RESTITUTION DES TEXTES ALTÉRÉS OU PERDUS
>OTES DIVERSES
J'emprunte à la reslilulion de M. Dehèque l'idée de voir et la iubstitue à celle ^'entendre que portail mon premier travail.
[ae]"X")>(ô)vTwv /3ïî6nfjffe?T[0a«] ai.piji.r. ii-
[pi] Af&)0-&£VOT^; TOO O"t[|0«]
[tï3](7)oO xai TTCot T6JV «r^] 5
[>wv] , Twv ^it' sxitvou [ti]
' Dans toutes nos restitutions, nous indiquons par des crochets \ ; les mots ou parties de mots grecs ajoutés par >1. Babinglon.
[noXj g|xw, wç ^[a-av àv]
. . povoaot
. . wTa((T);r(p) [aÇeeç] . . .
. . crav9^&)(7r]
. . (o]v7rwxcc
• ■ H(p)yax«£w ....
. .(XVTtiAKù
. eyevvïj
. KvâpoLi
. TeTEXs(u)[Tï3X0T«ç]
. . oxtTznp
. . (ok "
M. Babington, dans sa seconde édition, supprime le premier mot. Tre^i, et reporte à la fin de chaque ligne toutes les lettres qu'il avait primitivement placées au commencement de chacune d'elles. L'inspection du Manuscrit semble prouver que c'est l'inverse qu'il fallait faire ^ ainsi les lettres qui terminent les cinq premières lignes n'étaient évidemment suivies d'aucune autre sur ce qu'il reste de marge au côté droit du papyrus. Il y a donc heu de reporter à gauche les additions qui figurent à droite, cela augmente l'espace à remplir au commencement de la première ligne et j'en profite pour proposer, au lieu de tts^I retranché par M. Babington, un vocatif ici nécessaire, soit : w «v(?/;e;, comme dans Lysias, (dise. I, édit. Scheibe), ou mieux : w Tra/sovreç (id., Or. fun.). bien que ce dernier soit peut-être un peu long.
£1 TrapvTCç , twv ^sv \6yMv t wv ^e\)^dvTwv ptiOrifTîa Bu.1 èm TW(?e tw râyw nepi Te AewcrOévouç tou av parvjyoO xat rrspl r&iv à XKfùv, Twv ^et Ixetvov
TeT6)^eyTK3XÔTWV èv T
[ipeç u]yv.Qoîf pà[jOTU^eç]
Colonne 1, ligne 1.
Ou bien
etç TÔ Trapôv', ocrot toOtwv Èv tto 10
>épw, Tà(ç) 7r(|o)|âÇ6£ç] éw^oà
xafftv , olxç àv6cw(7r)ot
oùx eIc?(o)v TTw* xal yà|5 «uet
vovç [é](/5)'ya y.ui wyé).6tav,
cv Travri aècôvi , rj 7rd).tç lo
)9|xwv èyévvr;c7ev o'j^enù
TTOT avcJcaç , evc^oxiuoOo'a
Toï; T67e)>6(u][n(;/.do'iv] yn-j/s
oû^é7r(o)Te t^v twv «».wv 20
Eaaiqvwv £Ae-u9e5r/v.
oùx zi6{o)-j 7T(û y.v.).\i
èv ravTl aîwvi. Ild/iç yào ov> l.S
TTOT èyi'rjTtdVJ Ot-lLlI.
vou; «vc?oa;, gùioy.t^ovo'x.
Totç TgTe).euTï3xd(Ttv Orèo
aùTYîç , oCts TTûOcixévot;
oùc^éTroTe Tr)v twv àV/wv l20
E^).;^v&)v èX6u6€|iiav.
ï.a construction grecque de tout ce passage laisse beaucoup à désirer : Locus corruptus est et mulilus. dit M. Cobet. Il me semble pourtant pouvoir s'expliquer grammaticalement , comme nous l'entendons.
fvàpl ô ijlioç nSt.(jo(.v r«|ition an-
, (Claire.
