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ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Les lésions anatomo-pathologiques de l’ophtalmie sympathique ont été bien différenciées par Fuchs, des lésions inflammatoires banales. Nous parlerons bien entendu uniquement de l’œil sympathisant, puisque personne, à notre connaissance, .n’a eu l’occasion d’examiner un œil sympathisé après une extraction de cristallin. Nous insisterons surtout sur les caractères particuliers de linfection survenue après l’intervention. Ceux-ci peuvent se résumer en une phrase : fistulisation de la plaie par interposition d’un tissu étranger entre ses lèvres.

Dans l’obs. XXXIT de H. Merz, l’examen anatomique de l’œil énucléé montre que la capsule cristallinienne, cause d’une cataracte secondaire, était pincée dans ia plaie cornéenne.

Dans l’obs. XXXIX, Horner constate un enclavement de la capsule exerçant une traction sur la z0nule et le corps ciliaire qui avait été ainsi décollé.

Dans l’obs. XXXIV, Wagenmann donne des détails aussi nombreux que précis sur l’examen de l'œil opéré. Il montre comment l’absence de cicatrisation dans l’angle de la plaie, est causée, non par une adhérence irienne et capsulaire, mais par un mauvais affrontement des deux lèvres qui a favorisé une interposition de la membrane de Descemet et la formation d’un véritable kyste intra-cicatriciel.

Duverger, au cours de l’obs. XX, a constaté un pincementide l'iris.

Truc, après un examen très minutieux, montre que les deux lèvres de la plaie sur les coupes voisines du méridien vertical, sont nettement séparées ; aucune fibre cornéenne ne vient se souder avec les fibres de

PAS ess

la sclérotique. L’iris est pincé vers l’angle externe, et la partie interne de la plaie opératoire plus large, renferme un lambeau de capsule et un exsudat riche en lymphocytes. ,

Cette dernière constatation, ainsi que celle de Wagenmann qui trouve un gros amas de cocci dans l'angle externe de la cicatrice montre que l’infection prédomine près de la cicatrice opératoire ; Redslob même considère comme une sorte de chancre d’inoculation les lésions existant au voisinage de la plaie.

En ce qui concerne les lésions inflammatoires, nous ne pouvons mieux faire que de donner la magistrale description de Fuchs qui s’est particulièrement occupé de la question :

« Tandis que, dans les cas ordinaires d'infection, lexsudation à la surface libre des membranes oculaires joue le rôle principal, il s’agit ici surtout d’une infiltration du tissu même, qui, de plus, est d’une nature spéciale. On trouve dans l’œil sympathisant (c’est-à-dire lœil blessé, le premier atteint) l’uvée complètement farcie de leucocytes mononucléés (Iyniphocytes) serrés les uns contre les autres. Dans la plupart des cas on rencontre à l’intérieur de ces infiltrations uniformes, des accumulations en foyers de grosses cellules (épithélioïdes), qui renferment assez souvent des cellules géantes. Ainsi se constituent des nodules, parfois analogues aux nodules tuberculeux. Cette infiltration spéciale n'existe souvent qu’à certains endroits, de sorte que l’on rencontre des nodules isolés çà et là dans l'iris, le corps ciliaire ou la choroïde. D’autres fois, l’uvée est occupée complètement, ou tout au moins dans une grande étendue, par ces productions ; et souvent elle en est tellement épaissie qu’elle remplit plus ou moins entièrement l'intérieur du globe. Parfois, l’'infiltration pénètre

même la sclérotique qui est parsemée de nodules isolés ; elle peut ainsi se perforer et permettre la sortie de végétations extra-oculaires. On n’a jusqu'ici trouvé aucun microorganisme dans ces nodules. Néanmoins, il n’y a presque pas de doute que cette affection soit d’origine microbienne, avec cette particularité que les germes n’entraînent pas une suppuration aiguë, mais, comme beaucoup d’autres (bacilles tuberculeux), produisent une inflammation chronique.

Telle est la description, que fait Fuchs dans son Manuel d’Ophtalmologie, des lésions anatomo-pathologiques de lophtalmie sympathique en général. Elle concorde en tous points avec les examens faits sur des yeux opérés de cataracte par Redslob et Truc ; cependant ceux-ci insistent davantage sur les lésions de périvascularite des vaisseaux papillaires. Truc, se basant uniquement sur l’abondance des Iymphocytes et des plasmatzellen, pense que le caractère des lésions histologiques, n’est point inflammatoire et suppuratif, mais revêt le type des irritations tissulaires chroniques. Comme nous l’avons déjà fait remarquer au chapitre de la pathogénie, nous ne pensons pas qu’il soit permis d'éliminer pour ces raisons une inflammation chronique à germe inconnu.

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