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vu une chemise blanche à la petite G'**, et ne l’ai jamais vue coucher dans des draps blancs. Comme la dame G*** il avait point assez d’aisance pour avoir une domestique, c’était elle qui soignait son appartement; il n’était pas mieux soigné que sa fille, et je ne crois pas que le carreau du sol des trois appartements que je lui ai vu occuper dans l’espace d’un an ait été jamais balayé; que les carreaux de vitre , pas plus que les joues de sa fille , aient jamais été lavés; je ne crois pas que la poussière ait jamais été dérangée des lieux où elle jugeait convenable de se placer. Quant aux aliments donnés à la petite malade, c’était sa mère qui les apprêtait , et c’est dire assez combien elle était mal et irrégulièrement nourrie. En outre, pendant six mois, elle a occupé un appartement situé au fond d’une arrière-cour , où ne pénétrait qu’à peine la lumière solaire et où l’air ne se renouvelait pas. Et dans cet appartement si insalubre déjà , la jeune malade occupait une alcôve profonde, obscure et sans air, où elle entrait tous les soirs à huit heures, pour n’en sortir le lendemain que de dix à onze heures et souvent à midi. C’est pendant ces six mêmes mois que le traitement ,
alors aussi fort négligé , a donné le moins de ré-
sultat.
Maintenant considérons la nature de cette glande engorgée, et surtout sa situation. Elle datait de quatre ans; sa surface externe était dépouillée de peau, et il semblait qu’un médecin opérateur qui eût voulu l’enlever, n’aurait eu qu’à la soulever avec une érigne, afin de la détacher des parties sous-jacentes; ce n’était que par cette face, beaucoup moins étendue que celle dénudée, que la glande conservait ses rapports avec le système général. L’action d’un traitement interne ne pouvait, donc être que fort
ente et fort difficile. Dans ce cas , le traitement par l’or a fait ce qu’eût fait l’instrument tranchant; il n’a pas fait revenir à l’état normal un organe malade , mais il en a déterminé l’entière disparition.
Voici aujourd’hui (15 août 1835 ) six ans et demi que cette cure difficile a été obtenue, et aucun symptôme n’est
venu la démentir. J’ai assez souvent des nouvelles de la petite G***, et je sais qu elle se porte toujours aussi bien , quoiqu’elle soit toujours aussi malpropre.
M. Fuzet du Pouget, docteur en médecine de l’Université de Montpellier, inspecteur des eaux thermales de Saint- Laurent, a aussi administré le muriate d’or dans le traitement des scrofules, et le succès a couronné cette tentative. Je regrette qu’il n’ait pas pu envoyer d’observations complètes à M. Ghrestien, mais du moins les lignes suivantes, extraites d’une lettre écrite à mon vénérable confrère , attestent ses succès.
* Je puis citer encore deux observations marquantes où » 1 usage du muriate d’or a produit les plus heureux effets « dans des engorgements glanduleux anciens dus à un prin- » cipe scrofuleux : ce remède a agi avec promptitude et » énergie. »
M. Fuzet du Pouget administre le perchlorure dissous dans l’eau distillée dans la proportion de quatre grains de sel pour dix onces deau, et a la dose d une cuillerée à bouche de cette solution prise le matin à jeun dans une tisane appropriée. Saus me prononcer absolument sur ce mode d’administration , je dirai qu’il m’a peu réussi dans le petit nombre d’essais que j’en ai faits. Ce n’est pas que je n’aie, assez souvent même, administré le sel triple à l’intérieur, mais ce n’était pas l’eau distillée qui lui servait d’excipient, il faut dire que, par cette mé-
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thode, le sel aurifère est administré sans aucune décomposition, et que par conséquent on sait bien les proportions qu’on en donne. Mais aussi, et par cette même raison, cette solution conserve toutes les propriétés irritantes (1) qu’on a trop généralement attribuées au pei chlorure d’or et de sodium, et il faut trouver un estomac qui soit dans des conditions bien favorables , pour qu’elle ne soit pas rejetée ou ne détermine pas une irritation gastro-intestinale. Je ne voudrais cependant pas que l’on induisît de mes paroles qu’il faut absolument repousser la méthode employée par M. Fuzet du Pouget dans le traitement des scrofules, par le gendre de M. Chrestien, M. le docteur Bourquenod , dans le traitement de la syphilis (2), et par moi-même (3).
(1) M. Berzélius ayant reconnu que le cyanogène pouvait se combiner avec l'or et foimer un cyanure d’or, M. Fourché , après M. Chrestien , a expérimenté avec cette nouvelle préparation aurifère. Il la croit plus efficace, et cependant moins irritante que le perchlorure d’or et de sodium ; il l’administre aussi dans le traitement de la syphilis et des scrofules. Le nouveau sel s’emploierait aux mêmes doses et sous les mêmes formes que le sel triple, mais il aurait sur lui 1 immense avantage de ne pas se décomposer quand on le mêle à des extraits ou à du chocolat pour en faire des pilules ou des pastilles ; il n’est pas soluble dans l’eau. Je ne laisserai point échapper la première occasion qui se présentera d’expérimenter avec ce nouvel agent, et je ferai soigneusement connaître le résultat de mes recherches.
(2) Mémoire sur l’emploi à l’intérieur de la dissolution de chlorure d'or et de sodium dans le traitement de la syphilis; par M. le docteur Bourquenod, agrégé en exercice à la Faculté de Montpellier , et médecin en chef de l'Hôpital général et du dépôt de police de la même ville. Gazette médicale de Paris , tome II, n°9 17 et 18, 23 et 3o avril 1801.
(3) Sans trop la préconiser, j’ai indiqué cette méthode dans
Pourquoi, en effet, cette prohibition absolue P la solution de deuto-chlorure de mercure n a-t-elle pas souvent été administrée de cette manière, et avec succès ? or je n’hésite pas à proclamer que la solution mercurielle est plus irritante que la solution aurifère. Mais enfin , celle-ci l’est aussi, quoiqu’à un moindre degré , et je crois qu’il est de mon devoir de mettre mes confrères en garde contre elle, surtout quand je songe que , par suite de cette circonstance que cette méthode peut plus souvent que toute autre donner lieu à quelques accidents , il peut arriver qu’un essai malheureux dégoûte un praticien de l’emploi d’un médicament contre lequel il existe déjà tant de préventions injustes. Pourquoi du reste, à moins d’indications particulières , y avoir recours , quand le mode d’administration conseillé par l’inventeur des préparations d’or offre tant d’avantages? Je dois dire en effet qu’il existe une foule de cas où for n’a dû sa supériorité sur d’autres agents thérapeutiques qu’à la facilité qu’on a de l’administrer sans l’envoyer directement dans l’estomac.
Ojbserv. V, extraite de ma pratique. Engorgement des glandes du cou Traitement de cinq mois par 4o grains d’oxide d’or par la potasse. Amélioration considérable.
vr • . . >
Mademoiselle Adèle X/*' est âgée de vingt ans, elle est d’une taille et d’une force ordinaires. Je n’ai pas pu avoir de renseignements sur l’état de santé de son père et de sa mère. Quand elle vint au monde, elle portait à un des pieds une petite tumeur qui fut dissipée sous l influenee d’un traitement sans doute local , sur la nature duquel la malade
mon ouvrage ( page 70), et j’ai rapporté une observation où elle m’avait réussi (page 171); mais de nouveaux faits moins favorables ont diminué ma confiance en ce mode d’administration.
