrets se manifesteront à votre silence que les applaudissemens ont déjà signalé; un doux murmure, un frémissement de plaisir annonceront de nouveaux chants, et vous verrez l'assemblée entière soumise à votre volonté , à vos caprices

même , passer de la douleur et des larmes à l'expression de la gaîté la plus vive , selon les sentimens dont vous offrirez la peinture.

Les petits airs se composent d'une, deux ou trois phrases, et leur développement s'étend de quinze à trente mesures. Le motif qui est suivi d'un trait sm' la dominante ou le relatif , sert quelqueibis de terminaison à l'air avec quelques changemens dans sa structure ou dans le mode.

La romance et le couplet sont des petits airs y on les admet à la scène. Ils doivent être faits d'inspiration , il faut que leur chant ait de la fraîcheur, de la franchise et surtout de l'originalité. La connaissance de l'harmonie donne les moyens de disposer les accompagnemens avec goût, et de préparer la chute sur la dominante en évitant avec soin de se servir des tournures triviales et surannées, et des accords employés par la tovirhe des faiseurs de chansons , romances ou vaudevilles. Si l'on examine leurs couplets , on remarque aisément que la phrase intermédiaire qui lie le début au trait hnal, est partout la même, et pourrait être transportée indifféremment d'un air à un autre. Plusieurs habiles maîtres ont ajusté celte transition fort adroitement; d'autres, trouvant le cadre trop resserré, ne l'ont point opérée et se sont bornés à moduler quelques accords sans donner de résolution.

C'est ainsi que Dalayrac a écrit son virelai du Point du Jour.

Bouton de Rose, romance de M. Pradher, est un petit air à une seule phrase.

L'Hymen est un lien charmant, de l'opéra de Léonce , en a deux.

On en compte trois dans la romance des Deux Prisonniers , D un époux chéri la tendresse.

La romance était consacrée autrefois à raconter une aventure d'amoiu' dont le dénouement était, le plus souvent, tragique. Elle se compose de plusieurs couplets , on ne doit pas en donner plus de trois à la scène. Je ne parlerai ici de la romance que sous le rapport dramatique. Elle a conservé au théâtre sa destination primitive. Joseph donne les détails de l'histoire de son enfance en chantant une romance. Prés de JBarva., d 'Uthal^ renferme aussi le récit d'une aventure. La romance sert plus ordinairement à exprimer des sentimens affectueux et tendres comme on peut l'observer dans celles de Nina et de Montenero. D'autres sont purement sententieuses et philosophiques, telles que celles à'Ariodant , Femme Sensible , et celle à'Epicure, T^oyez dans mon champêtre asile.

Pour que les couplets donnent de l'agrément à une scène d'opéra-comique , il faut que les paroles et l'air soient d'une originalité piquante.

Un opéra ne doit pas avoir pins d'un ou deux pellts airs, quelque bons qu'ils puissent être. Les auleurs doivent se tenir eh garde contre les couplets. L'abondance en est un signe de pauvreté. : C'est en France que la romance a été inventée et perfectionnée , il ne faut pas s'étonner si nos compositeurs ont toujours excellé dans ce genre. Il est rare que l'air fait pour le premier couplet d'une romance puisse se chanter ensuite exactement avec les paroles de ceux qui le suivent. Les vers, quoique parfaitement égaux et symétriques sous le rapport de la mesure et de la rime, n'ont cependant pas les mêmes césures ni la même distribution de syllabes longues ou brèves. Il faut donc altérer les valeurs des notes, ajouter, supprimer, diviser, réunir, gagner sur l'une ce que l'autre a fait perdre, pour pbraser avec goût et ne point s'arrêter mal à propos sur une brève , escamoter une longue ou couper ridiculementles mots, comme certaines personnes font en disant dans le troisième couplet de la romance de Zélie,

O ma Zelic, à l'amant qui t'adore, Donne un regard , un sou — pir, un baiser.

Yoici un autre exemple ,

)\osp qui meurt , — cèrîe au bouton liCS baisers de lamarit de Flore,

Ce repos sur la quatrième syllabe ne se trouve qu'à la cinquième dans le couplet suivant, et si Ton n'usait d'artifice la musique forcerait le chanteur à dire ,

Ne savons-nous^ pas que Titon Rajeunit auprès de l'aurore? {Fig: 57.)

