‹ De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes: question deChapitre 20 sur 36 · CONSTRUCTION DES PÉRIODES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES PÉRIODES

tiré d'un orateur ancien (Cic, pro legeManil. c. 22). Deinde etiamsiquisuntpudoreac temperantiamoderatiores | tamen eos esse taies \ pr opter multitudinem cupidorum hominum nerno arbitratur. Voilà la construction ascendante. Voici Tordre plus relâché de la construction descendante (ibid., c. 3). Verumtamen Mis imperatoribus laus est tribuenda, quod egerunt; venia danda, quod reliqueru/nt | propterea quod ab eo bello Sullam in ltaliam res publica, Murenam Sulla revocavit .

Revenons à l'éloquence française et empruntons-lui un exemple de la construction enclavée. « Elle vit avec étonnement que Dieu | qui avait rendu inutiles tant d'entreprises et tant d'efforts, parce qu'il attendait l'heure qu'il avait marquée, | quand elle fut arrivée | alla prendre comme par la main le roi, son fils, pour le conduire à son trône. » C'est cette construction queCicéron introduit dans l'expression d'une pensée de Gracchus. L'orateur du second siècle avant notre ère avait dit : Abesse non potest quin ejusdem hominis sit probos improbare, qui improbos probet; celui du premier corrige : Abesse non potest quin ejusdem hominis sit, qui improbos probet, probos improbare; et il appelle cette correction %n quadrum redigere, efjicere aptum quod fuerat antea difjluens ac solutum (Cic. Orat., c. 70).

Ajoutons enfin un emploi très heureux de l'hyperbate, s'il est permis de désigner par ce terme le dérangement, non pas des mots qui entrent dans un groupe syntaxique, mais des propositions partielles qui entrent dans une période. « Malgré les mauvais succès de ses armes infortunées, si on a pu le vaincre, on n'a pu le forcer. »

Ce qu'il y a de particulier dans la construction des périodes grecques et latines tient surtout à certaines habitudes oratoires, dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Cependant la nature même des deux langues classiques est pour beaucoup dans les vastes proportions que la période peut y prendre. Grâce à leur caractère synthétique, chacun

figures citées dans la Rhétorique d'Hermogène (Walz, t. III, p. 708), et Demetrius, de Elocutione (Walz, t. IX, p. 564).

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