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n’a pas su m’éclairer. Ce qui paraît bien certain, c’est que, peu de temps après la disparition de cette tumeur, il se manifesta un engorgement glandulaire au côté droit du cou. A l’exception d’une de ces glandes qui se développa et s’abcéda (une cicatrice ressemblant à celle d’une brûlure, et située au milieu de la joue droite, est restée de cet abcès), l’ engorgement ne fit aucun progrès jusqu’à l’âge de quinze ans , époque de la première menstruation, qui fut facile et sans accidents. Vers l’âge de deux à trois ans, qui est aussi celui où se manifesta l’engorgement des glandes, la tête devint le siège d’une éruption qu’on qualifia de gourmes , et qui se passa et se renouvela chaque année jusqu’à l’âge de treize ans ; on ne lui opposa aucun traitement. A partir donc de l’âge de quinze ans, l’engorgement du cou commença à faire quelques progrès lents , mais chaque année plus sensibles, et le 22 mars J 833, époque où je vis la malade pour la première fois, la glande sous-maxillaire droite avait le volume d’un petit œuf de poule, était fort dure et fort sensible quand on la touchait. On trouvait ensuite, le long du bord droit de la mâchoire inférieure et jusque sous son angle du même côté, un chapelet de glandes engorgées, mais de moins en moins volumineuses : plusieurs étaient fort dures et douloureuses. Cet engorgement , sans gêner absolument les mouvements du cou, les rendait cependant pénibles. La santé générale eût été bonne , si la malade n’eût point éprouvé un sentiment de faiblesse qui l’accablait; un découragement physique qui l’empêchait de se bien livrer à son état , dont elle a le plus grand besoin pour vivre (elle est couturière) ; si elle n'eût point ressenti sans cesse un peu d’oppression : elle n’a cependant jamais craché le sang , ni éprouvé aucun symptôme qui puisse faire soupçonner un mauvais état des poumons. Quoi qu’il
en soit, Adèle a dans ce moment un appétit assez bon, digère bien , dort de même , est bien réglée , mais peu abondamment.
Je fis immédiatement commencer l’usage de l’oxide d’or par la potasse, uni à un extrait insignifiant, pour être pris en pilules le matin à jeun. Ce traitement dura cinq mois (du 24 mars 1833 au 49 août suivant) , mais à cause des suspensions fréquentes qui eurent lieu sans mon autorisation; car, d’après mes formules, il n’a eu qu’une durée effective de quatre-vingt-dix jours. Dans cet espace de temps, la malade a pris quarante grains d’oxide, en commençant
par un dixième de grain , et en s’élevant jusqu’à six dixièmes , dose à laquelle je l’ai maintenue pendant les trois derniers mois du traitement , et qui est le temps ou elle montra le plus d’inexactitude. L’action du médicament s’est manifestée par une augmentation très marquée de la quantité de sang perdue a\ix époques des règles et par une éruption, dont la membrane muqueuse nasale a été le siège à trois ou quatre reprises. Cet effet critique , qui était accompagné d’un gonflement du nez, inquiétait la malade, et il ne contribua pas peu, malgré tout ce que je lui disais pour la rassurer, aux suspensions quelle introduisit souvent dans son traitement, et que je lui reprochais plus haut. Cette éruption s’accompagna une fois de douleurs de tête assez vives , et par comble de précautions , je fis faire une application révulsive de sangsues. Mais ce qui contre-carra le plus le traitement que je fis faire à mademoiselle Adèle, c’est la vie sédentaire quelle a tenue pendant toute la durée de son traitement, habitant une chambre basse de plafond, peu éclairée et mal aérée.
Faisons maintenant connaître le résultat de ce traitement, que je ne crains pas de déclarer incomplet. Lorsqu’il
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fut fini, l’engorgement était si diminué que la glande sousmaxillaire , qui avait acquis un volume si considérable , n’avait plus que le volume d’une olive, était molle et absolument insensible. De ce long chapelet de glandes il ne restait plus qu’une ou deux au plus, grosses comme un pois, et aussi sans douleur. Cet état de faiblesse que j’ai signalé avait cessé; mademoiselle Adèle avait repris toute la force , toute l’activité qu’on doit avoir à son âge ; son oppression n’existait plus, et, sans être plus abondamment réglée, elle perdait plus de sang par cette voie, l’étant plus souvent, touts les vingt-deux jours au lieu de tous les trente jours.
J’ai revu aujourd’hui (15 août 1835 ) mademoiselle Adèle L***; je l’ai trouvée dans un état aussi satisfaisant que celui où elle était à l’époque où elle a cessé son traitement.
Cette observation n’ést certainement pas de nature à convaincre touts les esprits de la haute efficacité des préparations d’or pour amener la résolution des engorgements glanduleux; elles n’ont en effet, dans ce cas, procuré qu’une amélioration qui, si notable qu’elle soit, rie peur jamais persuader aussi bien que le ferait une cure complète. Cependant, si après plusieurs années écoulées l’engorgement qui persiste encore était toujours resté stationnaire, il y aurait quelque raison de croire que le traitement, insuffisants pour ramener à l’état normal une glande désorganisée, a pu arrêter et limiter pour toujours un travail morbide qui menaçait de s’étendre , et aurait pu peut-être produire les plus grands désordres. Mais, nous le répétons, le temps seul peut éclairer cette question.
Je n’en ai pas moins cru devoir publier cette observation , parce quelle m’inspire quelques réflexions, que
je ne crois pas sans importance, sur les engorgements des glandes. On aurait grand tort de les considérer comme un symptôme peu grave de scrofules , surtout quand ce sont celles du cou qui se trouvent engorgées; en effet, dans un grand nombre de cas, l’engorgement de ces glandes dénote, sinon l'existence detubercules pulmonaires, du moins une disposition à cette terrible maladie ; l’observation suivante, que j’ai recueillie à l’hôpital Saint- Antoine, dans le service de M. le Dr Kapeler (1), servira de démonstration à cette proposition.
Observ. vI. Engorgement considérable et squirrheux des glandes du cou. Légère amélioration obtenue par le perchlorure d’or et de sodium en frictions sur la langue. Phthisie tuberculeuse. Mort.
Vaillant ( Marie-Elisabeth-Victoire), salle Sainte-Marie, n° 8 , âgée de trente ans , porte les apparences d’une bonne et forte constitution. Son père et sa mère lui ont toujours paru sains et bien constitués, mais le premier tenait une conduite assez irrégulière. Elle a eu une sœur aussi forte qu elle, et qui est morte à l’âge de quinze ans, après d’abondants vomissements de sang survenus à la suite d’une suppression déréglés, qui paraît n’avoir été déterminée par aucune cause appréciable. Cette sœur portait, au moment de sa mort, un engorgement des glandes du cou si considérable et si douloureux, qu’il empêchait de tourner la tête dans tontsles sens.
(]) Je m’étais entendu avec cet honorable confrère, qui se distingue surtout par un grand talent pratique et par son zèle consciencieux pour les progrès de l'art de guérir, afin d’expérimenter avec lui sur l'emploi des préparations d’or. Des tracasseries,, qui ne me sont certes pas venues de M. Kapeler, et l’éloignement où je me trouvais de son hôpital, m’ont fait renoncer à ces expériences , dont les résultats promettaient cependant déjà d’être satisfaisants.
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Marie a eu dans son enfance beaucoup de gourmes (1) dans la tête; on les laissa sans traitement malgré leur quantité et leur durée. Elle fut réglée à quinze ans, et continua de hêtre avec la plus grande régularité, jusqu’en novembre 1827, et jusqu’à cette même époque elle a toujours joui de la plus parfaite santé.
Cependant ce fut au moment de sa première menstruation que Marie s’aperçut d’un léger engorgement d’une glande du cou, située à gauche au-dessous de l’oreille. Cet engorgement s’étendit peu à peu et lentement à presque toutes les glandes du côté gauche du cou et à celles avoisinant l’oreille du même côté. Cependant, quoiqu’il fût considérable, les mouvements de la tête étaient restés libi •es et la santé générale parfaite, lorsque Marie entra en septembre 1828 à l’hôpital de la Pitié, dans le service de M. le docteur Lisfranc.
Le traitement qu’on lui fit faire dans cet hospice con sista dans l’usage de la tisane amère , du vin antiscorbutique, d’un régime doux, restreint, et même un pende diète au commencement, et dans des applications répétées de sangsues sur les parties engorgées. A chaque fois on ne lui en appliquait pas moins de 40 à 50, et dan^ l’espace de deux mois quelle est restée à l’hospice de la Pitié, il lui en a été appliqué ainsi 195. Au bout de ce temps , elle sortit avec une très légère diminution dans l’engorgement, mais avec un grand dérangement dans sa santé générale:
(i) Je sais combien cette expression est peu médicale, mais dans l’impossibilité de bien qualifier l’éruption qu’avait Marie , il faut bien me contenter de la qualification donnée par la malade ellemême , surtout quand elle a l'avantage, parce qu’elle est vulgaire , d’être facilement et généralement comprise.
ses règles avaient manqué pour la première fois ; elle était très faible et sans appétit.
