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abattement, diarrhée, douleur et gargouillement dans la fosse iliaque droite; ces jours derniers, il a eu des épistaxis légères.
En le découvrant on aperçoit sur la poitrine, le dos et les épaules une éruption papulo-squameuse qui parait être de nature syphilitique: sur la face dorsale et à la base du gland, il existe en effet une cicatrice indurée résultant d’un chancre infectant apparu il y a six semaines, et qui a été suivi rapidement d’engorgement des ganglions inguinaux.
Le malade est donc syphilitique, mais les accidents généraux qu’il présente ne peuvent être ratrachés à cette diathèse, à une typhose syphilitique, car la diarrhée est abondante, sa couleur est jaune-ocre ‘ et parce qu’il existe de plus des tâches rosées lenticulaires bien manifesies, disséminées au milieu de l’éruption syphilitique. Le diagnostic porté est celui de fièvre typhoïde compliquée de syphilis.
Traitement : 2 litres de lait, 1 litre de bonillon. Potion avec extrait mou de quinquina, 2 gr. et cognac 30 gr. Une cuillerée à soupe de sirop de Gibert.
Le 8 août. La fièvre typhoïde évolue normalement. Les papules syphilitiques sont squameuses, furfuracées ; quelques-unes ont disparu, à leur place la peau est brune, pigmentée.
Le 45. L’éruption papulo-squameuse a disparu à peu près entièrement, les symptômes typhiques existent encore et la température est à 399,2. “
Le 21. La température est redevenue normale, le malade se trouve bien et sent l’appétit reveüir ; il n’a plus du tout de diarrhée, le ventre est souple et non douloureux.
(La première partie de cette observation a été rédigée d’après des notes fournies par MM. Robin et Malécot).
Le 3 septembre, G... était en pleine convalescence, lorsque hier soir, à sept heures, il a été pris brusquement d’une douleur assez vive dans le testicule gauche, il s’est couché et la douleur a peu à peu disparu ; il n’est point survenue de fièvre et la nuit a été assez bonne.
Le4, Ce matin, à huit heures, le malade à été pris d’un frisson violent qui a duré près d'une heure, puis il a vomi.
Nous le voyons à 10 heures, abattu. la peau est chaude, 39°,6, ia langue est chargée, les traits sont tirés et indiquent une vive souffrance. Les matières vomies ont une couleur verdâtre.
Le malade présente en effet tous les signes d’une orchite aiguë du côté gauche, la peau des bourses est rouge, chaude, la tunique vaginale parait être le siège d’un épanchement assez abondant, le testicule est douloureux à la pression mais ne semble pas augmenté de volume ; l’épididyme est beaucoup plus douloureux, et est volumineux dens toute son étendue. Le cordon est senti difficilement avec . le doigt, mais la pression exercée sur son trajet détermine une douleur assez vive. Le toucher rectal montre que la prostate a cnserté son volume normäl, elle est lisse. ;
Le malade affirme n’avoir jamais eu de blennorrhagie, et en exerçant une pression d’arrière en avant sur le canal de l’urè'hre on ne voit apparaître au niveau du méat aucune trace d'écoulement purulent. Pas’ de masturbation (?) Pas d’eftorts violents; le malade nous raconte qu’il se promenait dans la salle et se rendait utile en aidant à la distribution des vivres, il n’a rien ea du côté des parotides, et il n'existait pas d'oreillons dans la salle,
Le 29 août, le malade avait eu une poussée fébrile coïncidant avec un catharre passager des voies urinaires {Albert Robin).
Traitement : Cataplasmes, bourses fortement relevées par un coussin de ouate.
Le 5 septembre, matin. Les vomissements verdâtres, porracés ont persisté, le ventre cependant n’est pas douloureux. Constipation depuis trois jours. T. 38,8. Les urines sont fortement colorées et contiennent un dépôt uratique très abondant, | = Les bourses «sont épaissies, œædématiées ; la moindre pression exercée au niveau du testicule et de l’épididyme est extrêmement douloureuse.
Traitement : lavement purgatif, cataplasmes.