Tifjv oèxowLpÉVTjJv Èrréû
puerai ra ç uev rojoa; Oix Conjecture de M, Babington. Voir l'orrata, pour le sens do ic passai» .
y.pLVMv , [«et xarà tô 7r](p)s7rov 5
xal x«"Xo[ùç ■Ao.ipovq xaôijffràç Totç (Te («) et
tXSO'(T) WV
(v) ç xai 10
[7r).e]ovà[ÇovT(/.ç twv) a('X]>>wv (7rà]vTwv Tw(v) [st)ç TÔV P[ïov] -x^priai^Mv
L'orateur, dans tout ce passage, énumérait évidemment les bienfaits dont le soleil est Fauteur. Sénèque a dit {De Beneficiis^ liv. VII, chap. 31) : « Solem oui debemus... quod annum cursu » suo tempérât et corpora alit, sata evocat, percoquit fructus, » saxum aliquod... et quidvis potiùs quàm Deum appellat. Nihilo- » minus tamen... non cessant Dii bénéficia congerere... bonasua » pergentes populosque distribuunt, etc.. «
Pour les Grecs, dont les connaissances en géographie étaient fort bornées, le monde, en dehors de l'horizon harmonieux de la Grèce, ne comprenait guère que la froide Scythie et ses horribles habitants au nord ; au midi la zone torride et les peuplades sauvages des noirs Éthiopiens, puis à l'est et à l'ouest des barbares détestés d'un côté, et méprisés de l'autre. Les Grecs, placés dans un semblable miheu, et surlout entre ces extrêmes, pouvaient, par comparaison, se regarder, à tous les points de vue, comme d heureux privilégiés entre tous les membres de la famille humaine. C'est sur quoi je me suis appuyé pour reconstruire cette partie mutilée du texte :
[yàp] ô -rfhtoç TTÔcffav
rrjv o?xov[pisvyj]v znkp
yiiv-iy Tà[ç psv (w]|Oaç §iv.
xpvwv 7rà(7ï [xarà tô 7r](^)s7rov, 5
xat xa/oiç xa*Xà [xaOtJffTaç
TOtç §ï xKXotç xaxà, xai «si
g7rt(|ix]£Awç Te ■aoupoiiç (Jouvat yi
uovTKç Tràcrr/ç wi^s)^s«aç , x«l 10
Ou bien
[7r/c]ovà]ÇovTaç Twv]«(/)y&jv i 7râ]vTwv T'w(v) [d)q rôv ]S[tovj yj,r,fsi^(^v
xai Uv.
/xovTa;. . . 10
On remarquera que les lettres entre parenthèses ( ), c'est-à-dire à peine lisibles sur le papyrus, ont été changées par moi, t en >t, T en ô ou en i ; enfin, j'ai substitué un ix au v que M. Babington vient d'ajouter à sa seconde édition (ligne ^0). Je crois avoir usé d'un droit légitime , car le Manuscrit étant écrit en lettres capitales, un K et un T a demi eflacés deviennent un I ; et un M. un N. Je me suis permis en outre çà et là quelques hiatus: Hypéride ne les évitait pas plus que Platon : nous avons vu (p. 14.^. note -1), que Cicéron en avait remarqué dans le Ménexène. Schneidev\in en constate dans les discours d'Hypéride récemment retrouvés : « ^e evitandi hiatus quidem pusillum studium usque » reperias. » [ Hyper idis or ationes dux. prœfatio ^ XFllI.)
*/.otvw[v ijoywv r:^; Trd^Jeuç ,
Au lieu de «>fyw qui n'est pas grec, on pourrait lire également auç/o), qui ne se prèle ici à aucun sens. Le copiste a pu avoir sous
les veux «At; é'o-rw que jc propose.
Je préfère, je l'avoue, le texte de la première édition à celui de la seconde, et je le maintiens.
