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L’ANARCHIE

LA BOMBE Dü PALAIS-BOURBON

10 décembre 1893.

Il s’est trouvé encore un scélérat de plus, qui n’a rien compris aux enseignements que la Société nouvelle lui avait prodigués. On lui avait enseigné qu’il n’y a pas de Dieu, qu’il n’y a rien au delà de cette vie éphémère de la terre, que l’homme est, comme un chien, un assemblage de matières chimiques qui se désagrègent à un moment donné.

On lui avait dit que le vol méritait les plus hautes distinctions de la Légion d’honneur, quand il atteignait un chiffre considérable de millions. On lui avait montré des coquins qui avaient trafiqué cyniquement de leur mandat, rentrant triomphalement au Palais-Bourbon pour y faire des lois.

Les lois ainsi faites n’ont pas paru respectables

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à cet homme insuffisamment intelligent. Toutes ces notions, un peu bizarres, se sont embrouillées dans la cervelle de cet être rudimentaire. Un choc s’est fait dans le chaos de cette tête et, hier, il jetait une bombe du haut d’une tribune.

Nous avons dit assez souvent ce que nous pensions de ces actes qui n’atteignent que des innocents, pour ne pas être obligé de nous répéter.

L’homme s’indignera et frémira toujours en nous devant l’horreur de tels spectacles. Le penseur est bien forcé de reconnaître qu’une Société qui, résolument et de parti pris, commet le crime sans nom d’enlever aux déshérités toute croyance et tout espoir, doit logiquement récolter la moisson infernale qu’elle a semée.

Je ne sais quel est celui qui a eu le premier la pensée de faire fermer toutes les grilles, , afin que les complices de l’assassin ne puissent échapper. La pensée, en tout cas, était très heureuse. Tous les complices du lanceur de bombes étaient sous la main d’un procureur général qui aurait su faire son devoir.

Les complices, ai-je dit, j’ai eu tort. Les véritables auteurs du crime sont les misérables que l’Allemagne et l’Angleterre ont payés pour tuer tout idéal dans les âmes françaises, pour détruire

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