Le 6, matin. [amélioration est notable, pas de fièvre, les douleurs sont moins vives.
Soir. Vomissements alimentaires.
Traitement : Suppression du sirop-de Gibert et de l'extrait de quinquina dont il a été fait usage pendant tout le cours de la fièvre typhoïdes
Le 7. Pas de vomissements. Plus de fièvre, les douleurs diminuent d'intensité, l'appétit est meilleur.
Le 8. La tuméfaction de l'épidilyne persiste, mais à l’examen on détermine peu de douleurs, le cordon m'est plus dou-
loureux à la pression, mais il y a toujours de l’épanchement dans la tunique vaginale, l’empâtement des bourses à diminué.
Le 17. Le malade va bien; il n’y a plus du tout de gon. flement des bourses, l’épanchement de la vaginale s’est résorbé, aussi le testicule parait comme épaissi, il parait sous la pression des doigts être un peu plus dur que celui du côté opposé.
L’épididyme est presque entièrement revenu à son état normal, la palpation en est plus difficile, il est moins nettement séparé du testicule et ne le déborde plus autant qu’au début de l'affection.
Le 21. Le malade est à peu près dans le même état et quitte lhôpital. Nous l'avons perdu de vue depuis cette époque.
Dans notre observation il est un point qui doit être précisé ; le, malade ayant eu simultanément une fièvre typhoîde et des accidents Syphilitiques secondaires, s’agissait-il d’un sarcocèle syphilitique ? MM. Albert Robin et Malécot ne le pensent pas, et nous sommes disposés à partager leur manière de voir.
En effet, si le sarcocèle syphilitique n’a pas toujours le début insidieux, l’indolence particulière que tous les auteurs s’accordaient à lui reconnaître autrefois et sur lesquels a insisté M. le professeur Fournier (1), il n’en est pas moins vrai que la forme aiguë est rare. M. Reclus (2) n’a pu en réunir que 7 cas, et encore dans ces observations, on insiste beaucoup plus sur la douleur locale que sur les phénomènes généraux qui accompagnent d'ordinaire l’orchite franchement inflammatoire. Dans notre observation, le débnt brusque des accidents testiculaires, leur disparition rapide en dehors de tout traitement général, les caractères mêmes de la lésion testiculaire nous portent à croire que la sypnilis ne peut être ineriminée.
(4) Fournier. Du sarcocèle syphilitique. Annales de dermatologie,
1875, t. IV. | (2) Paul Reclus. De la syphilis du testicule. Paris, 1832.
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O8. I. (Observation (inédite) communiquée par M. Belin, intorne des W hôpitaux.)
Le nommé Henri R..…., âgé de 47 ans, exerçant la profession de tapissier, entre le 7 septembre 1882, dans le service de M. Sevestre à l'hôpital Tenon. H est couché au n° 19 de la salle St-Vincent de Paul.
Il a une fièvre typhoïde nettement caractérisée, qui décroit d’intensité huit jours après son entrée à l'hôpital, toutefois il a à cette époque des râles sibilants et ronflants très abondants dans la poitrine qui ne diminuent d'intensité que vers-la fin du mois de septembre.
Ce malade, né en Prusse et habitant Paris depuis peu de temps, ne parle le français que très imparfaitement et ne donne que peu de renseignements sur son état. Pourtant on peut parvenir à savoir, qu'il y a dix ans, il a eu une orchite du côté droit non consécutive à une blennorrhagie et qui a cédé en deux ou trois jours.
Vers le 22 septembre, la température présente de grandes oscillations, le soir elle est de deux degrés plus élevée que le matin.
Le 26. On constate sur le fond de la gorge, sur les amygdales et sur la base de la langue, des plaques blanches on plutôt grisâtres, faisant penser à des plaques diphthériques, mais que l'examen microscopique démontre être du muguet, |
A la suite d’un traitement par l’eau de Vichy, ce muguet diminue d'intensité, mais au 45 octobre, on peut encore en voir des traces très nettes.
L'état général devient meilleur et le 15 octobre le malade commence à manger.