Les Français aiment beaucoup les petits airs. ISlos premiers opéras-comiques, tels que le Suffisant, le Poirier^ etc. , n'étaient composés que de chansons.

Si l'on a tant critiqué la manière de s'exprimer des acteurs de TOpéra , cpie dira -t- on de ceux du Vaudeville qui se servent du dialogue parlé en y mêlant des petits airs , et même de simples refrains toutes les fois que le personnage doit dire un trait d'esprit, un calembourg, un bon mot, une niaiserie? N'est-il pas bien singulier de voir Louis XIV , Pierre-le-Grand, Frédéric II, rapetisses sur ce théâtre , après avoir débité de belles maximes sur le gouvernement des peuples, s'arrêter tout à coup au crin crin des violons pour nous réciter sur l'air 31 on père cldil pot ^ sur celui de Frère Jean à la cuisine , ou J'ons un cure patriote , sept vers, insignifians disposés pour en amener un huitième , renfermant Je quolibet que l'on attend, et qui est le signal ilu brouhaha.'' Que dirai-je des morceaux d'en-

semble , et des accens grotesques et baroques produits par l'union de plusieurs voix aigrement fausses martelant durement et à l'unisson les vieux fredons de la Fusiemberg^ ou suivant à peu près des parties parallèlement ajustées au chant, et qui sont d'un effet encore plus désagréable ? Les acteurs du Vaudeville se dispensent d'avoir de la voix et se consolent de ce qu'il ne leur est pas permis de chanter, en vantant un certain débit monotone , et saccadé que les habitués de la rue de Chartres applaudissent. « Je « ne chante pas , mais je dis bien le couplet. » Voilà le prélude ordinaire des chansonniers qui viennent réciter quelquefois en société et à la fin des repas de longues kyrielles de stances sur la Kose et F Epine , T Inconstance du Papillon , V Amour et les Grâces , Barchus et l'Amour, les Désagrémens du Mariage, Cela va bien, cela va maly etc. etc. , et autres sujets décrépits. L'uniformité des cadres, et une certaine rocambole de coupletier donnent un air de famille à toutes ces chansons , et l'on est souvent tenté de croire que c'est la même que l'on répète sans cesse.

Les Français se glorifient d'avoir créé le vaudeville , et se félicitent en même temps d'en être restés uniques possesseurs. Je ne crois pas que jamais aucune nation soit tentée de leur emprunter un genre aussi misérable, et dont nos

provinces même ne veulent pas. Tout ce qui est critique des mœurs parisiennes et des ridicules du jour n'a plus de sel dès que l'application ne peut point en être faite ; il est même des traits qui , par cette raison , ne sont pas compris. Ce spectacle ne peut être goûté que dans la capitale , et encore n'y a-t-il qu'un cercle d'amateurs qui s'y rendent avec exactitude. Je conçois aisément que des oreilles, parfaitement insensibles à la musique, et qui par conséquent peuvent braver les faux tons, les chevrottemens, les barbarismes de toute espèce, se plairont à écouter un dialogue vif, pétillant d'esprit, brillante de traits satiriques d'autant plus acérés qu'ils attaipient le ridicule au moment qu'il vient de naître. Une aventure singulière , une pièce de théâtre , un événement marquant occupent-ils la société, soudain le Vaudeville s'en empare, et nous offre des tableaux fidèlement copiés sur les originaux qui sont encore sous nos yeux.

Répétitions , plagiats , défaut de plan et d'intrigue, tout est pardonné aux auteurs de vaudevilles. Ces binettes ne sont pas assez importantes pour les soumettre à un examen approfondi. On les voit , on les entend d'une manière trop fugitive. Comme tout le charme des couplets est dans le trait (|ui les termine, et que l'attention se porte exclusivement sur les paroles , les répé-

titions musicales fatiguent les auditeurs. Le bon mot une fois connu , on est tenté cVimposer silence à celui qui nous le répète pour compléter son refrain. On veut des quolibets et non de la musique. Les A'ieux airs conviennent mieux au Vaudeville que les nouveaux; il y en a mcme qu'un long usage a consacrés, et dont l'application seule est un trait d'esprit; tels que iV ejt demandez pas davantage ; Ça n dur Vo pas toujours; T^a-t-en voir s ils viennent , Jean ; Adieu paniers , vendanges sont faites.

