‹ De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes: question deChapitre 16 sur 36 · PROCÉDÉS DE LA LANGUE GRECQUE · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS DE LA LANGUE GRECQUE

Le complément est séparé du mot auquel la syntaxe le rapporte, par un autre mot ou par plusieurs qui font partie d'un autre groupe syntaxique : voilà une construction dispersée; conservons-lui cependant le nom qu'elle a toujours porté, celui A 1 hyper bâte. On pourrait enfin ajouter en cinquième lieu le cas où les mots qui servent à l'expression d'une idée viennent se réunir en un seul mot. Il est vrai que le mot composé n'est pas un fait de syntaxe proprement dite; pourtant il n'est pas tout à fait étranger à notre sujet, puisque les mêmes idées qui dans une langue sont exprimées par des mots composés sont quelquefois rendues dans une autre par des groupes de mots (1). En rangeant ces cinq constructions selon la liaison plus ou moins étroite des idées partielles, qui en sont les éléments, nous aurons en premier lieu le mot composé, qui indique l'union la plus intime ; 2° l'enclavement ; 3° la construction ascendante; 4° la construction descendante; 5° l'hyperbate, qui met le plus d'espace entre les idées, comme entre les mots. Le grec, grâce à son admirable flexibilité, peut faire passer les mêmes termes par tous ces différents degrés de liaison. Mais comme il est très difficile d'en trouver un exemple complet dans les auteurs, nous risquons d'en proposer un de notre façon. Le poète musicien qui instruisait un chœur soit tragique, soit autre, pour ces belles fêtes de l'ancienne Grèce, s'appelait yopoSiddaïuikoç. L'idée est exprimée dans l'unité la plus parfaite par un mot composé et continu. Si Ton voulait distiguer les deux idées qui sont fondues dans le mot composé, tout en conservant l'unité de la conception, on se servirait de la forme de l'enclavement. « Il ne faut pas mettre au même rang celui qui fait les frais de la représentation et celui qui instruit le chœur. » Cette phrase pourra se rendre en grec : Tov etç xr t v -/ppr,yicx.v îaTravwvra ovx eèç t>?v avvnv t<x£iv 5et Ti0évai tw tov yo? ^ didaentaXo),

(1) M. Ad. Régnier, Traité de la formation des mots dans la langue grecque, p. 13, donne à la formation des mots le nom de syntaxe intérieure. C'est là une extension très légitime de la signification du mot « syntaxe. »•

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