‹ De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées aux langues modernes: question deChapitre 26 sur 36 · DISPOSITION DES PARTICULES · texte numérisé non relu

DISPOSITION DES PARTICULES

tant par l'idée qu'elle éveille que par le repos d'idée qu'elle occasionne. On trouve dans le Mënon (p. 87, E) un exemple analogue, où l'auteur s'est servi de la forme plus forte ôY/. Le voici : 'Yyieia, cpajxèv, xat iayyç xat xaXXoç ym 7tXoûto<; §$ (1). La particule ye se trouve très souvent employée d'une manière semblable ; ne citons qu'un passage, où elle sert encore à cette charmante ironie de Platon :.'AXXà /xévtoi, r,v #' lyà, lifiiûvtôYi ye où pa^tov cciziamv (2). La même enclitique est répétée avec beaucoup d'emphase par Polynice dans Sophocle, lorsqu'il adresse à ses sœurs cette prière touchante :

^Q toïïS' §(xat[xot iraTSeç, àXX' ujaeTç, lire! Tk (xx^yipèi iraTpoç xXuexe toïïS' àpcof/ivou, M^toi (As irpoç ôetov acpu> y', £àv y' «t touS' àpat Ilarpoç TeXwvrat,... (xyj [x'àTtjxàaTjTé ye

(0 vous ses filles et mes sœurs, ô vous qui entendez les cruelles imprécations de ce père, vous du moins, au nom des dieux, si sa malédiction s'accomplit, oh! ne me refusez pas les honneurs, etc. Œdipe à Colorie, 1405). — On sait assez que la particule av est placée de préférence après le mot que l'auteur veut distinguer par la prononciation ; à la voir même souvent répétée, on dirait d'une tautologie; mais elle sert à attirer une attention particulière sur plusieurs mots de la phrase. Œdipe, courroucé par les refus obstinés de Tirésias, s'écrie : T4 yàp TotauT* àv ov% âv opy^otr' ÏKfi xXuow; (Mais qui donc ne s'irriterait point à entendre de pareils propos?) Les repos d'idée offerts paryàp et les deux av donnent une certaine énergie aux trois idées: ti'ç, Toiaûra et où. Voilà enfin un autre vers de Sophocle qui présente trois av dans neuf mots : IIw<; àv ow àv èv îmoî

(1) Voyez pour plus d'exemples la Grammaire grecque de M. Kùhner, g 691 et g 737. — Voici un autre passage, où il n'y .a pas d'énumération, et où cette particule se trouve placée avec beaucoup d'énergie au milieu même d'un terme presque indivisible : Ka\ oï re dlXXot 7Tûû0u[xo); toj TsÀeircCa ôiry)péra>v... xa\ tj twv ®Yjêa{(i>v Sa iroXtç.... (Ils mirent tous beaucoup de zèle à servir Teleutias, et la ville de Thébes surtout....) Xénophon, Hell. V, 2, 37.

(2) Platon, RépubL, p. 331, E.

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