Je ne sais si le déplaisir que j'ai éprouvé en entendant estropier , massacrer les plus jolis airs de Grétry, de Dalayrac, de Mozart même m'a prévenu contre le Yaudeville. Je ne crains pas de l'avouer ici ; esprit pour esprit , bêtises pour bêtises , parmi les pièces du petit genre je préfère celles où l'on n'est point troublé dans ses jouissances par l'arcbet du ménétrier, et les sons d'une voix discordante. Rendons grâces aux auteurs du Ci-devant J eune Homme et du Désespoir de Jocrisse de nous avoir épargné ce désagré-^ ment.

TSous terminerons ce chapitre par un petit catalogue d'airs choisis dans les partitions françaises. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas de signaler toutes nos richesses vocales. Il est possible néanmoins que l'on y trouve

rindication de quelques morceaux excellens que beaucoup de chanteurs négligent faute de les connaître. Nous avons classé tous ces airs selon les genres de voix que demande leur exécution. Nous conseillons aux marchands de musique de suivre la même marche dans la composition de leurs catalogues, pour que chaque chanteur puisse facilement se former un répertoire complet, et ne soit pkis exposé à recevoir un air de basse ou un duo pour deux dessus tandis qu'il a demandé des morceaux écrits pour le ténor. Les noms des chanteurs que l'on place en tète des airs , duos , trios , ne peuvent pas prévenir toutes les méprises de cette espèce, attendu que dans remploi du même acteur on rencontre des rôles traités en ténor et d'autres en bariton, tels que ceux de Gulistan et du Sénéchal, Nous donnerons aussi à la suite des chapitres suivans des catalogues des plus beaux duos, trios , quatuors, chœurs etc. , de notre répertoire dramatique.

Airs de dessus.

Tristes apprêts , pâles flanjbeaux. De Castor et Pollux, (Rameau.)

Armez-vous d'un noble courage. D'Ijjhigéaie ea Aulide.

Hélas! mon cœur sensible et tendre.

Par la crainte et par l'espérance.

Par un père cruel à la mort condamnée.

Adieu, conservez dans votre âme.

0 loi ijui conservas mes jours. D'Iphigénie en Tauride. (Gluck.)

O malheureuse Iphigénie !

D'une image, hélas! trop chéiie.

Je t'implore et je tremble.

Ah ! quelle cruauté île lui ravir le jour! D'yirmide,

Ah I si la liberté me doit être ravie.

Venez , haiue implacable.

Suis l'amour, puisque tu le veux.

Grands dieux, du destin qui m'accable. D'Alceste.

Non ; ce n'est point un sacrifice.

Divinités du Styx l

Ah! malgré moi , mou faible cœur partage.

Je n'ai jamais chéri la vie.

Vaines frayeurs , sombres présagfs. De Didon.

Ni l'amante , ni la reine.

Ah ! que je fus bien inspirée !

Hélas ! pour nous il s'expose.

Ah ! prends pitié de ma faiblesse.

Tremblez, ingrals, de me trahir. D'j^tys.

Est-il un destin plus cruel ?

Je renonce à ce que j'aime. De Roland.

Quel tourment! D'Iphigénie en Tauride. (Piccini.)

îl est affreux, il est extrême. De Pénélope.

Cesse d'agiter mon âme. De Diane et Endymion.

Je vois dans mon amant l'assassin de mon pcre. De Chimène.

Sans l'offenser, non tu ne peux le croire.

Barbare amour, tyran des cœurs. De Renaud.

Eli ! comment veux-tu que je vive ?

Arrachez de mon coeur le trait qui le déchire. De Dardanus.

Tout mou bonheur est de suivre vos pas. D'(Edipe à Colone.

Dieux , ce n'est pas pour moi.

A mes pleurs laissez-vous fléchir. D' Evélina.

Par les larmes dont votre fille. Des Danaïdm.

Vous qui voyez l'excès de ma faiblesse.

O foudre des dieux ! je t'appelle.

Mon père , mon époux !

Père barbare, arrache-moi la vie.

Age d'or, ô bel âge! De Démophoon. ( Vogel. )

Ah ! que sa présence m'est chère !

Helas! si je pr>uvaîs vous dire.

Ah ! quelle injustice cruelle.

Déserts écartés, sombres lieux.

O (l'uu pouvoir funeste !

Toi que j'implore.

Impitoyables dieux !

O des infortunés,

HcLis ! elle n'est plus.

Arbitre de ma destinée.

Que l'éclat de votre naissance.

Vovez-vous, du haut des montagnes.