Après être demeurée deux mois chez elle, Marie entra à l’hôpital Saint-Antoine. Elle était dans un état aussi fâcheux qu’à l’époque de sa sortie de l’hospice de la Pitié et n’avait pas vu ses règles depuis près de cinq mois. Aujourd’hui (25 avril 1829) l’engorgement dont nous avons parlé occupe tout le côté gauche du cou et s’étend derrière ; il est fort considérable, bosselé; il résulte évidemment de 1 agglomération de glandes tuméfiées et dont plusieurs ont acquis un très-gros volume. Après quelques jours de repos et un régime alimentaire un peu fortifiant, la malade commence le 2 mai l’usage du perchlorure d’or et de sodium en frictions sur la langue à la dose de 1 /20e de gr. par friction; la friction est faite le matin après le déjeuner. Des cataplasmes adoucissants sont appliqués pendant tout le jour sur la tumeur.
5 mai. — On observe un peu de diminution dans l’engorgement; une glande située près de l’oreille et qui était rouge, gonflée, molle, et faisait craindre qu’elle n’entrât bientôt en suppuration, est aujourd’hui moins saillante et moins rouge. — A dater du 10, on fait deux frictions par jour, la seconde est pratiquée le soir après le souper. Marie re marque une augmeentation très marquée dans ses urines, elle urine plus souvent et beaucoup à la fois. — 15, — Marie est beaucoup moins faible qu à l’époque de son entrée, elle a pu faire le tour des salles, tandis qu’auparavant elle ne pouvait même pas rester levée sans être à tout moment sur le point de se trouver mal; elle commence en outre à avoir un peu d’appétence pour les aliments; il existe aussi une légère diminution dans l engorgement des glandes.
22 mai. — -Avant de commencer l’usage du perchlorure
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d or et de sodium , Marie toussait 5 elle avait eu antérieurement à plusieurs reprises le dévoiement et des sueurs nocturnes qui l’affaiblissaient beaucoup : ces symptômes cependant ne s’étaient pas représentés depuis son entrée à l’hôpital. L’augmentation de la toux me détermina à examiner la malade avec le plessimètre et le stéthoscope, et je ne trouvai qu’un peu de résonnance sous chaque omoplate; elle me parut plus marquée à droite. L’augmentation de la toux avait engagé M. le docteur Kapeler à me proposer de suspendre le sel aurifère (1), et la malade fut mise à 1 usage des juleps calmants, avec addition d’acide prussique médicinal, Une expectoration de crachats floconneux, nageant dans un liquide albumineux , et qu’on peut comparer pour l’aspect à des têtes de camomille nageant dans de l’eau gommée, ne tarda pas a survenir, alla chaque jour en augmentant, se compliqua bientôt d’une diarrhée colliquative, et la malade succomba le 12 juin.
Elle fut ouverte le 13, sous les yeux de M. Kapeler, et en ma présence.
Les poumons adhèrent par leur sommet ; ils sont criblés dans toute leur étendue de tubercules à différents états et en plus grande quantité dans les lobes supérieurs. J1 existe au sommet du poumon droit une excavation capable de recevoir une petite noix. — Le foie s’étend d’un hypocondre à l’autre, et se prolonge beaucoup au-dessous de
l’ombilic. Il est mou, et son tissu se laisse facilement dé-
(1) Si j’avais eu alors l’expérience que j’ai aujourd’hui des effets des préparations d or, jé n’eusse pas consenti à ce qu’on suspendit l’usage du perchlorure, j’aurais seulement demandé qu’on modifient le mode d’administration, et qu’au lieu d’être administré en fric-
lard mes motifs pour parler ainsi.
chirer. La vésicule est remplie d’une bile diffluente. — La muqueuse gastro intestinale est pâle , ramollie et épaissie. On trouve quelques petites ulcérations vers le tiers inférieur de l’intestin grêle. — Les glandes mésentériques sont petites, mais squirrheuses. — Le pancréas est squirrheux. — Les ganglions engorgés du cou sont d’un tissu homogène , dur, résistant , criant sous le scalpel, lardacé , squirrheux. Autour des deux plus volumineux de ces ganglions , on trouve un ramollissement comme pultacé et ressemblant à de la matière encéphaloïde. — - On trouve dans les aisselles des altérations du même genre.
Ainsi, on le voit, l’engorgement des glandes du cou peut être un symptôme des plus graves , et je n’hésite pas à dire que c’est un symptôme fâcheux dans la plupart des cas. Aussi chaque fois que je suis consulté par des malades qui ont des glandes engorgées au cou , aux aisselles ou aux aines , je dirige toutes mes questions dans le but de m’éclairer sur l’état des poumons, que je soumets toujours à un examen attentif. L’absence de tous signes commémoratifs ou de tous symptômes qui dénoteraient une irritation de cet organe , ne me laisse même jamais dans une sécurité complète , au sujet des personnes atteintes d’engorgements glanduleux, surtout quand elles se
montrent d’une cure difficile , comme chez Adèle L .
( Observation Y ). Aussi ne serai-je que médiocrement étonné de voir plus tard cette jeune personne succomber à une phthisie tuberculeuse. La complète disparition de l’engorgement qu elle porte encore au cou pourrait seule me donner une sécurité complète. D’après ce que je sais des effets éloignés de l’or, je ne crois pas ce résultat impossible.
Quoi qu il en soit de la gravité des engorgements glan-
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duleux , je considère l’or comme mi des plus puissants moyens qu’on puisse employer pour les résoudre , et je suis heureux de voir cette opinion professée par un des membres de cette Académie. Voici dans quels termes s’exprimait Dupuytren , en août 1819 , dans une consultation que M. Chrestien possède en original :
« Je suis d’avis quen retournant dans son pays on » prenne les eaux de Plombières en boissons , en bains , et » surtout en douches, aussi long-temps que la saison le » permettra. Qu après ce temps on se mette à l’usage du » muriate triple dor et de soude , tel qu’on le prépare à » Montpellier, d où le malade le fera venir. Il en usera à » doses très-modérées, et s’appliquera bien plus à en conti- » nuer long-temps l’usage qu’à le prendre à hautes doses. La » dose ordinaire est d’un huitième de grain : il pourra par » degré venir à un sixième , à un quart de grain , même à » un tiers parjour; il s’en servira en frictions sur la langue. » Un des effets de l’administration de ce remède est un peu » de fièvre , et c’est aussi de cette fièvre et du mouvement » général qu elle imprime à l’économie, qu’on espère la » résolution des glandes, depuis si long-temps engorgées , » et celle des tumeurs qui se sont formées en divers lieux. » Toutefois , si cette fièvre devenait trop forte , il faudrait » la modérer en suspendant l’administration du remède et » en prenant quelques délayants. Il est peu de remèdes qui » agissent aussi puissamment que celui-là sur le système » glanduleux. D’ailleurs , pendant son emploi, sobriété et » soin d’éviter le froid et l’humidité. Je ne pense pas qu’on » doive jamais avoir recours àT extirpation. »
Certes, il est difficile de mieux exposer la manière d’agir de l’or , les avantages de son emploi , et les soins à prendre pendant qu’on en fait usage.
Observ. VII , recueillie par moi à l’hospice des Orphelins de Paris. Engorgement et ulcération des glandes du cou. Guérison par l’usage de l oxide d’or par la potasse en pastilles, Traitement de quatre mois.
Simon (Marie-Louise-Julie), âgée de neuf ans, ne porte sur sa physionomie aucun des caractères de la constitution scrofuleuse ; son teint est de la plus grande fraîcheur, il est rose et blanc; et cependant on observe à l'angle externe de l’œil droit et sur la joue gauche des cicatrices d’anciens abcès. Tout près des cicatrices de la joue existent aujourd’hui (6 mai 1829) de nouveaux engorgements avec ulcération , et plus en arrière, sous l’oreille, deux glandes se sont nouvellement tuméfiées. Du reste, toutes les fonctions se font bien.