Notons que pendant toute la durée de sa maladie, il s'était levé pour aller à la selle et n’avait pu aller à la selle dans son lit.
Le 27. Il se lève, mange et paraît bien aller, lorsque le 28 dans la journée pendant qu’il était à se promener, il ressentit dans le testicule droit une douleur assez vive qui augmenta rapidement d’intensité et l’obligea à se coucher.
Le 28. À la visite on constate l'existence d’une orchite droite. L'état général est bon, pas de fièvre, bon appétit, va bien à la selle. Localement on trouve la bourse droite rouge et chaude; la peau
n’est pas tendue et on peut facilement saisir le testicule. Celui-ci est volumineux, dur et très douloureux au toucher ou spontanément ; l’épididyme paraît sain gt la pression sur son trajet n’éveille qu’une
légère douleur, pas de liquide dans la tunique vaginale. Le cordon est légèrement douloureux, pas de dilatation des veines du cordon, pas de hernie, rien du côté gauche. Pas d'écoulement, pas de douleur en urinant. Pas d’hématurie, urines claires, normales, sans albumine, pas de douleur à la pression sur la vessie, pas de cystite.
Repos, cataplasmes laudanisés.
Le 29. La douleur diminue, mais le testicule est toujours gros et sensible, l’épididyme est indolore. Bon état général.
2 novembre. La douleur et le gonflement diminuent, mais le malade n’a pas été à la selle depuis plusieurs jours.
Eau de Sedlitz.
Les jours suivants le mieux se maintient, le malade se lève et sort le 16 novemvre 1882. L'état général est bon.
Oss, III. (Thèse de Chédevergne. Paris, 1864. Obs. résumée.)
Pellerin (Alfred), 17 ans, employé de commerce, entré le 10 octobre 1863, à la Maison de Santé, chambre n°‘98, lit n° 2.
Il est malade depuis trois jours ; céphalalgie, une légère épistaxis hier, pas de diarrhée, fièvre intense, peau brûlante, légèrement moite ; pouls plein et large, à 110.
Ce jeune homme est brun, a le teint coloré, paraît assez vigoureux pour son âge, quoique d’une taille peu élevée, il saigne habituellement du nez et fort abondamment.
Le 14. Pouls à 80. Des tâches resées lenticulaires commencent à apparaître. Le malade ne se plaint de rien, les choses marchent régulièrement.
Le 15. Pouls à 76. Les urines laissent déposer une matière jaunàtre qui ne file pas comme le mucus, mais se dissout par l'acide nitrique comme les urates.
Limonade, bouillon, bain.
Le 18. Cinq à six selles par jour. Hier, le malade étantau bain, s’est aperçu qu’il était pris d’un gonflement testiculaire à gauche.
Sadrain. k
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En effet l’épididyme est gros comme dans une épididymite ordinaire ; cependant malgré un examen minutieux, nous ne lui trouvons pas de chaude-pisse ; il ne l’a pas eue, et même, ajoute-t-il, il ne peut l'avoir eue. Pouls mou à 96. Fr
Les 19 et 20. L’amaigrissement ‘augmente; faim, langue rosée ; pouls petit à 76 et 80 ; les taches lenticulaires sont nombreuses depuis deux ou trois jours. La diarrhée a cessé; les urines déposent toujours. Un degré d’aliments.
Les 22 et 23. Le malade va bien, à peine de la fièvre, l’épididymite persiste ; il n’y a pas d'épanchement dans la tunique vaginale; 2 degrés.
Le 25. Les tâches ont disparu, l'orchite a beaucoup diminué.
Le 31. Le malade part en bon état pour la campagne.
Oss. IV. (Bouchut. Traité des Maladies des nouveau-nés. Paris, 1867. — Fièvre typhoïde, double métastase sur parotide et testicule.)
Un garçon de 4 ans, M. D... fut pris de fièvre avec inappétence, suivie de quelques vomissements, sans constipation, puis de diarrhée avec douleur du ventre dans la fosse iliaque droite, de toux avec râles sibilants des deux côtés de la poitrine. Au quatorzième jour une parotidite se montre du côté gauche, arrive vite à suppuration, et au dix-huitième jour, une double incision donnait passage au pus formé dans la glande; au vingtième jour, le scrotum à gauche devient douloureux et se remplit de sérosité, le testicule et surtout l’épididyme devinrent douloureux ainsi que le cordon, et l’état général devenant de plus en plus grave, la mort en fut la conséquence.
