‹ De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes: question deChapitre 19 sur 36 · G8 CONSTRUCTION DES PÉRIODES · texte numérisé non relu

G8 CONSTRUCTION DES PÉRIODES

bâte dans la disposition des parties de la période. On n'a qu'à ouvrir les Oraisons funèbres de Bossuet, on y trouvera abondamment des exemples, et on pourra même distinguer les divers caractères affectés à ces constructions. Voici des périodes dont les parties principales sont arrangées dans l'ordre descendant de la syntaxe. « Mon esprit, rebuté de tant d'indignes traitements qu'on a faits à la majesté et à la vertu, ne se résoudrait jamais à se jeter parmi tant d'horreurs | si la constance admirable avec laquelle cette princesse a soutenu ses calamités ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées. » « C'était un dégoût secret de tout ce qui a de l'autorité et une démangeaison d'innover sans fin | après qu'on en a vu le premier exemple. » On sent un ensemble bien plus fortement resserré, une unité plus achevée, plus de perfection enfin dans la période suivante, dont la construction est ascendante : « Soit qu'il élève les trônes, soit qu'il les abaisse, soit qu'il communique sa puissance aux princes, soit qu'il la retire à lui-même et ne leur laisse que leur propre faiblesse, | il leur apprend leur devoir d'une manière souveraine et digne de lui. »

Les rhéteurs anciens s'étaient bien aperçus de cette différence. Hermogène désigne par le nom de 7rXayia<jfji6<; ce que nous appelons la construction ascendante. On ressent, dit-il, une certaine inquiétude dès le commencement des périodes de cette espèce (rv-pocy/j ya'p tic eùQvç êyyiWai) ; le cadre de la pensée ayant une grande étendue, l'expression ne sera pas tout à fait claire, parce que le sens restera longtemps suspendu (1). Voici un exemple de ce 7rXayia<j|ULo<;,

(1) Hermogène, de Formis orationis, I, 3 (Walz, Rhetores gr&ci, t. III, p. 205 sq). Il donne comme exemple du irXaYtacrfxoç le commencement d'Hérodote, I. I, ch. 6, changé exprès : Kpoicrou ovtoç ÀuSoïï (/iv y^voç, natSb; 81 'AXuàrreco, etc.; et comme exemple de la àpOo'rr,;, qui est la figure opposée : 'Eyw y^p, w avSpsç 'AÔ7)vatoi, npocrexpouaoc àvôpwmo itov7)pw xai cpiXa7T£^(bj[ji.ovi. Pour ne laisser aucun doute sur la signification de 7rXaYtaa[Ao'ç, l'auteur anonyme des Huit parties de la Rhétorique (Walz, t. III, p. 588) dit que cette figure se présente dans les phrases qui commencent, soit par un génitif (absolu), soit par une conjonction telle que irai. On peut comparer encore un traité où se trouvent rangées par ordre alphabétique les

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