Les Grecs mêlaient les cérémonies religieuses à tous leurs actes politiques, aussi pourrait-on traduire encore :
M La Grèce qui s'assemble deux fois par an aux Thermopyles, » reconnaissante de leurs exploits , s'y formera pieusement en » théorie, car en se réunissant en ce lieu, elle se souviendra de » leur \aleur. >>
Cette \ersion est peut-être la véritable : le papyrus présente, après ysviôffovT, un vide d'un centimètre et demi de largeur à la suite duquel on voit deux lettres fort endommagées, puis CTOV très-lisibles. M. Babington n'en a pas tenu compte dans le texte cité plus haut, néanmoins il suppose qu'il y avait primitivement : y£vii(To-'jz[at ymï tjjç «^erÀç rov] twv, etc. Je ne puis croire que douze lettres aient pris place dans un espace qui en contiendrait six au plus. En regardant bien les lettres effacées, je vois sur le Manuscrit un trait arrondi rappelant la partie inférieure d'un B, puis des linéaments qui peuvent avoir été El aussi bien que H ; cela nous permettrait de Wre Oiapol yevh<Tovr[ut evffe](€)eîç toûtwv ë^ywvjetc, à moins qu'on ne préfère èyeÇ^ç avec l'autre lettre et l'autre sens.
Cette phrase était interrogative dans la première édition anglaise ; nous croyons avoir, des premiers, rectifié cette erreur qui a disparu de la seconde.
Passage difficile que M. Cobet croit tronqué : le savant helléniste suppose que le copiste a passé ici une ligne et il la donne entré crochets. En général , nous croyons qu'il faut être trèssobre d'additions semblables ; que de fois l'irrégularité des constructions s'exphque par le mouvement plus hardi, plus impétueux de la pensée ! Aussi avons-nous cherché à tirer le meilleur parli possible de la version que porte le MS. C'est d'ailleurs notre devoir comme traducteur, el nous l'avons observé presque partout malgré le jugement plus que sévère de M. Cobet sur le texte de toute cette oraison funèbre : « INullum c^t socordise et incurias genus, » cujus non sinl in taU codice insignia exempla ^ verba sunt om- •) nibus modis corrupta^ alia negligenter omissa sunt, alla stultè » addita. Itaque subindè sensu vacua sententia est, aut hiulca » aut absurda (p. 26). »
Je regrette quelque peu la version de la première édition : « Car » il assure le bonheur de tous, indépendamment du sien, celui qui » tient ferme à son poste. » D'abord elle était j)lus conforme au MS, elle pouvait s'autoriser de passaj^es analogues dans Déniosthènes (01. A.. ^ A), et dans ïyrtée (fragment de Stobée et de Lycurgue) ; la pensée y gagnait quelque chose de plus énergique et de plus substantiel : on évitait en outre l'équivoque du sujet de fzctt qui me semble bien plutôt «cerrj que iuvdidx ; enfin le mouvement et l'harmonie de tout le contexte y trouvaient encore leur profit.
p^Tj/acrt y.xl TâûÇovxai , 7rQct<?£; i[f6]
<?10V il; TTJV TTfiàç TÔV «Jvj^OV 6[ùp£V£tJ
av Tïjv Twv oùx à7ro).w).6Tw[v] 5
àjSETXJv — oO yàp ÔsptiTÔv
TOUTOU TOO OVÔy.V.'ZOÇ TU
^tîv Toùç 0-JTw; uTrèo
xa)>wv TÔV ptov iy^iTTÔv
Taç â>>).(à) Twv TÔ Ç^v 10
eù((J')a£(p)[dv]wv rà^tv ac Tï3>>).«;^0Twv — t^oyarj.