Le 12 mai, survient un état scorbutique de la bouche: les joues sont gonflées; les gencives, d’un rouge livide, saignent avec la plus grande facilité; les dents sont déchaussées et leur base couverte de tartre; il s établit une sécrétion abondante d’une salive très liquide non mousseuse et fétide. — M. le docteur Kapeler prescrit des gargarismes avec le chlorure d’oxide de sodium à un seizième. — 14. — Touts les symptômes se sont aggravés. L’inspection de la bouche fait découvrir à gauche, en un point de la face interne de la joue, correspondant à une glande ulcérée sur la face externe , une ulcération considérable à fond gris avec quelques points noirâtres. Continuation des mêmes gargarismes ; de plus on -touche l’ulcération avec le chlorure pur. Sous l’influence de ces moyens, les accidents décroissent chaque jour. De petites escharres gangréneuses se détachent , la salivation cesse; la malade peut sortir de sa bouche la langue, qui porte sur ses bords li impression de
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toutes les dents , ce qui prouve assez que, pour un instant, elle a rempli toute la bouche. Le 3 juin, Simon était revenue absolument au même état que le 6 mai, sauf qu’elle était beaucoup maigrie, par suite de l’abstinence forcée à laquelle elle avait été soumise.
17 juin. Simon commence l’usage de pastilles contetenant un dixième de grain d’oxide d’or par la potasse; elle en prend une touts les matins à jeun, et deux à dater du 7 juillet. Le 29 du même mois, on s’aperçoit d’une diminution considérable dans les engorgements existants. Le 5 août suivant, ce mieux est encore plus marqué; les engorgements sont presque entièrement dissipés, et les ulcérations presque cicatrisées. L’infirmière de Simon me fait remarquer qu’elle se développe , grandit , et de plus engraisse visiblement. Une petite toux qui existait au commencement du traitement est entièrement dissipée. Le 14 suivant , j’ai recours à la cautérisation avec le muriate d’or acide pour détruire quelques tubercules et quelques bourrelets résultant d’anciennes cicatrisations.
24 août. Simon a toujours continué lusage de ses pastilles, prises le matin à jeun. Long-temps avant de commencer ce traitement, Simon pissait au lit; mais, par des punitions, on était parvenu à lui faire perdre cette mauvaise habitude. Depuis quelques jours, elle a recommencé, et avec la plus grande abondance; il n’y a pas de punition pour l’en empêcher. Dans les premiers jours de septembre, l’apparition d’une petite fièvre éruptive, qui pourrait bien n’être elle-même qu’un effet critique produit par l’action de l’oxide dor, en fait suspendre l usage. Deux ou trois jours après cette suspension, Simon cesse de pisser au lit.
Le 23 septembre , malgré la disparition de tous les symptômes de f affection scroluleuse, Simon reprend lu-
sage des pastilles aurifères, d’abord à la dose d’une ; le 29, deux, et le 20 octobre suivant, à la dose de trois. Elle continue ainsi jusqu’à la fin de ce même mois, et finit avec lui un traitement devenu tout-à-fait inutile, vujetat satisfaisant dans lequel elle se trouve depuis plus de six semaines.
Observ. VIII, par M. le docteur Michel, médecin à Sain l- André-de-Val'oorgne. Engorgement et ulcérations des glandes cervicales. Inefficacité des moyens antérieurs. Guérison par le perchlorure d’or et de sodium en frictions et en pansements. Trois mois de traitement.
<- La fille du sieur Martin de Tourquilles, commune de » Saint-Mareel-de-Font-Fouliouse, canton de Saint-Andrê- » de-Valborgne , departement du Gard, âgée de 13 ans, » d’un tempérament pituiteux, avait depuis deux ans les » glandes cervicales des deux cotés squirrheuses; elles s’uî- » cérèrent successivement, et avaient réduit cette enfant à » ne pouvoir remuer la tête, qui restait penchée sur l’épaule « gauche. Appelé pour lui donner mes soins, et ayant été « instruit par les parents que divers remèdes, qui avaient été » conseillés par d’autres médecins, n’avaient pas répondu à « leur attente, je me bornai à conseiller l’usage des moyens » suivants : 1° appliquer un cautère à la jambe gauche pour » obvier à toute fâcheuse métastase; 2° purger la jeune » malade touts les quinze jours, avec deux gros de magnésie » calcinée délayée dans une tasse d’eau tiède avec deux » cuillerées de sirop de capillaire, dans la vue d’exciter » faction des absorbants et pour tenir le ventre libre ; « 3° régime tonique et analeptique sans être échauffant ; » 4° frictions faites matin et soir sur la base de la langue » avec le muriate d’or ( un 18e de grain ), et continuées » pendant trois mois; 5° pansement des ulcères deux fois
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» par jour avec le cérat de Galien mêlé avec trois grains » de muriate d'or sur quatre onces de cérat étendu sur de » la charpie. Cette jeune fille guérit parfaitement par l’usage » de ces moyens, et jouit de la plus parfaite santé. Il ne » reste que les cicatrices des ulcères , qu’il n’a pas été en » mon pouvoir d’effacer. »
Observ. IX, par M. Je docteur Portalès , médecin à Anduze , département du Gard. Engorgement et suppuration des glandes du cou. Inefficacité des fondants anciennement usités à l’intérieur et à l’extérieur, des préparations martiales. Guérison par le perchlorure d’or et de sodium à l’intérieur, un oxide en frictions sur la langue et des pilules avec l’extrait de garou et le môme oxide. Traitement de cinq mois et demi. Cure confirmée par un intervalle de dixhuit mois, écoulés depuis le moment où elle a été opérée.
« Madame *** fut atteinte dans son jeune âge, à la suite » de la rougeole, d une ophthalmie très grave et qui ne céda » qu’à l’application d’un cautère à la jambe. Lors de son » mariage , elle fit fermer cette fonlicule avec les précau- » tions requises, et elle continua de jouir d’une bonne santé » jusqu’au mois d’octobre 1809, un an après son mariage.
» A cette époque, elle éprouva une suppression de mens- » trues, et il lui survint un engorgement glanduleux à la » partie latérale droite du cou. On négligea cette indispo- » sition , soupçonnant la grossesse. Le paquet glanduleux » augmenta et s’étendit jusqu’à la clavicule; alors divers « remèdes, pris dans la classe des fondants, furent employés » sans succès , tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ainsi que » les vésicatoires variés et long-temps continués. M. Pagès » d’Alais, consulté, proposa de nouveaux remèdes qui n’eu- » rent pas plus d’efficacité. M. Mejan, médecin distingué de » Montpellier, fut également consulté. Il proposa la reprise » des remèdes déjà administrés , en y ajoutant quelques
« préparations martiales. L’emplâtre de Rustaing fut appli- » que sur la tumeur; il fut remplacé par celui fait avec la » gomme ammoniaque dissoute dans le vinaigre scillitique » avec addition de camphre. La tumeur fut frictionnée avec ” un Uniment composé de saindoux, de fiel de bœuf et de >> camphre. En outre, la malade prit des pilules fondantes » et purgatives.
» Ce traitement fut infructueux; le paquet glanduleux » s’abcéda en deux endroits, s’ouvrit, et il en sortit une » matière puriforme, délayée avec quelques concrétions « blanchâtres.
» Encouragé par les succès que j’avais obtenus de la mé- » thode de M. Chrestien, je m empressai de faire prendre à » Madame *** le muriate d’or en pastilles et l’oxide en fric- » tions sur la langue, en alternant l’usage de ces deux pré- » parations. Ce traitement fut continué avec constance » pendant quatre mois. La malade se trouvant infiniment » mieux, je remplaçai les préparations ci-dessus par des » pilules faites avec l’extrait de garou et l’oxide d’or; elles » furent continuées pendant quarante jours. La malade » après ce terme, jouit de la meilleure santé, et le paquet » glanduleux fut à peine sensible.
» Depuis plus de dix-huit mois que cette cure a été opé- « rée, il ne reste plus qu’une légère dureté des téguments » et la marque des cicatrices. »
Rien de disgracieux comme les cicatrices que laissent après eux les ulcères scrofuleux, cicatrices qu’on p^ut dire caractéristiques, et dont je m attache toujours, dans ma pratique, à faire disparaître les traces. J y réussis assez bien à 1 aide de cautérisations répétées faites avec le muriate d or acide. On se rappelle que cette méthode m’a fort bien
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réussi pour la petite malade de lObserv. IVe. Je lai employée dans d’autres circonstances avec le même succès.