Sans détourner les yeux.

l,e sort peut changer ses décrets.

S'il périt, hélas 1 s'il succombe.

De Rome craignez la colère.

Quelle est donc de l'amour la magique puissance ?

\ otre coeur est-il inflexible ?

Ah ! détournez le coup dont je frémis.

O mon Hector, protège ses jours!

Qui te retient? qui t'arrête?

Jeunes filles au regard doux.

Eprise d'un feu téméraire.

O toi dont les accords touchans.

Cruel départ, funeste absence.

La terre étale ses attraits.

Soudain l'aigle imposante et fière.

Auprès d'un amant si tendre.

Dieux, pardonn?z à mes injustes plaintes,

Affreuse destinée !

Vous voyez de vos fils la mère infortunée

Au mépris de l'hyménée.

Tu connais à présent mon lâche ravisseur.

Gronde , frappe ta Jeannette.

Oui, mon ami, de ce remède.

Formez de plus aimables nœuds.

O des aoians le plus fidèle.

Oui , c'est demain que l'hyménée.

0 nuit profonde !

Df Proserpine.

De la Vestale.

De Femand Corte-^

De Sémiramis, Des Bayadères.

D'Adrien.

De ISephtali.

D^Astyanax.

D'Aristippe.

D'Anacrcon. (Chérub'mi. )

D'Anacréon, (Grétry.)

Des Jeux Floraux.

De la Création.

D'Olimpie.

De Roger de Sicile.

De Médée.

De Don Juan.

D'Ariodant.

De Montana et Stéphanie.

De Roméo et Juliette.

C'est à la tendre coufiance.

O mortel plus à 2)laindre encore.

Quelle peine le tourmente.

Oui, mes amis, la bienfaisance.

Il me semble qu'une autre aurore.

La plus tendre amitié.

O toi qui causes mon tourment !

0 toi qui causes mon tourment!

O toi dont ma mémoire.

Dans une retraite profonde.

Soyez sensible à ma douleur.

Dieu des beaux arls, cliarme cousolateur!

Fuyez loin de mon âme.

Comment t'exprimer mon délire ?

Tout augmente ma tristesse.

Restez à cette place.

Auprès d'un frêne.

Comme une ombre fugitive.

Déjà la nuit nous couvre de son ombre.

Rose chérie.

Je ne le dis qu'à vous.

Comme un éclair.

Cessez de m'opposer l'iulérêt général.

Cessez de m'opposer l'inlerèt général.

Lorsque mon niaîire est eu voyage.

Quel plaisir d'être en voyage •

Pour plaire à mon époux.

Me voilà, me voilà.

Rien ne me semble si joli.

Seule ^ hélas ! eu silence.

De Montenero.

D' Un Jour à faris.

De Pierre- le- Grand,

De Bénioii'aky.

De Phrosine et MJlidore.

De Tt^léinaque. ( L«-sueur.)

De Tèlétnaque. ( Boïeldicu. )

Des Kisitandines.

De Zirphile.

De yallace.

De Pliiloclès.

Du Concert interrompui

Des Noces de Figaro.

De Zèmire et yiz,or.

De la Fausse Magie.

D'Aline. (Berton. )

D'Aline. ( Boïtidieu.)

De Jean de Paris,

De la Jeune Femme colère.

De la Clocliette.

Des Troqueiirs.

De la Bergère Châtelaine.

Airs de ténor.

Cruelle, non jnmais votre insensible cœur. D'Iphig^nie en Aulide.

Objet de mon amour. D'Orphée.

J'ai perdu lîion Euridice.

.Mccstc, au nom des dieux. D'AUeste.

D^Echo et Narcisse., D'Arniid».

O transports ! é désordre extrême !

Le repos me fait violeuce.

Plus j'observe ces lieux.

Allez, e'loii;nez-vou6 de moi.

Unis dès la plus tendre enfance. D'iphigénie en Tauride, (Gluck.)

O mon ami , j'implore la pitié.

Divinité des grandes âmes.

Biùlc d'une flamme. D'Atys,

Yous veillez loisque je sommeille.

L'amour fi.it verser trop de pleurs.

Quel trouJ)le agite mon coeur!

Oiesic, au nom de la patrie. D' Iphigénie en Tauride. (Pircini. )

Plaignez un roi , plaignez un père.

Le fils des dieux , le successeur d'Alcide.