Ce passage, pour plusieurs raisons, ne me paraît pas admissible ; d'abord il faudrait qu'on eût, au commencement de la phrase : « Uoù.(f>y.ï yàawv zezvyji/.'xat rj T£-j;ovTat » elles ont eu OD elles auront. Dût-on admettre la légitimilé de xal il resterait encore à expliquer pourquoi Traîne; n'est point précédé de cette même conjonction ou suivi de l'enclilique re qui accompagnent d'ordinaire tout dernier terme d'une énumération, et enfin comment c;ouff'. se trouve si étrangement sépar»' de son sujet et de son régime par une parenthèse inlcrminable. Si néanmoins on adoi)le la version anglaise , je proposerai de fermer la parenthèse après tx/tr6vT«;. C'est ce qu'a fait M. Cobet ; loulefois,la modilicati.in (juil apporte à la fin de cette phrase rend peut-être diflicile l'emploi de rwy
(ligne -JO). La liaison naturelle des idées réclame en effet : -rriv êcpsT/i'J rwv oùx à7ro"X&>)>()Twy... «)J.à |/eTfl)>)a;^OT&)V... bien plutôt que :
Les distractions continuelles du copiste nous donnant le droit de le soupçonner ici, ou d'avoir passé quelque chose, ou d'avoir altéré plusieurs terminaisons, voici, en ajoutant un article, en changeant la ponctuation et quelques fins de mots, une construction qui me paraît plus claire, plus logique, et que M. Babington semble approuver dans sa seconde édition ' :
à^ùfrxt yàuwv
7WV TTfjOCT'fiy.ÔvrMV IvVOW.WÇ T6TU
av, TflÇ" TWV oux 0C7ro"XwAdTw[]vJ 5
«pT^ç , oO yà/3 BsiAlTÔV
ZOVTQV TOU OvdptaTOÇ TV
/stv Toùç ouTwç urrèp
xct'Xwv TÔv ]3tov ex)^i7rdv
Taç, à).).(à) Trjv TWV tc Ç^v 10
T/3'X)^«p^dTWV ï^ovtji-j.
M. Babmgton a abandonné «//ojewv de sa première édition. Je traduis, d'après sa seconde : « Si la mort, amère pour tous les hommes, )) les a conduits à la possession de biens précieux, peut-on, etc.. »
Cette version, adoptée par MM. Sauppe, Cobet et Comparetti, ne me semble pas valoir la première. D'abord elle fait violence au MS en plus d'un endroit de la manière la plus formelle \ et puis, j'aime précisément le doute que marque la rédaction primitive : eî yà/) è-'fi rtç àpotêwv àv îU tôttoç... Cette hésitation au sujet de la vie future, succédant à une affirmation donnée sans réserve, est un des traits saillants de tous les devanciers d'Hypéride ; chan-
' Caffiaux higeniously places the comma at TCTvp^^xaat, and changes èfQâtov and tyjv «^tyjv into genitives.
geons ce passage et il ne paraît plus qu'afTaibli dans son oraison funèbre. Tout, peut-être, nesl pas ici de tout point s.itisfaisani, mais, en somme, cette version est encore la plus conforme au texie du papyrus qui porte nettement «aotS'^v et fait pressentir ron-o;, dont le premier o et le ~ se lisent assez bien.
Même regret de voir abandonner le texte de la première édition. D'abord v.c^v.tjb'-xi est bien i)lus conforme que ùi'jjjfjcjxt au mot estropié que porte le papyrus, et, de plus, il donne un sens parfaitement en rapport avec tout le contexte : il suffit en effet de jeter les yeux sur uù.\-jy, l^ ào/j.ç yeyovjvxi... de la ligne ^5 (col. -H) pour s'apercevoir que ckc'zv.cOu.t.... ysyove ne fait que continuer la même idée en reproduisant les mêmes expressions.
J ai substitue rdro; à y.xirjj; et xatcô; à rdro;, ce qui fait disparaître une difficulté inhérente à ce passage (col. -H, lignes 29 et 3^). Dans l'état actuel du MS nous avons :
£v w Ç/3>ou y.vX "zCi^j vjriu.07v.70i'j i7:y.h<ti'j TV/^^âvovraç o'Jy. o'^dpiîôa ; TTOTE^ov oOx iv Toî: zr,; 7rd).ewç ùyof.Bol; ; ùùà t« oià. tovtov; '/syovdra TÎvaç ujjxjv; f, tovtou; £7raiv£ta-0at y.yX av/ju/;; 7'jy;^âvE£v ûoiiicit ; àVA' oC/. £v Ty.t; tc?r/tç vjt: ^'jX'-'^^^ î «■' /■ • • •
« En quel ienips ne parlerons-nous pas de leur courage , en ') quel lieu ne les verrons-nous pas l'objet de l'émulation et des >' louanges les plus honorables ?... IS'e sera-ce pas dans la prospé- » rite publique, etc. •>
Qui ne voit l'absence de liaison que présente cet ordre d'idées ? Commenl mettre en relation l'idée de lieu (rdro;) avec l'idée de prospérité qui ne peut s'accorder qu'a\ec celle de temps (xattô;) (
Doit-on. par un artifice de traduction, en rendant inutile la négation qui accompagne rorscov, en liant par la conjonction et ce qui est nettement delache dans le texte, et enfin en se servant de l'adverbe ow, diminuer l'incohérence signalée : « Quand pcr- » drons-nous le souvenir de leur coura?e et ou ne seront-ils pas » l'objet de lemulatiou et des louanges les plus honorables ? Sera-
.) ce dans la prospérité, etc.. » La difficulté, pour être déguisée, n'en subsiste pas moins tout entière.