Os. V, (Hanot. Arcaives génér. de médec., 1878.) Résumé d’une observation prise par M. Bouilly.
1..., 40 ans, menuisier, eutre le 15 janvier 4872, salle St-Jeaa, ño 21, service de M. Bucquoy, à l'hôpital Cochin.
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Le malade entre à l'hôpital avec les symptômes d’une fièvre ty phoïde, au commencement du deuxième septenaire.
.…. Vers le vingt-cinquième jour, après le début de la maladie qui fut une fièvre typhoïde de moyenne intensité, en pleine convales cence, alors que la température était revenue à la normale, rougeur du serotum à droite, gonflement natable de labourse du même côté; au toucher, induration épididymaire considérable, douloureuse ; le testicuie lui-même semble un peu augmenté de volume. Aucun écoulement uréthral appréciable ; masturbation (?).
Cette épididymite céda en huit jours, par le repos et les cataplasmes. Quelques jours, après, suppuration considérable dans la cuisse droite avec décollement étendu ; drainage.
Le malade sortit parfaitement guéri.
Ors. VI. (Hanot. Bulletin de la Soc. anatom., 1873) — Orchite suppu-
purée avec élimination spontanée du testicule pendant la corvalescence de la fièvre typhoïde.
Armand Bacquet, âgé de 18 ans, fleuriste, entre le 26 mai 1873, à l'hôpital Cochin, dans le service de M. Bucquoy.
Ce jeune homme habite Paris depuis neuf aus; bien que d’une constitution assez chétive, il n'avait jamais été malade. Jamais aucun accident syphilitique, nulle trace de tuberculose dans la famille.
Trois semaines avant d'entrer à l'hôpital, il se sentait déjà mal à l'aise ; il avait perdu les forces et l'appétit. 11 se purgea trois fois sans résultat, et cependant n’interrompit pas son travail. Mais, le 23 mai, il fut obligé de garder le lit; il avait une diarrhée abondante, une céphalalgie intense et des saignements de nez.
26 mai. A la visite, on trouva le malade assoupi, la physionomie hébétée, la langue sèche, sans enduit accusé. L’abdomen n’est pas ballonné; la fosse iliaque droite est douloureuse à la pression. Le malade a eu plusieurs selles liquides dans la matinée ; il se plaint de douleurs à la région frontale; il a rêvassé toute la nuit. Il tousse un peu. À l’auscultation, râles sibilants dans les deux poumons; expec-
toration de crachats muqueux. Peau chaude et sèche. T. 39,5, P. 92, R. 32.
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Le 927, Des taches rosées lenticulaires apparaissent sur l’abdomen. |
8 juin. Plusieurs selles sanglantes.
Le 5. Crachats de sang noir. L'adynamie est peu prononcée; pas d’eschare au sacrum.
Le 19. Plusieurs selles sanglantes. La fièvre est tombée; il n’y a plus de diarrhée, la physionomie a perdu toute expression d’hébétude. Le malade commence à réclamer instamment de la nourriture.
L’amaigrissement n’est pas trop considérable; aucune eschare au sacrum. Depuis quelques jours, la voix est voilée ; légère angine.
2 juillet. Le malade est en pleine convalescence; cependant, il ne s’est pas encore levé. I! se plaint de souffrir beaucoup de son testicule droit ; de ce côté, les bourses sont rouges, tendues, tuméfiées. On constate un léger épanchement dans la tunique vaginale et une augmentation de volume du testicule qui est douloureux à la moindre pression. Il y a un certain empâtement, da la rénitence de toute la portion inguinale du cordon. L’urine contient une notable quantité de matières glaireuses, où l’on ne trouve point de spermatozoïdes.
