‹ De l'oraison funèbre dans la Grèce païenneChapitre 10 sur 32 · BIBLIOTHECA · texte numérisé non relu

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En résumé , un collaborateur anonyme nous semble avoir altéré l'œuvre de Platon, et le Ménexène, dans son état actuel, ne nous présente que d'une manière incomplète l'amélioration que voulait réaliser le philosophe.

Sans doute on eût pu, avec toute la série des faits mentionnés plus haut, arriver au même but, et faire encore une œuvre éminemment morale et utile , mais il eût fallu concevoir le sujet d'une manière fort différente et même toucher à cette sublime prosopopée si admirée des anciens.

Il eût fallu , par exemple , que l'orateur dît sa pensée hautement sur tous les faits, fît la part du bien, du mal, exaltât les gloires réelles de sa patrie, puis, pour tout ce qui était revers, vices, fautes ou malheurs, recourût à la prosopopée, en la modifiant toutefois. Ainsi, il eût été beau et d'un grand effet peut-être, d'entendre ces morts glorieux, forts de l'autorité que permettent le dévouement et le sacrifice, donner avec douceur, mais avec fermeté , de salutaires conseils, non à la patrie, idole à laquelle il faut laisser tout son prestige, mais à ses enfants tous frères, amis, concitoyens des morts.

Ce cadre eût prêté à l'éloquence, au moins autant que les formes arrêtées du panégyrique ; et, si elle avait dû être prononcée, une pareille oraison funèbre eût été sans doute chose originale, hardie, périlleuse même : mais nous n'avons pas à refaire une œuvre que Platon avait vraisemblablement mieux conçue que personne et qui, parmi ses idées politiques, occupait une place distinguée. Telle est en effet l'importance que l'Antiquité lui assigne ', telle est aussi la valeur que lui reconnaissait Platon,

■ Voir la note 2 de la page 96.

a car, )) fail-il-dire par Socrate au jeune Ménexène en terminant le dialogue et en lui recommandant la discrétion, « ne me trahis pas, si tu veux que je te rapporte » encore quelques beaux discours qu'Aspasie a composés » sur la politique. »

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