Dira-t-on que Td;roç n'est qu'un synonyme de /.««poç qui le précède ? Non, car l'orateur ne peut, en dépit de la sobriété attique, avoir employé deux propositions successives pour ne dire qu'une seule et même chose. D'ailleurs la manière très-déterminée dont le mot est employé {ri; xônoq h w) repousse l'acception vague de Td;roç, pris au iiguré dans le sens d'occasion à peu près comme dans ce passage de Tacite : « Erit vobis locus querendi. »
Préfère-t-on faire accorder ttôts^v et tout ce qui suit à ces deux propositions prises en bloc ? Mais alors, pourquoi l'orateur les détache-t-il l'une de l'autre d'une manière si visible ? Et surtout pourquoi met-il à la seconde place to'ttoç avec des développements qui font perdre de vue et oublier xae^ôç trop faiblement accompagné lui-même pour commander l'attention et fixer l'esprit au début de la phrase ?
Le plus simple est donc d'opérer la substitution que j'ai faite. Il est évident du reste que le copiste était distrait en commençant ce passage, car il a écrit xapoç. Que si l'on n'admettait pas qu'il a pu involontairement mettre un mot à la place d'un autre, alors peut-être faudrait-il chercher un autre sens et je n'en vois pas d'autre que celui-ci :
« En quel temps ne parlerons-nous pas de leur courage ? En » quel heu ne les verrons-nous pas l'objet de l'émulation et des » louanges les plus honorables ? Ne compteront-ils pas au nombre » des auteurs de la prospérité publique f ( littéralement parmi » les bonheurs de la cité^ etc.) Le bien qui a été leur ouvrage, à i> qui, si ce n'est à eux, vaudra-t-il et la gloire et le souvenir ? Ne I) compteront-ils pas pour chaque foyer parmi ses prospérités do- ») raestiques {ses bonheurs domestiques)^ etc. »
^"Xtxtwv où /Aaxapo'To(i) y6vy3cro[vTai ; Trpwrov |xsv ttccJ ^« TOtç y[sjOouo-tv, ouTOf yàp oc]
yoêov «[ÇoUffî TÔV T^OtTTÔv] 5
|3îov xa[Tà Tiôv «prîwç]
Restitution
âiv. TOJTOu; ■ eretra Tr&c&à rot;
;î>>r/.«'ij(T]at;
7Ù.£xtzr,a 10
xa).wç ff
7rac5<7ro
«r/STov
VeWTâû
TaOVTOV i5
ccjv.yz
(?«0"OVff«V.
out/;vx[g£Tï3v xaraye^.ot]
Traci 20
Çetvct
ixi;Ttve[ç] [îîoO]
yot)^o[7ot]
EU-/3(v)
Ty(7r; 25
7raca(7r]e
4»&vywv y.
Tîiaçcy
Taroîçs 30
aracr/. [w]
(?».t; lrà[(?cvT£;' aefxvo]
TE^ûa yàopÇeffTiv wpcv]
7rs/>l A£wff[6£vou; etrgtv]
xal TÔiv T[eTe).evTï;xdTwv] 35
i7"Xi/iwv où pxxa/5to'To(l)
7«VTQ<To[vTat ; TTOWTov pi«v ra]
fà Toî; y[êoou(nv,]xOTOt; yào oùx «
yoêov «y«v 6|àv tôv tzcA'j 5
^tov x«l aya.v7a,i tàv àoVav
âià toû[touç]* S7r£6Ta rcocpot. toîç ;7Ar/tw(T)«tç, T&i yà^o toutouç
TSA£V»T>3(7C<i , TYJV 7rd"XtV OjOWffî 10
■aoCKmç cs^voiç zs pià'Xec sp^stv.