Hélas ! d'une si pure flamme.

Du raaiiieur auguste victime.

Oui, vous pouxez tout sur moi.

Dardanus a pour lui 1< s dieux.

C'est un charme suprême.

Jour heureux , espoir enchanteur.

Sombres chagrins.

Lieu funeste.

Dé)à la trompette guerrière.

Tout ce qui dut me rendre heureux.

D'un si brillant succès.

Qi:elle fatalité!

Doux sentimens !

£h bien ! suis à l'autel.

Cher enfant , tes malheurs.

Ciel ! quel aspect formidable !

A peine aux autels d'iij menée,

Rends-moi ton cœur, ta confiance.

Asiasie est une déesse.

Brillant de grâce et de beauté.

Belle captive , apaisez vos alarmes.

Pourquoi cette tristesse ?

Viens, Laméa.

Oui , je viens des champs de la gloire.

De Di Ion.

D'(Sdipe à Colone.

B'Evéhna.

De Dardanus.

De Renaud.

De Ckimène.

De Démophoon. ( Yogel. )

Des Danaïdes.

De Tarare.

De la Création.

D'Adrien.

Des Bayadéres.

De Séiniramis.

DE L'Am.

Nou , sur ces bords tu n'es point ttranijer. D\4iiacréon. ( Gretry. )

Des Ahencérages.

Dé Roger de Sicile.

D'Olimpie.

De Télêmaque. (Lpsueur.)

Des Noces de Figaro.

De Joseph-,

De Siratonive.

J'ai vu disparaître- l'fspoir.

O mon Dieu ! tu le sais.

O souTcnir e'pouvantable !

O TOUS, ou mortelle ou déesse.

Faut-il sans murmurer.

Champs paternels !

Versez tous vos chagrins.

0 des amans déité tutélaire !

Du noir chagrin qui me de'vore.

Astre d'amour, heureux flambeau !

Plus de doute, plus de souRiance.

D'un hjmen qui fit mon bonheur.

Capulets , ombres malheureuses.

Je la suis.

Non , ne doutez point de mon zèle.

Je te salue , aimable aurore.

O Richard ! ô mon roi !

Si l'univers entier m'oublie.

Ne va pas me tromper.

Du moment qu'on aime.

Toi , Ze'mire, que j'adore.

Lodoïska, ma tendre amie.

Ton amour, ô fille chérie !

Guerriers, préservez votre cœur.

Le rêve enchanteur de la gloire.

Eu brave et galant jja'adiu.

iSotre vais&eau dans une paix profonde.

Charmant bocage.

Pour triompher de la beauté.

Aux autels de l'hymen.

Sans te connaître , objet charmant.

On aurait vu ce noble chevalier.

Musicien terrible et barbare.

Aussitôt que la nuit sombre.

Toujours courant .npiès ma belle.

Point de couitoux.

Je m'unis à ce que j'airae.

De Phrosine et Mélidore.

D^ Arioiant.

De Roméo et Juliette.

Du Délire.

De la Caverne. ( Lesueur. )

De la Caverne. ( Méhul. )

Êie Richard Coeur-de- Lion.

De Zémire et Azor.

Dé Lodoïsla. (Kreutzer.)

D'Azéniia.

De P'allace.

De JcaH de Paris.

Du Tableau Parlant.

De Bion.

Des Maris Garçons.

Du Concert interrompu.

Z)' Une Fvlicé

Des Aubergistes de qualité.

De la Mélonuinie.

Du Mariage secret.

De Maison à vendre.

D' Une Heure de Mariage.

De Montenero.

DE LA m.

Sflse clinrniaut, j'adore tnu rmpire.

Ali ! que mon âme était ravie.

^oiis qui partagez ma- teudresse.

Ainuible objet de mou délire.

Oui , je vaincrai cette pudeur.

Ma barque le'gère.

O Lucette che'rie !

Simple , innocente et jolielte.

De l'amitié daigne entendre la voix.

Tje Gulnare.

I)e Gulistan.

D'Epicure.

De Zoraïnie et Zulnar.

Des Confidences.

De la Rosière de Salenci.

De la Hergère Châtelaine.

De la Fétc du village voisin.

De Beniowslcy.

Airs de hariLon.

De noirs pressentimens.

Dieux qui me poursuivez.

Est-ce un dieu qui met dans voti-e âme.

Dans le sein d'un ami fidèle.

Quel espoir le ciel me présente.