Obsf.rv. X, par M. le docteur Jalaguier, médecin du dépôt de mendicité à Montpellier. Engorgement considérable et ulcération des glandes du cou. Inefficacité des antiphlogistiques et des résolutifs ordinaires. Guérison par huit grains de perchlorure d’or et de sodium à l’intérieur et en frictions.
« M***, âgé de cinquante-quatre ans, d’un tempérament v lymphatico-sanguin , éprouva, an commencement de » janvier 1824 , un érysipèle a la lace, dépendant de ma- « tières bilieuses dans les premières voies. L’administration » d’un vomitif que je prescrivis à ma première visite, l’eau » de veau et une diète sévère , suffirent pour amener en » quelques jours le malade en convalescence, mais il resta » un engorgement considérable , que l’on avait reconnu » dès le principe de la maladie. Cet engorgement occupait « les glandes lymphatiques et le tissu cellulaire du coté „ gauche du cou, et s’étendait depuis la région antérieure « de ce dernier jusqu’aux environs de l’apophyse mastoïde, » et de celle-ci jusqu’à près d’un pouce de la clavicule.
D Vainement employa-t-on les saignées locales et les ré- » solutifs les plus forts, la tumeur fit des progrès rapides, >, la terminaison par suppuration me parut inévitable. Je „ la favorisai; les cataplasmes émollients remplacèrent ceux « que l’on avait d’abord appliqués. La peau s’amincissait « visiblement dans trois points différents, et le cinquième
jour, en enlevant moi-même le cataplasme, j’aperçus » tfois ouvertures d’où s’écoulait un pus sanguinolent et » d’une odeur très désagréable. Les mêmes applications » furent continuées jusqu’à ce que l'inflammation fut dis- » sipée. J’y substituai ensuite les résolutifs les plus actifs , « dont je n’obtins qu’un bien faible résultat.
» Pour détruire un engorgement scrofuleux aussi intense, les remèdes internes me parurent indispensables. M. le Dr Roucher, appelé en consultation, eut la même opinion que moi sur la nature de la maladie et sur les moyens thérapeutiques qu’il convenait d’employer ; il fut décidé que nous administrerions le muriate d’or. Les six premiers grains furent alternativement pris à l’intérieur ou en frictions, d’après la méthode de Clare. Les effets avantageux de ce médicament ne tardèrent pas à être sensibles. Le malade, dont le moral commençait à être affecté, fut bientôt rassuré; la tumeur avait beaucoup perdu de son volume, la déglutition se faisait avec moins de difficulté. II continua son traitement avec scrupule, et cà peine avait-il terminé de prendre le huitième grain, qu’on ne voyait de tout l’engorgement que trois petits points encore un peu résistants aux environs des ouvertures fistultuses , ils ont ensuite disparu complètement M*** jouit aujourd’hui d’une bonne santé, et il se fait un plaisir de dire que c’est aux préparations d’or qu’il doit sa guérison. »
Observ. IX, extraite de la pratique de M. le docteur Düuamel, et recueillie par moi auprès du malade lui-même. Engorgement immense des glandes du cou , dont un grand nombre avec ulcération. Guérison par l’oxide d’or par letain à l'intérieur.
M. Achille M . est aujourd’hui ( 10 janvier 1835 ),
age de dix-sept ans et demi. A 1 exception d une mande maladie qu’il fit à 1 age de sept ans, il s’est toujours bien porté jusqu à quinze ans et demi. Vers cette époque, il éprouva pendant quelques jours un état as^ez singulier, qui consistait dans un froid général s’emparant de lui plusieurs fois par jour, et que le feu d’un poêle fortement
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chauffé ne parvenait point à vaincre. C’est peu de temps après que le malade remarqua quelques grosseurs qui lui étaient survenues au cou , sous la mâchoire inferieure , et qu’il dissimula le plus qu’il put; mais enfin il fallut bien les laisser voir et consulter, tant ces engorgements prirent bientôt de l'accroissement. — Le médecin auquel on s’adressa soumit M. Achille cà l’usage d’une tisane de fumeterre et de pensée sauvage , fit recouvrir les glandes engorgées de cataplasmes émollients qu’on renouvelais fréquemment, et ouvrit avec le bistouri touts les points qui devinrent fluctuants. Les bords de chaque incision qu’on pratiqua se renversèrent, et toutes ces plaies devinrent de véritables ulcères qui se couvrirent de nombreuses excroissances charnues, qu’on réprima sans cesse à l’aide de la cautérisation pratiquée avec la pierre infernale, méthode qui agrandit considérablement les ulcères existants. Cependant, touts les foyers morbides se vidant bien à l’aide d’une abondante suppuration, il ne resta bientôt plus que des ulcérations superficielles , que le malade conserva jusqu’au commencement de Tannée 1834.
A cette seconde époque , vers la fin du mois de février, de nouveaux engorgements se manifestèrent; mais ceux-ci firent des progrès tellement rapides, qu’en moins de dix ou douze jours le cou avait acquis un volume effrayant, à ce point que les yeux étaient presque entièrement cachés par les joues , refoulées vers les orbites. L’engorgement n’avait sans doute pas moins fait de progrès à l’intérieur, puisque la déglutition était si difficile que le malade ne pouvait plus prendre qne des aliments liquides , et qu’encore il ne parvenait à avaler qu’avec la plus grande peine. La tête, par suite d’un engorgement si considérable, avait acquis un tel poids, que le malade ne pouvait plus la porter, et il se
vit obligé de garder le lit afin quelle fût toujours appuyée. Enfin , on pourra se faire une idée de l’énormité de cet engorgement, quand j’aurai dit qu’un ruban, dont les deux bouts venaient se réunir sur le sommet de la tête après avoir passé sous le menton et sur les pommettes , avait ( la mesure ayant été prise au moment du plus grand développement de la maladie) une longueur de 950 millimètres (3 pieds moins 9 lignes), tandis que, maintenant que tout est rentré dans l’état normal , cette même mesure ne donne plus que 620 millimètres (2 pieds moins 1 pouce), ce qui donne une différence d’un peu plus d’un pied.
Tel était l’état de M. Achille M*** quand M. le docteur Duhamel fut consulté ( 11 avril 1834 ).
Le malade fut immédiatement soumis à. l’usage du stannate d’or administré en pilules, en l’associant à un extrait insignifiant. La dose de l’oxide fut d’abord de l/5e de grain par jour et lentement augmentée , elle fut portée à 1 grain le 15 septembre, et soutenue à ce degré jusqu’au 1 5 novembre , époque où la cure était complète • ce qui n’empêcha point M. Duhamel de faire continuer l’usage de l’oxide d’or jusqu’au 15 janvier de l’année 1835. Ainsi, dans un intervalle de sept mois , qui, par suite de la négligence du malade, ne forment que six mois effectifs de traitement, il a consommé 128 grains d’oxide d’or par l’étain. Une trentaine de grains ont été consommés depuis pour assurer cette cure, en tout donc 158 grains.
M. Duhamel a aussi ouvert plusieurs foyers purulents, qui se sont développés pendant la durée de ce second i traitement. Le pus de ces abcès , quoique n’ayant point : encore toutes les qualités désirables , ce qui arrive bien rarement dans ces maladies, était cependant de bien rneil- : leure qualité que celui des premiers abcès, qui ne four-
nirent qu’une véritable sanie. C’est, du reste, un effet constant des préparations aurifères que d’améliorer la nature du pus sécrété pendant leur action. Pendant aussi une grande partie du traitement , le malade eut des urines très-copieuses, très-épaisses, exhalant une fort mauvaise odeur, et fournissant un dépôt abondant. Dans les premiers moments , l’appétit du malade était nul, il fut même long à revenir; cependant il reparut vers la fin du traitement; il est maintenant, et déjà depuis plusieurs mois , excellent, et les digestions sont parfaites.
Je me suis livré à quelques recherches pour savoir si je trouverais quelque cause éloignée ou rapprochée qui expliquât le développement de la maladie de M. Achille M**\ Sa mère paraît être d’une assez chétive constitution , elle n’est cependant jamais malade; le père, depuis plusieurs années, est très-sujet à l’apoplexie. La mère n’avoue aucune maladie syphilitique avant l’époque de la naissance de son fils; mais, quant au père, M. Duhamel croit savoir qu’il a eu de ces maladies. Ni l’un ni l’autre ne se rappellent, pour leur enfance, aucune maladie du même genre que celle de leur fils.