Le malade vomit plusieurs fois dans la journée. T. 39°, P. 36. Même état jusqu’au 14 juillet, ce jour-là, on trouve un petit abcès superficiel situé à la partie la plus déclive de la moitié droite du scrotum. Il est ouvert avec une lancette et il s’en échappe un dé à coudre de sang mélangé de pus.
Jusqu'au 20 juillet, la petite incision, faite avec la lancette, va en s’élargissant; elle a alors le diamètre d’une pièce de un franc; ses bords, décollés et taillés à pic, circonscrivent un champignon de substance grisätre; au moyen d'une pince, on exerce quelques légères tractions sur cette sorte de bourbillon, et on extrait ainsi une masse irrégulièrement sphérique, qui semble n’adhérer aux parties profondes que par des filaments mollasses qui s’enlèvent et se rompent très facilement.
Cette masse, d'un gris rougeâtre, mesure 0»033 dans son plus grand diamètre, sur 0"02 ; elle est creusée d’une sorte de fistule de 0015 sur une largeur de 0"004 et qui va du centre à la périphérie dans le sens du plus grand diamètre; l'extrémité périphérique correspond à l’orifice cutané. La cavité est remplie d’une substance sèche, jaunètre, qui, au microscope, apparaît constituée par une matière
amorphe, englobant les leucocytes, et un plus grand nombre de petites granulations réfringentes. Il n’existe point d’enveloppe spéciale à la périphérie de £la tumeur, qui est hérissée des petits filaments dont J'ai parlé.
Il est facile de s'assurer qu’on a affaire au tissu testiculaire. Si on examine les filaments au microscope, on y reconnaît des tuhes testiculaires, remplis pour la plupart d'éléments embryonnaires.
L'examen microscopique est pratiqué après durcissement par l’acide picrique et coloration par la teinture de carmin Sur une coupe trausversale, on voit, sur presque toute l'étendue, et sauf au centre, les tubes remplis d'éléments embryonnaires, sans aucun vestige d’épithélium.
. En ces points, la paroi des tubes est presque partout intacte et se dessine sous forme d’une petite ligne nette et transparente.
. Ces tubes sont séparés par des éléments embryonnaires, mais principalement des leucocytes et de fines granulations, les unes 5bscures, la plupart transparentes.
Par places, la paroi des tubes n’est plus visible, et alors les leucocytes qu'ils contiennent semblent se continuer directement avec les mêmes éléments épanchés entre les tubes.
Les parois des vaisseaux sont recouvertes d'éléments embryonnaires; la coupe transversale de quelques-uns de ces vaisseaux est oblitérée par un caillot.
Cette masse enlevée, on peut reconnaître, par le toucher, l’épididyme resté à sa place bien certainement avec la tunique albuginée.
Dix jours après, la plaie était presque entièrement cicatrisé:. On netrouvait plus dans la moitié droite du scrotum qu’un noyan dur ayant à peine letiers du volume du testicule gauche. A la fin de juillet, le malade quitte l'hôpital, complètement guéri.
Oss. VII. (Tirée de la thèse de Cervelle et résumée.Paris, 1874.) — Orchite aiguë consécutive à une fièvre typhoïde.
Dupancastel (Joseph), 23 ans, soldat au 9° bataitlon de chasseurs à pied, né à Naours (Somme), entrait, en 1873, à l'hôpital, pour une fièvre Lyphoïde assez grave, qui évolua en une trentaine de jours.
Pendant sa convalescence, un changement de garnison l’oblige à quitter l'hôpital, le40 octobre. Mais à peine arrivé au camp de Meudon, où il ne faisait pas de service, il ressentit des douleurs sourdes dans le testicule gauche. Il essaya, malgré cela, de se rendre à la caserne de Lourcine, maïs la pesanteur qu’il éprouvait dans les bourses, l’empêcha d'exécuter cette marche; il fut obligé d’entrer à l'infirmerie régimentaire. La nuit, il eut quelques légers frissons. Le lendemain, son testicule était devenu très gros, les douleurs avaient augmenté,
Il rentrait au Val-de-Gràce le 18 octobre, dans le service de M. le médecin-major Chauvel. .
