‹ De l'oraison funèbre dans la Grèce païenneChapitre 17 sur 32 · ELOGE DE JULIEN · texte numérisé non relu

ELOGE DE JULIEN

Ici devrait prendre place l'éloge funèbre de Julien, si cet éloge était réellement une oraison funèbre.

Il est bien vrai qu'il se présente avec le titre de èmrtxftoç /Ô70Ç, mais il suffit de le lire pour s'apercevoir que s'il est une oraison funèbre, on pourrait en dire autant de la Vie d'Agricola, par Tacite. L'éloge de Julien est une œuvre historique écrite par un orateur.

La vie du prince philosophe y est racontée avec de grands détails et occupe les quatre cinquièmes de l'ouvrage : le reste se compose de réflexions douloureuses et de regrets comme en pourrait présenter une oraison funèbre, mais ce discours n'ayant jamais été prononcé, c'est uue raison de plus pour qu'il n'ait point de place dans notre travail '\ On pense que Libanius le commença du vivant de Julien pour le lui offrir quand il reviendrait de son expédition contre les Parthes ; c'était un monu-

' 1\" siècle après J.-C.

" Le même motif nous dispense de parler d'une leUre de Libanius (la /|07"^«) qui contient aussi un éloi^e du rhéteur Zénobius.

ment qu'il voulait élever à la gloire de son illustre élève *, mais sa mort imprévue l'aurait obligé à changer le titre et le couronnement qu'il avait rêvé pour son ouvrage, de là sans doute le caractère mixte de cette composition.

Elle a, du reste, une certaine importance historique et contient de précieux détails sur cette époque de luttes rehgieuses. Les chrétiens dans leurs écrits n'ont guère ménagé l'apostat dont ils ont eu tant à se plaindre ; Libanius ne les ménage guère non plus : il les accuse d'avoir assassiné l'empereur.

Mais ces questions sont aussi étrangères à notre sujet que le discours de Libanius lui-même ; nous ne nous y arrêterons donc pas.

• Voici le passage sur lequel se fonde celte opinion, il est emprunté à la monodie de Libanius que nous analyserons en son lieu : « Je composais un discours qui devait, comme un charme » magique, préserver l'État de funestes retours (à la religion chré- » tienne, sans doute). Tu mourus, le charme est resté interrompu » et je me suis trouvé impuissant et inerte pour produire de nou- » veau, etc. » (Westerman, p. 45.)

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