Le jeune malade a toujours habité hors Paris des localités aussi bien aérées que sa demeure actuelle , qui est située au pied de Montmartre, et à l’exception de son temps d’apprentissage, il a passé sa vie, pour ainsi dire, sur le boulevard. Avant de tomber malade , il travaillait depuis six ans dans les ateliers de M. Ledure, qui sont dans un des quartiers les plus sains de Paris et parfaitement aérés. Depuis sa guérison , il a repris le même travail. On voit donc combien il est difficile dans ce cas de bien assigner une cause à la maladie de M, Achille maisy certes , on
ne saurait la rapporter à la viciation de Pair qu'il a respiré (1).
Il est sans doute à regretter que touts les praticiens qui ont employé les préparations d’or n’aient pas soigneusement rédigé l’histoire des malades qu’ils ont traités par cette méthode. En effet, dans les questions de thérapeutique médicale , les faits seuls doivent être invoqués. Cependant, tout en reconnaissant leur puissance, il ne faut pas non plus dédaigner le témoignage des médecins qui, par manque de temps ou pour tout autre motif, se contentent de faire connaître les résultats qu'ils ont obtenus: car en définitive , quoique tronqué: , ce sont toujours des faits. Aussi ai-je eu le soin d’inscrire ces témoignages au fur et à mesure qu’ils devront par leur nature prendre place dans le cadre que je me suis tracé. C’est ainsi que j’ai déjà cité M. le docteur Fuzet du Pouget. Viennent, maintenant MM. Lavigne et Lagrosie. Le premier, docteur en médecine de l’université de Montpellier, et qui exerce à Villefranche , écrivait, le 24 février 1816, à M. Chrestien avec lequel il est lié, dans les termes suivants : « Pour ce qui me concerne , je n’ai mis en usage que » ta préparation ( percldorure d’or et de sodium ) admi- » nistrée à ta manière (frictions sur la langue) , ce qui m’a » parfaitement réussi sur trois sujets couverts de tumeurs » scrofuleuses et pour lesquels on avait épuisé infruc- » tueusement toutes les ressources de l’art : ils ont été » radicalement guéris au bout de six mois.
(1) Cette observation vient donc contredire l’opinion qu’on a émise dans un ouvrage dernièrement publié, opinion que nous aurons plus d une lois occasion de combattre, et qui tendrait à faire considérer I le vice scrofuleux comme se développant toujours par l'influence d un I air vicié.
DE LOU
» M. Lagrosie (I) ton ami, fut appelé il y a sept à huit » mois à *Alby (département du Tarn) , pour une demoi- » selle abandonnée de touts les médecins du pays , à la suite » d’un vice lymphatique des plus prononcés : il a obtenu, » avec ton remède, le succès le plus éclatant. »
De tout ce qui précède, il résulte déjà que l’engorgement des glandes du cou , qui est un des symptômes les plus fréquents des affections scrofuleuses , peut être avantageusement combattu par l’or , et que la complication de l’ulcération de ces glandes ne paraît pas diminuer les chances de succès. Mais dans certains cas , qui ne sont pas rares, ces glandes engorgées, au lieu de s’ulcérer, continuent d’acquérir du volume et en même temps une dureté considérable; elles deviennent squirrheuses. C’est alors que , si elles restent bien mobiles et n’occupent point une place trop désavantageuse, on peut et on doit, si elles deviennent trop incommodes , songer à leur extirpation. Mais les observations suivantes prouveront qu’on peut, avec chances de succès , essayer , avant d’avoir recours à l’opération , d’un traitement par l’or, qui devra toujours être conseillé dans les cas nombreux où celle-ci n’est pas praticable. Pour ma part j’ai combattu par l’or à l’intérieur, et l’iodure de mercure à l’extérieur, un engorgement squirrheux d’une glande du cou , chez un jeune homme d’une assez mauvaise constitution, et que je crois menacé pour plus tard d’une affection tuberculeuse des poumons. J’avais malheureusement affaire à un malade peu exact; cependant j’ai obtenu une amélioration assez marquée. Il est surtout résulté du trai
(1) M. Bertrand de Lagrosie, ancien chirurgien en chef de plusieur armées, auteur d’un mémoire sur le Colombo, présenté à la Société de médecine de Paris, et d’un ouvrage intitulé : Mémoires et observations de médecine pratique. Paris, 1806, in-8°.
tement un isolement plus complet de la glande, de sorte que l’opération, qu’en définitive j’ai conseillée , a dû en être considérablement facilitée. J’ignore si elle a été faite, car j’ai perdu ce malade de vue.
Observ. XII , par M. Vessières, officier de santé à Montpellier. Glande maxillaire très-volumineuse et très* dure. Inefficacité des fondants ordinaires. Guérison par six grains de perchlorure d’or et de sodium.
« Madame B*** portait depuis vingt ans une glande « maxillaire très-volumineuse et très-dure. Les fondants, ad- » ministrés sous différentes formes par des mains très- » exercées , ne produisirent aucun effet. Le muriate d’or, » employé en frictions sur la langue à la dose de six grains, » en suivant les gradations indiquées par M. Chrestien, re- » mit cette glande dans son état naturel. »
Observ. XIII, par M. le docteur Niel, médecin à Marseille. Tumeur considérable au cou, diathèse scrofuleuse. Inefficacité de deux traitements antérieurs. Guérison par quatre grains de perchlorure d’or et de sodium. Traitements de deux mois.
<c Un confiseur, âgé de vingt-sept ans, d’un tempérament » lymphatique, était atteint depuis deux ans d’une tumeur » indolente fort volumineuse, et située vers l’angle maxil- M laire droit. Ce jeune homme qui me fut présenté par »> M. Téran, pharmacien, avait subi deux traitements fort » longs , 1 un et 1 autre inefficaces. La tumeur, plus incom- » mode que douloureuse, était accompagnée d’un peud’op- » pression qui se manifestait surtout le matin, et se dissipait » par l’expectoration de quelques filiments glaireux et dia- « phanes. L’aspect de la tumeur, la mollesse des chairs,
» toute 1 habitude du corps, la pâleur du visage, le gonfle- « nient et l’écartement des ailes du nez, m auraient déjà
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» convaincu de l’existence d’un vice scrofuleux, si ce ma-* » lade ne m’eût appris que ce vice existait parmi plusieurs » individus de sa famille. Mon diagnostic étant bien posé, » je n’hésitai pas dans le choix du traitement, et je prescrivis » le muriate d’or et de soude. Le malade commença à » éprouver les bons effets du remède , dès l’avant-dernière » prise du premier grain divisé en douze fractions * son » pouls fut alors un peu plus élevé et plus fréquent, le » centre de la tumeur fit ressentir quelques élancements. » Pendant l’usage du second grain, divisé en onze fractions, » le centre de la tumeur s’enflamma , et il se forma dans cet » endroit un foyer purulent qui s’ouvrit de lui-même et » fournit environ six onces de pus. L’ouverture naturelle » fut agrandie à l’aide d’un trochisque escharotique, ce qui « facilita l’issue des matières purulentes et découvrit le fond » du foyer de manière qu’on put y porter les topiques né- » cessaires. Une suppuration douce et peu consistante se » soutint pendant l’usage du troisième grain , divisé en dix » fractions. La cicatrisation, la fonte de la tumeur et la » cessation de l’oppression, eurent lieu pendant Fadminis- » tration du quatrième grain, divisé en neuf fractions, et il » est à remarquer qu’une expectoration muqueuse et co- » pieuse, ainsi qu’un flux d’urines qui déposaiant des mu- » cosités, s’établirent pendant l’usage de ce dernier grain , « et se soutinrent encore quelque temps après. »
Observ. XIV, par M. Je baron Girardot (i) , médecin à Varsovie. Tumeur lymphatique considérable au cou. Guérison par vingt-six grains de perchlorure d’or et de sodium en frictions Quatre mois et demi de traitement.