Cet homme, fortement constitué, n’a jamais eu, nous assure-t-il, d’autres maladies que la fièvre typhoïde ; rien aux deux poumons, n’a pas eu d’oreillons. Rien du cété des antécédents n'autorise l’existence d’une orchite; aucun traumatisme, n’a pas eu la syphilis. L'examen des organes génito-urinaires n'offre rien à constater d’anormal. Il n'ya pas de blennorrhagie. Urétbrite, ily a trois ans, qui a été complètement guérie, après un séjour d’un mois à l'hôpital. Il n'existe ni goutte militaire ni rétrécissement.
Le testicule gauche est volumineux. Le malade a ressenti des douleurs depuis cinq jours. La tuméfaction de la région est considérable eten a presque triplé le volume; elle semble avoir son siège dans le testicule. Le scrotum est rouge; si l’on touche les bourses, ou provoque aussitôt une douleur excessivement vive qui est réveillée au plus léger contact, tont mouvement dans le lit la provoque. Dans l’immobilité complète, la douleur spontanée n'existe qu'à de rares intervalles.
Le lendemain, la tuméfaction est générale, diffuse, sur la face antérieure du testicule et semble faire corps avec lui. L’épididyme est gonflé au niveau de sa queue, il y a même un peu d’induration. On ne constate ni épanchement dans la tunique vaginale, ni transparence. Le cordon est engorgé, mais indolore; peu de douleur.
Il n’y a pas d’érections, pas de selles depuis deux jours, état général assez bon, pas de fièvre. — Cataplasmes froids arrosés d'eau blanche, régime léger.
Le 28. Le malade demande à manger; température normale l’engorgement testiculaire a diminué; à la palpation, beaucoup moins douloureuse, on sent quelques noyaux d’induration à la queue
io
de l’épididyme, la testicule est toujours plus douloureux ; l'insomnie de ces derniers jours disparaît.
Cataplassmes. Onctions mercurielles ; quatre portions d’aliments.
3 uovembre.. Le testicule est bien diminué, n’est guère plus gros qu’une petite bille de billard; la rougeur est presque complètement disparue; l'induration épididymaire persiste sans aucun changement. ‘ |
Le 4. La palpation n’est plus douloureuse, l’induration testienlaire très grosse, en noyau à la base, va en s’effilant dans le sens vertical. Le cordon est beaucoup plus sensible au toucher qu’au début. Les accès de douleur spontanée sont très rares ; le malade peut remuer sans gêne bien notable. Légère sensation de subfluctuation à la partie antérieure du testicule
Iodure de potassium et pommade résolutive avec : Iode 2 gr. 50, tannin 4 gr., axonge 30 gr.
Le 15 Quelques accès de fièvre pendant la nuit, appétit toujours bon; le testicule devient de plus en plus indolore, plus de subfluctuation, L’induration semble un peu diminuée à la queue de l’épididyme. I1 présente maintenant deux ou trois noyaux d'induration bien séparés.
Rien dans les poumons, plus de fièvre. ; lo décembre. La testicule semble complètement revenu sur lui-même, |
La tumeur antérieure a presque entièrement disparu laissant à sa place un petit noyau d'induration. Les noyaux épididymaires persistent.
Le 16. Le malade quitte l'hôpital complètement guéri, l’orchite n’a nullement influencé sur la marche de la convalescence, quelques petits points d’induration persistent encore à la queue de l'épididyme.
Os. VIIT. (Résumée, thèse de Cervelle.)
Fleuret Joseph, né à Crosle (Isère), 25 ans, soldat au 54° régiment de ligne. Au mois de mai 4873, soigné pendant deux mois à l'Enfirmerie
2 ; A À pour une fièvre fyphoïde assez grave; sort'le 8 juin dans un état de faiblesse assez sérienx et avec un peu de diarrhée.
Le huitième jour après sa sortie, il ressent dans le testicule droit des douleurs sourdes; entre dans le service de M. Paulet au Valde-Grâce.
Le testicule en quatre jours devient très volumineux, les douleurs augmentent, — Pommade mercurieile.