O toi ! seul arbiti-e du monde.

Prends soiu df lui.

Ah ! combien vos larmes.

O patrie ! ô lieu plein de charmes !

De mes beaux jours.

Aiusi qu'une alieille.

O nuit, deviens-nous secourable !

Songe enchanteur.

IJe ma barque légère.

Pour une fête.

Qu'une moitié par là s'avance.

Je ris vraiment de l'eircur qui Tabuse.

Mon ami , suis le dieu qui l'appelle.

O femme !... femme !

Au bruit des canons.

Quand le comte se met à table.

Miuerve ! ô divine sagesse !

Adieu , Marton , adieu , Lisette.

Le malheur me rend intrépide.

Pour tromper un pan ire vieillard.

De l'intrigue, ô vaslrs mjsières!

D'Iphigénie en Tau ri de. (Gluck. )

De Démophoon. ( Vogel. )

De la Vestale.

De Saiil.

De Fernand Cortez,

De Céphale et Procris.

De Tarare.

De Tamerlan.

D' Anacréon. ( G réti y. )

De Don Juan.

Des Noces de Figaro.

De Crescendo.

D'Euphrosine.

De l'Epreuve villageoise.

De Zémire et Azor.

Du. Tableau Parlant.

D'Une Folie.

SA

D'un oncle trop colère.

Ah! le» maudites geob !

Qu'on est heureux de trouver en voyage.

Le ciel, mes soeurt.

Ne vous afBi^ez pas.

Ah ! quel inDriel pourrait prétendre.

Qu'à nips nrdrps ici tout le monde se rende.

A travers ce rempart fragile.

BiroDiiu pour ce que ji- suis.

La superhe Armide s'avance.

Brillant soleil!

Je suis militaire.

De l'irato.

Des Visitandines.

De Gulaare.

D» 'Jtan de Paris.

D'Aline. ( Bertou. )

De Valentin.

De Liilli et Quinault.

Des Aveugles de Tolède.

De la Maison isolée.

Airs de basse.

Brillant auteur de la lumière.

Peuvent-ils ordonner qu'uu père.

O toi , l'obj t le plu» aimable.

Ma fille , htlas ! pardonne.

Elle m'a proiiigiie.

O ma patrie !

Cruel '. et tu dis que tu m'aimes? D'Iphigi

K ai-je p.is, comme lui.

Viens , ne lialauçons plus.

Jouissez d'un df^tiu propice.

O forlime tunera e !

B>miiis à jamais Je ton coeur.

Je vais posséder Sangaride.

O toi , qui de ma vie.

Vertu farouche et fièrc.

Qu"as-lu donc fait de ton mâle courage?

Reçois en pur don ce palais.

L'onde mugit dans l'ahîme.

Des mains de Dieu hiillant prodige.

Eloigne , ô ciel ! le glaive iiorriltle.

O ciel ! peuple ingrat et volage.

De nos bruyans accords.

La veu;:canc« !

D'Iphigénie en Auliîe.

D' Œdipe à CoJone.

D^Ei'élina.

•nie en Tauride. { l'iccini.)

De Déninpliooii. (Vogel.)

Des Danaïdes.

D^AnacrJon. ( G t ti > .)

Des Baya l'eres.

D\-itys.

De Tamerlan.

De Tarare.

De la Création.

De Saiil.

Du HTaria^e se'ret.

Des i\o^-tfs de Fig-aro.

Madame , lîe celles qu'il aime.

Qu'espères-lu , téméraire Fiançais?

Ah ! si pour la patrie.

-Vainenient Alniaïde encore.

Plus de sœur, plus de frère.

Je puis bravi r les coups du sort.

Tenez répner en souveraine.

Fais ton devoi .

Beaucoup de gens , on le conçoit.

De Don Juan.

De la Caravane.

De l'Amant Jaloux.

De '■^yli^ain.

De Ba>be Bleue.

De yioiitenerOh

De Sophie et Moiican.

N. B. On peut clianttr l'air de ténor, O transports ^ 6 désord'-é extrême! d' J.'c/io et Narcisse , iiiimédi tteiatnt après celui d Iceste, jikeste , au nom des dieux , et ne former qu'uu seul inirce-<u de concert (!e ces deux beaux airs. M. Garât 1( s exécute soav< ut ainsi, «t c'est à lui cjue nous devons Vidée de cette heureuse réunioni,

Page 1