TRAITEMENT
Nous avons vu l’évolution et le pronostic de l’ophtalmie sympathique consécutive à l'extraction de la cataracte. Les traitements préconisés contre cette redoutable affection sont aussi nombreux que peu efiicaces en général ; mais malgré l’absence d’une thérapeutique spécifique, il est cependant indispensable de signaler les différentes méthodes employées jusqu’à ce jour, et particulièrement celles qui, entre les mains de certains auteurs, leur ont donné quelques succès.
Ici plus que jamais, il vaudra mieux prévenir que guérir, étant donnée l'incertitude des moyens eéimployés pour combattre cette complication. Nous envisagerons donc successivement la prophylaxie, puis le traitement curatif de l’affection une fois déclarée.
Le traitement préventif concerne les soins préopératoires, le choix de l'intervention, et le traitement d'ordre chirurgical des complications qui ont pu survenir après l'intervention.
L'état des paupières et des voies lacrymales devra être vérifié avec soin. Toute intervention sera différée si ces dernières présentent la moindre trace d’infection. Le sac lacrymal sera au besoin extirpé dans les cas rebelles à tout traitement ; s’il y a conjonctivite, cette dernière sera combattue énergiquement par les grands lavages, l’instillation de collyres appropriés et la vaccinothérapie. Notre Maître, M. le Professeur Cange, a fait préparer dans ces derniers temps par l’Institut Pasteur, un vaccin provenant des cultures faites avec le pus prélevé systématiquement dans toutes les panophtalmies post-opératoires, traumatiques ou spontanées, qui sont opérées dans son service.
ASE
Tous les sujets subissent un traitement préopératoire : avec ce vaccin, pendant les 4 ou 5 jours qui précèdent intervention. De suite, après l’extraction, nous leur faisons aussi 10 cc. de sérum anti-pneumococcique ; nous avons eu tout de même à déplorer dans le service quelques panophtalmies, dont l’examen microbiologique et les cultures ant révélé la présence de pneumocoques.
Le pansement d’épreuve est, d’autre part, appliqué pendant 24 heures, sur tous les yeux qui doivent subir Pextraction de la cataracte.
Ces conditions d’opérabilité étant parfaitement réalisées, quel est le procédé opératoire à choisir. Ici, les avis sont partagés. À la clinique ophtalmologique, notre Maître reste fidèle à l’extraction combinée, bien que l’extraction simple lui ait donné dans certains cas de très grosses satisfactions. Il ne faut pas perdre de vue « qu'entre les mains des meilleurs auteurs, l’extraction simple donnerait 10 à 12 % d’enclavements de l'iris » (Kalt), c’est pour cette raison que le Professeur Cange ne la pratique pas couramment.
On a fait le reproche à l'extraction combinée de favoriser le pincement irien dans les angles de la plaie, et nous avons vu précédemment que c’était une des causes incriminées dans l'affection qui nous occupe. Pour obvier à cet inconvénient, la réduction soigneuse des angles sera donc un point de technique qu’il faudra toujours exécuter avec beaucoup de soin:
La suture de la cornée‘est fort prisée par Certains auteurs ; Kalt, qui en est l’innovateur, la conséille au cours de lextraction de Ia cataracte, pour mettre à couvert l’opérateur contre la hernie de l'iris. Il là considère comme contre-indiquée dans les yeux atteints de larmoiement, de conjonctivite chronique, toutes les fois en somme que l’infection est à redouter. Nous ne saisissons pas très bien cette manière de voir et
nous pensons au contraire que le fait de coapter le plus rapidement possible la plaie opératoire et de la maintenir telle par la suture, mettra bien davantage et plus rapidement à l’abri d’une infection possible le milieu oculaire. Employée systématiquement pendant un certain temps à la clinique ophtalmologique, celle-ci n’est plus exécutée que dans les cas où on lui considère des indications intéressantes, telles que chez les malades indociles et primitifs, qui touchent leur pansement et qui,en serrant convulsivement les yeux, s’exposent à la hernie de l'iris ; elle est de même indiquée chez ceux qui sont justiciables d’un traitement ambulatoire et dans les cas où une issue du vitré est prévue.
La taille d’un bon lambeau conjonctival au cours de l’extraction combinée nous paraît remplacer avantageusement la suture de la cornée, et c’est cette méthode qui a les préférences de notre Maître. Elle supprime, en effet, un temps assez long et assez délicat ; d'autre part, elle assure d’une façon presque immédiate la parfaite coaptation des lèvres de la plaie. Nous disons presque immédiate, car en effet au cours de bon nombre d’interventions, nous avons vu l’aide être obligé de décoller le lambeau et de le récliner sur la cornée pour permettre l'issue du cristallin entre les lèvres de la plaie qui s’agglutinent avec une rapidité surprenante.
Le pont conjonctival de Vacher est préféré par certains auteurs ; à notre avis, tout en lui reconnaissant un avantage incontestable, il nous paraît devoir constituer une gêne dans les cas de dystocie exigeant des
. manœuvres délicates, difficiles et rapides.
Nous ajouterons enfin qu’une des conditions de succès de l'acte opératoire réside dans la docilité absolue du malade. C’est dans ce but que nous réalisons désormais d’une façon constante l’akinésie pal-