« Une malheureuse mère de deux enfants, âgée de vingt » ans, d’une constitution molle, portait depuis trois ans, » à la partie latérale du cou, une tumeur lymphatique qui, » dans la première année de son développement, avait » acquis le volume d un gros œuf d oie , et depuis s était » accrue au point que la patiente éprouvait de la difficulté » pour respirer et manger. Elle se présenta chez moi pour » que je lui enlevasse , me dit-elle , avec un instrument « tranchant, sa tumeur, qui était comme une très grosse » poire de livre. Je lui promis de l’en débarrasser , mais , » comme depuis deux ans je ne puis plus sortir de chez » moi, j’exigeai d’elle qu’elle y vînt chaque jour; elle » s’y engagea. {Je suis ainsi retenu depuis le jour où,
(1) M. le baron Girardot, mort il y a environ un an à Varsovie, y exerçait la médecine avec* la plus grande distinction; il était né à Sémur en Auxois, où, en 1826, il avait encore un frère juge au tribunal civil. Girardot venait d’être nommé élève à l’Hôtel-Dieu de Paris, lorsqu’il fut obligé de partir; mais après avoir porté les armes quelque temps, il put rentrer dans le service de santé militaire où il se fit remarquer. Voici comment s’exprime sur son compte le Journal de l’Empire du 17 mars 1 8 1 4- '• 0 M. Girardot, chirurgien- » major des chevau-légers polonais de la garde, officier de la » légion-d’honneur , chevalier de l’ordre royal de Pologne , en » donnant ses soins à des blessés sur le champ de bataille, a été » atteint d un boulet de canon qui lui a fracassé la cuisse. Plein de » ce courage qui ne l'abandonna jamais, ce brave fut rencontré par » l’p.inpercur : Sire, si vous avez battu l’ennemi, il m’en restera
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» passant devant un corps-de-garde, mes chevaux se sont » emportés, ont renversé ma voiture, et m’ont ainsi traîné » pendant toute la longueur d’une rue ). Chaque jour donc, » en ma présence, je lui fis faire devant moi ses frictions » avec le muriate triple, dont elle a consommé 26 grains » en quatre mois et demi sans jamais la moindre interrup- » tion, même pendant le temps de ses règles. J’ai la douce » satisfaction de 1 avoir parfaitement guérie , puisqu’il ne » reste aucun vestige de sa tumeur.
» Cette cure a fait grand bruit , car, avant son mariage, » elle servait chez le ministre de l’intérieur, qui, l’ayant » souvent vue avec sa tumeur, et la voyant maintenant » tout-à-fait débarrassée, ne fait que prôner votre méthode. » Aussi, dans la plupart des cas semblables, les médecins » qui ne tiennent point à leur ancienne routine ( Et enim » aures habent et nolunt audire ; adhucque multi sunt inter » illos qui sic agunt ), commencent à la mettre en pratique. » Un des plus famés de la capitale l’emploie sur la priri- » cesse Jablonowik , contre une tumeur ( un cancer ) de
» un souvenir glorieux, vive l’empereur ! Bientôt après S. M. envoya » savoir de ses nouvelles par le grand maréchal du palais.
« M. Girardot fut transporté jusqu’à Greil , où il subit l’ampu- » talion avec un courage héroïque. Sa vie est heureusement assurée » à la société et conservée au bon citoyen ; mais l'armée perd un » homme plein de mérite et de valeur. Ancien militaire , il savait, s) dans les circonstances les plus critiques, pourvoir à tout. Il mettait » le sabre à la main, et faisait les fonctions d’un excellent officier de » cavalerie, lorsque l’occasion s’en présentait. »
M. le baron Girardot , après la prise de Paris , suivit en Pologne le général Krasinski , qui avait commandé le même régiment de la garde impériale d’où il sortait. Il acquit bientôt à Varsovie, où il se fixa, une excellente réputation, méritée, comme médecin et comme particulier.
JjàAS LE TRAITEMENT DES SCROFULES.
» l’utérus (1) ; mais quand il a commencé, il n’y avait plus » d’espoir de réussite , la maladie étant à son dernier pé- » riode. Quoique les douleurs soient moins intenses, on » croit que cette dame succombera dans le cours de ce -> mois. Impossibili nemo tenetur , non possumus ad sanita - » tem reducere , quod jam à longo tcmpore dcstructum est. »
Je trouve dans une lettre de M. le docteur Fodéré , médecin à Blois, adressée à M. Ghrestien, des renseignements intéressants sur l'administration de l’or dans le traitement des affections scrofuleuses. A défaut d’observations rédigées par ce praticien distingué • je transcrirai les passages de sa lettre qui s’appliquent au sujet que je traite.
« .... Je me suis servi du munate d’or plus de vingt
fois , contre des engorgements et des ulcères opiniâtres » qui me paraissaient scrofuleux.... Une lois chez un prov lesseur de langue latine, pour un épaississement et en- » durcissement des deux tissus, cellulaire et muqueux, des » parois de la cavité buccale, et remarquable surtout dans » l’intérieur de la bouche , qui était remplie de grosses » crêtes dures et épaisses. Cette maladie ne pouvait pas « être attribuée cà la syphilis et semblait héréditaire ; en « effet le frère du malade l’avait eue pareillement, et en « était mort (2).
» Je ne puis vous transmettre d’observation détaillées,
» parce que les notes que j’avais recueillies sur cela, comme
(1) Quand le temps sera venu, je ferai connaître le résultat de mes recherches sur 1 emploi de l'or dans le traitement des maladies de la matrice et de ses annexes.
(2) Celte allection me paraît plutôt être de nature cancéreuse que de nature scroluleuse. Ce fait, en le considérant de celle façon , aurait du reste un nouveau degré d’inlérêt.
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»> sur bien d’autres choses, ont été perdues, mais voici ce » que ma mémoire me fournit.
>» 1° Sur les vingt scrofuleux, cinq ont été traités pen- » dant trois mois consécutifs à l’hôpital de Trévoux, dont » j’étais médecin en chef, sans autre remède que des fric- » tiens sur la langue, matin et soir, avec trois grains de » poudre de réglisse, contenant un quart de grain de mu- » riate d’or et de soude (1), et l’emplâtre diachylum sur >» les tumeurs et ulcères. Des cinq, trois étaient des enfants « de cinq à sept ans, et n’avaient que des glandes au cou » et aux mâchoires : guérison complète. Deux autres étaient » adultes; l’un, garçon tisserand, avait des glandes dures » et volumineuses au cou et aux mâchoires; elles formaient » un véritable chapelet. Il est sorti entièrement guéri; » mais comme son atelier était sous terre, il est revenu » avec une nouvelle glande demander de la poudre, et je » l’ai rencontré depuis se portant bien. Le second adulte « était une servante ayant, comme le premier malade, des » glandes volumineuses ulcérées au cou et aux mâchoires; » elles formaient aussi un chapelet de tumeurs et d’ulcères. » De plus, cette fille avait les os du nez engorgés et me- » nacés de carie, avec fistule lacrymale; de plus encore, » elle offrait une tuméfaction des malléoles , avec ulcères » profonds. Cette fille , sans être parfaitement guérie » comme le précédent sujet, est sortie délivrée de ses ul-
(i) Ce mode d’administration était vicieux par la quantité de poudre, ce qui devait rendre la friction embarrassante, et par la nature de la poudre choisie, qui, contenant touts ses principes, devait réagir sur le sel aurifère et le décomposer en grande partie. Celte dernière circonstance explique que M. Fodéré ait pu de suite administrer une si haute dose de sel aurifère, et s’y maintenir pendant toute la durée du traitement.
» cères aux jambes, au visage, au nez, et a été mise en état » Je gagner sa vie par son travail.
» Des quinze autres, en ville ou à la campagne, la fille « d’un tailleur, âgée de dix ans, ayant des glandes engor- « gées, les lèvres tuméfiées, un gros ventre, et toute l’ha- » bitucle scrofuleuse, a été bien guérie par l’emploi seul de « cent vingt paquets de poudre en frictions, et deux pur- » gatifs de jalap. J’ai autant à en dire de la fille d’un maçon. » Une ouvrière ayant la sous-maxillaire tellement dure et » grosse, qu’outre la difformité elle ne pouvait plus mâcher, « a eu l’avantage de voir sa glande diminuer, et a pu ouvrir » librement la bouche au bout de soixante frictions. Une » dame de trente-deux ans , scrofuleuse de naissance et ” ayant peut-être quelque autre vice, n’a éprouvé aucun » soulagement des frictions aurifères; elle n’avait pas non « plus été soulagée par le traitement de Lalouete, que je lui » avais administré. Les autres personnes ne m’ont plus " donné de leurs nouvelles, et quoiqu’on m’ait dit que » quelques unes s’étaient bien trouvées des frictions, je ne « puis affirmer ni pour ni contre, ne les ayantpas suivies.»