[n’y a eu ni chaude-pisse, ni syphilis antérieures. Rien dans les poumons, aucun antécédent de scrofule. -
Cataplasmes, bourses relevées.
Les douleurs d’abord modérée:, deviennent ‘très aigues dans les huit jours qui suivent; on consiale la fluctuation, et trois semaines après apparaît un abcès, on pratique deux oùvertures distantes de 4 centimètres. — Séton.
Il s’établit une suppuration abondante, état général assez grave, forte réaction fébrile ; le testicule diminue un peu de volume, la douleur est moins intense.
Les produits de la suppuration, examinés au microscope par M. Paulet, font reconnaitre des détritus de la substance testiculaire,
Gette fonte avec suppuration dn testicule ne s'accompagne d'aucune espèce de réaction inflammatoire sur les autres ofganes. Rien toujours dans les poumons, la fièvre disparaît complètement.
Toutes les autres causes étant écartées, M. Paulet rapporte cette orchite suppurée à la maladie précédente. C'est une orchite parenchymateuse aiguë consécutive à la fièvre typhoïde.
Ja suppuration continue péndant un mois sans aucuné espèce de complication.
A la fin de septembre elle est peu abondante, moins épaisse, le malade commence à reprendre de l'embonpoint.
En novembre, les deux ouvertures étant complètement fermées, il reste une tumeur dure, plus grosse qu'un testicule normal elleest bosselée. On senc des noyaux indurés sur l'épididyme.
Il y a toujours un sentiment de tension assez forte dans le cordon qui reste gros. Le testicule n’est plus du tout douloureux. Le malade peut marcher sans trop de fatigue. Etat général satisfaisaut, pas de fièvre, appétit bon.
La guérison est aussi complète qu'on pourrait le désirer. Le malade quitte l'hôpital. ,
Obs. IX. — Fièvre typhoïde adynamique. — Orchite et épididymite. survenue dans le troisième jour de la convalescence, — (Vidal, Bullet. Soc. Clinique, 1877.) ù
Bajou, soldat au 5° de ligne, de constitution chétive, entre à l’hôpital du Gros-Caillou le 3 novembre, pour une fièvre typhoïde de moyenne intensité, de forme adynamique, avec prédominance des phénomènes abdominaux, tels que: diarrhée abondante, météorisme langue saburrale, tâches rosées. Céphalgie pendant les quatre premiers jours seulement. La température très modérée n’a jamais dépassé 38 4 le matin et 89° le soir. La maladie a suivi une marche régulière, et la convalescence est survenue dans le courant du roisième septénaire. |
Cette convalescence était franchement établie depuis trois jours, lorsque le 20 novembre au soir, le malade fut pris de frissons suivis dune fièvre intense avec 39° degrés de température et“120 pulsations. Dans la même nuit, il éprouve de la pesanteur dans le testicule gauche, et dès le lendemain, on constate une orchite avec épididymite. Le testicule a le volume d’un œuf de poule, il est tendu, non transparent, à peine douloureux au toucher. L’épididyme, lui-même peu douloureux, présente un noyau induré, de la grosseur d’une aveline. Le scrotum est rouge, tendu, au niveau du testicule, mais non œdématié. En palpant les veines du cordon, du côté malade, on les trouve développées, tuméfiées, engorgées, molles et rappelant par leur volume celui d’un varicocèle. Rien de semblable dans le côté sain.
Traitement. — Onctions mercurielles deux fois par Jour, application d’un suspensoir rempli douate et élévation des bourses vers l'abdomen.
Au bout de trois jours la résolution commence, toute trace de douleur a disparu, et le huitième jour, l’orchite n’existe plus et les veines du cordon ont repris à peu près leur volume normal, L’épididyme seul présente encore à sa queue un noyau induré, gros
Sadrain, 5
JA En
comme un baricot et nullement douloureux à la pression, noyau qui
persiste encore le 9 dééembre, jour où le malade sort de l’hôpita. Ce malade n’a jamais présenté la moindre trace d’écou'ement
uréthral et n’a jamais eu d'affection vénérienne antérieure.