Ilajoà TTOAÛ (J'è ptKxapt'Çoufftv
at ys TÔv |3t'ov slàiov(T(At
T«, où TdvC?£ ^OtTTOV *, CC/y^ÔV «ÇoTi 15
ffiv ! aOrat jxàTvjv zoiv.âz [c^rou]
(Jâcoufftv KTtoin^eïaOixt Trajoot
£?st'y(|!/)[ajTa , où yào toût&jv ^ïjc^aiix
oO TYjv à[peTY3v] , -^ç a7ro[)>£)>oi]
Tract TràvTKç , (5yv«Tov à'^avt zO
Çeiv. A);)v' £ywy£ âéâoiy.v.
^yj Ttveç ;repl toùtwv [xoO]
yot ).() [701] rà Twv àptffTwv
E)i)v^(v]wv «Troyvwfftv è'pya
Tw TrpoffTtôévat xàç Iv tw 2o
7rajoa(7r]£7rTwxdTt Xl°°^V ^ xaT«
^pyyMv, y.v.imp xu(?t(7Twv, CT^oc
T£taç , £yxwpiàÇovT£ç «Ùtoùç oiJ
(Te T-flç e{u)rxv^pi(/.ç aÙTwv , «)Jà
rà Totç E'Xlïjdj 7r£7r oayf^éva , <jO
«Tracrt -/otvà^ TTOtV/Ttxwç [w]
(?al; l7râ[c?ovT£ç. 2£|:AVciJ
» Indépendamment des compagnons d'armes de Léosthènes, l'assemblée se composait sans doute, à peu près exclusivement, de vieillards ou d'hommes faits dont la vie, comme celle de l'orateur, appartenait au passé, quant à sa meilleure partie du moins ; delà l'expression que nous avons risquée : Tovc^e ).ot7rov, « ce reste dejourr^ ce peu que^ nous ici présents, nous avons » à vivre encore » par opposition avec la vie tout entière ct.nv.vxv. vlC^-jv. que les enfants voient devant eux dans l'aveair. Toute cette restitution du texte roule sur le bonheur des morts ftaxacto-rot, lieu commun signalé dans toutes les oraisons funèbres de la Grèce païenne. J'ai cru pouvoir, sur ce point, m'écarter du sens prêté par M. Babinglon au mot \LV.v.vpi(jxo\. Voir, du reste, pour ce second sens, la savante restitution que M. Dehèque a donnée de tout ce passage.
-niù Aew(T[6£vouç etTretv]
xai Twv T[eT£Aeurfl-/Ô7wv] 35
Tout ce passage, dans la seconde édition, me semble bien difficile à admettre, et je m'en tiens à la première.
Dans son nouveau travail. M. Babington substitue Vr/w §ï à èyw or,, il ajoute xaî à la ligne 38 et adopte une ponctuation qui nous donne le sens suivant :
« Ceux qui vinrent après eux et firent des actions dignes de » leur valeur — je veux parler de Miltiade, de Thémistocle et des " autres qui, ayant conquis la liberté de la Grèce . ont donné à ' leur patrie la gloire en gardant la célébrité pour eux-mêmes — » sont inférieurs à Lcosthènes en courage et en génie. En ef- >• fe(, etc.. •)
Qui n'est frappé tout d'abord de la langueur que ce remaniement du texte a communiqué à lélan tout à l'heure si rapide de l'orateur ! -- « Ne vous semble-t-il pas voir, tendant la main à Léos- » thènes... ces héros demi-Dieux qui combattirent, etc.. »
En suivant Hypéride dans ce mouvement vraiment oratoire, nous nous attendons k une brillante prnsopopée mettant en scène les grands hommes dont s'enorgueillit Athènes... Ils apparaissent en effet, mais amoindris dans leur importance parla place qu'on leur donne, et relégués dans une parenthèse, au milieu d'une phrase froide et traînante.