« . 4° Le maître de latin a été traité par le sirop
» anti- scorbutique de L>aume , a haute dose, concurrem- » ment avec les frictions aurifères. J’ai eu le bonheur detre » utile à cet homme estimable, car, après deux cent cin- » quante frictions, j’ai pu sentir très 'distinctement les » muscles des bras et des jambes, qui étaient auparavant » masqués sous un engorgement considérable et de nature » en apparence adipeuse; il avait repris de la force, et les » excroissances de la bouche étaient totalement disparues i » mais ici l’honneur est partagé par le sirop anti-scorbuti- » que.
» Je conclurai de mes observations ; 1° que le muriate
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» d’or et de soude, administré en frictions dans l’intérieur » de la bouche a une action bien prononcée sur notre éeo- » nomie ; 2° qu’il agit puissamment en excitant les systè- » mes vasculaire , lymphatique et sanguin ; 3° qu’il n’est » pas toujours sans danger, et qu’il exige des précautions ; » 4° qu’il convient encore plus particulièrement dans les « tempéraments froids , lymphatiques , et chez les sujets » empâtés (1).
» Comme je ne suis animé que du désir de voir faire » quelques progrès à notre art, je suis plein de reconnais- » sance pour quiconque découvre un remède utile. Sous » ce rapport , je n’ai pas hésité à dire du bien de la mé- » thocle aurifère , qui est un service réel rendu à l’huma- » nité (2). »
M. Fuzet du Pouget, dont nous avons déjà invoqué le témoignage, s’exprime aussi dans les termes suivants :
(î) Ces dernières réflexions ne s’appliquent qu'au perchlorure d’or et de sodium, puisque M. Fodéré n’a expérimenté qu'avec le sel triple. Elles ont y: té inspirées à ce praticien par suite d accidents assez sérieux qu’il a observés chez deux femmes atteintes d’affections, l’une de l’utérus , l’autre de l'ovaire : ces accidents n’ont point eu de suites fâcheuses. Nous regrettons bien que dans ces deux cas qu’on retrouvera ailleurs, M. Fodéré n’ait pas donné la préférence à un des oxides.
(2) La fin de la lettre de M. Fodéré . que je ne transcrirai point ici parce qu’elle s’écarte de mon sujet, est un juste tribut d’éloges payé à la méthode iatraleptique de M. Chrestien ( 1). M. Fodéré déclare qu’il s’est fort bien trouvé de l'administration de plusieurs médicaments par la voie d’absorption cutanée, et qu'il compte surtout plusieurs succès dans le traitement de l’hydropisie par les frictions faites sur les extrémités abdominales avec la teinture de digitale. *
(1) 1 vol. in-8. Paris, i$i 1.
« Je puis citer encore deux observations marquantes, où » l’usage du muriate d’or a produit les plus heureux effets
* dans des engorgements glanduleux anciens , dus à un « principe scrofuleux. Ce remède a agi avec promptitude « et énergie. »
J’ai éprouvé quelque embarras pour classer l’observation suivante; j’ai cependant pensé quelle viendrait assez bien après les faits d’engorgement des glandes du cou, puisque les amygdales , sans être des ganglions lymphatiques , ont quelque analogie de forme avec ces organes , et secrétent comme eux un liquide particulier.
Observ. XV, par M. le docteur Méjan , médecin à Montpellier. Engorgement des amygdales, qui sont presque squirrheuses. Inefficacité des fondants ordinaires. Guérison par six grains de perchlorurc d’or et de sodium en frictions sur la langue. Traitement de six mois. Cure confirmée par six années.
« Un enfant, âgé de huit ans, avait, depuis sa naissance,
» le§ glandes amygdales extrêmement développées et en- >' gorgées, presque squirrheuses; chacune avait le volume « d’un petit œuf de pigeon. Cet état pathologique avait « rendu la voix rauque et nasillarde. Ce jeune malade était » de plus sujet à de fréquentes angines, souvent si graves,
» que ses jours avaient été plusieurs fois en danger. Vou- » lant détruire une cause qui devenait de jour en jour plus » intense dans ses effets, j’avais mis en usage plusieurs fon-
* dants et résolutifs usités en pareil cas. Les fumigations ,
» les gargarismes, les dérivatifs et les résolutifs avaient été
* multipliés et variés , rien n’avait pu diminuer l’intensité » des symptômes. Guidé par l’analogie, j’eus recours au »> muriate d’or. J’avais, par l’emploi de ce remède, obtenu
DE L OR
N la résolution de glandes inguinales dans des cas de syphi- » lis; il ne me parut pas impossible d’obtenir un semblable » résultat sur la même affection des glandes du gosier, » quoiqu’elle ne reconnût pas une cause vénérienne. Je mis » donc le malade à l’usage des frictions faites sur la langue » avec le muriate d’or, préparé comme l’a indiqué son in- » venteur. On continua ce remède tous les jours, sans avoir » recours à aucun autre moyen. Les deux premiers grains » furent divisés en seize prises chacun ; les deux suivants en » quinze, et les deux derniers en douze. Pendant le premier » mois du traitement, je n’observai aucun changement, et » l’enfant éprouva une légère attaque d’angine. L’insuffi- » sance apparente du remède ne me rebuta pas; je le fis » continuer, et ce ne fut qu’à la fin du second mois, lors- » qu’on eut employé quatre grains, que l’amélioration fut « très-sensible ; l’engorgement des glandes avait diminué de » moitié ; f enfant avait la voix plus libre, naturelle, presque » point nasillarde. On insista encore pendant un mois sur » l’usage des frictions, et la guérison fut parfaite. Depuis » cette époque, le malade, âgé aujourd’hui de dix afis, a »• repris une voix sonore; les glandes amygdales ont leur « volume naturel, et cet enfant a cessé d’être sujet aux » maux de gorge. »
Cette observation est importante, car l’hypertrophie des amygdales est une maladie fréquente , à laquelle les personnes scrofuleuses ne sont pas moins sujettes que d’autres, et il serait heureux que de nouvelles observations vinssent prouver l’efficacité de l’or pour résoudre l’engorgement chronique de ces espèces de ganglions. En effet , cet engorgement ne détermine pas seulement une gran de difficulté, quelquefois même l’impossibilité de parler, mais il cause en outre fréquemment la surdité, en fermant fou-
Verture buccale de la trompe d’Eustachi, et en s’opposant ainsi au renouvellement de l’air dans la caisse du tympan. C’est un fait que M. le docteur Deleau, qui s’occupe avec tant de succès du traitement de la surdité, a eu souvent l’occasion de constater. Il a, dans les cas de ce oenre, <rénéralement recours à l’excision (1) des amygdales, qu’il pratique à l’aide d’un instrument de son invention. Mais cette opération s’accompagne quelquefois de difficultés insurmontables , et elle peut donner lieu à des accidents assez graves. J’ai eu donc raison de dire qu’il serait précieux de pouvoir suppléer à l’opération par un moyen thérapeutique.
Nous allons voir, dans les observations suivantes, les symptômes scrofuleux se compliquer, et l’ophthalmie se joindre à l’engorgement et à l’ulcération des glandes du cou.
Obseuv. XVI, par M. le docteur Sizaire, ancien médecin des armées, médecin à Peyriac. Engorgement, avec ulcération, des glandes du cou. Ophthalmies fréquentes avec ulcération des bords libres des paupières. Guérison par quatre grains de perchlorure d’or et de sodium et 1 or divisé en pansements.
« Le muriate d’or vient de triompher de scrofules » constitutionnelles chez une jeune fille de Fétine, â^ée » de dix-sept ans.
» Depuis son enfance elle offrait un engorgement glan- « duleux, qui avait résisté à touts les fondants. Il a été » dissipé au printemps de 1826 par quatre grains de muriate " d or , en 16, 12 et 10 frictions. Les glandes ulcérées ont
(i) Il ne faut pas confondre 1 excision ou ablation partielle des amygdales avec leur extirpation, que le voisinage de Tarière carotide interne ne doit jamais permettre de tenter.