Oss. X. — Fièvre typhoïde adynamique. Orchite et épididymite avec œdème du scrotum, au dixième jour de la convaleseence, — (Vidal, 1877.)
Sautey, cavalier au 5° cuirassier, de forte constitution, n’a jamais eu, d'accidents vénériens d’aucune nature. Il entre à l'hôpital du Gros-Caillou, le 9 décembre dernier pour une fièvre typhoïde qui date de 6 jours et qui se caractérise par un état adynamique avee subdélire nocturne, sécheresse de la langue, taches rosées, météorisme et diarrhée. La température est restée anormale pendant vingt jours, flottant le matin entre 37,6 et 38,4, le soir entre 38° et 40,1. L’affection à suivi une marche régulière, sans incident remarquable et la convalescence s’est établie franchement dès le 49° jour. Elle durait depuis 10 jours et le malade se levait déjà, lorsque dans la nuit du 2 janvier, il fut pris d’un gonflement énorme.des bourses, dont il ne s’aperçut qu’à son réveil. Il n'y eut ni frisson, ni chaleur.
Le scrotum parsemé de petites veines sinueuses, est infiltré dans toute son étendue, mais principalement à sa partie déclive ; il conserve l'empreinte du doigt, mais n’est nullement douloureux à la pression.
.. Le malade n’accuse qu’un sentiment de pesanteur dans le testicule
droit, qui est doublé de volume, dur, tendu et qu’on peut palper, percuter, tourner en tous sens, sans déterminer de souffrance vive. .
L’épididyme est induré de la tête à la queue ; les veines spermatiques, difficiles à reconnaître sous l'œdème du scrotum, ne paraissent pas avoir augmenté de volume.
Des onctions mercurielles belladonées et un suspensoir rembourré de ouate ont constitué tout le traitemént et ont amené Ja disparition de l’œdème du scrotum et de l’orchite en l’espace de huit jours.
4re \e
Le: 0900
Lors de la sortie du malade (22 janvier), l’épididyme seul présente . encore à sa partie caudale un petit noyau d’induration de la grosseur d’un pois.
Oss. XI. — Fièvre typhoïde adynamique de forme grave. — Orchite et épididymite, survenue le vingtième jour de la convalescence après une hématurie abondante, (Vidal, 1877.)
I s’agit d’un militaire du 5° de ligne, du nom de Soissant, entré à l'hôpital du Gros-Caillou, le 49 mars dernier, service de M. Papillon, et atteint depuis dix jours d'une fièvre typhoïde qui ne tarda pas à revêtir une forme adynamique grave, avec prostration considérable, délire, météorisme, diarrhée, taches rosées, etc. La tempéralure constamment élevée montait le plus souvent le soir jusqu’à 40° et 40,6, le matin, elle oscillait entre 38° et 39,5. La fièvre ne tomba qu’au bout de vingt-cinq jours.
Le 5 avril, trois jours après la défervescence, le malade fut pris d’une hématurie abondante avec abaissement notable de la température qui le matin tomba à 36,5. Cette hémorrhagie, que M. Papillon pensa attribuer un instant à une affection granuleuse du rein, ne céda qu’au bout de six jours, après s'être renouvelée à trois reprises différentes, La convalescence reprit sa marche jusqu’au 17 avril, époque où survint une orchite peu douloureuse du testicule droit avec épididymite, sans épanchement dans la tunique vaginale, sans engorgement des veines et sans trace d'écoulement uréthral. L'orchite, traitée par les cataplasmes et les frietions iodurées, a disparu au bout de six jours.
M. Papillon se demanda tout d’abord si l’engorgement de l’épididyme n’était pas lui aussi l’expression d’une tuberculose généralisée, à laquelle il avait rattaché également l'hémorrhagie rénale.
La disparition prompte de l’épididymite, et l'intégrité ultérieure des fonctions du rein durent faire rejeter cette hypothèse.
Le malade a quitté l'hôpital le 41 mai en très bon état, et ne présentant plus qu’un noyau induré, de la grosseur d’un noyau de cerise, sur la queue de l’épididyme.