J'avais, dans ma première publication . proposé é/sw au lieu de èyw. Je le propose encore : cette correction et l'ancienne ponctuation du passage lui rendent toute sa rajiidité , tout son éclat. Le mouvement oratoire, qui avorte sans elle.se dévcl«>j)pc au contraire sans nulle entrave et avec une progression dont les trois phases — correspondant à trois phrases d'allure et de construction presque symétriques (les deux premières surtout) — sont annoncées par trois mots analogues et expressifs placés en léle de chacune d'elles : oiôuî^x ôpcf.'j ... ooù âii ...olastt oè ... — Je crois voir ... je vois eneffet ...Je pense mdme que ... — Les rapports existant entre ces phrases : otojxgî/îc ôcâv ... «v ojto,-. .. /. t. a. — ooru or,... &)v oJTo;... /.. T. V. iiinsi que les couq>araisuns qui sui>eni parallèle-
ment chacune de ces expressions jusqu'à oï^ai âk sont aussi à remarquer. Ce dernier mot lui-même qui semble le plus faible ne Tesl pas ; il- ne s'agit plus en effet ici de gestes, de saints \isibles pour rœil, mais des sentiments intimes qu'Harmodius et Aristogiton peuvent avoir au fond du cœur.
Ce n'est pas tout : si Feffet général du morceau y gagne beaucoup au point de vue oratoire, la grammaire et le MS s'en accommodent mieux encore ; ainsi, M. Babington le reconnaît, le second wv (ligne 6, colonne -14), devient incorrect avec la nouvelle ponctuation ; il a fallu, de plus, ajouter xat au commencement de la ligne 38 (colonne ^3), reculer twv, changer ^-h en c^è, etc. N'est-il pas plus simple de ne pas torturer davantage le papyrus et de laisser toutes cho^ics comme elles sont en lisant é^w au heu de syw ?
A èyw je substitue ô/sw. (Voir la note précédente.)
J'ai cru devoir rendre ainsi ce passage ; l'intérêt ne se trouve pas en effet dans l'affection plus ou moins grande qu'ils ont pu montrer l'un pour l'autre , mais dans les résultats durables que cette affection a pu conquérir au profit de la liberté.
Même préférence pour la première édition ; nous avons ici la troisième partie du beau mouvement oratoire indiqué plus haut ; Harmodius et Aristogiton, comme Miltiade et Thémistocle, dans la phrase précédente , y jouent le premier rôle. Ils sont le sujet delà proposition infmitive qui suit oi^%t. Le sens auquel M. Babington est entraîné par le remaniement de tout ce passage me semble forcé.
J'ajoute que oùi'iY.dvovc; outws de l'édition princeps ressemble bien plus que oOc^évaç toûtouç de la seconde à ouôsvou? oktw^ du MS, et qu'enfin, au lieu de ovtwç, on peut très-bien lire ounoiç. (Il y a en effet trace du premier jambage d'un tt.) Ce mot peut, ce me semble, être accepté ici ; il permettrait de conserver otxecoT-:povç du texte et aplanirait toutes les difficultés.
ÛTrîcê'/.VAoûo-/:; c/.'Joy/.y%^Jvx^ tÀ; £v rot; xtvrJvo'.; /jv ovtot rT'x'^v.tsyo' /xsvoty ££; 7^v xotvïjv s).£uOcctav TYjv Twv EA/flvwv. , . (Dernière ligne du MS.) Bien que le substantif bouclier ne se trouve pas dans le grec, le participe 7raoa(7;^6tzîvoi et ce qui Tentoure en éveillent si parfaitement l'image que j'ai cru pouvoir la produire avec la netteté qucùt donnée le mot lui-même. On peut donc regarder comme une imitation d'Hypéride la même pensée reproduite dans Salluste {Conjuration de Catilina. ^ 58. audacia pro muro habelur) ; dans Horace \0d., 111. 2i et dans Quinte-Curce (discours de Darius).
Quant au verbe marcher, je l'ai ajouté comme celui qui s'accordait le mieux avec le mouvement bien sensible de la phrase. Ainsi conçue, elle conduit directement aux conseils politiques, la seule partie essentielle qui manque à celte oraison funèbre.
L'orateur antique, dans ces fêtes du patriotisme et de l'éloquence, congédiait ordinairement l'assemblée : il est à remarquer que le mot: «TTJTs [retirez-vous]^ termine toutes les oraisons funèbres que nous possédons, excepté pourtant celle de Lysias.